La tocophobie : vouloir un enfant sans être enceinte ni accoucher.

Avoir peur d’accoucher ou d’être enceinte, c’est assez commun. Beaucoup de femmes expriment cette crainte. Seulement voilà, parfois le pas entre la peur et la phobie est infime. Dans ce cas là, on parle alors de tocophobie. Il est fort probable que vous n’ayez jamais entendu ce mot. Pourtant, selon certaines études, ce serait 25% des femmes qui seraient touchées. Alors, qu’est ce que cette phobie ? Petit tour d’horizon ↓

La tocophobie : vouloir un enfant sans être enceinte ni accoucher.

La tocophobie : toco-quoi ?

“Tokos” veut dire accouchement en grec. Et la phobie c’est une peur démesurée. Si on assemble les deux, ça rend “tocophobie” ou peur démesurée d’être enceinte et d’accoucher.

Il y a de nombreuses femmes qui s’épanouissent dans leur maternité. Elles ne se sont jamais senties aussi rayonnantes. Elles portent leur monde au creux de leur ventre. Pour d’autres femmes, c’est tout l’inverse.

Il y en a certaines qui de fait de leurs vécus ne veulent pas tomber enceintes. Il y en a d’autres qui, à force d’essayer, développent une phobie à l’idée de porter la vie. Qu’importe d’où ça vient, chacune à son histoire à ce propos. Et chaque ressenti est légitime.

Une peur qui nous vient de loin.

Qui parmi vous n’a jamais entendu des histoires d’accouchement terrifiantes ? Qui n’a jamais entendu l’histoire de la cousine de la soeur de la tante qui avait accouché de telle manière et à quel point c’était affreux ? Je pense que nous sommes toutes dans ce cas. Seulement parfois, certaines d’entre nous n’ont eu pour seuls échos que de telles histoires.

Il y a aussi tout ce que l’on traine dans nos bagages. Pendant des millénaires, les femmes mourraient en couche. Il n’était pas rare qu’une femme décède durant un accouchement. Et peut-être même que certaines de vos parentes plus ou moins proches ont vécu ou vu de telles histoires de leurs propres yeux. Le poids de cet héritage est bel et bien présent.

Cette peur est également omniprésente car nous avons accès à toute l’information dont nous voulons. De nos jours, si on souhaite savoir comment se passe un accouchement, on se rend sur internet. On trouve des vidéos. Et parfois, leur contenu peut s’avérer effrayant. Et tout cela dépend de tout un tas de facteurs : quels mots nous sont posés pour nous accompagner à la vue de ces images ? Quel âge nous avons ? Etc. Et ces images peuvent rester.

Finalement, la peur d’être enceinte ou de vivre un accouchement difficile est tout à fait compréhensible. Avant, les femmes se rassuraient, échangeaient sur leur vécu respectif. Aujourd’hui, ces échanges se perdent. Il n’est pas rare qu’une femme devienne mère sans avoir jamais pris soin de bébés ou même parlé de grossesse et d’accouchement avant de le vivre elle-même.

La différence entre la peur et la phobie.

Il y a des femmes qui ont peur d’être enceinte ou d’accoucher. C’est une crainte qui peut ne pas les quitter. Mais cela n’empêche qu’elles le font pour avoir cet enfant tant rêvé.

Quand on souffre de tocophobie, c’est différent. On peut désirer ardemment un bébé et pourtant envisager l’avortement tant la souffrance que génère cette grossesse nous envahit. Il y a également des femmes qui ne peuvent envisager mettre un enfant au monde et qui réserve, dès le premier jour de leur grossesse, un bloc opératoire pour accoucher par césarienne. Ce sont des peurs irrationnelles, qui nous dominent et qui sont légitimes.

Sachez que si c’est ce que vous vivez en étant enceinte, il est tout à fait possible d’inscrire vos besoins et désirs profonds dans un projet de naissance. Les professionnels qui vous accompagneront tout le long de votre grossesse pourront alors vous aider à envisager l’accouchement et le suivi de grossesse qui vous conviennent le mieux.

Ce qu’il faut comprendre en revanche, c’est que la tocophobie concerne la grossesse et l’accouchement mais ce n’est absolument pas une peur de la maternité. On peut adorer le fait de devenir maman et être complètement sereine alors qu’on était paniquée à l’idée de porter ou de donner la vie.

La tocophobie, ce n’est pas rien. Certaines femmes ont des signes d’anxiété et de panique qui les envahissent.

Les différents stades de la tocophobie.

Comme pour beaucoup de maladies, il existe différents stades, différents degrés. Nous n’avons pas toutes les mêmes peurs ou phobies. Il y a autant de définitions que de femmes qui en souffrent.

La tocophobie primaire concerne les femmes qui n’ont jamais été enceintes ou en travail. Leur peur est pathologique et vient souvent dès l’adolescence. Elle n’est, pour autant, pas moins légitime. Cette histoire et ce ressenti est propre à chacune.

La tocophobie secondaire concerne les femmes qui ont déjà vécu une grossesse ou un accouchement. Ces vécus là ont pu être difficiles voir traumatiques. C’est le souvenir de ces derniers qui génèrent la tocophobie.

Souffrir de tocophobie : se faire aider.

Je sais qu’il peut être difficile d’en parler. En ce moment, on parle beaucoup de l’accouchement physiologique. Certaines disent “on a toutes souffert, c’est normal, il faut bien ça pour avoir un bébé en bonne santé”. Parfois, quand certaines femmes parlent de leurs peurs, on leur répond : “pense à toutes celles qui ne peuvent pas en avoir”. Quelle culpabilisation !

Ainsi, il n’est pas rare que les femmes souffrant de tocophobie ressentent de la culpabilité voir de la honte. “Pourquoi moi ?”

Ce qui me semble important de rappeler c’est que vous n’êtes pas seule ! Vous avez de nombreuses ressources vers lesquelles vous tourner. Je pense notamment aux forums ou groupes privés pour échanger en toute transparence et trouver des histoires similaires à la vôtre.

En parler avec un professionnel qualifié peut également s’avérer bénéfique et salvateur. Les psychothérapeutes spécialisés dans les peurs et les phobies sont tout à fait indiqués. Ils vous permettront de poser des mots, de trouver les origines de cette phobie, de revenir sur des traumatismes et tout cela sans jugement. Cela vous permettra de vous libérer et qui sait, peut-être, d’accepter de tomber enceinte et d’accoucher.

J’espère sincèrement que ces informations vous permettront de vous sentir moins isolée. Si vous êtes paniquée à l’idée de tomber enceinte ou d’accoucher, sachez que vous n’êtes pas seule. Des milliers d’autres femmes ont vécu cela ou le vivent avec vous, en ce moment même. Et, il existe des solutions ! Je vous souhaite de tout coeur de trouver de l’aide.

Avez-vous, vous aussi, connu de telles peurs à l’idée de porter ou de donner la vie ? Qu’est ce qui vous a aidé ?

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La tocophobie est la peur incontrôlable d'être enceinte et d'accoucher. Cela touche beaucoup de femmes pourtant peu en parlent. Alors, qu'est ce que c'est ?

4 Comments

Ajoutez les vôtres
  1. 1
    Maëliss Doula

    Je n’ai pas du tout ce genre de peur. Mais j’ai accompagné des mamans avec ces troubles. Au final, elles ont pu les dépasser. Quelle belle victoire. 🙂

    Pour les phobies, il y a l’outil qui s’appelle l’EMDR qui est un magnifique outil pour ce type de trouble (hors grossesse).

    • 2
      Enfance Joyeuse

      Merci infiniment pour ce partage !
      En effet, j’ai beaucoup entendu parler de l’EMDR. Il parait que ça fait des miracles (et sur plein de sujets / troubles variés).
      Merci de le préciser ici.
      Peut-être que ça pourra être une piste pour certaines futures mamans !
      A bientôt !

  2. 3
    Emilie

    Pour ma part les peurs étaient différentes :
    -phobique du vomissement j’appréhendais d’être enceinte pour cette raison et cela m’a longtemps bloquée. Au final pas une nausée en 9 mois 😊 juste une faim de loup nuit&jour.
    – quant à l’accouchement j’ai fait un blocage/déni total de cette étape ultime de la grossesse. Aussi énorme que cela puisse paraître vu de l’extérieur je n’ai jamais imaginé un seul instant durant ma grossesse que j’allais accoucher 😄 résultat ça a été une authentique boucherie qui m’a complètement traumatisée.
    Après ce carnage la sage-femme m’a confié qu’elle avait “senti” dès le départ que ma tête ne suivait pas.
    Quelques semaines plus tard j’ai pu démêler tout ça avec ma psy et comprendre ce qui m’avait manqué pour pouvoir accoucher : le soutien de ma mère (de façon symbolique puisqu’elle est toujours de ce monde).
    Cette prise de conscience fût extrêmement douloureuse.

    • 4
      Enfance Joyeuse

      Oh oui, j’imagine. Très souvent ce qu’on oublie totalement, les choses que l’on bloque, sont dûes à des éléments que notre cerveau nous cache et met en veilleuse pour ne pas nous faire souffrir.
      À votre façon, vous vous êtes protégée… Et vous avez aussi protégé votre bébé d’une certaine façon.
      Pour autant, c’est extrêmement douloureux quand on prend conscience du pourquoi du comment. Heureusement que vous avez réussi à mettre des mots là dessus. Ça a été dur mais ça sera certainement libérateur pour la suite…
      Merci infiniment pour votre confiance, pour partager votre vécu ici.
      Je suis certaine qu’il pourra faire écho auprès d’autres femmes.

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