Marina : une histoire de césarienne.#

Aujourd’hui c’est Marina qui nous raconte son accouchement. Alors qu’elle se préparait à une césarienne programmée, son bébé a décidé d’arriver plus tôt. Elle devra quand même vivre une césarienne avec tout ce que cet événement et son aspect d’urgence implique. Elle nous partage alors cette histoire de césarienne. ↓

Aujourd'hui c'est Marina qui nous raconte son accouchement. Alors qu'elle se préparait à une césarienne programmée, son bébé a décidé d'arriver plus tôt. Elle devra quand même vivre une césarienne avec tout ce que cet événement et son aspect d'urgence implique. Elle nous raconte.

Au début je devais avoir une césarienne programmée le lundi matin. Je devais m’y rendre le jour même sans vernis, bijoux et me laver à la bétadine des cheveux aux pied la veille et le matin même, il fallait également que je mette des bas de contention spécial bloc opératoire. Mon conjoint devait venir avec moi au bloc. Bébé a décidé de ne pas attendre le lundi et il m’a rompu la poche des eaux trois jours avant (le vendredi soir au repas)… Donc direction la maternité où j’explique mon cas (j’avais du vernis). On me met en salle sur un lit avec monitoring et on me dit que la césarienne d’urgence doit être faite avant que le travail commence vraiment. Tout se passe très vite je ne comprend pas, je n’entends plus rien, je suis dans ma bulle, je me déshabille entièrement et me mets une chemise qu’ils me donnent avec des chaussons en tissu bleu. Ils me mettent une sonde urinaire et un cathéter avec une poche reliée à une barre de fer roulante.

22h : Direction le bloc. (Finalement mon conjoint n’est pas accepté par le chirurgien…). J’arrive dans cette salle aux couleurs froides… Plein de personnel médical. Tout va très vite : je ne sais pas quoi faire. Je suis perdue. Je suis juste une dame blonde qui restera avec moi tout le long. On m’assoit sur la table d’opération puis on me dit qu’on vas me faire la piqûre au niveau du rachi (en bas du dos) et qu’il faudra vite que je m’allonge car le produit agit de suite. J’ai peur, je tremble, je pleure. L’anesthésiste ne peut pas me piquer, la fameuse dame blonde en face de moi me donne ses mains, me rassure, me parle, me dit de la serrer aussi fort que je le souhaite, de me montrer courageuse, que j’aurais bientôt mon enfant avec moi… Je prends donc un grand souffle, je lui brise les doigts pour faire partir toute cette peur et cette haine que mon conjoint ne soit pas là. La haine qu’on me laisse seule pour un moment comme celui là… La pauvre n’y est pour rien mais elle m’y a autorisé….Une fois calmée, il me fait la piqûre je cris de peur et de douleur j’ai l’impression que ça dure si longtemps… Pas le temps de m’allonger j’ai juste pu mettre une jambe sur la table ils doivent me porter pour me mettre comme y faut. Un moment j’entends même “elle tombe tiens la bien” (pas rassurant). Et toi, toi tu ne sens rien.. L’opération commence la dame blonde toujours à mes côtés me tenant la main me rassurant. J’ai envie de vomir, mal de crâne terrible (je pars en hypertension) je “sens tout ce qu’on me fait” : aucune douleur mais je sens qu’on s’acharne sur moi (normal quand j’ai su qu’ils ont du sortir mon fils à la ventouse…). Je pleure, je leur dit d’arrêter que j’ai mal ! Mais j’ai pas mal c’est une sensation tellement inexplicable. J’ai juste terriblement peur je pars en crise d’angoisse… Je serre fort la main de cette dame qui continue de me rassurer. Elle me dit qu’elle est là, que je ne suis pas seule.

Au bout d’un moment j’entends “oula gros bébé ! heureusement qu’il y a césarienne elle n’aurais jamais pu passer”. (J’avais envie de crier. Je m’imaginais un bébé énorme à l’entendre !!!)

22h30 : le bébé est sorti (4kh210 53cm). On me demande si je veux le voir (bien sur c’est mon fils non ?…). Je vois tous ses cheveux. Je pleure encore. On me fait les soins qu’ils ont à faire on me recoud (à savoir qu’on a 4 cicatrices, 3 internes avec fil, 1 externe avec agrafe). Donc je sors du bloc dans le lit toujours le bas du corps endormi, je vais en salle de réveil en surveillance toute la nuit car la tension ne baisse pas enfin je retrouve mon homme… On vient me voir souvent pour savoir si j’arrive à bouger mes jambes et au final j’ai réussi au bout de quelques heures..

Lendemain matin retour en chambre je mange des pitchs. J’avais tellement faim.. On me gronde parce que c’est interdit de manger (mais on ne m’a pas prévenu). On m’enlève la sonde urinaire on me dit qu’il faut que je me lève (non j’y arriverai pas j’ai mal).

L’aide-soignante me dit que si à 17h j’ai pas fait pipi : on me remet la sonde urinaire. Je veux pas, ça fait mal ! Alors je bois, je bois, je bois toute la journée). L’aide soignante revient. J’ai dit je veux faire pipi. Au final j’ai uriné pendant au moins 5-10 minutes. Elle m’a grondé parce que j’ai trop bu (j’avais tellement peur de la sonde). On me demande si je veux le cachet pour la montée de lait. Je dis non car je n’ai pas mal. (Mais le lendemain : douleur atroce et je le veux. Mais on me dit c’est trop tard faut le prendre maxi 15 h après… On ne me l’avait pas dit…Je l’aurais pris sinon….)

C’est le moment de la douche avec betadine. J’ai besoin d’aide pour entrer dans la douche qui n’est pas adaptée quand tu as eu une césarienne sachant que tu ne peux pas lever les jambes donc la marche de la douche… 5 jours plus tard j’ai le droit de sortir mais on m’enlève qu’une agrafe sur deux car j’ai fait un oedème (j’avais 18 agrafes).

Je rentre à la maison. J’ai mal. J’arrive pas à marcher. Heureusement que mon conjoint me soutient et m’aide pour tout. Une semaine après le retour à la maison, une infirmière à domicile m’enlève le reste des agrafes. Je n’ai plus eu aucune douleur 2.5 mois après. Aujourd’hui : bientôt 4 mois après, ça va. La cicatrice gratte des fois mais ça met un an à se remettre….

Je souhaite juste finir par un mot sur la dépression post natale, dépression que j’ai faite durant plus de deux mois. Aujourd’hui ça va mieux. J’ai pas accepté cette césarienne. J’étais au courant toute ma grossesse mais j’avais toujours espoir… Donc si je peux donner un conseil aux futures mamans : renseignez vous sur la césarienne, parlez en : ça peut peut-être vous aider à accepter la chose. Je pense que si je n’avais pas été seule, je l’aurais plus acceptée….

Merci Marina d’avoir posé des mots sur votre histoire de césarienne. Être informée en amont sur ce qui peut se passer peut en effet, être salvateur le jour J. Et je suis certaine que ton histoire va résonner dans le coeur d’autres femmes. Alors merci pour tout ça.

Si vous souhaitez découvrir d’autres témoignages d’accouchements, rendez vous ici.

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Aujourd'hui c'est Marina qui nous raconte son accouchement. Alors qu'elle se préparait à une césarienne programmée, son bébé a décidé d'arriver plus tôt. Elle devra quand même vivre une césarienne avec tout ce que cet événement et son aspect d'urgence implique. Elle nous raconte.

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