Un accouchement par césarienne après un projet de naissance naturel. #

Aujourd’hui c’est Docteur Mamangue qui répond à mes questions. Elle s’était préparée pendant toute sa grossesse à un accouchement physiologique. Pourtant le jour J, tout ne s’est pas passé comme prévu. Elle a du vivre un accouchement par césarienne d’urgence. Elle nous raconte alors son histoire et nous partage tous ses ressentis. Je ne vous en dis pas plus et je vous laisse découvrir son histoire ↓

Se préparer toute sa grossesse à un accouchement physiologique... Et vivre une césarienne d'urgence le jour J. Découvrez un témoignage riche en émotions.

Peux tu te présenter toi et ta famille stp ?

Mon pseudo sur Internet est Docteur Mamangue (son blog est à découvrir ici). Dans la vie, je suis pédiatre. J’ai un blog où je raconte nos aventures quotidiennes mais aussi des anecdotes professionnelles autour des thèmes de l’éducation, de l’allaitement, de la santé…Avec Mr Papaye, nous avons 3 enfants (rapprochés), Goyave 3 ans et demi, Kiwi 2 ans et Litchi qui nous a rejoint il y a 4 mois maintenant.

Revenons un peu en arrière… Sur ta première grossesse ! Aviez-vous attendu longtemps que ce bébé se niche enfin dans le creux de ton ventre ?

Pas du tout! Nous commencions à discuter futur bébé mais Mr Papaye ne se sentait pas encore prêt. Et puis, je suis tombée enceinte malgré la pilule, sans oubli, ni maladie ou autre. Ce fut donc la surprise totale quand je l’ai découvert puisque la veille au soir, j’avalais encore mon comprimé. Nous avons un peu flippé mais finalement, nous avons décidé que cette surprise était un joli cadeau de la vie.

Comment s’est déroulée ta grossesse ? 

J’ai eu des contractions très tôt et j’ai été arrêtée une première fois vers 22 SA pendant presque 2 mois. Puis j’ai voulu reprendre (mauvaise idée) et j’ai finalement été hospitalisée pour MAP pendant une semaine et ensuite arrêtée jusqu’au bout. 

Quel projet de naissance aviez-vous ?

J’ai beaucoup lu sur la physiologie de l’accouchement pendant mon arrêt de travail. En particulier, Isabelle Brabant que j’ai adoré. Puis nous avons discuté de nos envies avec Mr Papaye et choisi de s’orienter vers une naissance la plus naturelle possible. J’aurai même été attirée par une naissance à la maison mais certaines expériences professionnelles difficiles me revenaient trop en tête pour sauter le pas.

As tu suivi des cours de préparation à l’accouchement spécifique dans ce but ?

J’ai suivi, par curiosité, les cours de l’hôpital avec une sage femme assez orientée naissance sans péridurale. A côté, j’ai lu beaucoup de témoignages de naissances et quelques livres dont celui dont je parle juste au dessus “Vivre sa grossesse et son accouchement“.

Et puis le jour J est arrivé… Quand as tu su que le travail s’était enclenché ?

J’ai rompu la poche des eaux, un lundi matin, presque 3 semaines avant le terme prévu. Pas de doute possible! 

Comment se sont passées les premières heures à la maternité ?

Zéro contraction! Après en avoir eu toute la grossesse, c’était légèrement frustrant. Nous avons marché et monté des escaliers toute la journée avec Mr Papaye. Le travail a commencé le lendemain à 5h du matin, après une nuit toute seule à la maternité.

Arrivais tu à gérer les contractions ? Qu’as tu mis en place pour les gérer ?

Mr Papaye m’a rejoint en salle de naissance vers 9h. J’ai fait du ballon un long moment. Nous avons beaucoup utilisé les points de la méthode Bonapace. Cela a très bien fonctionné sur moi pendant la majorité du travail. Lorsque c’est devenu plus intense, j’ai aussi commencé à vocaliser des “ooooohhhmm” très spontanément. J’ai eu une petite phase où j’ai verbalisé que je n’y arriverai jamais mais Mr Papaye a toujours su m’aider à continuer à prendre les contractions une par une. Nous n’avons que très peu vu les sages femmes mais personne n’a jamais parlé de péridurale.

Enfin arrivée à dilatation complète ! Peux tu nous expliquer ce qu’il s’est passé ensuite ?

Le bébé n’était pas engagé, nous avons donc patienté deux heures pour le laisser descendre dans mon bassin. Moi, je commençais à fatiguer pas mal. Au bout des deux heures, toujours rien. Étant donné que son rythme cardiaque était bon, la sage femme a autorisé une heure d’attente supplémentaire. Pendant ce temps, les contractions s’étaient franchement espacées et je somnolais entre. Finalement, devant l’absence d’évolution après les trois heures, elle a dû appeler le gynécologue de garde. Il a pratiqué une échographie pour s’assurer de la position de la tête du bébé, qui était bonne. Il a alors décidé de tenter des forceps pour l’aider à sortir. Mais sans péridurale, c’était trop pour moi. Et lui n’y croyait pas, il a donc arrêté très vite. Et nous sommes partis en césarienne.

Finalement, tu as donc du partir au bloc. Qu’as tu ressenti à ce moment-là ?

Le soulagement d’abord, car l’essai de forceps avait vraiment été insupportable. Puis la peur de ne pas voir mon bébé à cause de l’anesthésie. En effet, en urgence,  c’est très souvent une anesthésie générale qui est pratiquée. Mais je suis tombée sur une anesthésiste formidable qui a proposé de faire une rachi-anesthésie. 

Ton conjoint a t’il pu t’accompagner du fait que c’était une « césarienne d’urgence »?

Oui, dans notre hôpital c’est possible. Il est rentré juste avant que l’incision ne soit faite. 

Comment as tu vécu ton arrivée au bloc toi qui n’étais pas du tout préparée à cela ?

C’était horrible physiquement car entre temps, l’ocytocine de synthèse injectée lors de l’essai de forceps faisait son plein d’effet. J’étais donc allongée sur un brancard avec des contractions terribles et qui s’enchainaient sans répit. La pose de la rachi-anesthésie a été très rapide malgré tout grâce à une anesthésiste magicienne. Puis j’ai eu des effets secondaires, je me suis sentie partir et je tremblais comme une feuille. Alors d’un point de vue psychologique, je n’ai pas vraiment eu le temps de penser à ce qui m’arrivait.

Et puis enfin, ta fille est née ! Comment s’est passée sa naissance ?

J’ai senti l’incision (sans douleurs, rassurez vous! ) puis que cela secouait. Enfin, quelqu’un a dit “C’est une demoiselle”. Et ma Goyave était là. On me l’a posée juste quelques secondes sur le torse, je l’ai embrassée et elle est partie, suivie de son papa.

Ensuite, j’imagine que vous vous êtes retrouvées en chambre. Qu’as tu ressenti quand tu as enfin pu l’avoir avec toi à nouveau ?

J’ai été transférée en salle de réveil et comme c’était la nuit et qu’il n’y avait personne, Goyave et Mr Papaye ont pu me rejoindre 30 min après. Honnêtement, c’est très flou car la fatigue et les effets des médicaments m’ont rendu un peu somnolente. Je me souviens avoir dit plusieurs fois “ça y est, elle est là ” comme pour m’aider à réaliser. Et je me rappelle également la première tétée et comment j’ai été impressionnée par son instinct pour trouver le sein.

Et le postpartum, comment s’est il passé ?

Je suis restée à la maternité 3 jours et demi en faisant un peu de forcing pour partir. J’avais envie de retrouver notre cocon. Et d’avoir Mr Papaye avec nous la nuit, ce qui n’est pas possible dans notre maternité. Je me sentais plutôt en forme même si certains gestes comme la prendre dans le berceau ou la porter ont été difficiles quelques jours.

Que t’ont dit les médecins pour d’éventuelles futures grossesses ?

Qu’il n’y avait pas de raison que ça recommence, que je pourrais tout à fait accoucher par voie basse mais aussi de prendre la péridurale au cas où la prochaine fois. Pour éviter le stress à tout le monde d’une anesthésie générale en cas d’une éventuelle nouvelle césarienne en urgence. Ça c’était juste après la naissance. Car lors de ma deuxième grossesse, le gynécologue était peu optimiste et répétait régulièrement que ce n’était pas gagné pour la voie basse. En particulier, parce que Kiwi était annoncé comme un gros bébé. 

Et finalement, comment as tu pu accoucher les deux fois suivantes ?

Pour Kiwi, le travail a démarré spontanément, juste à temps. C’est à dire la nuit précédant le déclenchement prévu à cause de son poids estimé à plus de 4kg à terme. J’ai pu accoucher par voie basse, après une fin de travail un peu plus difficile car entachée par la peur d’une rupture utérine. J’ai d’ailleurs accepté une péridurale alors que j’étais déjà à 8 cm pour rassurer l’équipe et moi avec, suite à des douleurs intenses de ma cicatrice hors des contractions. Finalement, tout allait bien et les douleurs étaient certainement dues à l’appui de sa tête sur la cicatrice plus sensible.Pour Litchi,  je suis arrivée à la maternité dilatée à 8cm et il est né 2h après. Une naissance sans péridurale dont je suis très heureuse malgré l’intensité des contractions. Le récit de sa naissance est d’ailleurs en ligne sur mon blog.

Merci pour ton témoignage ! Aurais tu un message particulier à faire passer aux futures mamans qui passeraient par ici ?

Évidemment, j’ai envie de leur dire d’envisager tous les scénarios possibles pour n’être pas trop prise au dépourvu, ni trop déçue, le jour J, si tout ne se passe pas comme prévu. J’ai aussi envie de leur dire de croire en elle et en leur corps, de se renseigner sur la physiologie de la naissance et d’oser faire leurs propres choix quels qu’ils soient. La question, à mon sens, n’est pas tant celle de la péridurale, que celle d’être l’actrice principale de la naissance de son enfant.

Merci beaucoup pour ton témoignage. Je crois aussi que le fait de se dire que tout ne peut pas être prévu, qu’il y a toujours une part d’inconnu… Ça peut aider à vivre les éventualités qui se présenteront le jour J. Alors merci de nous partager ton vécu ici.

Si vous souhaitez découvrir d’autres témoignages d’accouchements (par césarienne ou voie basse), rendez vous par ici.

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    • 2
      Enfance Joyeuse

      Je trouve que ces témoignages sont tellement précieux.
      Je suis heureuse d’avoir partagé le récit de cette naissance. Merci à toi d’avoir posé des mots sur ce que vous avez vécu.
      Belle journée 🙂

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