Emilie et son bébé Warrior. #

Aujourd’hui Emilie vous raconte son histoire pour devenir maman. C’est ce que j’appelle une Warrior. Après des mois de combat en PMA, elle tombe enceinte. Le jour de son accouchement, là encore, elle doit se battre. Et enfin, après une césarienne, elle rencontre son bébé. Un bébé Warrior. Tout comme sa maman… ↓

Aujourd'hui Emilie vous raconte son histoire pour devenir maman. C'est ce que j'appelle une Warrior. Après des mois de combat en PMA, elle tombe enceinte. Le jour de son accouchement, là encore, elle doit se battre. Et enfin, après une césarienne, elle rencontre son bébé. Un Warrior. Tout comme sa maman...

Moi, c’est Emilie, 35 ans très bientôt. Mariée depuis 10 ans a un doudou d’amour et maman d’une boule de poils, Olliver.

Nous avons suivi un parcours PMA pour pouvoir avoir notre petit bébé, un parcours long et difficile mais miraculeux et magique. Et puis ce combat nous a rendu plus fort.

Le 28 février 2019, jour de la FIV et le 13 mars, la grande nouvelle ! Je suis enceinte ! Le test est positif, PO-SI-tif !!!

Après cet instant euphorique de joie et de larmes, je me reprends et essaie de me conditionner, attends la prise de sang, puis après la première prise de sang il y’a la prise de sang de confirmation que le taux augmente bien… Et après ? Je me dis qu’il vaut mieux attendre l’écho de contrôle avant de s’emballer… J’ai envie de sauter de joie mais je me retiens, au cas où…

L’écho, un petit embryon bien accroché… Je pleure, c’est réel ? il y’a bien un petit haricot dans mon ventre cette fois ci ? Pas d’écran avec du vide…

Je souffle enfin un peu ! Le papa reste sur la réserve, il se protège d’une éventuelle déception.

Le 1er trimestre, fatigue, oh oui beaucoup de fatigue ! Quelques nausées aussi et parfois vomissements mais ce n’est rien tout ça parce que… Je suis ENCEINTE ! Pour la petite anecdote, la première fois que j’ai couru vomir au toilette, juste après j’ai ri, oui j’ai ri parce que j’avais du mal réaliser que c’était réel et puis il n’y a pas maux de grossesse plus « classique » que les vomissements donc ça rendait la situation bien réelle pour moi.

J’ai savouré ma grossesse chaque instant, voir mon ventre s’arrondir a été un pur bonheur, ses premiers coups aussi, j’ai été plus que chouchouté par le papa et mon entourage.

Quelques moments de stress, notamment quand un matin je ne l’ai pas senti bougé.. Grosse pression et direct aux urgences, le coquin s’est agité dans la salle d’attente !

Au tout début du troisième trimestre je me suis intéressée à mon projet de naissance, péridurale ou pas ? Parfois oui, parfois non et puis non… Oh et puis on verra comment je gère la douleur, je ne vais pas me mettre la pression… Par contre ce que je savais c’est que je désirais profiter de la baignoire de la salle nature de l’hôpital si cela m’était possible parce que quand j’avais des contractions à la maison, prendre un bain me faisait vraiment du bien.

J’ai suivi les cours préparatoire à l’accouchement puis profiter des cours en piscine avec une sage-femme. J’ai vraiment tout fait pour me détendre parce que je commençais quand même à flipper de devoir sortir ce petit haricot qu’on m’annonçait entre 3.600 kg et 3.900 kg.

Ma plus grosse angoisse c’était l’épisiotomie, une peur bleue vraiment, puis j’avais peur aussi de la péridurale, cette grosse aiguille… Bref, un peu flippée la future maman !

Et la dernière semaine avant d’accoucher, chaque soir j’avais quelques contractions alors je m’installais sur mon ballon comme appris lors des cours à l’hôpital. Chaque soir elles devenaient de plus en plus nombreuses.

Lundi 18 novembre, il est environ 21H30, une contraction bien plus forte me saisis alors que je suis allongée dans mon lit et je regarde l’heure… Trente minutes plus tard la même toute aussi forte. Je pense que ça pourrait être cette nuit mais je n’en suis pas certaine. A nouveau trente minutes plus tard encore une. Je flippe un peu et je me dis que non pas ce soir je ne suis pas prête, j’ai peur….

Je pars dans la salle de bain discrètement pour ne pas réveiller mon mari qui dort et qui commence le boulot à 5H30. Je prends un bain pour me détendre. Puis des contractions toutes les 7 minutes pendant plus d’une heure. J’appelle la maternité, je fais quoi ? On me dit de patienter jusqu’à 5 minutes d’intervalles pendant 2H. Je le savais tout ça mais je crois que j’avais besoin qu’on me rassure. Je vous l’ai dit je suis une flipette !

Et puis ça s’arrête, plus de contractions, il n’est pas loin d’une heure du matin. Fausse alerte alors ? Apparemment…

Mardi 19 novembre, 20H15 ça recommence… Une belle contraction me saisit… Et c’est reparti ! Il me reste 9 jours avant la date du terme, est ce que ça va être comme ça tous les soirs jusqu’au bout ? Intérieurement je ronchonne un peu parce que je ne savais pas qu’il pouvait y avoir de nombreux « faux travail » avant le jour J mais ces contractions, elles, ne sont pas fausses et je ne m’y étais pas préparé.

Puis en vient toutes les 15 minutes jusque 23H45. Je note scrupuleusement sur un petit carnet à coté de ma table de nuit et je ne lâche plus mon minuteur ni mon ballon au pied du lit et je m’agrippe aux draps quand je sens que ça revient… Tout ça dans la pénombre et mon mari qui dort tout près. Je ne fais pas de bruit, je ne veux pas le réveiller si jamais il doit aller bosser à 5H30 et si c’est pour cette nuit, autant qu’il cumule un peu de sommeil…

23H45, des contractions toutes les 5 minutes, ça y’est, je sais, ce sera pour cette nuit.  Et donc, un bébé scorpion… Il va naitre 3 jours avant l’anniversaire de son papa. Oui je pense à cela entre 2 contractions.

Je pars dans la salle de bain, me fait couler un bon bain et je suis submergée par tant d’émotions, je le sens en moi et je vois mon ventre faire de jolies bosses et je l’admire, c’est surement une dernières fois que je vois ces mouvements…

Ça fait une heure et quinze minutes que j’ai des contractions toutes les 5 minutes. Je pense qu’il est temps de réveiller mon mari. A pas de loup dans la chambre je m’approche de lui doucement, lui caresse le visage, il me regarde, je sais qu’il sait… Je crois chéri qu’il faut aller à la maternité. Je recule pour retourner dans la salle de bain et prendre les dernières bricoles à mettre dans la valise et là il me retient, une pause. Il me dit tout bas « Nous allons avoir notre bébé ».

Cette lueur dans les yeux, ce sourire, jamais je n’oublierai. Je sentais sa fierté l’envahir. Oui mon amour, je crois que c’est pour aujourd’hui.

Durant toute ma grossesse je me suis dit que ce serait la nuit que nous partirons à la maternité pour mettre au monde notre bébé mais je me voyais perdre les eaux. Je me suis fait des scénarios des dizaines de fois dans la tête.

Nous prenons la route, cette route que je connais par cœur de jour a un petit quelque chose de particulier cette nuit. En 5 minutes nous y serons et tout le long de la route je sentais cette joie m’envahir mêlée a un peu de stress mais cette joie était bien plus grande et plus forte.

Examen sur place, dilaté à 1 cm… C’est tout ? Depuis 20H15 que ça a commencé il n’y a qu’un malheureux centimètre ? Est-ce que je veux la péridurale ? Peut-être je ne sais pas encore…

On me demande de marcher dans les couloirs, avec mon super coach de mari doudou qui me soutient et me laisse m’accrocher à lui dans le couloir toutes les 5 minutes… Quand il ne m’entend pas respirer correctement il me rappelle à l’ordre.

Sur le monitoring, il comprend que plus le chiffre est élevé, plus la contraction donc la douleur est forte… Et le chiffre apparaissait toujours quelques secondes avant mon pic au plus haut et il me prévenait de sa petite voix, celle-ci va faire mal, respire profondément… Pitié je ne veux pas le savoir !

Il retourne à la voiture pour aller chercher quelques affaires. En réalité dès qu’il quitte la salle j’angoisse, la prochaine contraction ne devrait pas tarder et j’ai besoin de sa présence pour me rassurer, c’est mon pilier, ma force.  

Les heures passent et la douleur toujours présente, deuxième examen et ce foutu col qui ne se dilate qu’à 2 cm… Je commence à saturer, il est environ 6H du matin… Changement d’équipe.

Troisième examen, dilation à 2… Quoi ? Toujours à 2 ? La sage-femme me dit un bon gros 2 cm. Oui mais là je suis fatiguée, vraiment épuisée et ça fait trop mal je ne tiens plus… Un peu de ballon, de marche pour accélérer encore mais rien…

Pitié je veux une péridurale ! Il me faudra attendre encore jusque midi pour qu’on me passe en salle d’accouchement et mon col qui n’a pas bougé mais la sage-femme a eu pitié de moi je crois  et a vu avec l’anesthésiste pour me faire la péridurale malgré ces millimètres qu’ils manquaient.

La péridurale, cette grosse aiguille qui me foutait clairement la trouille… Ne tremble pas, ne bouge pas… Et première piqure pour anesthésier la zone, je sursaute un peu ! Oh je suis mal je ne vais pas réussir…  Mon mari et la sage-femme, chacun d’un côté me soutienne et je sers leur main aussi fort que possible… Plus de peur que de mal, je ne peux pas dire que j’ai eu mal mais la sensation qu’on m’enfonce quelque chose dans le dos et qu’on pousse est assez étrange…

C’est fait ! Je ne devrais plus avoir mal d’ici peu !

Ma sœur entre temps arrive, elle fait de la sophrologie, réflexologie et plein de choses trop cool pour détendre les gens alors elle va essayer avec sa grande sœur. Je me dis que je vais pouvoir me détendre, mon mari me laisse avec ma sœur et file prendre une douche à la maison. De toute façon on a le temps vu la lenteur de mon col à s’ouvrir…

Et puis ce monitoring qui s’exprime plus fort, la sage-femme qui me dit que tout va bien mais qu’on va me mettre un peu sur le côté parce que apparemment bébé n’ai pas très à l’aise avec mes contractions…

La péridurale a été si forte que je suis complètement incapable de bouger ma jambe gauche, elle est lourde, si lourde…  On me place d’un côté puis de l’autre… Je commence à flipper un peu parce que le monitoring s’agite toujours mais la sage-femme reste calme. Et de sa voix la plus douce : « Votre mari revient bientôt ? ».

Ma sœur le rappelle, je crois qu’il faut revenir, ils parlent césarienne rapidement dans le couloir…

Césarienne ? Mais je ne suis pas prête pour ça, je pensais que ce serait long, que je resterais encore jusqu’à ce soir avant la plus belle rencontre de ma vie… Pourquoi une césarienne ?

Mon mari revient très rapidement et toujours ce monitoring qui s’agite.

On veut m’examiner et faire une petite piqure sur la tête de mon bébé pour vérifier son PH, ok, je me souviens d’un cours d’accouchement où on en avait parlé… Un essai puis 2, ça ne marche pas.. Mon sang se mélange à celui de bébé et ils n’y arrivent pas…

Une gynécologue puis 2 ou 3 autres personnes arrivent et la gynécologue qui essaie aussi… Echec. J’essaie de respirer calmement comme je faisais avec ma sœur quelques minutes avant.

On m’explique que l’on va certainement m’emmener en césarienne parce que le monitoring n’est pas top clairement et qu’ils n’arrivent pas à voir vraiment si bébé va bien… Est-ce dû à la péridurale ? On me dit que non mais moi je me dis tout allait bien jusqu’à la péridurale, je culpabilise, je me dis que c’est ma faute, que j’aurai pu faire l’effort de tenir et gérer ces contractions….

Crise de spasmophilie, j’ai un peu froid puis je suis gelée d’un coup, 2 couvertures et un thermomètre, je fais un peu de fièvre.

La gynécologue explique à mon mari qu’on va m’emmener en césarienne, il y’a du monde dans la salle d’un coup, j’entends mon mari qui redemande pourquoi et la gynécologue qui réexplique très calmement que notre petit bébé ne supporte plus les contractions et que son rythme cardiaque n’est pas stable. Je le sens paniqué.

A ma droite, la sage-femme qui appelle le bloc et ces mots qui résonnent encore dans ma tête ; « code orange », « césarienne », « 15 minutes mais pas plus, ça ne peut pas attendre » « on arrive »

On me parle doucement et gentiment, on me prépare très rapidement et je ne sais pas encore si mon mari pourra venir, il faut voir avec la personne au bloc… On m’emmène et j’ai très peur.

Dans le couloir on me demande comment je me sens, si je sens les contractions ou pas… On va me réinjecter du produit….

L’anesthésiste est super sympa, il me demande comment on va appeler notre petit bébé, essaie de me détendre et me faire rire. IL m’explique que oui il y’a du monde autour de moi qui s’agite très rapidement mais que c’est tout à fait normal et que tout va très bien. ..

Mon mari arrive enfin, il est juste derrière l’anesthésiste, je le vois à peine… Et ça, ça me perturbe. Il me parle mais j’aurai voulu lui tenir la main.

Et puis en quelques instants j’entends un cri, ce cri que je n’oublierais jamais de toute ma vie et là je pleure… Mon bébé miracle est vivant, il est là tout près… On me le présente, un bisou puis 2, il est beau… Je pleure encore et je dis tout de suite à mon mari de ne pas le lâcher, de rester tout près de lui… Mon cerveau se met en pause, je sens tous mes muscles se relâcher. Mon bébé est vraiment là, il est né. 13H53 Mercredi 20 novembre.

Je sais qu’il est avec son papa, que tout ira bien et je me laisse fermer les yeux, je n’ai plus de forces du tout, j’entends qu’on me parle, qu’on me demande d’ouvrir les yeux mais j’en suis incapable, je bouge les paupières comme pour dire je vous entends mais là je suis HS… Je me sens complètement vidée.

Je vais rester 2H  en salle de réveil, je n’ai pas la notion du temps, on vient me voir, on me parle mais je suis incapable de réagir pour le moment, mes batteries sont totalement déchargées.

2H pour me remettre un peu…

On me ramène dans la salle d’accouchement et mon mari en peau à peau depuis tout ce temps avec notre petit Harry. Cette image tellement belle quand j’arrive. Il commençait à avoir un peu faim ce petit ange.

On le pose enfin sur moi, je me sens maladroite, il tète et sers les doigts. Il a un petit pansement sur la main. On lui a fait une prise de sang parce que son PH n’était pas parfait…. OK  mais là il est là dans mes bras. On a réussi.

Ce sentiment de fierté immense m’envahi et je regarde mon mari. Nous sommes une famille. Une gratitude indescriptible, un amour inconditionnel.

Merci la vie, merci la PMA. Merci à mon mari de n’avoir jamais baissé les bras même quand c’était très difficile. Ça valait vraiment le coup d’attendre.

Si je peux faire passer un message à tous ces couples qui traversent ces moments difficiles de passer par la PMA, c’est simplement de vous soutenir. C’est long, douloureux, fatiguant et stressant mais le principal c’est l’amour. Pour moi, l’amour peut gagner de nombreux combats. N’oubliez jamais votre couple et votre amour qui vous uni dans ce parcours.

Nous avons eu nos moments de doutes aussi, mais nous n’avons pas lâché. 36 mois de combat et d’attente, un œuf clair, 88 injections, 6 IAC, 1 FIV, 8 ovocytes, 3 embryons et un petit Warrior. HARRY.

Merci beaucoup Emilie d’avoir posé des mots sur tous ces combats que tu / vous avez mené. Un bébé et une maman Warrior. Je vous souhaite beaucoup de bonheur.

Si vous souhaitez découvrir d’autres témoignages d’accouchements, rendez vous par ici.

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Aujourd'hui Emilie vous raconte son histoire pour devenir maman. C'est ce que j'appelle une Warrior. Après des mois de combat en PMA, elle tombe enceinte. Le jour de son accouchement, là encore, elle doit se battre. Et enfin, après une césarienne, elle rencontre son bébé. Un Warrior. Tout comme sa maman...

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