Reconnaitre les émotions des enfants.

Bonjour à tous ! Aujourd’hui je vous retrouve pour un article concernant la reconnaissance des émotions chez les jeunes enfants. Hier, alors que je faisais tranquillement mes courses, j’ai vu un enfant, de 3 ans environ, tomber au sol sur le carrelage. Il s’est mis à pleurer. La personne qui l’accompagnait l’a relevé, l’a mis debout, et lui a dit : « Ne pleure pas. Arrête. Ca suffit ». Elle a pris sa main et est repartie dans les rayons. L’enfant sanglotait derrière elle. Cette scène peut vous paraitre banale ou bien vous heurter. Pour ma part, j’avais envie de prendre ma plume pour vous écrire à ce sujet. Etre la voix de cet enfant. Prendre le temps de reconnaitre les émotions qui ont pu le traverser.

émotions

Un enfant est un individu à part entière. Il a donc des émotions qui le traversent. Comme vous. Et qu’il apprend à gérer. Parfois difficilement. Parce que ça le dépasse parfois. Et que c’est « trop » d’un coup.

Pourtant, ses émotions sont toujours légitimes. Et les manières dont elles s’expriment lui sont propres.

Si l’adulte prend en considération les émotions qui traversent l’enfant, cela  lui permet de se sentir reconnu. Reconnu en tant que personne. Donc en tant qu’être humain parmi les êtres humains. Mais  aussi reconnu dans ce qu’il vit.

Les mots que l’adulte va poser auront également leur importance. Ils permettront à l’enfant de s’apaiser. Ils lui permettront aussi d’emmagasiner du vocabulaire afin de pouvoir être en capacité de nommer ses émotions, les transformer, les accepter.

Si l’adulte ne prend pas en considération les émotions que vit l’enfant, il va intégrer qu’elles ne sont pas autorisées. « Ne pleure pas. Ne crie pas. Ne soit pas triste. Sèche tes larmes. Arrête ta colère. » : autant de phrases qui répriment ses émotions. A force d’être « brimé », l’enfant n’osera plus s’exprimer. Il pourrait alors garder en lui ce qu’il ressent. Cela pourrait engendrer des maux tels que les maux de ventre, les réveils nocturnes etc. Mais il pourrait également avoir besoin de les exprimer différemment pour pouvoir « se faire entendre ». Je parle par exemple de mordre, taper. D’investir son corps tout entier pour traduire ce qu’il vit en lui. Au plus profond de lui.

Un enfant a le droit d’exprimer ses émotions, au même titre que vous. Il nous revient de ne pas le juger pour cela.

Imaginez la situation présentée en amont. (Et je vous invite d’ailleurs à faire cet exercice régulièrement. Se mettre à la place de son enfant peut être très formateur). Imaginez que vous êtes en train de faire vos courses tranquillement dans l’Intermarché. Votre chaussure glisse sur la flaque de lessive laissée là. Vous tombez au sol. Face contre terre. Vous avez mal. Vous êtes supris(e). Vous cherchez à comprendre ce qu’il s’est passé. Et la personne avec qui vous étiez vous coupe la parole. Elle vous dit de vous relever et le fait pour vous. Vite. Sans vous ménager, même si vous avez mal. Car c’est certainement « la honte » pour elle et qu’il ne faudrait pas attirer le regards des autres. Vous vous relevez donc, en boitant légèrement. Et vous voilà tiré(e) par la main dans les allées, sans avoir pris le temps de remettre votre tee-shirt en place. Les courses continuent. Sans un mot. Que ressentez vous à l’intérieur de vous? Je vous laisse trouver cette réponse…

C’est pourquoi, il me tient toujours à coeur de nommer les émotions des enfants sans les juger. J’essaie de poser des mots dessus : « tu as l’air triste, en colère, étonné… ». J’offre alors à l’enfant la possibilité de pouvoir nommer lui-même plus tard ses émotions mais aussi de les identifier chez une autre personne. Ainsi, si ses expériences liées à ses émotions sont toujours accompagnées de la sorte, on offre à l’enfant la capacité de parler plus tard de ce qu’il ressent. De ce qu’il pense. On lui offre un espace de langage.

Et c’est certainement au travers de ces actes quotidiens que l’enfant construit sa confiance en lui. Un enfant est un être émotionnel. Il est souvent surpassé par les émotions qui le traversent. Les considérer c’est le considérer lui-même. C’est considérer cet enfant comme un « interlocuteur valable ». Comme une personne au même titre que moi. Un être humain. Un adulte en devenir.

Bref, vous l’aurez compris, accompagner les émotions de l’enfant c’est lui permettre de se construire une base sereine qui le suivra toute sa vie. C’est l’accompagner dans la construction sécure de son bagage émotionnel. Reconnaitre ses émotions va donc au delà de cet instant « T ». Ca va au delà de cet enfant qui n’a pas eu le droit de pleurer alors qu’il venait de tomber. Cela va au delà. Toutes les expériences vécues par l’enfant lui permettent de se construire. Et l’adulte a un rôle à jouer dans cette construction.

Avec cet article, je ne tiens pas à culpabiliser qui que se soit. J’espère seulement qu’il pourra sensibiliser les actes d’adultes. Les paroles que l’on a tous entendu. Que l’on a certainement tous dit une fois ou une autre à tel enfant qui a croisé notre chemin. Oui, ce n’est pas évident de voir un enfant pleurer. Oui, ce n’est peut-être « pas grand chose » de se cogner. Mais c’est une raz de marrée pour l’enfant qui vient de vivre cette expérience dans son corps. Essayons de se mettre à sa place.

Tous nos actes aident l’enfant à se construire. Toutes nos paroles.

Et vous? Comment accompagnez-vous les émotions de votre enfant?

enfance joyeuse

Reconnaitre les émotions d'un enfant.

10 Commentaires

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  1. 3
    Maman Chamboule Tout

    Merci Charlotte pour ce bel article ! Je trouve que ta description de l’adulte qui se met à la place de l’enfant est très parlante, c’est une bonne idée que je ne manquerais pas de suggérer, tout comme la lecture de ton billet 😉

  2. 5
    Emilie

    J’essaie toujours de me mettre à hauteur d’enfant par ma posture et mon langage pour qu’il se sente entendu, compris, réconforté. Ce que je ne m’autorise pas avec un adulte je ne me le permets pas non plus avec un enfant.

    • 6
      Enfance Joyeuse

      Je trouve ton attitude hyper bienveillante ! Et je te rejoins totalement sur le fait de ne pas faire aux enfants ce que l’on ne fait pas aux adultes… Merci beaucoup pour ce message !! A bientôt !

  3. 7
    WorkingMutti

    En fait en répondant à la question que tu as posée dans la mise en situation, je me rends compte que c’est exactement ma réaction. Je me lève vite fait, je continue mes courses et je suis rouge de honte. Je n’exprime rien du tout. Lorsque j’étais petite c’était toujours comme ça que ça se passait avec mes parents. Au final c’est un schéma qui est devenu normal pour moi.

    Il est en effet toujours intéressant de revoir ses pratiques avec un oeil extérieur !

    • 8
      Enfance Joyeuse

      Merci pour ton commentaire!!! 🙂
      C’est sur que ça fait partie de nous après. Ce qu’on a vécu enfant nous façonne quand on devient adultes.
      Je suis contente d’avoir pu t’aider dans ton cheminement. J’essaie toujours de me demander : et toi? Qu’aurais tu ressenti?
      A bientôt !

  4. 9
    Nanakie

    ça me fait un peu mal au coeur, ce genre de situation … mais nous sommes si mal informés ! Après des générations entières à ignorer le ressentit des enfants, la Société est dure à changer . A quand un programme de sensibilisation au psychisme de l’enfant dans les PMI ?
    En tout cas ton article est très clair et bien écrit !

    • 10
      Enfance Joyeuse

      Merci beaucoup !
      Oui je suis d’accord… La société va mettre du temps à évoluer mais je suis sure qu’on y arrivera 😉 Très bonne idée la sensibilisation en PMI! J’espère qu’un jour un projet de la sorte verra la lumière;)
      A bientôt & merci de ton passage sur le blog !

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