Léa : un risque de fausse couche, être alitée et enfin rencontrer son bébé. #

Aujourd’hui c’est Léa qui nous raconte son histoire de maternité. Au début de sa grossesse, elle fait une hémorragie et le risque de faire une fausse couche sont grands. Mais son bébé s’accroche. Et elle avec lui. Après être restée alitée plusieurs mois, elle vit enfin pleinement sa grossesse… Et son accouchement. Je ne vous en dis pas plus et je vous laisse découvrir son histoire.

Chère Léa, peux-tu commencer par te présenter s’il te plaît ?

Je m’appelle Léa, j’ai 31 ans et je suis professeur de français et d’histoire géographie en lycée professionnel. Je vais bientôt me marier avec Matthieu, mon conjoint depuis 7 ans mais ami depuis 13 ans. Le 18 avril nous avons accueilli Hector notre fils, au sein de notre famille. Nous avons aussi un chat qui s’appelle Jolie.

Avant d’apprendre ta grossesse, depuis combien de temps attendiez-vous ce bébé ?

Nous avons attendu que je tombe enceinte 7 mois exactement. Le dernier mois d’attente ne compte pas car j’étais déjà enceinte mais ne le savais pas ! Je n’ai pas été à l’écoute de mon corps (nausées, fatigue, constipation) car j’avais eu des petites règles…

Enfin, tu as appris que tu étais enceinte ! Mais malgré ce bonheur intense, tu as du faire face à de mauvaises nouvelles, que s’est il passé ?

Lorsque nous sommes rentrés de vacances j’ai commencé à avoir de fortes douleurs au bas ventre… Je ne me suis pas alarmée car je lisais sur internet que cela pouvait être dû à la nidation de l’embryon… J’ai ensuite eu des saignements durant quelques jours qui se sont transformés en une importante hémorragie. Ma gynécologue m’a conseillé de me faire à l’idée que la nature faisait bien les choses… Et que la plupart du temps les fausses couches permettent à un bébé non viable de s’en aller. Elle m’a aussi dit de me faire à l’idée que j’allais l’évacuer dans les 24h. 

Comment avez vous réagi à ce risque de fausse couche avec ton amoureux ?

J’ai pris du Spasfon, et je suis restée au lit. J’ai beaucoup pleuré… Avec le papa nous avons parlé et ensemble nous avons parlé à notre bébé. Nous lui avons dit que nous l’aimions déjà très fort, et que s’il se sentait fort et capable de vivre alors nous en serions ravis. En revanche, s’il sentait qu’il lui serait difficile de vivre dans notre monde alors que nous étions prêts à le laisser s’en aller. Rejoindre la nature. Les 24h fatidiques se sont passées mais rien, aucune douleur et un tout petit saignement. La gynéco m’a revu et m’a dit ok, il y a toujours un battement de coeur, on va se battre pour faire grandir ce bébé mais vous allez rester allongée autant que je vous le dirai.

Puis ta grossesse s’est poursuivie… Ces difficultés étaient enfin derrière vous ? Arrivais tu à te projeter réellement ? À savourer ?

Les difficultés se sont envolées au mois de décembre. Je suis restée couchée du 24 août au 15 décembre, pile à l’heure pour les fêtes de fin d’année et comme par hasard, c’est à ce moment là que mon ventre est apparu… D’un coup d’un seul j’étais enceinte de 5 mois !! Le pouvoir du corps est si fou ! “Ça y est mon bébé est là, il grandit et on peut s’en réjouir sans craintes. Tout le monde peut le voir, il est là, c’est mon bébé !” C’est ce que je me suis dit ! Je me suis toujours projetée finalement, et malgres les peurs de le perdre, je ne l’envisageais pas comme cela. Il a toujours été là dans notre famille, on l’a accueilli dès le test de grossesse !! Et oui, j’ai commencé à savourer après 4 mois de nausées, d’alitement et des kilos perdus !

Tu t’es donc préparée à l’accouchement. Quel type de préparation as tu choisi ? Et pourquoi ? 

J’avais mon suivi gynécologique très régulier (max, 15 jours entre deux rendez-vous jusqu’à la 36e semaine) et j’ai opté pour un suivi avec une sage femme et des cours de préparation à l’accouchement. J’avoue je ne m’étais pas tellement renseignée sur tout ce qui existait, je ne connaissais même pas l’existence des doulas par exemple… Un paradoxe quand on sait que j’ai eu 4 mois pour lire ce que je voulais ahah ! Une amie m’a conseillé une sage femme pour me suivre, cela tombait bien c’était juste à côté de chez moi, enfin le futur chez moi car nous avons déménagé 1 mois avant ma DPA ! C’était parfait ! 

Qu’avais tu mis en place pour gérer la douleur le jour J en sachant que tu ne voulais pas de péridurale ? 

3 semaines avant ma DPA, le déménagement était fait, tout était rangé, déballé, la chambre d’Hector était prête, j’avais tout préparé. Et là j’ai commencé à angoisser. Ce pourquoi je ne m’étais pas encore angoissée : l’accouchement. J’ai appelé ma sage femme et nous avons pris rdv pour deux séances de relaxation sur la naissance, le travail, l’accouchement. Nous avons bcp parlé et échangé sur mes craintes et nous avons mis en place un code. Je devais penser à quelque chose d’apaisant pour moi, et le visualiser. J’ai choisi le bruit de l’eau en général, la pluie, le torrent, la rivière qui coule, une goutte d’eau du robinet mal fermé, la mer, le vent, le tonnerre… Et cela a constitué une partie de mon projet de naissance sans péridurale. Évidemment j’avais prévu d’avoir mon conjoint à côté et depuis des semaines il devait penser à des moments passés ensemble qui étaient source de bonheur afin qu’il m’en parle pendant le travail et que je puisse m’enfermer dans une bulle de bonheur. 

Et puis finalement, en temps et en heures, ton travail a commencé. Comment s’est il déroulé ?

J’attendais le travail avec beaucoup d’impatience… En effet je souffrais de rétention d’eau, de brûlures d’estomac atroces et je n’en pouvais plus. Alors cela a été plutôt la fête à la maison quand j’ai compris que j’avais des contractions. En plus, elle n’étaient pas si douloureuses que ça… Je gérais bien, de 1h jusqu’à 5h elles étaient espacées de 10-15 min. Tout s’est ensuite accéléré rapidement. À 8h elles était plus régulières et surtout de plus en plus rapprochées et douloureuses. J’ai été admise à la maternité et mon col était dilaté à 4 cm ! Top ! Sauf que je souffrais, j’ai pris un bain, j’essayais de marcher … Mais on m’a posé un monitoring et franchement c’était long. J’ai eu l’impression que j’étais coincée allongée des heures… J’étais dans un autre monde, je ne pouvais presque pas bougée et j’avais mal.

À quel moment as-tu su que tu ne pouvais plus faire sans péridurale. Que tu étais arrivée à tes limites ? 

À ce moment là j’ai senti que j’arrivais au bout de ce que je pouvais supporter, j’ai même dit à mon conjoint “c’est bon on rentre on arrête tout je le fais pas”… Il s’est retrouvé bête à me dire “euh bah non en fait on peut pas là tu vas accoucher”. En fait, c’est ça, la nature a repris le dessus à ce moment là et je n’étais que douleurs. J’ai vomi entre chaque contraction ensuite. La sage femme- julie une jeune femme avec des yeux très bleus – est revenue et j’ai demandé la péridurale. Elle m’a dit que j’étais dilatée à 7cm et que c’était ok pour elle. Mais que je devais prendre conscience que j’allais devoir faire le travail en renonçant à mon projet de naissance. 

Qu’as tu ressenti quand tu l’as demandé ?

Sur le coup j’ai ressenti qu’il me la fallait et c’est tout. J’avais si mal. Quand ils me l’ont posé c’était dur car j’avais des contractions toutes les 2 minutes et elles duraient 30 secondes, ce qui me semblait être une éternité. Je me suis donc accroché aux yeux bleus de la sage femme, je n’ai eu de cesse de les regarder en respirant fort et en pensant aux bruits des vagues…. 

Se préparer à l'accouchement avec un ballon de naissance.

Et après la péridurale ?

Après la péridurale, c’était la fête. Soulagement intense, un pur bonheur. Je planais. J’ai pu enfin dormir car après 30h sans sommeil, j’étais à bout.

Enfin, votre bébé vous a rejoint…

À un moment donné, bébé a eu du mal à supporter l’intensité des contractions et Julie m’a dit “là il faut y aller, vous allez pousser, c’est le moment de mettre au monde votre bébé”. Mon conjoint m’a dit que je me suis passée en mode guerrière et qu’il a été impressionné par la détermination dont j’ai fait preuve à ce moment-là. J’ai poussé 3 fois, et mon fils, Hector était sur ma poitrine. Cela a duré 10 minutes et pour moi, c’était hors du temps. J’ai l’impression que cela a duré des heures, sans que je trouve le temps long. J’ai donné naissance à mon fils avec bcp de douceur, mais en regroupant toute la force que j’avais en moi. C’est fou, car aujourd’hui c’est un bébé assez doux et très fort. Je le trouve si fort ! 

Et qu’as tu ressenti quand tu l’as vu ?

J’ai ressenti beaucoup de joie, bien sûr ! Mais pas cette vague d’émotions dont parlent certaines mamans. Je n’ai pas parlé, je n’ai pas pleuré. J’ai regardé son papa et on s’est souris… Quand je vous dis que c’était doux… 

Parfois, les mamans ont besoin de temps pour réaliser tout ce qu’il vient de se passer. Est ce que ca a été ton cas ?

Pour ma part, cette rencontre émotionnelle s’est produite durant la nuit. Le papa est rentré dormir et je lui en voulais de ne pas désirer rester avec nous… Finalement je l’en remercie ! J’ai eu durant deux nuits ce que j’appelle un temps pour nous deux, tien que mon bébé et moi ! Un peu comme s’il était encore dans mon ventre. Nous avons pu nous regarder, nous sentir, nous réconforter mutuellement et je dirais même qu’il m’a fait naître en tant que maman. 

Comment as tu vécu les jours qui ont suivi ? 

Les jours qui ont suivi tout allait plutôt bien, je me sentais maman et je vivais en mode carpe diem, tout au feeling, et je n’avais presque pas de craintes de mal faire. Tout est venu assez instinctivement ! Après deux semaines, nous avons appris qu’Hector avait une déchirure musculaire au cou et qu’il avait un torticolis qui lui faisait très mal. Mais il était très courageux et pleurait peu… J’ai eu mon baby Blues à ce moment là…

Tu m’as dit que tu avais eu un accouchement parfait. Et ça fait du bien de le lire ! Qu’aimerais tu faire passer comme message aux futures mamans ? 

J’aimerais dire aux futures mamans de ne pas trop ancrer leurs craintes et peurs face à ce qui les attend. Relaxez vous, faites vous aider, et surtout ayez confiance en vous et votre bébé. Relaxation, yoga prénatal, haptonomie, méditation, prières si cela vous aide, bienveillance, amour, paix intérieure sont de beaux alliés qui vous aideront sans aucun doute à vivre ces instants de vie, certes douloureux, mais nous sommes faites pour. Alors ayez confiance en votre pouvoir naturel de femme ! Ouvrez votre esprit, et votre corps pour donner la vie. Il n’y a rien de plus beau 

Merci infiniment Léa d’avoir partagé ta grossesse et ton accouchement avec nous. Si vous souhaitez découvrir d’autres témoignages de mamans, vous pouvez cliquer ici.

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Léa nous raconte son histoire de grossesse. De son risque de fausse couche, à son alitement jusqu'à son accouchement. Une belle histoire !

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