Nathalie et la naissance de ses jumeaux. #

Aujourd’hui c’est Nathalie qui nous raconte son accouchement… Mettre au monde deux bébés, des jumeaux, ce n’est pas chose courante… Et quand tout ne passe pas comme prévu, qu’on doit attendre pour les voir, qu’on est séparés d’eux… Ce n’est réellement pas facile. Je ne vous en dis pas plus et je vous laisse découvrir le témoignage de Nathalie. ↓

Nathalie nous raconte l'accouchement de ses jumeaux : sa césarienne, le fait qu'ils aient été séparés, et l'amour lors de leur première rencontre.

Je voulais raconter mon accouchement car je pense qu’en parler et le partager c’est pouvoir avancer car même encore 8 mois après… Aujourd’hui pour moi, c’est dur d’y penser ou d’en parler.
On a tous ce rêve : celui de la rencontre de ce moment avec le papa et bébés. Celui où la magie opère (je les vois, je sais que c’est eux mes bébés, je suis maman enfin le truc qu’on entend partout). Mais pour moi, rien de tout cela s’est passé comme dans mes rêves. Enceinte de jumeaux par FIV après 5 ans d attente, tout allait bien jusqu’à 31sa ou là ma tension a commencé a augmenter. J’étais monitorée tout le temps et faisais prises de tension et de sang. Arrivée à 32 SA tension à 19 et hop hospitalisée en urgence pour une prééclampsie avec risque d’accouchement. Et la tout se passe très vite
: piqure de corticoides pour leur poumons, les médecins de néonat qui passent les anesthésistes… Je ne comprends pas que nous sommes juste en train de gagner des jours et en effet à 32sa +3 la nuit a été horrible.

Mon fils m’a donné des coups toute la nui. Quelque chose ne va pas:  je le sais, je le sens. J’appelle une infirmière pour faire un monito et en effet ma puce ne va pas bien. On me dit d’appeler mon mari mais qu’il n’aura pas le temps d’arriver car dans max 30 min ils seront là. Et dans ma tête rien ne va plus. Mon mari venait de partir et il ne serait pas là à temps. Je vais être seule avec des gens que je ne connais pas pour vivre le soit-disant plus beau jour de ma vie ! Je ne pleure pas : je suis en apnée, je ne peux plus respirer ! Mais où est mon bel accouchement ?Celui pour lequel je me suis préparée chez la sage femme. Et la santé de mes bébés : est ce qu’ils vont être en bonne santé ? En 20 minutes, je suis au bloc, préparée. Césarienne d’urgence sous anesthésie locale. Par chance je connais la sauveuse de mes loulous. Ma sauveuse elle s’est occupée de moi pendant mes fiv. Je reprends courage. Une gentille infirmière me prend dans ses bras pendant la péridurale et me tiendra la main jusqu’à la fin. (Je n oublierais jamais cette personne elle a été mon soleil ce jour là).
 
10h11 : ma puce arrive. Je ne la vois pas. Les équipes de néonat l emmènent à toute vitesse. Elle ne crie pas.
10h13 : mon loulou arrive. Idem. Une deuxième équipe l’emmène. Je ne vois rien, je ne sais rien, je pleure. On revient me voir on me dit que ça va aller. On me demande leur prénom. Je ne les reverrais pas avant le soir normalement. D’ un coup la pièce qui était remplie d’une dizaine (voir plus) de personnes se vide. Je suis seule avec l’anesthésiste et les 2 docteurs. Je suis tellement triste et je me sens seule. On me ramène en salle de réveil. Mon mari arrive. Il a pu voir nos loulous passer. Il pleure et il me dit qu’ils sont beaux et forts et qu’il ira les revoir dans une heure. De mon côté la situation dégénère : je vomis sans arrêt, j’ai chaud, j’ai froid, je suis bouillante. Je fais une hémorragie. On me ramène au bloc: anesthésie générale. J’y resterais 3h. Je ne verrais pas mes bébés ce soir.

De retour en salle de réveil les choses ne s’arrangent pas : mes fonctions rénales se sont effondrées. On m a transfusé beaucoup de sang. Le lendemain toujours pas d’amélioration. Je n’ai toujours pas pu voir mes bébés et la nouvelle tombe… on me transfère dans un autre hôpital aux soins intensifs (je comprends que la situation est grave mais je ne partirai pas tant je ne les aurai pas vus !) Je pleure. Je pleure tellement… Et ce jour 3 femmes fabuleuses me kidnappent en lit et me montent en néonat’. J ai le droit à 10 minutes avec eux. C’est ça ce dont on parle : The moment. Je comprends enfin ce que c’est. Je pleure, mon mari pleure, tout le monde pleure d ailleurs ! Je suis maman ! Et puis les ambulanciers me transfèrent : les 5 jours les plus longs de toute ma vie. Il faut que ma fonction rénale s’améliore et que ma tension baisse (j ai eu une forme très rare de prééclampsie : un help syndrome. D’après les médecins je peux profiter de la vie car j’ai eu beaucoup de chance). Après 5 jours loin d’eux : je les revois enfin ! 1 mois de néonat et nous serons à la maison tous ensemble. 1 mois à faire des allers retours 1 mois à espérer leur retour. Mais aujourd’hui je me dis :  j’ai de la chance, ils vont bien, je vais bien. On est tous les 4 ensemble et on est encore plus forts. Alors oui je n’ai pas eu l’ accouchement de mes rêves mais c’est pas grave. Je vis mon rêve tous les jours : celui d être maman et j’en profite à fond malgré les jours plus difficiles.

Merci infiniment Nathalie d’avoir posé des mots sur votre vécu. Je suis certaine que votre histoire va résonner dans le coeur de bien d’autres familles (ayant ou non des jumeaux)… Et que cette conclusion va donner beaucoup de baume au coeur. Je vous souhaite plein de bonheur maintenant que vous êtes enfin réunis.

Si vous souhaitez découvrir d’autres témoignages d’accouchements, rendez vous par ici.

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Nathalie nous raconte l'accouchement de ses jumeaux : sa césarienne, le fait qu'ils aient été séparés, et l'amour lors de leur première rencontre.

2 Comments

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  1. 1
    sophie

    Quel témoignage touchant, j’ai eu des frissons pendant toute la lecture ! C’est tellement difficile de ne pas pouvoir être auprès de ses bébés dès la naissance, sans parler du contexte de prématurité, help syndrom…
    Bravo à la maman pour ce courage <3

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