Charline : Une naissance à la maison, dans un cocon. #

Aujourd’hui c’est Charline qui nous partage son récit d’accouchement. Elle a donné naissance à son fils de manière physiologique, à la maison, dans son cocon. Je ne vous en dis pas plus et je vous laisse découvrir ce témoignage poignant et rempli d’amour. ↓

Aujourd'hui c'est Charline qui nous partage son récit d'accouchement. Elle a donné naissance à son fils de manière physiologique, à la maison, dans son cocon d'amour. Je ne vous en dis pas plus et je vous laisse découvrir ce témoignage poignant et rempli d'amour

Mon petit, mon tout petit bébé. Je me suis promis le jour où j’ai appris que tu t’étais logé au creux de mon ventre de te conter ta naissance. Pour toi, pour que tu saches comment tu es venu au monde mais aussi pour moi, car depuis tant d’année que je lis le récit de ces mamans et qu’il est désormais mon tour de réaliser que tu es bien là.

Depuis le début de ma grossesse, je suis persuadé que tu arriveras avant la date prévue (le 16 janvier) par la sage-femme. Alors pendant toutes les vacances de Noël j’ai attendu le moindre signe. Mais rien, absolument rien, pas une seule contraction. Ce n’est pas faute de boire de la tisane de framboisier ! Ton Papa est retourné au travail, et moi je me suis fait une raison, tu arriveras quand tu le décideras ! DÉCLIC ! C’est ce qu’il fallait pour que je lâche prise. Alors je profite des jours restants, je vais marcher, je prends soin de moi, et que cela fait du bien ! Les jours passent, les anniversaires de la famille aussi, tu auras donc ta date. Ta cousine n’est pas encore arrivée non plus.

Vendredi 10 janvier :

Nous allons nous coucher sereinement avec ton Papa. Il est en week-end, nous te parlons avant de nous endormir. J’éprouve le besoin de te dire que tu peux venir, je te fais confiance je sais que tu ne choisiras pas la même date que ta cousine. 

Samedi 11 janvier :

6h : 3ème réveil pipi de la nuit (plutôt habituel c’est dernier mois !) Je me lève et me sens « mouillé ». Mince, est ce que c’est ça perdre les eaux ? Non ce n’est pas assez important, on m’a parlé d’un gros « Splash » ! Est-ce que j’ai fissuré la poche ? Je sens l’excitation montée en moi ! Aux toilettes, je confirme mon sentiment ce n’est pas les eaux, surement le bouchon muqueux. Je retourne me coucher.

7h : Je me fais réveiller par une douleur inhabituelle. Je n’ai jamais eu de contraction mais là je le sais, c’est ça ! Une douleur dans le bas du ventre, elle ressemble à celle de mes règles en plus forte ! Je me rendors.

7h30 : Ok seconde contraction. Je regarde l’heure et suis surprise qu’une demi-heure soit déjà passé ! Je télécharge une application pour compter les contractions (il n’est jamais trop tard !) puis je me rendors.

Je me réveil toutes les 30min puis toutes les 20min.

8h30 : Ton Papa commence à ouvrir un œil. Il me voit sourire, je lui dis « Je crois que c’est pour aujourd’hui, il faut qu’on aille à Picard ».

C’est important Picard ! J’ai fini mon livre sur le Mois d’Or hier ! Et je sais que quand tu seras là, il sera plus difficile de faire à manger pendant quelques temps. 

J’envoie un message à Chloé (notre SF), j’ai un doute sur cette perte de liquide qui continue. Je lui décris ce qui se trouve dans ma culotte et lui dit que c’est sans doute pour aujourd’hui.

9h30 : On n’a jamais été si tôt chez Picard ! Je sens passer les contractions, elles ne sont pas très douloureuses mais s’intensifie légèrement. Je les respire sereinement en m’appuyant sur les frigos du magasin.

La matinée passe tranquillement, je m’aide du ballon avec espoir que le travail se lance « vraiment ». J’ai cette peur qui ne me lâche pas, peur que ce ne soit que du « faux travail ».

12h : Je mange installé sur mon ballon, Chloé prend régulièrement des nouvelles. Elle passera dans l’après-midi pour vérifier que ce n’est pas la poche qui est fissuré (Pour ne pas dépasser les 16h toussa toussa…)

Papa veut aller acheter quelques bricoles en ville, je ne me sens pas capable de l’accompagner. Alors on revoit notre programme. On fignole la valise pour le plateau technique et la maternité (au cas ou …).

14h : Je fais des coloriages, je me rase les jambes, je mets à exécution mon plan d’action pour patienter ! Je préviens Vanessa, notre photographe, qu’elle ne dormira sans doute pas grand-chose ce soir ou cette nuit ! Elle a hâte de te rencontrer (mais pas autant que nous !)

16h : En pleine préparation de cookies Chloé arrive ! Elle écoute ton petit cœur, tout va bien. On file dans la chambre pour voir si cette poche est percée ou non. Je m’allonge et la … SPLASH ! Ok maintenant elle l’est ! On rigole beaucoup, la contraction qui suit me coupe l’envie de rire !

Chloé m’installe sur le ballon avec le monitoring, elle a besoin d’un tracé pour le PT. Tu n’aimes pas trop cette machine (et moi non plus !) alors le tracé n’est pas régulier, tu te caches !

Chloé nous laisse, elle repassera dans la soirée vers 21h, les choses avancent tranquillement mais maintenant plus de doute la rencontre n’a jamais été aussi proche !

18h30 : Les contractions se sont bien rapprochées même si elles sont encore parfois irrégulières. L’intensité commence à me mettre dans ma bulle, je ne parle plus pendant l’une d’entre elles.  Ton Papa me prépare du riz pour me donner des forces.

19h : Je n’arrive pas à manger, je suis à quatre pattes sur le tapis du salon, le buste en appuis sur mon ballon. J’essaie de me poser sur le canapé entre chaque vague mais celles-ci commencent à être très intense. 

19h15 : Papa prend le relais pour écrire à Chloé. Je ne suis plus capable de taper un message ! Il essaie de me donner des cuillères de riz entre chaque contraction, je manque de m’étouffer quand l’une d’elle me surprend la bouche pleine !

20h : Chloé arrive (ENFIN !), je l’attendais en espérant secrètement qu’elle aurait un remède miracle pour moi ! Elle me propose de prendre un bain. Je refuse, je ne me vois pas changer de position. Et puis finalement j’accepte, peut-être cela atténuera la douleur ?

PERTE DE LA NOTION DU TEMPS

Aujourd'hui c'est Charline qui nous partage son récit d'accouchement. Elle a donné naissance à son fils de manière physiologique, à la maison, dans son cocon d'amour. Je ne vous en dis pas plus et je vous laisse découvrir ce témoignage poignant et rempli d'amour

J’entends Chloé dire à ton Papa que l’eau ne chauffe pas, la chaudière fait des siennes ! Comme si c’était le moment !!!

Et puis finalement, Papa réussit à relancer la chaudière et à me faire couler un bon bain chaud.

Je m’installe dans l’eau, immédiatement la chaleur m’apaise. Comme si elle venait réchauffer mon corps, mon cœur et mon âme tout entière. A partir de cet instant je te parle, intérieurement, mais je te parlerai jusqu’au bout. Je te dis que comme toi maman puise sa force dans la chaleur de l’eau. Je m’allonge sur le côté droit, on me glisse le coussin d’allaitement sous la tête. Les vagues se rapprochent, mes sons s’intensifient. J’ai le sentiment de mieux appréhender le vortex dans lequel je me laisse aller. Je sais désormais qu’en 3 « OM » la contraction est passée, je somnole entre chaque dans la chaleur de l’eau.

Ton Papa me donne à boire à la paille, il est formidable tu sais ! A chaque vague qui arrive je l’entends réaliser ce son si grave qui m’emporte. Chloé aussi est là, tous les deux sont assis auprès de moi. Je les entends m’encourager, je sens les vibrations de nos sons s’harmoniser pour ne former qu’une seule et unique force vibratoire. Je me tends et pousse sur ma jambe gauche lors de la montée de la vague. Je commence à entendre Chloé, elle me demande de sortir de l’eau cela fait 2h maintenant.

Je n’y arrive pas, changer de position est vraiment insupportable. Je n’arrive pas à me laisser guider par mon corps.

Je m’assois en tailleur, soulagement de quelques (longues) minutes. La tête complétement relâchée, les vagues me semblent moins intense. Peut-être est-ce le changement de position ? Mes sons m’accompagnent toujours. Les minutes s’enchainent, parfois je me demande pourquoi j’ai voulu ça. Je me dis que je comprends ces femmes qui choisissent de soulager la douleur. Cette douleur dont je ne cesse de me répéter qu’elle est ma puissance.

J’entends Chloé me dire que maintenant il faut sortir, je sais que j’ai largement dépassé le temps maximum prévu dans l’eau.

J’attends la prochaine pause et je rassemble mes forces. Ton Papa me soutient, me porte hors de l’eau. A eux deux il me sèche pour ne pas que j’attrape froid. Je me souviens d’une vague à ce moment-là. Celle que je redoutais car je n’avais pas pu la souffler dès le début. Je me revois m’appuyer sur le bord de la baignoire, sentir les cris aigus monter dans ma gorge et me rappeler de souffler des sons grave pour m’ouvrir.

Je m’installe sur le canapé, c’est là que je resterai jusqu’à la dernière étape. Les contractions s’intensifient, je suis dans le vortex. Elles s’enchainent, les pauses se font plus rares. Les vagues se suivent par 3 avant que le répit s’installe. C’est le moment le plus difficile pour moi. Je peine à reprendre ma respiration, ton Papa m’accompagne toujours, il ressent tout.

Chloé veut m’examiner, je peine à me retourner sur le dos. Je me demande à ce moment comment font les femmes pour accoucher sur le dos en maternité !

Elle m’annonce alors que c’est le moment qu’il faut aller au plateau technique maintenant (elle me dira plus tard que j’étais à 8 à ce moment). J’entends ton Papa s’afférer, préparer les valises, aller faire chauffer la voiture. Je me sens seule. Je ne veux pas aller au PT, je ne me sens pas capable de marcher, et des faire 30 min de route. Je sens que je commence à pousser pour me soulager pendant les contractions. Je le dis à Chloé, elle me dit que je peux le faire. Avec l’aide de ton Papa, ils m’habillent. Mais je ne me lève pas. Je ne peux pas, mon corps ne m’obéit plus. Il se tend et pousse c’est tout.

Dimanche 12 janvier :

00h30 : Chloé comprend et dit à Papa qu’il peut aller éteindre la voiture « On reste là ». Elle sort chercher le matériel nécessaire à l’accouchement à la maison. Je leur demande de ne pas me laisser seule. Je sens que la rencontre approche. Je continue de te dire que je suis fière de l’équipe que nous formons, que tu peux descendre nous sommes à la maison. Quand tout le monde revient Chloé me propose de me mettre accroupi pour t’aider à progresser dans mon bassin.

Je m’installe face à ton papa, qui est assis sur le canapé. Il me soutient de tout son être. Je sens les larmes sur ses joues quand je me colle à lui. Il me dit à l’oreille « on est au complet », je tourne légèrement la tête et aperçoit Vanessa, notre photographe d’amour. Je suis sur un nuage, je brûle, je le cri haut et fort. Je pousse à chaque contractions, Chloé me dit de venir toucher tes cheveux. Je sais que tu es bientôt là. Je suis tellement près du sol que Chloé me demande de me redresser un peu pour que tu puisses sortir. Elle pose des compresses d’eau chaude sur mon périnée, quel soulagement !

1h29 : Je sens ta tête sortir puis tout ton corps qui suit rapidement.

Je te vois glisser sur les serviettes disposées entre mes jambes. Je t’observe, je crois que je ne réalise pas de suite que tu es là.

Quelques secondes plus tard, je te prends dans mes bras. Ton papa pleur. Je suis heureuse, tu es là. Nous découvrons ton petit secret, nous avons un fils.

Nous attendrons que le cordon cesse de battre pour que ton papa puisse le couper.

Les contractions sont encore présente, papa te prend en peau à peau, le temps que le placenta soit délivré, et quelle délivrance !!

Je file à la douche pour me rincer, accompagné de Chloé, qu’elle mauvaise surprise de voir que l’eau est gelée ! La chaudière fait encore des siennes ! Ça sera une petite toilette au gant de toilette !

Lorsque je reviens je meurs d’amour pour vous deux, les deux hommes de ma vie.

Aujourd'hui c'est Charline qui nous partage son récit d'accouchement. Elle a donné naissance à son fils de manière physiologique, à la maison, dans son cocon d'amour. Je ne vous en dis pas plus et je vous laisse découvrir ce témoignage poignant et rempli d'amour

Je te remercie infiniment Charline pour tes mots et ces magnifiques photos (réalisées par Vanessa Amiot). Tu nous as emmené avec vous dans ce moment de vie si précieux et intense. Je vous souhaite beaucoup de bonheur. 

Si vous souhaitez découvrir d’autre témoignage de femmes ayant accouché à domicile, je vous conseille de lire les récits de Fanny et de Sonia.

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