Un accouchement difficile, un passage en néo-nat et de l’amour, beaucoup. #

Aujourd’hui c’est Christelle qui nous raconte son accouchement. Il n’a pas été facile. D’un coup, tout le monde s’est mis à prendre des décisions, ça courrait partout, on l’oubliait un peu. Seule sa santé et celle de son bébé comptait. Ça a défilé vite. Trop vite peut-être. Et puis elle s’est réveillée… Et a eu la chance de rencontrer son bébé en service de néonatalogie. Ça y est, elles étaient réunies. Enfin. Tout allait bien se passer. Enfin.

Un accouchement difficile, un passage en néo-nat et de l'amour, beaucoup.

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J’ai eu une grossesse plutôt « normale » un suivi plutôt « classique ». Arrivée à mon congé mat j’ai commencé à ressentir de fortes douleurs dans le bas du dos pendant 2 jours jusqu’à ce que je ne puisse quasiment plus bouger. J’ai pensé d’abord à un contre coup , je ne m’inquiétais pas puisque j’avais vu mon gynéco 5 jours avant qui me maintenait que tout allait bien.

Jusqu’à ce 3ème jour où j’ai perdu les eaux au milieu de ma cuisine à 32 SA . Comme ça… Le choc a été tel que je suis restée figée. Figée de crainte, de questionnements. Mon compagnon m’a emmené dans la clinique où je devais accoucher, et là on a très vite compris qu’il manquait du personnel et que ceux qui étaient présent n’étaient pas compétents pour s’occuper de moi.

Pas moins de 5 oscultations par 5 personnes différentes dans la panique totale pour m’entendre dire : « mais vous êtes sûre que vous n’avez pas fait pipi? »

Pour en arriver à « il faut appeler les urgences on ne peut pas faire ça ici , les pieds commencent à sortir »

Moi j’étais toujours figée, je refusais de comprendre cette phrase. Puis on m’a mise sous monitoring, longtemps… Je ne bougeais plus, ne parlais plus, ne répondais plus, j’étais là mais plus là… J’attendais qu’on s’occupe de mon bébé et moi. 

Est enfin arrivé un médecin qui m’a encore osculté en me disant que je n’étais pas seule. Les sages femmes paniquaient. Puis il a dit qu’il fallait me faire accoucher et qu’on transporterait mon bébé après. Une des sages femmes a répondu que non, elles ne pouvaient pas. Il a insisté. À ce moment là est arrivé le samu. 

Tout est allé très vite et dans l’ambulance j’ai compris grâce à l’infirmier que les douleurs dans le dos étaient des contractions… On ne m’avait jamais dit.

Arrivée aux urgences il y avait une dizaine de personnes autour de moi. J’entends des questions qui fusaient de tous les côtés auxquelles je n’arrivais plus à répondre. On m’a dit qu’on pouvait encore m’anesthésier localement. Puis dans la minute suivante que non qu’il fallait sortir mon bébé. Qu’elle était trop petite. Qu’ils allaient m’endormir. Après la sidération sont arrivées les convulsions. Je ne me contrôlais plus, j’avais si peur. Ils m’ont attaché au lit puis on m’a demandé de compter pour que je m’endorme. J’ai réouvert la bouche et je disais en boucle « non je ne m’endormirai pas ».

J’ai fini par m’endormir. 

Puis plus rien. Jusqu’àu réveil. Réaliser que j’étais seule, que mon bébé n’était plus en moi, l’inquiétude à nouveau puis la douleur.

On m’a mise sous calmant. Une fois, 2 fois, 10. Parce qu’à chaque fois que je me réveillais je demandais mon bébé, et qu’on estimait que je n’étais pas prête physiquement. Je mourrai intérieurement…  Bien sure j’avais des nouvelles de notre fille par mon compagnon, mais j’avais besoin de voir et sentir que mon bébé était là. J’étais simplement droguée. Jusqu’au jour d’après, ou je me suis levée seule, déterminée à retrouver ma fille. Arrivée dans l’ascenseur je me suis évanouie, mais je me souviens d’une infirmière qui a dit « cette dame veut juste voir son enfant, je vais l’emmener »

J’ai enfin pu la voir. Ma petite allait globalement bien, il lui fallait juste de l’aide pour se nourrir. Nous sommes rester 6 semaines toutes les deux à l’hôpital et j’étais là plus heureuse du monde.

Le lien avec elle s’est créé au moment où je l’ai vu dans sa « petite boîte ». Je passais mes journées en néo-nat. C’était simple pour moi. J’étais complètement prise dans les soins de mon bébé. C’était mon combat de vie. La faire sortir de l’hôpital, qu’elle prenne des forces. Mais parce que je crois que je ne me suis pas rendue compte. Je ne me suis jamais rendue compte qu’elle était petite. 1,7kg pour 32 cm. Je ne le voyais pas. Je ne sais pas. J’ai un tempérament de “c’est ici et maintenant”… Je me posais des questions quand j’ai eu droit au visite et que je voyais le regard des autres. J’ai réalisé des années après en regardant les photos. Et quand je voyais les photos je me sentais moins bien que dans l’instant même.

Durant ce séjour, j’ai été suivi par un étudiant, un homme en formation de puériculture, qui a voulu faire son mémoire sur le fait que j’allaitais mon bébé prématuré. Ce que ça demandait, engageait pour mon bébé et pour moi. On discutait beaucoup ensemble, il m’a beaucoup aidé.

Quant au reste de l’équipe en néo-nat, j’ai un souvenir de personnes géniales! Le problème étant juste que quand tu restes hospitalisée aussi longtemps, tu as besoin de repères et que les équipes tournent tout le temps. Mais ça personne n’y peut rien.

Il y a aussi eu des psychologues qui venaient me voir une fois par semaine. Pour voir si je ne rejetais pas mon enfant mais j’étais assez réfractaire, j’en voulais clairement à l’équipe médicale de m’avoir mise de côté alors que je savais au plus profond de moi que j’y arriverai. Et en même temps je comprends aussi ce qu’il se passe de l’autre côté…

Si j’avais un conseil à donner aux futures mamans ça serait de se faire confiance, de s’écouter. Ne pas se laisser influencer même par ceux qui ont un autre statut : médicale ou autre que celui de maman.

Seule une maman sait ce qu’il se passe en elle et ce dont elle a besoin pour elle et son bébé.

Foncer droit devant avec ce que l’on ressent en nous. Bébé nous le dit et une maman l’entend. 

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Lisanne, son accouchement difficile. Sa rencontre avec son bébé en néonatologie. Et l'amour et l'instinct d'une mère. Découvrez son histoire.

6 Comments

Ajoutez les vôtres
  1. 5
    La Mariée Hiboudeuse

    Ce témoignage m’a donné la boule au ventre. Christelle a été bien courageuse face à une équipe médicale sans empathie et peu formée aux situations d’urgences visiblement ! Heureusement, tout est bien qui fini bien et un grand merci à l’infirmière qui a, enfin, compris qu’une maman a un besoin viscéral de voir son bébé.

    • 6
      Enfance Joyeuse

      Oui, heureusement que tout est bien qui finit bien !
      Mais, en effet, à moi aussi, ce témoignage m’a donné la boule au ventre….
      Merci beaucoup pour ton message <3
      A bientôt !

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