Maéva : un accouchement différent du projet de naissance.#

Aujourd’hui c’est Maéva qui nous raconte son accouchement. Elle s’était imaginé l’accouchement qu’elle souhaitait et avait même réalisé un projet de naissance. Et puis, le jour J, elle s’est confrontée à des aléas. Et elle a dû composer avec. Elle nous raconte alors cette histoire singulière… Qui, comme chaque naissance, restait un mystère jusqu’au dernier moment. ↓

Aujourd'hui c'est Maéva qui nous raconte son accouchement. Elle s'était imaginée l'accouchement qu'elle souhaitait et avait même réalisé un projet de naissance. Et puis, le jour J, elle s'est confrontée à des aléas. Et elle a dû composer avec. Elle nous raconte alors cette histoire singulière... Qui, comme chaque naissance, restait un mystère jusqu'au dernier moment.

Bonjour, je suis Maéva, j’ai 27 ans en couple avec Mehdi 36 ans depuis 4 ans. Nous sommes les parents de Mélissa, 4 mois pile au moment où j’écris ces lignes.

            Avant de parler de mon accouchement, je vais d’abord aborder ma grossesse.

Le premier trimestre a été assez compliqué d’abord j’ai eu beaucoup de nausées et de vomissements qui ont fait que j’ai perdu trois kilos.  Puis nous avons été confrontés à l’épreuve du DPNI (dépistage prénatal non invasif). Bien que la clarté nucale avait été jugée correcte, on nous a conseillé de le faire pour être sur. Les résultats sont donnés au bout de 3 semaines. Ces  3 semaines d’attentes sont très longues, accompagnés de questionnements. Toute la joie qui accompagne l’arrivée d’un enfant disparaît. J’avais l’impression de mettre ma grossesse sur pause car trop stressée par les résultats. Je ne voulais plus y penser. J’ai stoppé mes préparatifs, je n’arrivais plus à me projeter.  Heureusement mon chéri a été  d’un soutien indéniable qui a su me soutenir en mettant ses propres émotions de côté et partagé son optimisme. 

Au troisième semestre, la fatigue s’est doucement installée. Je travaillais beaucoup, il y a eu la canicule et pour accueillir Mélissa nous avons décidé de déménager, tout ça m’a pris beaucoup d’énergie. À la dernière échographie, nous avons découvert que notre bébé avait un poids inférieur à la norme. Forcément, je me suis sentie coupable d’avoir été tellement mal au premier trimestre.

Heureusement ma sage femme m’a rassuré en me disant qu’au vu de mon gabarit c’était plutôt normal.On m’a reprogrammé une échographie pour vérifier que la prise de masse était croissante, sans césure, un mois plus tard tout était parfait.

            Pendant le dernier mois, j’ai commencé à moins dormir à faire des insomnies tout en restant active la journée, j’étais donc particulièrement fatiguée mais ne trouvais pas le sommeil.

Deux jours après notre déménagement, j’ai eu mes premières contractions a 6h du matin. Ça ressemblait à des douleurs de règles, plutôt gérable donc. Nous avons pris le temps et sommes partis à la maternité seulement à 20h. Après examen, il se trouvait que j’étais dilatée que d’1 cm. On m’a donc renvoyé chez moi, en me disant que c’était soit un faux travail soit que je reviendrais dans la nuit. Dans la soirée mon compagnon m’a fait coulé un bain pour que je me détende. Dans ma tête, il était clair que l’accouchement était dans les prochaines heures.

Vers 3h du matin, j’ai senti que je perdais les eaux. Pas beaucoup car j’avais peu  liquide amniotique à ce stade là. À ce moment là, tout s’accélère dans ma tête,  je panique et en même temps je suis toute excitée de rencontrer ma fille.  La douleur s’accentue mais je ne  réveillé pas mon chéri, je suis restée un petit moment sous la douche. Ensuite j’ai pensé me reposer un peu, histoire d’être en forme pour l’accouchement, ce que je n’ai pas réussi à faire. Vers 7h j’ai réveillé mon chéri pour qu’on parte à la maternité. Cette nuit là,comme les 3 précédentes, j’ai dû dormir 2h maximum.

            Durant ma grossesse, j’envisageais un accouchement physiologique. Je rêvais d’un accouchement à domicile mais redoutant les complications, la salle nature de la maternité me semblait un parfait compromis. Je voulais un accouchement sans péridurale, très peu d’assistance médicale et une atmosphère intimiste et chaleureuse pour accueillir notre fille. Je voulais laisser mon corps continuer le travail qu’il avait commencé 9 mois plus tôt. J’étais confiante d’autant plus que j’avais eu une préparation à l’accouchement axé sur un accouchement naturel.

            En arrivant à 8h à la maternité, je pensais être à un stade bien avancé sauf qu’on m’a annoncé que je n’étais qu’à 3. Sachant que les contractions avaient commencé la veille, ça me paraissait très peu. J’ai réalisé que ça prendrais du temps. Je me sentais extrêmement fatiguée et tout autant découragée. J’ai réalisé que mon manque de sommeil pouvait rendre mon accouchement encore plus éprouvant et qu’il me faudrait ensuite de l’énergie pour pousser ma fille. A ce moment j’ai baissé les bras, je ne voulais pas prendre de risque. J’ai donc choisi de prendre la péridurale juste après avoir été examinée et de mettre une croix sur mon projet de naissance. Je savais que mon corps n’aurait pas la force nécessaire avec le peu de sommeil que j’accumulais. Ce choix a été dur, je me suis sentie honteuse surtout face à mon compagnon a qui j’avais répéter que j’étais prête et déterminée à ne pas prendre la péridurale. Je me suis sentie nulle. Mon chéri ne m’a pas jugé, il ne m’a rien dit et a continuer de me soutenir.

À 10h, l’anesthésiste arrive. La douleur était bien plus forte, entre deux contactions, je sens mon corps tomber de sommeil, d’épuisement. J’étais complètement dans le brouillard prise entre  le besoin de dormir et les contractions. Je n’avais plus la force de communiquer avec mon chéri, clairement j’étais dans un autre monde, je n’avais plus conscience du temps, de la présence de mon chéri ou des sages femmes.

Il m’a fallu une énergie folle pour me redresser  dans le lit, tout mon corps tremblais, je me rappelle mettre accrocher au cou de l’infirmière pour ne pas tomber, je n’ai même pas ouvert les yeux, j’étais tellement vulnérable. Dans la foulée de la péridurale, la sage femme m’annonce que je suis à 6. J’avais fais un peu plus de la moitié sans péridurale, c’était une petite victoire pour moi.

J’ai absolument rien senti pendant la pose alors que j’appréhendais tellement. Une des anesthésiste est restée pour vérifier que tout se passe bien, mon chéri en avait profité pour prendre une pause. Je suis sorti de mon brouillard, j’ai repris pied, j’avais de nouveau conscience de ce qui était autour de moi. Je ne sentais plus le bas de mon corps bien que je pouvais le bouger. C’est une sensation très étrange, effrayante même, j’ai horreur de cette sensation de non contrôle de mon corps. L’anesthésiste me dit « je comprends pourquoi vous avez demandé la péridurale ». En regardant mon  monitoring j’ai compris pourquoi la douleur était aussi intense, les contractions étaient à la suite et passaient d’intense à très intense si je peux dire. La douleur était constante car l’intensité ne redescendait jamais et oscillait juste entre deux niveaux.

J’ai pu enfin dormir. À mon réveil, j’étais beaucoup mieux, mon chéri était là à veiller sur moi. Nous étions dans notre bulle quand une des machines a émit une alarme. Nous n’étions pas inquiets car  depuis que nous étions dans cette salle, le matériel électronique avait des petits bugs et donc sonnait pour rien. C’est seulement quand la porte s’est ouverte et que tout le staff médical rentré avec des machines que nous avons compris que quelque chose n’allait pas. J’ai paniqué, j’ai réalisé que l’alarme s’était le cœur de mon bébé qui battait de moins en moins. J’avais la gorge serré, pour moi, je n’avais pas senti la détresse de mon bébé à cause de la péridurale (mais avec ou sans ça aurai été pareil). J’ai pensé qu’il fallait peut être me faire une césarienne. Le médecin m’a expliqué que mon utérus travaillait trop vite et que mon bébé n’était pas prêt, c’était trop rapide pour lui. Il fallait intervenir pour détendre mon utérus. Je me rappelle que je regardais les fréquences cardiaques de Mélissa et que je l’encourageais dans ma tête à être forte et tenir bon. Honnêtement, je ne me rappelle plus ce qu’ils ont fait, je crois qu’ils m’ont injecté un médicament. Je ne sais plus, cette intervention a été rapide et efficace. Le cœur de mon bébé reprenais un rythme normal.

On m’a annoncé à 11h30 que j’étais à 10. On m’a demandé de patienter un peu que la tête de bébé avance d’avantage. J’ai été très étonnée et soulagée, les débuts ont été tellement longs, je m’attendais à ce que ce soit interminable. Pour moi, à midi, j’aurais ma fille dans mes bras avec un bon petit plat à manger. Sauf qu’il y avait beaucoup d’accouchement et que le personnel était débordé, j’ai donc patienté.

Deux sage femmes sont arrivées vers 14h pour m’accoucher.  J’étais un peu paniquée, j’avais peur de ne pas réussir à pousser, peur des forceps, de l’épisiotomie, de me déchirer car je ne sentais pas le bas de mon corps. Je ne savais même pas comment m’y prendre pour pousser.

La première poussée, n’a absolument rien fait, les sages femmes m’ont encouragé, je leur ai demandé de me guider car ne sentant pas les contractions, je ne savais pas quand pousser ni si c’était efficace.  Après les deux suivantes, la sage femme m’a dit « je vois une mèche ». À ce moment là je me suis dit : « une mèche ? Elle a déjà des cheveux ? » L’envie de la voir m’a donné plus de force. La poussée suivante, j’ai commencé à me sentir fatiguée et étourdie. Les sages femmes m’ont dit qu’il fallait tout donné car sinon elles devraient appeler le médecin. Sur le moment je n’ai pas compris pourquoi. Mon chéri m’a expliqué plus tard que ma fréquence cardiaque s’approchait des 200 et qu’il a cru que je ne pourrais plus.

Je tiens à préciser que toute ma grossesse mon cœur battait à 130 et qu’en fait c’est un problème de santé qui n’a rien avoir avec la grossesse mais que l’accouchement a révélé.

Du coup pour ma dernière poussée, j’ai tout donné et notre Mélissa est née.

Durant tout le travail, je n’ai pas réalisé que j’allais vivre un chamboulement dans ma vie. Pendant 9 mois on imagine son bébé mais la première fois qu’on le voit, c’est juste indescriptible. Alors, quand les sages femmes ont posé Mélissa sur mon ventre, j’ai croisé son regard une demi seconde, mon cœur a fondu, l’émotion était trop forte j’ai pleuré, mon chéri aussi. Mélissa est née a 14h15, en peine forme avec un petit poids de 2,48kg. 

A mon grand soulagement, il n’y a pas eu besoin d’instruments ou d’intervention médicale et ça été très rapide au final. La sage femme a appeler le médecin pour 3 points, plus esthétiques que pour réparer. Très sincèrement, je ne sais pas du tout où ils étaient, je ne les ai jamais senti et ils sont très vite tombés.

Nous sommes restées à la maternité 4 jours pour être sur que le poids de mon bébé se stabilise puis remonte bien et aussi car Mélissa a été traitée car elle est née avec la jaunisse.

Je conseille d’écrire un  projet de naissance pour pouvoir se projeter dans son accouchement, pouvoir se renseigner sur chaque étapes du travail. D’autant plus que quand on arrive à la maternité pour accoucher, on pense pas à tout, on souffre… Là , c’est écrit à tête reposé et même si tout ne se passe pas comme on veut, ça donne une idée de ce qu’on souhaite  aux sages femmes.

Un accouchement ne se déroule pas toujours comme on souhaite et peu importe si il va à l’encontre de celui que vous avez imaginez, ne vous flagellez pas,  l’important c’est la bonne santé de bébé et de maman. Et pensez surtout a vous reposer, c’est primordial pour être dans des bonnes conditions le jour J.

Merci infiniment Maéva d’avoir partagé ton histoire avec nous. Je suis certaine que tes mots vont rassurer d’autres femmes, apaiser des coeurs et permettre à des futures mamans de se projeter. Je vous souhaite beaucoup de bonheur à vous trois.

Si vous souhaitez découvrir d’autres témoignages d’accouchements, rendez vous par ici.

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Aujourd'hui c'est Maéva qui nous raconte son accouchement. Elle s'était imaginée l'accouchement qu'elle souhaitait et avait même réalisé un projet de naissance. Et puis, le jour J, elle s'est confrontée à des aléas. Et elle a dû composer avec. Elle nous raconte alors cette histoire singulière... Qui, comme chaque naissance, restait un mystère jusqu'au dernier moment.

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