Vivre l’accouchement comme un passage : l’histoire de Catherine.

Aujourd’hui c’est Catherine qui nous raconte son vécu de maman au travers de ses trois accouchements vécus en Allemagne. Elle ne considère pas la naissance comme quelque chose à réussir ni comme un événement mais plutôt comme un passage. Je ne vous en dis pas plus et je vous laisse découvrir son histoire. ↓

Catherine nous raconte ses trois accouchements vécus en Allemagne. Elle ne considère pas la naissance comme quelque chose à réussir mais comme un passage.

Peux-tu te présenter toi et ta famille s’il te plait ?

Nous sommes une famille franco-allemande vivant en Allemagne. Je suis française, mon mari est allemand et nos trois enfants sont nés en Allemagne. Ils ont 3, 5 et 8 ans.

Revenons au tout début… Comment as tu appris que tu étais enceinte de ton premier enfant ?

Tout naturellement, par un retard de règles. J’étais en déplacement professionnel, je suis allée acheter un test de grossesse, l’ai fait le lendemain matin et n’ai pas pu tenir jusqu’à mon retour à Hambourg. J’ai immédiatement appelé mon homme pour lui dire. 

Comment s’est passée la grossesse ?

Mes trois grossesses se sont bien passées avec des petits désagréments comme des nausées pour l’une, des varices pour l’autre. Ma cadette était en siège jusqu’à quelques jours avant sa naissance. Une version externe a réussi à la faire se retourner. 

Toi qui n’avais jamais accouché, te représentais-tu une manière « idéale » d’accoucher ?

J’étais entre deux cultures de l’accouchement, la française qui voit la péridurale comme un élément normal de l’accouchement et l’allemande qui présente l’accouchement sans péridurale de façon très positive, comme étant le meilleur pour le bébé et la maman. Ma sœur, ma belle-sœur et mes amies avaient toutes eu une péridurale et je me sentais bien plus proche de la vision française que de la vision allemande.

Avais-tu fait un projet de naissance ? 

Non, d’abord parce que je ne savais pas que ça existait lors de mon premier accouchement. Je n’en ai pas fait non plus pour mes deux accouchements suivants. Je n’avais pas d’attente spécifique pour mon accouchement. La péridurale était une possibilité que j’envisageais tout à fait. J’espérais simplement de pas avoir de césarienne. Pour ma cadette, si la version externe n’avait pas fonctionné, j’avais déjà prévenu la maternité que je souhaitais une césarienne plutôt qu’un accouchement en siège par voie basse. 

Comment t’étais tu préparée à la naissance à venir ?

Pour mon aîné, j’ai suivi en couple des cours de préparation à l’accouchement. Nous avions huit rendez-vous avec une sage-femme qui nous a expliqué le déroulement d’un accouchement et différentes techniques de relaxation. Je voulais absolument me familiariser avec les termes allemands car je savais qu’il n’y avait pas de personnel francophone à la maternité. Je voulais aussi que mon compagnon connaisse les principaux termes dans les deux langues (il parle couramment français). Je voulais pouvoir parler en français sans avoir à me soucier de la traduction. Il y avait aussi la possibilité de faire des séances d’acupuncture à partir de la 36ème semaine pour préparer l’accouchement. Lors de la première séance pour mon aîné, j’ai fait un malaise mais ensuite cela s’est toujours bien passé. 

Puis le jour J est arrivé. Comment ça s’est passé ?

Pour mon aîné, j’ai commencé à avoir des contractions à minuit,nous étions le jour du terme. J’ai réveillé mon homme, nous avons appelé un taxi et nous sommes arrivés vers deux heures du matin à la maternité. Les contractions étaient très douloureuses et j’étais très fatiguée. J’ai demandé à avoir la péridurale mais l’anesthésiste a dû d’abord aller gérer une urgence, puis il y a eu un changement d’équipe et je pense n’avoir eu la péridurale que vers six ou sept heures du matin. Entre temps, on m’avait donné du gaz hilarant et du paracétamol en perfusion (il me semble) et j’ai un souvenir assez flou des heures suivantes (je n’ai par exemple aucun souvenir d’avoir vu le jour se lever). Mon homme me dit que j’étais complètement shootée. Quand j’ai eu la péridurale, j’ai pu dormir un peu. Au moment de l’expulsion, j’étais quand même épuisée car cela faisait onze heures que j’avais des contractions et je n’avais pas dormi depuis plus de 24 heures. Le cœur de mon bébé ralentissait et le gynéco a demandé de préparer la salle d’opération pour une césarienne. Il a décidé de tenter une manœuvre avec une ventouse. Comme c’est une manœuvre relativement rare, il m’a demandé si j’étais d’accord pour que des gynécos en formation y assistent. Cela m’était complètement égal, je voulais que mon bébé sorte et que ça se termine. Il me semble donc que deux ou trois personnes sont venues et m’ont saluée. Quelques minutes plus tard, notre fils était là après plus de onze heures de travail.

Pour les deux filles, le travail a été beaucoup plus rapide (8 heures pour la cadette et 5 heures pour la benjamine). J’ai trouvé les contractions moins douloureuses au départ, j’étais aussi plus détendue car je savais comment un accouchement se passait. J’arrivais assez bien à gérer les contractions tout en me déplaçant dans la salle de travail. Finalement, au moment où je voulais demander la péridurale, la sage-femme m’a dit que c’était trop tard car j’étais quasiment à dilatation complète. Je n’ai donc pas eu de péridurale pour mes deux autres accouchements mais ce n’était pas une décision de ma part, mais la conséquence d’un travail plus court.

Quelle place a pris le papa durant tout ce travail ?

Le papa a été très présent, il m’a beaucoup soutenue et m’a fait des points d’accupression comme il l’avait appris lors des cours de préparation à l’accouchement. Il assurait la traduction car je n’avais aucune envie de parler en allemand.

Et enfin, ton bébé était là ! Qu’as tu ressenti quand tu l’as vu ?

Que c’était le principal ! Qu’il était là ! Que mes souvenirs embrumés par le gaz hilarant, la ventouse et la présence de plusieurs médecins n’avaient pas tant d’importance que ça.

Quels souvenirs gardes-tu de ton accouchement ?

Finalement, je garde un souvenir fort de mes accouchements, c’est un moment unique mais cela reste un passage pour moi, pas un événement et encore moins quelque chose à réussir. Comment peut-on réussir quelque chose sur lequel on n’a aucune prise ? Quand on ne sait absolument pas comment cela va se passer ?

Maintenant, tu as trois enfants. Est ce que pour toi tous les accouchements se ressemblent ? Est ce qu’on peut être « habituée » à accoucher ?

Mes accouchements pour mes filles se ressemblent parce que j’avais déjà l’expérience du premier. On ne peut pas s’habituer car deux accouchements peuvent être extrêmement différents mais j’avais moins d’appréhension pour les filles car je savais déjà ce que, très probablement, je ressentirai .

Aurais tu un message que tu souhaiterais faire passer aux futures mamans qui liraient ton portrait ? 

Je trouve fondamental que les femmes se réapproprient leur accouchement, qu’elles restent l’interlocuteur principal de l’équipe médicale mais je m’inquiète pour des femmes qui ont des projets de naissance très détaillés, qui partent à l’accouchement, convaincues de ne pas vouloir de péridurale par exemple. Une cousine a très mal vécu le fait d’avoir accepté la péridurale, elle s’en est voulue, s’est sentie incompétente comme femme de ne pas avoir accouché comme elle le souhaitait. Elle a beaucoup souffert et reste fragilisée car elle en a gardé un sentiment d’échec..

Mon message serait que l’accouchement est un passage. Bien sûr, on souhaite que celui-ci se fasse le mieux possible mais le plus important, c’est ce qui vient après.

Merci beaucoup Catherine d’avoir partagé ta vision des choses avec nous. Je suis certaine que tes mots vont apaiser bien des futures mamans.

Si vous souhaitez découvrir le quotidien de Catherine en Allemagne, je vous invite à découvrir son blog ici.

Et si vous souhaitez lire d’autres témoignages d’accouchements, rendez vous ici.

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Catherine nous raconte ses trois accouchements vécus en Allemagne. Elle ne considère pas la naissance comme quelque chose à réussir mais comme un passage.

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      Enfance Joyeuse

      Je pense comme vous deux : se préparer est important mais il faut garder en tête que jusqu’au bout, l’accouchement restera un moment unique et imprévisible. Et que pour autant, ça ne veut pas dire que ça se passera mal… Il y a aussi de très belles surprises <3

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