Comment éviter l’épisiotomie ?

L’épisiotomie ! En voilà un mot qui fait peur ! On le découvre généralement durant la grossesse et on espère, très fort, que nous n’aurons pas à en subir une. Pourtant, on le sait, on est toutes aussi concernées par cela. Que l’on soit sportives ou pas. Que l’on ait déjà des enfants ou pas. Mais rassurez vous ! Il existe différentes méthodes à mettre en place durant votre grossesse pour éviter que cela ne se produise le jour J. Si, si : je vous assure !

Episiotomie. Voilà un mot qui fait peur ! On aimerait tant passer au travers mais on ne sait pas toujours comment faire... Découvrez des astuces pratiques !

L’épisiotomie, c’est quoi ?

Bon déjà, commençons par le commencement : c’est quoi une épisiotomie ? Et bien, c’est un acte chirurgical qui survient durant l’accouchement. On va venir sectionner votre périnée pour laisser passer votre bébé. Concrètement, c’est une incision qui peut s’étendre de votre vagin à votre anus. Rassurez-vous, toute épisiotomie n’est pas aussi grande ! Il existe différents degrés en fonction de la longueur et de la profondeur de la section.

Durant l’accouchement, la tête de votre bébé appuie très fort sur votre périnée. Et avec l’action de la poussée, surtout si elle est dirigée, la pression peut être trop forte sur cette petite partie de votre corps. Ainsi, soit tout se passe bien. Soit “vous déchirez” naturellement. Soit le professionnel de santé sectionne avec un ciseau votre peau pour faire plus de place pour votre bébé. Dans ces deux derniers cas, des points de suture seront par la suite nécessaires.

Vous vous en doutez, ce n’est pas l’épisiotomie en elle-même qui est forcément douloureuse, c’est souvent les soins après la naissance. La cicatrice pouvant être très douloureuse et pouvant générer bien des désagréments allant du simple fait de s’assoir à des douleurs lors des rapports sexuels par exemple.

Je sais que ça peut être très angoissant mais rassurez vous : toutes les femmes ne passent pas par là. Il y en a beaucoup qui préparent leur périnée durant leur grossesse de manière à ce qu’il soit prêt, souple et musclé pour que le bébé puisse passer sans avoir besoin d’épisiotomie !

Je tiens à préciser également que certaines maternités ont des taux beaucoup plus élevés que d’autres. C’est parfois aussi, un confort pour l’équipe qui participe à l’accouchement. N’hésitez donc pas à demander ce taux. Et à noter dans votre projet de naissance que vous n’en souhaitez pas si possible.

Pourquoi préparer mon périnée enceinte ?

Vous l’aurez donc compris : préparer votre périnée durant votre grossesse est fondamental pour éviter une potentielle épisiotomie et les soins post-partum qu’elle génère.

Vous vous demandez peut-être qu’est ce que le périnée ? C’est un ensemble de muscles et de ligaments qui se croisent et s’entrecroisent et qui viennent tapisser le bassin osseux. Concrètement, pour visualiser où il se situe, je vous invite à insérer un doigt dans votre vagin et à serrer vos muscles comme quand vous essayez de retenir un pipi pressant. Vous allez ressentir une pression au niveau de votre doigt. Tadam ! C’est votre périnée !

Généralement, les professionnels de la santé le comparent à un hamac. En temps normal, il retient nos selles et notre urine. Mais durant la grossesse, il doit supporter tout le poids du bébé et de notre utérus. Vous imaginez le volume supplémentaire qu’il doit soutenir ? Ce n’est pas rien !

C’est pour ça qu’il est important qu’il soit musclé afin qu’il se contracte et fasse son boulot durant la grossesse mais qu’il soit également suffisamment souple et élastique en vue de l’accouchement. Pourquoi ? Car le jour J, pendant que vous allez pousser, votre périnée devra s’ouvrir afin de laisser passer votre bébé. Il faut donc qu’il puisse s’étirer naturellement si vous souhaitez éviter une déchirure … ou une épisiotomie !

Comment préparer mon périnée pour éviter l’épisiotomie ?

Sachez qu’il est tout à fait possible de préparer votre périnée durant les 9 mois de votre grossesse. Pour ça, il y a plusieurs méthodes.

La méthode de relâchement / contraction

La première méthode se base sur un effet de relâchement et de contractions. Durant 5 secondes vous allez serrer votre périnée. Imaginez que vous reteniez un pipi très pressant. Au bout des 5 secondes, relâchez vous. Prenez au moins 15 secondes de repos. Et recommencez ! La phase de repos est tout aussi importante que celle de contraction. Pourquoi ? Car la contraction va venir entretenir la tonicité du périnée alors que le relâchement viendra stimuler sa détente et donc, sa souplesse.

Vous pouvez faire cet exercice dès le début de votre grossesse et le répéter plusieurs fois par jour, quand vous y pensez.

Je tiens juste à préciser que cet exercice n’a rien à voir avec celui de retenir son urine quand on a déjà commencé à faire pipi. J’ai beaucoup entendu mes copines me dire que ça permettrait de muscler le périnée. Mais c’est une idée reçue ! Cet exercice peut nous aider à prendre conscience d’où se situe notre périnée mais il ne va en aucun cas le muscler ! Pire, répété trop souvent, il peut causer un dérèglement de la vessie et causer des infections urinaires. Je vous déconseille donc de le faire trop souvent.

Le massage du périnée pour éviter l’épisiotomie

Le massage du périnée est la seconde méthode que vous pouvez utiliser pour préparer votre périnée à l’accouchement. En massant les tissus, vous allez pouvoir gagner en élasticité et en souplesse. Il est conseillé de commencer à partir de la 34° semaine.

Comment faire ? Utiliser une huile adaptée au massage du périnée ou bien une huile végétale, naturelle et bio comme l’huile d’amande douce par exemple. Induisez votre majeur et votre index. Ensuite, introduisez votre pouce dans votre vagin et avec vos doigts huilés venez faire de petites rotations tout autour de la commissure de vos lèvres.

Si vous n’êtes pas sure de savoir comment faire, n’hésitez pas à demander conseil à votre sage-femme.

Se préparer à l'accouchement avec un ballon de naissance.

La méthode “Epi-No”

La troisième méthode pour préparer son périnée et éviter une épisiotomie est “Epi-no”. C’est un dispositif que l’on peut trouver dans le commerce et que l’on peut utiliser chez soi dès la 37° semaine de grossesse. La mettre en pratique une vingtaine de minutes par jour serait suffisant.

Qu’est ce que c’est ? C’est un petit ballon que l’on va venir introduire, dégonflé, dans notre vagin. À l’aide d’une pompe manuelle, on le fera gonfler dans notre vagin, en épousant bien les formes de notre périnée. Ainsi, on travaille la souplesse de ce dernier. À la fin de la séance, on le laisse glisser hors de nous. Cela provoque la même sensation que lorsque la tête du bébé (bien que plus grosse) passe le jour de l’accouchement.

Le jour J, évitez la pression sur votre périnée.

En parallèle de toutes ces actions que vous pouvez réaliser durant votre grossesse, il sera également important de faire attention à votre périnée le jour de votre accouchement. La position allongée doublée de la poussée dirigée qui consiste à vous faire pousser à un certain moment augmente le risque de déchirure et d’épisiotomie.

Mais comment faire autrement alors ?

Sachez que la fameuse phrase “poussez madame, poussez” n’est pas forcément votre alliée. Allongée sur la table, en plaçant toute votre force et votre énergie à pousser dans votre entre-jambe, les risques de déchirure sont accrus. Ajoutez à cela le fait que vous soyez sous péridurale et que vous ne sentiez pas vraiment cet endroit, le risque est accru.

Il existe de plus en plus de méthodes visant à utiliser des poussées beaucoup plus douces. Je pense notamment à la méthode de Bernadette de Gasquet. Les positions prises par la femme mettent moins de pression sur le périnée. Parallèlement, attendre que votre corps ait envie de pousser naturellement jouera en votre faveur. Contrairement à ce qu’on voit dans les films, on a ce réflexe qui arrive à un moment de l’accouchement. Ce n’est pas forcément aux professionnels de santé de nous dire quand on doit pousser. Si vous laissez faire votre travail naturellement, vous allez ressentir vous-même ce besoin irrépressible de pousser votre bébé dehors. Vous saurez alors quand et comment pousser. Vous le ferez de manière peut-être plus juste et vous limiterez ainsi les risques d’épisiotomie.

Et une fois que votre bébé vous a rejoint, n’oubliez pas de penser à votre rééducation périnéale !

J’espère que ces conseils vous seront utiles. N’hésitez pas à en parler à votre sage-femme. Elle pourra vous aiguiller sur les méthodes les plus adaptées à votre situation personnelle.

Et vous ? Comment préparez-vous votre périnée en vue de l’accouchement ?

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Episiotomie. Voilà un mot qui fait peur ! On aimerait tant passer au travers mais on ne sait pas toujours comment faire... Découvrez des astuces pratiques !

  1. 1
    Maman Chamboule Tout

    Merci pour tes conseils judicieux ! J’avais très peur de l’épisio, l’adorable sage-femme présente le jour de mon accouchement m’a rassuré et dit que mon périnée était souple et musclé, que je n’avais pas à m’inquiéter. Sauf que 2h plus tard, mon fils était en souffrance, qu’il fallait qu’il sorte vite pour éviter d’avoir recours aux instruments. Du coup j’ai tout de même « goûté » à l’épisiotomie. Et bien franchement, je m’attendais à bien pire que cela (bien entendu je parle pour moi et ne dénigre aucunement celles pour qui c’est plus difficile). Il s’avère qu’en général cette zone cicatrise plutôt bien et rapidement. Dans mon cas je l’ai vraiment bien vécu, consciente de la nécessité de cette intervention qui me fait bien moins peur que le recours aux instruments type forceps.

    • 2
      Enfance Joyeuse

      Merci infiniment pour ton message qui va rassurer tellement de futures mamans !
      Des fois, oui, c’est une nécessité et même si on s’y prépare, on ne sait jamais comment va se dérouler l’accouchement.
      Je suis ravie de lire que les suites de couches se sont bien passées pour toi et que tu as pu accepter cette intervention de manière sereine.
      A bientôt Amélie !
      Et merci d’être passée sur le blog !

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