Alissia : Accoucher seule mais avec mon bébé.#

Aujourd’hui c’est Alissia qui nous raconte son accouchement. Elle était seule (au dehors) mais bel et bien avec sa fille au creux de son ventre pour l’aider. Un réel travail d’équipe pour cette naissance. Accoucher seule mais avec son bébé… Je ne vous en dis pas plus et je vous laisse découvrir cette histoire ↓

Alissia : accoucher seule (au dehors) mais bel et bien avec sa fille au creux de son ventre pour l'aider. Un réel travail d'équipe pour cette naissance.

Nous sommes le 20 juillet 2019, il est environ 23h quand l’application sur mon téléphone m’explique que ces douleurs au ventre que je ressens depuis 2h sont des contractions ! 

Je n’en reviens pas. Je n’ai eu aucune douleur ni aucune contraction lors de cette deuxième grossesse, on est la veille du terme et je me disais simplement que c’était normal que ça commence à tirer un peu..

L’appli m’annonce (merci la technologie !) que vu la régularité des contractions je ferais mieux de me préparer à aller à la maternité sans tarder.

Mon premier accouchement avait été si rapide que la péridurale que l’on m’avait posée n’avait pas fonctionné. J’avais beaucoup souffert, et je sais donc que je veux la péri dès mon arrivée cette fois-ci.

Mais nous ne partons pas de suite pour la maternité.. ma fille ainée dort et je veux être sure qu’il ne s’agit pas d’une fausse alerte pour ne pas la réveiller pour rien..

Parce que nous n’avons personne pour la garder, personne chez qui la déposer. Nous avons emménagé dans la région il y a un an et on ne connaît personne suffisamment assez pour leur confier notre fille de 5 ans au milieu de la nuit. Mais même si ça avait été le cas… on ne veut pas l’abandonner pour accueillir sa sœur. L’histoire familiale de mon chéri est très présente dans nos têtes à ce moment-là.

Mon chéri a vécu la naissance de son petit frère de façon traumatisante pour le petit garçon qu’il était à l’époque. Ses parents se sont retrouvés dans la même situation que nous, dans une région où ils ne connaissaient personne, ils sont allés à 3 à la maternité, au milieu de la nuit.

Et puis mon chéri est resté dans cet immense couloir aux lumières presque éteintes, seul.. de longues heures..sans que personne ne vienne le chercher, ou lui explique ce qui était en train de se passer.

Il avait 6 ans et il a cru que ses parents l’avaient abandonné, dans cet hôpital.

Cette histoire l’a profondément marquée.

Alors dans ma tête, il n’y a aucun doute possible. Victoire ne sera pas abandonnée. L’histoire ne se répétera pas.

“Mais tu veux faire quoi alors ?”

“On va la réveiller pour la mettre dans la voiture, vous allez me déposer à la maternité et vous rentrez tous les deux à la maison.”

“Mais toi tu vas pas rester toute seule ??”

“Tout va bien se passer , ya pas de raison , et vous viendrez me voir demain matin ! Et de toute façon j’ai mon téléphone avec moi je te tiens au courant.”

Au fond de moi j’étais quand même anxieuse… comment est ce que j’allais pouvoir gérer ça seule ? Sans l’homme de ma vie à mes côtés ? Est ce que j’en étais capable ? Et si quelque chose m’arrivait ? Et est ce que j’avais envie d’être seule avec mon bébé dans les bras sans pouvoir jamais partager ces moments avec lui, sachant qu’il n’aurait pas été à mes côtés ?

Le fait qu’il n’aurait jamais ces souvenirs, qu’il ne puisse pas assister aux premières secondes de sa fille sur Terre, alors qu’il avait été à mes côtés , d’un soutien incroyable et précieux pour le premier accouchement , était de loin la pensée la plus douloureuse.

Mais je savais que je prenais la meilleure décision pour ma fille, celle qui était déjà là dans nos vies, pour que l’arrivée de sa petite sœur se fasse dans les meilleures conditions pour elle.

A minuit le doute n’est plus permis, c’est pour cette nuit. Je prends une douche, je prends le temps de m’épiler et de me laver les cheveux, je suis incroyablement détendue. Mon chéri est tout stressé lui , de me voir si zen, et à l’idée de me laisser seule.

On arrive à la maternité, il est 1h du matin et je suis ouverte à 2.

C’est un sage femme qui s’occupera de moi. Je le vois tout de suite comme un signe, mon homme ne pouvant être à mes côtés j’aurai quand même une figure masculine pour m’épauler lors de mon accouchement (il jouera merveilleusement bien son rôle d’ailleurs, acceptant que je lui broie les doigts au moment de l’expulsion !)

Pendant le monitoring je commence à sentir les contractions et j’ai peur de montrer un signe de douleur à ma fille, qui est réveillée et en pleine forme. Je prends le temps de lui faire un gros câlin et de lui expliquer que je vais rester là pour accueillir sa petite sœur et qu’elle va rentrer avec son papa à la maison, et qu’elle pourra venir me voir le lendemain. 

Mon chéri m’embrasse une dernière fois, je lis dans ses yeux le stress, et la culpabilité. Je le rassure du regard, je suis sure de moi. À ce moment là Victoire passe avant tout le reste. Il est évident que c’est exactement ce que je dois faire. Ils me saluent sur le pas de la porte, je leur souris et leur envoie des bisous, la porte se referme. 

Je suis seule. C’est parti.

Mais dès la porte refermée, je ressens que je ne suis pas seule. On est deux. Elle est là, dedans, et moi, dehors, et on va s’entraider. Je ressens son énergie. Je lui parle. 

Je lui dis qu’on va y arriver toutes les deux, que je vais l’aider et qu’elle va m’aider.

Ce soir-là, la maternité est surchargée. Alors mon sage femme ne peut pas rester tout le temps avec moi.

Je me retrouve de longs moments dans cette salle d’accouchement , à faire les cent pas et à m’accrocher à la table à chaque contraction. 

Je gère super bien. Je suis fière de moi, de nous.

Finalement je suis contente d’être seule. Je peux me concentrer pleinement sur elle.

Mes yeux sont fermés et je suis en totale connexion avec mon bébé.

On va y arriver toutes les deux.

La douleur s’intensifie, le sage femme me réexamine. Il est 2h30, je suis à 5.

Et la je commence a stresser, parce que je vois que ça va super vite de nouveau. Et que l’anesthésiste n’est pas encore là. J’ai peur d’accoucher de nouveau sans péri et je ne suis pas sure d’en avoir la force.

Quelques minutes plus tard il arrive, mais je ne sais pas pourquoi il met une éternité à la poser.

Il est 3h30, la peri est enfin posée. La contraction suivante m’arrache un gémissement. Le sage femme et l’anesthésiste sont étonnés… je n’aurais pas du la sentir .. le sage femme me re-examine, et la je comprends à son regard ce qu’il se passe, avant même qu’il me le dise : “Votre corps va trop vite, le produit n’arrive pas à suivre, il ne fera pas effet.”

Je n’en reviens pas que ça m’arrive de nouveau… j’ai un moment de panique. La bonne nouvelle, c’est que je suis à 9. C’est donc effectivement allé super vite.

Ça ne devrait donc plus durer très longtemps. 

Je l’espère en tout cas.

Quelques minutes plus tard c’est parti, je pousse, mais je n’ai plus de forces, j’ai mal, et ca me semble interminable, mais finalement elle arrive.

A 4h07, ma petite fille est posée sur moi, tout contre ma peau.

Le sentiment qui m’envahit est indescriptible.

Je suis si fière d’elle, de moi, de nous.

Je la félicite pendant de longues minutes, et moi avec.

Je suis dans une bulle avec elle, personne d’autre que nous deux. On a réussi. Et on a vraiment assuré. 

Je la remercie aussi de m’avoir si bien aidée, avec un accouchement express.

On retourne dans notre chambre.

J’écris à mon chéri pour le rassurer, et je réalise ce que je viens de faire.

Cet accouchement c’est sûrement ma plus grande fierté dans ma vie. 

J’ai accouché seule en dehors. Mais avec Elle au creux de moi pour m’aider. D’ailleurs quand je parle de cet événement, je dis toujours “quand on a accouché..lors de notre accouchement ..” parce que pour moi c’était vraiment un travail d’équipe, de fusion incroyable, et je n’aurais pas pu réussir ça aussi bien, sans paniquer, en gérant la douleur aussi bien, si elle ne m’avait pas autant aidée.

Sa naissance restera un événement gravé à jamais, un moment rien qu’à nous deux, et j’ai si hâte de pouvoir lui raconter encore et encore plus tard …

Merci infiniment Alissia d’avoir partagé ton histoire avec nous. Tes derniers mots sont si forts… Accoucher seule en dehors mais avec Elle au creux de toi. Tu mets le doigt si justement sur ce travail de la naissance qui est, avant tout, un travail d’équipe.

Vous pouvez retrouver le contenu d’Alissia ici.

Et si vous souhaitez découvrir d’autres histoires de naissances, rendez vous par ici.

enfance joyeuse blog parents futurs parents
Alissia : accoucher seule (au dehors) mais bel et bien avec sa fille au creux de son ventre pour l'aider. Un réel travail d'équipe pour cette naissance.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *