Laura, un accouchement physiologique après déclenchement #

Bonjour à toutes ! Aujourd’hui c’est Laura qui nous raconte son accouchement. Durant sa grossesse, elle décide de donner naissance sans péridurale. Puis, alors qu’elle ne se l’était pas imaginée une seule seconde, elle dépasse le terme. Et elle doit vivre un déclenchement. Finalement, le travail s’enclenche… Et les contractions avec. Je ne vous en dis pas plus et je vous laisse découvrir cette magnifique histoire ↓

Je m’appelle Laura j’ai 30 ans, je suis en couple avec Thomas, 29 ans, depuis 4 ans. Je ne travaille pas, lui est militaire. 

Nous avons eu ensemble Adaline, qui a 18 mois.

J’ai appris ma grossesse en novembre 2017. J’étais assez nerveuse car en début d’année 2017 nous avons perdu un bébé. J’étais stressée que ça recommence.

J’ai toujours eu peur de porter la vie, sentir un bébé bouger en moi, et surtout accoucher… Il faut savoir qu’enfant, une maîtresse de l’école primaire qui venait d’avoir un bébé, nous a projeté la vidéo d’un accouchement. Ce qui m’a totalement traumatisée.

J’ai eu une belle grossesse. Quelques douleurs ligamentaires normales. Pas de nausées ou d’extrême fatigue. J’étais seulement écœurée de certaines odeurs au premier trimestre.

Je me suis rendue une fois aux urgences, vers 17sa pour de légers saignements mais c’était dû aux nombreux trajets en voiture que nous avions effectué pendant le week-end.

Dès que j’ai appris ma grossesse j’ai fais part à ma sage-femme de mon envie d’accoucher sans péridurale, de manière la plus naturelle possible. Mon idéal aurai été d’accoucher dans l’eau.

Mais finalement j’ai revu mes idées et à l’approche de l’accouchement, par peur de souffrir je pensais à prendre la péridurale.

Ma préparation à l’accouchement n’était pas ciblée sur une technique en particulier. J’ai eu plusieurs cours collectif sur l’utérus, le bassin, les soins du bébé… Intéressant mais en soit, pas le plus utile. Et un cours sur les différentes positions d’accouchement de Bernadette De Gasquet. 

Il y a eu un seul cours avec le papa, afin qu’il connaisse les points du corps sur lesquels apuuyer pour m’aider à supporter les contractions.

Ma DPA (date prévue d’accouchement) était prévue le 3 août 2018. A cette date ma fille n’était pas décidée à sortir. J’ai donc appelé la maternité qui m’a dit de me présenter le lendemain aux urgences gynécologiques pour faire un contrôle. 

Le 4 août, aux alentours de 11h, on nous installe dans un box des urgences gynécologiques (identique à une chambre d’hôpital). 

Une sage-femme examine mon col, qui est long et postérieur, je passe un monitoring pendant 1h sans qu’aucune contraction se fasse. Elle réalise une échographie, sans aucun mot. Elle sort de la pièce et revient avec un gynécologue. À son tour il réalise l’échographie, sans rien dire. Le stress m’envahit un peu. Il fini par m’expliquer que mon bébé manque de liquide amniotique et qu’il va donc falloir déclencher l’accouchement assez rapidement. Puis ils sortent de la chambre. 

Et là, je pleure toutes les larmes de mon corps. C’était un mélange de stress, d’angoisse, de peur de l’inconnu et surtout, je n’allais rien maîtriser. 

Je m’étais toujours imaginé perdre les eaux chez moi et partir en panique ou avoir de grosses contractions qui me feraient comprendre que le moment était venu !

A aucun moment de ma grossesse j’ai pensé dépasser le terme.

La sage-femme revient donc, en m’expliquant qu’elle allait déclencher l’accouchement avec un tampon propess. Elle m’a expliqué que ça pouvait être long, ou pas. Fonctionner rapidement, ou pas.

Elle me l’a posé à 14h30. Je suis installée en chambre dans le service gynécologique (aucune chambre libre en maternité.)

J’essaie de penser à autre chose, mon chéri rentre à la maison chercher nos affaires. La nuit est longue car je suis très stressée dans l’attente qu’il se passe quelque chose que les contractions commencent. Rien.

Le lendemain quelques petites douleurs, comme celles des règles, à plusieurs reprise on me fait un monitoring pour contrôle mon bébé.

La sage femme du service me propose de me faire une perfusion de doliprane et Atarax pour me détendre un peu. 20min après, crac ! La poche des eaux qui rompt ! Nous sommes le 5 août, 14h30

Et là, les contractions commencent à se faire sentir. Je fais du ballon, je prend une douche. Je vais marcher dans le couloir avec mon chéri et là ça devient douloureux. J’ai du mal à marcher.

La sage femme m’amène alors aux urgences gynécologiques, où se trouvent les salles d’accouchement. On m’installe à nouveau dans un box. Une sage-femme vient m’ausculter, je suis dilatée à 3. Elle me dit qu’elle va me faire une perfusion de morphine pour me détendre. En 5min je suis complètement shootée, je m’endors à moitié, je me souviens avoir dit des choses totalement incompréhensibles à Thomas.

Je n’ai vraiment pas aimé avoir cette dose de morphine. Elle m’a été très utile mais cette sensation est vraiment très désagréable.

Une fois les effets estompés, je sens que ça commence à pousser fort, les contractions deviennent vraiment douloureuses. Je m’arrache le monitoring car le contact des capteurs sur mon ventre m’insuporte.

Je me tord vraiment de douleur, je ne trouve aucune position pour me soulager.

Une sage femme vient m’ausculter, je suis dilatée à 5.

A partir du moment où j’ai reçu la morphine j’ai perdu toute notion de temps.

Mon bébé poussait tellement, et les contractions étaient si intenses que j’ai souillé les draps, et en voyant ça la sage-femme a râlé (je m’en souviens car je me suis sentie très gênée dans ma douleur).

Elle a donc décidé de me faire passer en salle d’accouchement.

Je me suis retrouvée pieds nus, à traverser le couloir, d’environ 20 mètres, un drap enroulé autour de la taille, sourire jusqu’aux oreilles (merci les restes de morphine !).

Une fois montée sur la table d’accouchement, on m’ausculte et je suis passée à 8 !!

La sage-femme me propose la péridurale, mais les contractions et les douleurs étaient si intenses que j’ai refusé, je voulais faire sortir mon bébé le plus vite possible. Je me sentais incapable de rester immobile le temps qu’on me pose une péridurale.

Mon chéri et moi nous sommes retrouvés seuls pendant un long moment dans cette salle. Je le sentais paniqué car il me voyait souffrir, pousser, hurler. Il était seul face à sa femme en totale transe.

Une sage-femme est venue s’installer pour m’accoucher. Je me souviens de sa douceur, sa gentillesse et ses mots !

Elle m’a laissé rester dans la position dans laquelle j’étais le mieux, allongée sur le côté.

Elle m’a donné le feu vert pour pousser. Tout le long elle m’a encouragé, elle me disait que j’étais forte, courageuse, que je m’en sortais très bien. Elle me félicitait. 

En cours de préparation à l’accouchement, on nous a parlé d’une technique qui consistait à souffler sans pousser pour faire sortir bébé. Bien évidemment, le jour de l’accouchement, j’ai été incapable de le faire. Le but étant pour moi de faire sortir mon bébé le plus vite possible.

Je ne sais pas combien de temps j’ai poussé, Thomas non plus. J’ai eu la sensation que ça avait duré une éternité. Peut être 1h30. Ça me paraît énorme, sans qu’un médecin n’intervienne…

Ma fille est née à 20h35. J’étais dans un tel état de transe suite aux douleurs que je ne me souviens pas le moment où on l’a posé sur moi, je n’ai pas le souvenir de son premier cri. Encore aujourd’hui, je pleure de ne pas me souvenir de ce moment, qui me paraît être très important.

Elle a trouvé mon sein très rapidement et a su teter comme il fallait. Nous avons passé 2h l’une contre l’autre. La Sage-femme l’a habillé. Thomas, trop stressé face à ce petit être, a fait que la regarder.

Pendant notre peau à peau, la Sage-femme a réalisé un prélèvement sanguin sur ma fille, pour vérifier son taux oxygénation. Semble-t-il qu’elle soit restée longtemps dans mon bassin avant de sortir….

Je suis retournée en chambre peu avant 00h. Thomas était épuisé. Il est rentré se reposer à la maison car j’étais en chambre double et il n’y avait pas de lit pour un accompagnant. 

J’ai très peu dormi cette nuit là, je regardais mon bébé ! Cette petite chose que nous avions créé à 2 !

J’ai eu beaucoup de visites à l’hôpital, ce qui a été très fatiguant pour moi. On m’a un peu imposé la visite de certains membres. Je l’ai très mal vécu.

D’ailleurs, j’avais en permanence ma fille dans mes bras, ou les bras de son papa. Je ne voulais pas qu’on y touche, qu’on demande à la prendre. C’était NOTRE bébé et je ne voulais pas partager. Cela peut paraître égoïste mais jusqu’à ce qu’elle marche j’ai eu un pincement au cœur chaque fois qu’une personne la prenait dans ses bras. 

Aujourd’hui nous sommes très fusionnelles toutes les 2. Son papa étant souvent absent pour son travail, nous habitons à 2h de route de nos familles.

Si je peux donner un conseil aux futures mamans, c’est d’avoir confiance en elles et leurs bébés. La nature est très bien faite. 

Et ne pas idéaliser leur accouchement, ça ne se passe jamais comme on l’imagine ! 

Merci Laura d’avoir partagé ton histoire avec nous. Les conseils que tu donnes dans ta conclusion sont précieux. Je vous souhaite beaucoup de bonheur.

Si vous souhaitez découvrir d’autres témoignages, rendez-vous ici.

enfance joyeuse blog parents futurs parents
Alors qu'elle ne l'imaginait pas une seule seconde, Laura dépasse son terme et doit vivre un déclenchement pour accoucher. Un témoignage poignant !

  1. 1
    Nanakie

    Je me reconnais dans pas mal d’éléments car grossesse apprise en Novembre, DPA presque la même, dépassement de terme, déclenchement alors que je voulais accoucher “naturel” … Bon j’ai finis avec une péridurale par contre !

    Mais surtout le petit détail : je n’ai jamais aimé voir ma fille dans les bras de quelqu’un d’autre que son père ou moi !! Ça me fait toujours ce pincement au coeur, égoïste peut-être, animal surtout je crois. C’est “drôle” !

    • 2
      Enfance Joyeuse

      C’est fou toutes ces coïncidences en effet !!!
      Merci d’avoir partagé un bout de ton vécu et ressenti avec nous !
      A bientôt;
      Charlotte.

  2. 3
    Dinette & Paillettes (Maman Pétille)

    Un bien joli récit ! Et je rebondis sur la remarque de Laura concernant les visites à la maternité… Paupiette est née alors que nous étions en pleine épidémie grippale, de ce fait, les visites étaient interdites. Avec le papa nous avons pu profiter pleinement de cette bulle de bonheur. Seule la présence de Cracotte nous manquait. Pour notre futur enfant… nous envisageons même de reproduire ce schéma (en intégrant bien sûr les deux grandes soeurs à notre bulle)… J’espère que la famille comprendra…

    • 4
      Enfance Joyeuse

      Je comprends tout à fait ! Ce sont des instants importants et je suis certaine que vos proches comprendront que vous préfériez les savourer tous les 5. Avec la fatigue et toutes les émotions, c’est souvent précieux de pouvoir dire “non” dans ces moments 🙂 <3

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *