Comment gérer les colères de mon enfant façon Montessori ?

Les colères et les tempêtes émotionnelles font partie du quotidien des enfants et donc de leurs parents. Leurs sources sont multiples et il n’est pas rare que cela soit épuisant et difficile à gérer pour les adultes. Quand on souhaite appliquer une éducation Montessori chez soi, on ne sait pas toujours comment gérer ces colères. Alors, aujourd’hui, j’aimerai vous donner quelques pistes. ↓

Les colères font partie de la vie des enfants. Mais comment les accompagner quand on souhaite pratiquer Montessori ? Découvrez une multitude de pistes pour vous aider au quotidien !

Avant de commencer, il me semble important de rappeler que colère ne veut pas dire caprice. Un enfant peut vivre une colère sans pour autant chercher à vous manipuler. Avant quatre/cinq ans, son cerveau n’est pas suffisamment mature pour élaborer de la sorte. Il crie, pleure, se jette par terre ou tout autre comportement pour exprimer ce qu’il ressent en lui. Il ne cherche pas à obtenir quelque chose de vous en retour. J’ai écris un article à ce sujet ici.

Anticiper les colères : la clé d’une éducation Montessori.

Les enfants vivent de très grandes émotions. Elles sont comme un surplus de sentiments qui leur est trop dur à gérer. Pour nous aussi, adultes, parfois “la coupe est pleine”. La différence c’est que nous avons appris, avec le temps, à canaliser nos émotions. Pour les enfants, c’est encore en apprentissage. Ainsi, quand ils vivent une émotion forte, ils sont pris dans ce qu’on peut appeler “une tempête émotionnelle”. Elle les dépasse. Ils n’ont pas la capacité physiologique de se dire : “calme toi, ce n’est rien, ça va aller”. Leurs cris et leurs pleurs sont leur façon à eux de se calmer. D’extérioriser. Pour redevenir apaisé ensuite.

Avant que de telles émotions l’envahissent, vous pouvez faire plusieurs choses pour accompagner votre enfant.

Anticiper les temps d’attente

Si vous savez que vous allez dans un endroit où il devra patienter (salle d’attente du médecin par exemple), n’hésitez pas à préparer un sac avec des jeux et activités pour l’occuper pendant ce temps. Un enfant ne peut pas attendre, assis, sans rien faire, pendant de longues minutes, comme nous le pouvons nous-mêmes.

Nommer les émotions avant qu’elles ne l’envahissent

Quand vous sentez que votre enfant est envahi par une émotion, je vous invite à poser des mots dessus. Il ne s’agit alors pas de minimiser ce qu’il ressent (ce n’est pas rien pour lui) mais de les nommer. Vous pouvez alors lui dire : “je vois que ça te frustre. Je comprends.” Ces mots peuvent paraitre anodins mais ils peuvent réellement apaiser votre enfant avant même que la tempête émotionnelle ne l’envahisse.

Orienter son attention sur un autre aspect

Si vous observez que de telles émotions commencent à naitre en lui, vous pouvez l’orienter sur autre chose. Par exemple, si votre enfant tape le chien ou son frère, vous pouvez lui dire : “tu as envie de taper. Je le comprends. Tu peux le faire sur ce coussin / ce tambour. Il n’aura pas mal contrairement au chat / à ton frère.” Ainsi, vous prenez le temps de reconnaitre son émotion, vous l’acceptez et vous lui donnez une alternative pour lui permettre de la vivre.

Lui donner le choix

À chacune de vos propositions, je vous invite à vous mettre à sa hauteur. Le regarder dans les yeux peut réellement vous aider.

Vous pouvez également lui proposer le choix. Par exemple, si vous voulez que votre enfant vienne avec vous et quitte le parc à jeux. Après l’avoir prévenu en amont, vous pouvez lui donner le choix “veux-tu qu’on passe par ce portail ci ou celui de derrière ?”. Proposer des choix peut être salvateur. Cela est d’autant plus précieux quand les enfants traversent la période du “terrible 2”.

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Routiniser

Je pense que c’est la dernière clé qui pourrait vous être utile pour anticiper les colères de votre enfant selon la pédagogie Montessori. En donnant des repères à votre enfant, vous lui permettez d’être sécurisé. Il sait ce qui arrive ensuite. Cela limite la frustration. Dans la même veine, vous pouvez utiliser des repères visuels comme une horloge de 24 heures ou un sablier. Ainsi, votre enfant saura qu’à tel moment, il devra arrêter telle ou telle chose pour passer à une autre activité de sa journée.

Montessori : analyser les déclencheurs des colères.

Il y a plusieurs facteurs qui peuvent expliquer la colère de votre enfant. Il peut s’agir notamment de frustration (notamment quand les enfants sont petits et qu’ils n’arrivent pas encore à se faire comprendre), de fatigue, de faim, de sur-stimulation. Ce dernier point est très important. On ne s’en rend pas toujours compte mais la sur-stimulation peut être oppressante pour les enfants. C’est pourquoi dans la pédagogie Montessori on choisit des jeux et activités qui n’ont qu’un seul et unique but.

Quand une telle émotion envahit votre enfant, il va l’exprimer à sa manière. Certains se rouleront au sol, d’autres crieront ou taperont. C’est à nous, adultes, qu’il revient de repérer ces éléments déclencheurs et d’y apporter une réponse adaptée. Attention cependant, cela ne veut pas dire être laxiste ou céder à l’enfant ce qu’il demande. On peut très bien poser des limites à un enfant de manière ferme mais bienveillante. C’est d’ailleurs un amalgame complètement faux que de penser que Montessori veut dire laxisme. Au contraire ! Un enfant a besoin de limites et Maria Montessori disait qu’un enfant libre n’est pas un enfant seul. Et dans ce sens, il a besoin de limites des adultes mais aussi d’être accompagné quand on les lui pose.

Accompagner les enfants qui font des colères façon Montessori.

Ce que je vous déconseille de faire :

Avant de vous présenter les alternatives envisageables, je pense qu’il peut être intéressant de revenir sur les actions que je vous déconseille de faire. Souvent, cela nous marque plus l’esprit.

Je vous déconseille donc de demander à votre enfant de se calmer. Les cris et les pleurs sont sa façon à lui de se calmer.

Je vous déconseille également de punir votre enfant. Les punitions génèrent de la colère envers nous et les petits enfants n’ont absolument pas la capacité d’analyser leur comportement. Ainsi, il ne pourra pas “réfléchir à ce qu’il vient de faire”. Au contraire, il associerai le fait de faire telle action à la punition… et pourrait rechercher, la fois prochaine, comment faire pour ne pas être surpris par vous.

Enfin, je vous déconseille de l’ignorer. Les enfants se construisent en nous prenant comme modèle. Dans ce sens, il me semble important que nous leur montrions l’exemple. Qui, parmi nous, aimerait être ignoré quand il pleure ? Personne. Ainsi, ne le faisons pas non plus avec eux.

Les alternatives à penser :

Voyons maintenant ce que vous pouvez penser pour accompagner votre enfant quand il traverse une tempête émotionnelle.

Il n’existe malheureusement (ou heureusement ?) pas de solutions miracles. Chaque enfant est unique ! Ainsi, il se peut que votre enfant ait besoin de vos bras pour réussir à s’apaiser. D’autres, au contraire, vous repousseront. Ils auront alors juste besoin que vous leur rappeliez que vous êtes là s’ils le désirent. Pour d’autres encore, l’investissement d’un coin calme sera salvateur. Dans ce dernier, ils pourront trouver des livres, des lumières, de la musique calme etc…

Écrit ainsi, ça semble facile. Pourtant, nous savons tous que c’est loin de l’être parfois. Prendre son enfant dans ses bras quand on a l’impression qu’il fait un caprice, c’est dur. Et c’est normal. Nous avons, pour la majorité d’entre nous, étaient élevés dans une éducation dite traditionnelle. Nous avons tous certainement entendu que les tout-petits font des caprices et qu’il ne faut pas céder. Et quelle dé-construction ça nous demande de nous dire : “il ne fait pas un caprice. Il a juste besoin de moi. Ce qu’il vit est trop grand pour lui.” Je sais à quel point c’est difficile de se le rappeler.

Si jamais vous n’arrivez pas à rester vous-même calme : c’est OK. Vous pouvez vous aussi vous éloigner. Il est possible que vous passiez le relai à un autre adulte. Vous pouvez aussi aller souffler dans une pièce voisine ou bien crier un bon coup avant de revenir. Certaines personnes aiment se répéter des mantras afin de retrouver leur calme. Qu’importe qu’elle sera votre manière de faire ! Tant qu’elle vous convient à vous : c’est l’essentiel !

Montessori : et après les colères, que faire ?

Maintenant que vous êtes armé(e) pour anticiper les colères et les accompagner façon Montessori, voyons ce que vous pouvez faire une fois que tout le monde est redevenu calme.

Il y a des situations où il me semble important de revenir sur ce qu’il s’est passé. Car il faut avoir conscience que sur le moment, votre enfant n’est pas apte à entendre ce que vous lui dites. La colère est trop forte. Ainsi, après coup, vous pouvez lui demandez pourquoi il a réagit comme cela ou encore lui demander de réparer quelque chose si c’est possible. Par exemple, s’il s’est énervé car il n’arrivait pas à finir quelque chose ou que vous lui demandiez de partir et qu’il l’a jeté au sol, vous pouvez lui demander de venir ranger avec vous. Cela favorise son sentiment de responsabilité quant-à ses actes.

Pour autant, je pense qu’il ne vaut mieux pas revenir inlassablement sur un événement. Quand c’est fini, c’est fini : on passe à autre chose. Les enfants n’ont pas du tout la même temporalité que nous et cela peut être difficile pour eux d’être ramenés sans cesse à cet événement. En leur parlant toujours de ce moment-là, on bouleverse toute leur journée à chaque fois.

Voici donc mes conseils pour accompagner les colères selon la pédagogie Montessori. Je tiens à conclure en rappelant que de telles émotions sont normales. Elles permettent aux enfants de grandir. Elles font partie intégrante de son développement et de ses apprentissages.

Si vous souhaitez en apprendre d’avantage sur cette fabuleuse pédagogie, je vous invite à découvrir gratuitement mon programme “4 jours pour découvrir Montessori” (à retrouver ici).

Et vous ? Quelles sont vos astuces pour accompagner les colères de votre enfant ?

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Les colères font partie de la vie des enfants. Mais comment les accompagner quand on souhaite pratiquer Montessori ? Découvrez une multitude de pistes pour vous aider au quotidien !

10 Comments

Ajoutez les vôtres
  1. 1
    Marine

    Très bon sujet ! Pour ma part, c’est un travail incessant sur moi que de faire face aux colères de mes enfants. J’ai beaucoup de mal à les accepter car elles me mettent immédiatement en colère. Alors je vais me calmer, je tape dans un coussin… Tu as raison, il est important de se décharger de sa propre colère ! Je crois que pour les enfants, mettre des mots, les regarder dans les yeux est vraiment important pour qu’ils se sentent respectés dans ce qu’ils vivent. C’est la bonne voie, mais c’est parfois difficile, merci de nous le rappeler !

    • 2
      Enfance Joyeuse

      Merci beaucoup pour ton partage Marine !
      En effet, c’est loin d’être évident pour nous, adultes.
      Ça nous renvoie à des sentiments enfouis en nous, à notre propre enfance aussi parfois.
      Mais comme tu le dis, décharger soi-même ses émotions nous permet de revenir plus serein auprès de ses enfants après.
      Il ne s’agit, comme toujours, pas d’être parfait.
      Juste de faire au mieux.
      Et comme toi, je pense que tendre vers le respect de l’émotion de l’enfant est la clé.
      A bientôt,
      Et encore merci pour ton mot !

    • 4
      Enfance Joyeuse

      Merci pour ton partage !
      Super idée le dessin !
      Mais en effet, ça évolue sans cesse !
      Et c’est à nous d’observer ce qui marche… et d’adapter quand ce n’est plus le cas !
      Pas une mince affaire !
      Mais on y arrive !
      A bientôt 🙂

    • 6
      Enfance Joyeuse

      Le pouvoir magique des tétées <3
      Merci d'en parler ici !
      Je vous souhaite que ça dure encore longtemps (mais il n'y a pas de raison 😉 )!
      A bientôt 🙂

  2. 7
    Nanakie

    De mon expérience, le câlin c’est un sas de décompression magique pour parents et enfants ! Le fait de verbaliser que l’on entende la colère, la frustration, que c’est normal d’être frustré pour X raison (avec sincérité bien sûr, pas en parlant mécaniquement), porte également ses fruits petit à petit chez nous : elle sait que l’on comprend sa frustration et qu’on la valide, ça l’apaise en quelque sorte !

    • 8
      Enfance Joyeuse

      Merci de partager ton vécu ici, avec nous.
      Je pense aussi que le fait de savoir qu’elle est comprise et acceptée avec toutes ses émotions, permet de l’apaiser tout comme le câlin !
      Quel joli sas d’amour pour décompresser en effet !
      A bientôt ! 🙂

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