Pauline et son accouchement prématuré. #

Aujourd’hui c’est Pauline qui nous raconte son accouchement prématuré. Elle a su trouver les mots pour nous emmener avec elle lors de cette naissance intense. On ressent, au travers de ses mots, toute l’effervescence qui régnait autour d’elle et les questions qui fusaient dans sa tête. Je ne vous en dis pas plus et je vous laisse découvrir son histoire. ↓

Aujourd'hui c'est Pauline qui nous raconte son accouchement prématuré. Elle a su trouver les mots pour nous emmener avec elle lors de cette naissance intense. On ressent, au travers de ses mots, toute l'effervescence qui régnait autour d'elle et les questions qui fusaient dans sa tête. Je ne vous en dis pas plus et je vous laisse découvrir son histoire.

Je m’appelle Pauline, j’ai 22 ans et je suis pacsée à Florian. Nous sommes en couple depuis bientôt 6 ans et notre désir d’enfant était présent depuis quelques mois mais nous attendions qu’il change de travail afin d’être sûrs de notre situation… J’ai arrêté ma pilule fin mai et tombée enceinte mi juillet ! Quelle surprise, moi qui pensais mettre plus de temps..
Pendant le 1er mois de grossesse aucun symptôme, joie ! Puis arrive le 2eme mois accompagné de ses nausées et vomissements, puis des malaises, et là une petite hypothyroïdie qui se déclenche.. Arrêt de mon travail, repos et alitement car s’en suit un décollement du placenta.. Puis un second.. Puis un troisième.. Et toujours la même angoisse. 
On enchaîne les échos, tout va bien, tout s’est remis en place… On me dit de profiter, enfin, de ma grossesse ! 
Le 17 janvier et 27sa, tout recommence.. Saignements, je pense à un 4eme décollement et vais aux urgences à 45mn de chez moi.. On ne voit rien, mais je contracte beaucoup trop, on me garde et on me parle de MAP… Première fois que j’entends ce mot.. Menace d’accouchement prématuré ? Comment ? C’est si tôt.. Reste au chaud mon bébé.. 
Hospitalisation, perfusion de tractocil, piqûre de corticoide, que des produits dont je ne connais pas… Quelques jours passent tout s’arrange, on me parle de sortie fin de semaine. Une semaine de gagnée pour mon bébé ouf et moi qui rentre à la maison ! 
Contractions et saignements un jour avant ma sortie.. On recommence, ce cercle vicieux, ces questions qui commencent à arriver..

Deuxième cure de tractocil, ouf ça passe. Mon col est bien fermé et tonique mais les deux épisodes passés leur ont fait peur. C’est une maternité de niveau 2 et je ne suis qu’à 29sa, on me parle de transfère dans une maternité niveau 3.. A 2h de chez moi, dont je ne connais pas.. Mais si je viens à accoucher ma petite sera prise en charge directement, le choix est vite fait. 
Je dois être transférée dans la matinée du dimanche 2 février, je me prépare mentalement car être aussi loin de ma famille me fait peur, cette MAP également.. Mais je ne suis pas prête d’accoucher puisque mon col est à 27mm et fermé ! Mais d’une éventuelle césarienne programmée ou non. Au revoir l’accouchement par voix basse.. 
Dimanche 1h00 du matin, une envie pressante d’aller aux WC. Je crois être constipée, je me recouche.. Impossible de rester dans une position stable, je me relève.. Grosse sueur, je ne comprends pas je dois être bien constipée..
J’appelle la SF pour qu’elle me donne un médicament rapide car là je me tortille de trop et j’ai mal. Elle me demande de me relever, impossible je suis bien que dans cette position. Elle m’aide et me dit qu’il faut vraiment qu’elle vérifie. Toujours sous perfusion de tractocil elle me demande si je contracte ? Non je ne ressens rien. Je me lève, elle touche mon ventre, il est beaucoup trop dur.

“Vite, allongez vous je regarde votre col. Okkkk les filles accouchement go go go appelez le gyneco, le pédiatre, et le CHU, on prépare la salle d’accouchement ! Une 29sa arrive, vite vite vite !!!!” 
Comment ? Pardon ? Accouchement ? Je ne comprends pas, je ne veux pas que ma fille sorte, tout va bien ! C’est un mauvais rêve.. 
Arrivée en salle d’accouchement, tout se passe vite : “Votre puce est en siège, maintenant il faut pousser !” À 1h15 on me dit “J’appelle votre conjoint donnez moi son numéro il n’est pas dans le dossier”.. Il ne sera pas là pour l’accouchement on habite à 45mn d’ici.. Le travail peut être long, espérons qu’il arrive ! 
Paniquée je pousse, je souffle, je ne comprends pas.. “Naissance à 1h30, félicitations !” 
Ma fille que j’ai vu que de dos lors de ma dernière poussée, dont je n’ai entendu son pleure à été directement examinée. Ma première question “elle respire ?” et là, enfin on me dit que oui, que tout va bien et qu’elle va vite être transférée à Reims.. Tout est si rapide, je ne veux pas te quitter mon amour. 
Les sage femmes, que je ne remercierai jamais assez m’ont fait monter en service de néonatalogie afin de voir ma fille avant son transfert.. Ma crevette, si petite, dans cette grosse boîte qui part loin de moi, à seulement quelques heures de vie.. “Vous la rejoignez demain madame, ne vous en faites pas et appelez dès que vous voulez afin de prendre des nouvelles. Mais reposez vous.” 

Des larmes de joies pour notre rencontre, précipitée. Des larmes de tristesse pour cette séparation. Une envie folle de la suivre, un brin de raisonnement et une confiance aveugle envers une équipe de soin qui m’est inconnu.. 
Dimanche 17h, je pars enfin rejoindre ma fille. La route est longue, je suis dans un VSL et Florian me suit juste derrière. On arrive à 18h45, on m’amène en chambre et nous courons voir notre fille. Quelle est belle, calme et paisible.. 
Tout se passe bien, il faut que cela se maintienne comme ça. Je suis chaque jour à ses côtés, à chaque heure de soin pour y participer et à ses 5 jours de vie, j’ai enfin eu ma fille contre moi. Ma toute petite, ma battante.
Une semaine après mon accouchement, je n’ai pas de conseils à donner car ici, c’est au jour le jour. Une seule chose, il faut garder tout le positif. N’écouter que les paroles positives et laisser de côté les mauvaises choses.
“Tu as déjà perdu ton ventre on dirait pas que tu viens d’accoucher” est la pire phrase que j’ai entendu, à plusieurs reprises. Vous savez, j’aurais préféré avoir mon bébé au creux de mon ventre un mois de plus. Prendre des kilos et avoir des vergetures, plutôt que de “sur”vivre à la prématurité.

Toute ma vie est entre parenthèses, mon Florian s’occupe de tellement de choses, des à côtés dont il faut penser.. Mais je suis là, auprès de ma fille et malgré les moments difficile, les moments où l’on aimerait être chez soi, voir sa famille et préparer son arrivée à la maison, malgré tout ça, je sais que la meilleure place que je peux avoir est là, auprès d’elle. 

Et le deux février, je devenais maman et j’entrais dans le monde de la grande prématurité…

Merci beaucoup Pauline d’avoir partagé cette événement de vos vies avec nous. Je vous souhaite beaucoup de bonheur avec votre bébé Warrior.

Si vous souhaitez découvrir d’autres témoignages d’accouchements, vous pouvez en découvrir en cliquant ici.

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Aujourd'hui c'est Pauline qui nous raconte son accouchement prématuré. Elle a su trouver les mots pour nous emmener avec elle lors de cette naissance intense. On ressent, au travers de ses mots, toute l'effervescence qui régnait autour d'elle et les questions qui fusaient dans sa tête. Je ne vous en dis pas plus et je vous laisse découvrir son histoire.

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