J’ai donné naissance à ma fille et j’ai réalisé la chance immense que j’avais. #

Aujourd’hui c’est Hélène qui nous raconte son accouchement. Elle a vécu un travail très douloureux… Bientôt soulagée par la péridurale, elle a pu mettre au monde sa fille. Dans une chambre pas loin, l’impossible s’était produit. Hélène raconte alors son accouchement à elle. Mais en donnant une place toute particulière aux étoiles qui ont croisé sa route. À toutes ces étoiles là. Merci à elle. Merci Hélène.

Hélène nous raconte son accouchement, son travail très douloureux et le soulagement dû à la péridurale. Elle nous raconte aussi le malheur qui l'a marqué.

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C’était un 9 décembre.

Cette nuit là, je suis réveillée par de petites contractions vers 3 heures du matin. Je rigole… Si c’est ça les contractions, ça va être cooool ! Je me prépare à accueillir ma fille avec une semaine d’avance ! Nous partons à la maternité et nous attendons. J’ai ma musique, mon ballon on est fin prêts! Je suis concentrée et prête à accueillir cette journée. Ça ne sera pas facile mais nous sommes concentrés.

La douleur s’intensifie peu à peu. Ça devient limite insupportable, mais mon col ne se dilate pas. J’appelle la sage femme… C’est long… Elle arrive enfin, entre dans ma chambre et me dit, d’un air bizarre “surtout, vous ne sortez pas de la chambre, sous aucun prétexte”. OK, bon de toute façon je ne me sens pas de marcher et chéri ne me laissera pas seule. Mais quand même, c’est bizarre. Ma confiance dans le corps médical s’étiole petit à petit. Encore plus quand j’entends un ou deux accouchements non loin de moi, dans la douleur sûrement. Je me dis qu’ils doivent être totalement débordés et qu’il y a trop de femmes qui accouchent en même temps ce jour là.

La sage-femme revient… Je n’en peux plus. Toujours pas de dilatation. Elle me dit que je ne suis pas en train d’accoucher, que ce n’est pas pour aujourd’hui et que je vais rentrer chez moi. Une piqure de morphine et on est renvoyés chez nous.

C’est vrai, je n’ai plus mal.

On repart chez nous vers midi. Vers 16 heures, je n’en peux plus. Mon chéri m’a fait des massages, mais ça ne passe pas. Franchement j’ai mal. On y retourne. A notre arrivée, tout est calme, l’équipe médicale semble plus à même de m’accueillir. Je ne suis toujours pas dilatée. Je souffre horriblement. A vrai dire, je hurle de douleur. Pourquoi personne ne m’avait dit que ça faisait aussi mal…

Une sage femme m’ausculte et me dit que forcément, mon utérus ne peut pas se dilater étant donné qu’il est rétroversé. Là, elle prend une pince et le tire. Mais non, mais quelle douleur… Bon. A ce moment là je suis totalement en panique, je ne gère plus rien, chéri est là et cherche à m’aider.

Une autre sage femme m’emmène en salle “nature” pour que je prenne un bain. Entre chaque contraction je tombais dans les pommes, chéri me relevait pour ne pas que je boive la tasse. J’avais perdu mes moyens, ma concentration. Je lui disais qu’il y avait eu quelque chose.

Au sortir du bain, je suis dilatée à 3. Bon, je souffre trop. J’ai enfin le graal, la péridurale… Soit dit en passant, j’ai eu une grosse scoliose étant jeune… Ce qui ne facilite pas la pose de la péri. 3 piqures dans le dos, l’anesthésiste qui ne supporte pas trop ma douleur… Mes plaintes. Mais ça fait vraiment mal, 3 piqures dans le dos.

Enfin ça va mieux. On dort un peu. Vers 21 heures, je crois que je ne suis toujours pas super dilatée. Injection d’ocytocyne et ma fille arrive à 21H45. Quelle joie de la sentir enfin sur moi. Au final, tout va bien. Je suis un peu déchirée mais elle arrive assez facilement. C’est une belle petite fille, une petite Céleste.

Quand elle est née on me l’a directement posée sur moi pour du peau à peau… J’ai trouvé son corps tellement compact … Je sais, c’est bête comme réaction! Après j’avoue avoir été sonnée par l’accouchement mais tout ça semblait tellement irréel d’où je pense cette sensation de corps compact ! Une de mes craintes avant l’accouchement était de ne pas savoir l’aimer ou savoir comment faire. Mais installée sur moi en peau à peau elle a tété et j’étais seulement surprise que tout se fasse naturellement

Les jours qui ont suivi, j’ai été angoissée. Je ne voulais pas la faire dormir avec moi. Je n’étais pas à l’aise du tout. Comme une sensation de peur et de vertige. J’avais peur qu’elle tombe. Et puis s’est passé en quelques jours même si ça revient de temps en temps (quand elle est au bord de l’eau par exemple). Après, ma sage-femme m’a dit que c’était une sensation fréquente.

Finalement, j’ai fait comme moi je le ressentais. Je me suis fait confiance. Et j’ai appris à décoder le langage de mon bébé.

Les jours suivants, je sens qu’il s’est passé quelque chose ce jour là. J’ai senti l’équipe médicale fléchir. J’ai perdu mes moyens. Quelque chose n’allait pas.

En effet, ce jour là, ce même matin, quasiment à la même heure que moi, une femme était en chemin pour la maternité. Elle est décédée avec son bébé.

Je ne l’ai su que 3 jours après. Mais je l’avais senti. La vie est tellement dure. J’avais avec moi mon bébé et elles deux étaient parties. Nous étions heureux et je pensais à ce papa, seul maintenant. A la douleur intense qu’il devait ressentir.

J’y ai pensé tous les jours pendant longtemps. Profitant de chaque instant avec ma fille. Me sentant parfois coupable, coupable d’être là. Ça aurait pu être nous.

Je me suis toujours jurée de penser à elles. De les faire revivre un peu en pensée et aujourd’hui j’ai l’occasion de parler d’elles.

La douleur de l’accouchement n’était plus rien finalement. J’avais souffert de douleurs physiques mais j’avais ma fille avec moi, en bonne santé.

Et puis je n’y ai plus pensé.

Je ne pensais pas être capable de pouvoir revivre une telle expérience. Aujourd’hui, je suis enceinte de mon deuxième enfant.

Merci Hélène d’avoir partagé ton vécu. Et j’envoie toutes mes pensées vers ces étoiles.

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Hélène nous raconte son accouchement, son travail très douloureux et le soulagement dû à la péridurale. Elle nous raconte aussi le malheur qui l'a marqué.

4 Comments

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  1. 3
    Syld

    Nous avons la chance en France d’être suivies lors de notre grossesse, de pouvoir si besoin accoucher en plateau technique, de bénéficier d’une césarienne en urgence quand la situation est difficile. Mais malgré tout, le pire peut aussi arriver.
    Quand je songe à ces nombreux pays où l’accouchement est souvent synonyme de décès de la maman et/ ou du bébé, cela me révolte.
    Une pensée pour ces deux étoiles qui brillent quelque part ensemble et pour ce papa et mari qui se retrouve désespérément seul…

    • 4
      Enfance Joyeuse

      C’est vrai que c’est une chance que nous avons… Ça ne nous protège pas de tout mais ça réduit considérablement les risques…
      Merci pour ton message.
      Je pense aussi très fort à ce papa, à ces étoiles. <3

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