Si petits pour de si grandes émotions !

Bonjour à tous ! J’espère que vous allez bien ! Aujourd’hui je vous retrouve pour aborder un sujet qui fait partie de votre quotidien : accompagner les émotions que vit votre enfant. Alors qu’ils sont si petits, les émotions qui les traversent sont si grandes ! Pourquoi réagissent-ils ainsi ? Comment pouvons nous les aider au quotidien ? Ce sont ces questions que je vais aborder aujourd’hui ! ↓

Si petits mais de si grandes émotions!

Une situation, une émotion, milles manières de l’exprimer.

Imaginez : ce matin, en vous réveillant, vous découvrez que votre vase préféré a été cassé par le chat durant la nuit. Il est certainement monté sur le bureau pour dormir et a du le faire tomber en redescendant. Plusieurs solutions s’offrent à vous. Il est possible que vous soyez très en colère, que vous en vouliez au chat ou bien que vous vous disiez que finalement, ce n’est pas si grave. Concrètement, il n’y a pas qu’une seule manière de réagir. D’accepter ses émotions. Certains vont crier, hurler alors que d’autres souffleront un bon coup avant de passer à autre chose.

Pour les enfants, la situation peut être similaire. Sauf qu’à notre différence, l’expression de l’émotion ressentie va être immense. Elle va complètement prendre le dessus sur eux. Ils n’ont pas la capacité émotionnelle de gérer cette émotion. Le cerveau des tout-petits est contrôlé majoritairement par le cerveau émotionnel. C’est donc pour cela que les émotions qu’ils vivent vont les animer autant. Rappelez vous comme il vous était dur ce matin de canaliser votre colère. Rappelez vous comme vous avez eu du mal à ne pas hurler, taper du pied par terre en découvrant le vase cassé au sol. Cette boule au ventre et cette rage dans votre gorge sont même peut-être encore présentes… Pour un enfant, impossible de canaliser ce surplus d’émotions.

Voici donc notre point de départ : l’émotion ressentie par l’enfant est liée à sa manière d’interpréter la situation et en fonction de son âge.

L’enfant apprend chaque jour à gérer ses émotions.

L’enfant ne peut pas vivre ses émotions comme nous. Il apprend. Son cerveau, encore immature, est en développement. Les aires cérébrales qui permettent à votre enfant d’identifier et de gérer ses émotions n’est pas encore opérationnel. J’en avais d’ailleurs déjà parlé ici.

De plus, il n’a pas la capacité langagière que nous avons. Il ne peut pas extérioriser ses émotions avec ses mots. Là encore, son langage est en cours de construction. Il n’a donc pas encore la possibilité de comprendre ce qu’il ressent, d’extérioriser cela et encore moins de le canaliser.

Ainsi, les émotions qu’il va vivre vont être exprimées par tout son être. C’est son corps qui va parler. Il va se jeter par terre, crier ou taper. Pour nous, adultes, ce sont des comportement « inacceptables ». Pourtant, les enfants n’ont pas d’autres choix que de passer par ces étapes là. Un enfant qui crie, se met en boule, tape, est un enfant qui vit ses émotions et qui apprend… Plus tard, il sera en mesure de les reconnaitre et de les intérioriser.

Finalement, un enfant qui vit ses émotions, même négatives, est un enfant qui apprend progressivement à ressentir la joie mais aussi toutes les autres émotions que la vie apporte. C’est un enfant qui vit ! D’ailleurs, un enfant qui ne ressentirait jamais d’émotions négatives serait il plus heureux ? Ne serait-il pas esclave, plus tard, des émotions négatives qu’il ressentirait ?

Accueillir les émotions de l’enfant.

Quand l’enfant vit une émotion de la sorte, il est donc de notre ressort de l’accompagner. Bien sur, il est tentant de vouloir rapidement diminuer cette émotion. C’est complètement légitime ! Mais finalement, cela ne l’aidera pas à se construire et à apprendre à les gérer.

Je pense donc qu’il est important d’accueillir l’émotion qu’elle soit négative ou positive. On peut, pour se faire, mettre des mots sur ce que l’on observe. « Tu as l’air en colère ». On peut également légitimer cette émotion : « je comprends que tu le sois car ce n’est pas facile. Moi aussi je serai en colère… ». Ainsi, votre enfant se sentira reconnu dans ses émotions. Il se sentira notamment entendu, pris en compte et non jugé. Cela sera un véritable bagage pour lui qui crée sa confiance en lui-même.

De plus, il apprendra à pouvoir poser des mots dessus. Avec vos mots, vous l’accompagnez.

Lui laisser le temps de s’apaiser.

Je pense qu’il n’est pas nécessaire de hâter l’enfant à ce qu’il passe à autre chose. On peut très bien lui donner son doudou par exemple mais s’il n’en veut pas et le jette au sol, c’est son choix. Il aura certainement besoin de temps pour « digérer », tout comme nous. En revanche, il a besoin de notre aide pour ne pas se noyer dans cette « tempête émotionnelle ». Il a besoin de voir qu’on est là pour lui. Qu’on l’accompagne. On peut donc lui proposer de s’installer dans un coin calme, en lui parlant. Petit à petit, on peut lui proposer de lire un livre ou autre. Cela permettra à son cerveau de se concentrer sur autre chose. Cela pourra être facilitant pour lui.

Certains enfants ne sont pas en capacité d’accepter d’être au calme. Surtout lorsqu’ils ressentent une vive colère. Et leur demander de s’installer assis est trop difficile pour eux. Ils ont besoin d’extérioriser cette colère. Et c’est bien légitime ! Vous pouvez donc lui proposer de taper sur un coussin de la colère par exemple ou bien de sortir dehors pour crier un coup. Je pense qu’il est important de proposer une alternative aux enfants. Certains comportements ne peuvent pas être tolérés (taper quelqu’un par exemple) mais des solutions peuvent être mises en place (taper un coussin qui lui, ne ressent rien).

Accompagner les émotions en amont.

En dehors de ces temps où les émotions l’emportent, il me semble important d’accompagner le tout-petit. Vous pouvez alors lui lire des livres sur les émotions. Cela l’aidera très certainement à mettre des mots sur les différentes choses qu’il ressent.

On peut également lui proposer des outils comme des pictogrammes entre autres pour lui permettre de nous montrer, avec des images, les émotions qu’il vit.

Quoi qu’il en soit, je pense qu’il est important que les émotions fassent partie de votre quotidien. Vous pouvez les nommer. Mais vous pouvez aussi (et surtout) parler des vôtres. On est tous humains et on ressent tous les mêmes émotions même si chacun les exprime différemment. Vous pouvez par exemple lui dire « je suis très fatiguée et je n’ai pas la patience ». Ça ne fait pas de vous un mauvais parent. Au contraire, vous légitimez les émotions et vous faites, finalement, ce que vous attendez de votre enfant : vivre les émotions et les nommer.

J’espère que cet article vous aura été utile. Qu’il vous aura permis de comprendre que derrière les tout-petits se cachent de grandes émotions et qu’ils n’ont pas la capacité émotionnelle de pouvoir les gérer. C’est aux adultes d’accompagner ces dernières.

Et chez vous ? Comment faites-vous quand votre enfant ressent une grande émotion ?

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Les enfants vivent de grandes émotions. Mais comment les accompagner pour les aider à les vivre sereinement ? Que pouvons-nous faire en tant qu'adultes ?

  1. 1
    WorikingMutti

    Taper dans le coussin, les enfants le font par imitation chez nous XD. C’est notre moyen de laisser sortir la vapeur sans avoir à crier, à se disputer. Nous aussi parfois on a un trop plein d’émotions (adultes surdoués bonjour). Je trouve que c’est plus sain et moins violent que les cris.

    Maintenant que j’ai des enfants, des souvenirs de la colère, de l’injustice et de l’impuissance que je ressentais étant enfant me reviennent. Et là, effectivement, je ne peux que accueillir leurs émotions.

    • 2
      Enfance Joyeuse

      Je suis complètement d’accord : taper dans un coussin est un moyen alternatif aux cris, que je trouve aussi plus sain. Et ça décharge sur tous les plans !
      On a souvent tendance à oublier que nous étions, il y a peu, des enfants. Et que les émotions qui nous animaient, étaient énormes ! Et je trouve ça vraiment super que tu te reconnectes à ton enfant intérieur pour pouvoir accompagner tes enfants dans leur vécu émotionnel.
      Ce n’est pas évident mais tellement libérateur (pour tout le monde!)
      A bientôt et merci pour ton message !

  2. 3
    Allegretto

    C’est totalement vrai qu’avec les enfants on est tout le temps confrontés aux émotions ! Avec trois garçons, je passe mon temps à me demander si je dois intervenir… Finalement je ne le fais que quand l’un d’entre eux pleure ou hurle sans arrêt. Mais je dois aussi souvent réfréner les miennes pour ne pas me mettre à crier ! Ce n’est pas simple mais apprendre à écouter les émotions de ses enfants et les siennes est très libérateur. Comprendre aussi que le cerveau des enfants n’est pas aussi mature que le nôtre m’aide à les comprendre et à accueillir leurs pleurs et leurs cris.

    • 4
      Enfance Joyeuse

      Merci beaucoup pour ce partage.
      Tu nous donnes des clés essentielles : se poser certaines questions avant d’intervenir, savoir observer ses propres émotions et les écouter, remettre toujours en perspective que le cerveau des enfants est immature…
      Ce n’est pourtant pas facile de faire tout ça au quotidien mais comme tu le dis : c’est libérateur.
      C’est aussi lié au lâcher prise je pense 🙂
      Encore merci pour ce partage !
      A bientôt,
      Charlotte.

    • 6
      Enfance Joyeuse

      Ne te culpabilises pas ! Tu fais au mieux et ce n’est jamais évident d’accueillir une grande émotion. On trouve souvent les mots après coup… Mais finalement, nos remises en question nous aident pour les fois suivantes.
      Rappelle toi qu’il n’est pas question d’être parfaite. Mais suffisante. <3
      Merci pour ton message !
      Et à bientôt !

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