Quand et comment annoncer ma grossesse à mon ainé(e) ?

Bonjour tout le monde ! J’espère que vous allez bien ! Quand on se découvre enceinte d’un nouvel enfant, on se pose forcément la question de savoir quand et comment annoncer sa grossesse à notre ainé(e) ? De nombreuses mamans me posent cette question. Elles sont assaillies par une multitude d’inquiétudes : « Comment lui dire pour ne pas le blesser ? Quels mots employer ? Lui dire maintenant, ce n’est pas trop tôt ? » Et tant d’autres ! Je vais donc vous donner des pistes de réflexion qui vous permettront, je l’espère, de faire vos choix quant-à cette fameuse annonce. ↓

annoncer sa grossesse à son ainé

Quand annoncer ma grossesse ?

Tout d’abord, commençons par définir « le moment idéal » pour annoncer sa grossesse. Déjà, cette période parfaite existe-t-elle ? Je pense, très honnêtement, que non. Comme je vous l’ai expliqué, l’annonce à un enfant génèrera en lui de nombreux sentiments. Il aura besoin de temps pour les vivre, les accepter. Ainsi, l’annonce sera « brutale ». Bien évidemment, cela ne veut pas dire que votre enfant réagira forcément mal. Ce n’est pas le cas ! Certains enfants sont ravis de devenir grand frère ou grande sœur ! En revanche, je suis persuadée que cette annonce réveillera en eux des sentiments divers qu’ils devront apprendre à gérer. Certains enfants y arriveront plus en douceur que d’autres. Je ne pense donc pas qu’il existe une période parfaite pour faire son annonce. Cette période dépendra de vous, de votre enfant, de votre histoire. 

Il me semble important, dans un premier temps, de définir le moment opportun pour annoncer votre grossesse. Si votre ainé(e) est jeune (moins de quatre ans), sa notion du temps est bien différente de la nôtre. Ainsi, les neuf mois de grossesse pourront lui paraitre interminables. Mais a contrario, du temps lui sera indispensable pour qu’il se fasse à l’idée qu’un nouveau bébé va venir agrandir sa famille. Plusieurs mois lui sont donc nécessaires pour cheminer et apprivoiser cette idée. 

Ainsi, le dire avant trois mois ou à vos sept mois de grossesse ne me semblent pas être des solutions adaptées. Je vous conseille donc de faire l’annonce à votre enfant à la fin du troisième mois. Pourquoi ? Tout simplement car les risques liés à une fausse couche sont réduits. Meme si cet événement n’est pas « rien », il me parrait difficile de l’expliquer à l’enfant avec des mots compréhensibles. Ensuite, car vous avez déjà vécu un tiers de votre grossesse et qu’il restera six mois à votre enfant pour vivre cette dernière avec vous et à se préparer à la venue du bébé. Bien évidemment, ce n’est pas une date butoir. Cette échéance ne correspondra pas à chaque histoire familiale. Il s’agit plutôt d’un ordre d’idée. 

Certains enfants ressentent très tôt que leur maman est enceinte. Si l’enfant perçoit du changement mais ne peut pas mettre de mots dessus ou que l’adulte ne lui en pose pas, la situation peut devenir anxiogène pour lui. « Que se passe-t-il ? Pourquoi mes parents parlent à voix basse ? Pourquoi maman est fatiguée ? Par quoi sont-ils préoccupés ? … » Bien évidemment, si vous observez un changement de comportement chez votre enfant, il me semble indispensable que vous lui expliquiez ce qu’il se passe pour vous de manière à l’apaiser. Ainsi, vous n’attendrez pas les trois mois et préférerez lui dire plus tôt. Comme je vous le disais, il n’existe pas de moment « idéal ». Il vous revient de trouver ce moment-là en fonction de vos observations. 

En revanche, ce qui me semble commun à toutes les grossesses serait le fait d’instaurer une temporalité à l’arrivée du terme. Quand on dit à son enfant qu’un bébé va venir rejoindre la famille, la notion du « quand » est flou pour lui. « Dans 6 mois, dans 4 mois… » sont des termes très généraux qui ne représentent pas grand-chose pour lui.  Ça lui sera donc difficile de savoir quand il rencontrera enfin son petit frère ou sa petite sœur. Ainsi, je vous conseille de commencer à temporaliser l’arrivée de ce dernier quand la date du terme approche. Vous pouvez notamment lui expliquer que même si on n’est jamais surs de la date exacte, le bébé devrait arriver « quand il neigera » ou bien « après les vacances d’été ». L’essentiel est de permettre à l’enfant d’avoir un repère temporel.

Je tiens à conclure cette partie en vous indiquant que ces données s’adressent essentiellement pour les jeunes enfants. Un enfant de 7 ans (ou plus) a de plus grandes capacités pour se repérer dans le temps. La durée de la grossesse, en revanche, lui sera, à lui aussi, nécessaire pour accepter l’idée qu’un bébé va bientôt vous rejoindre. Pareil, attendre les trois premiers mois avant de le lui annoncer me semble justifié bien que si votre enfant change son comportement ou vous interroge à ce sujet, il me parait important de lui annoncer la nouvelle.

Comment faire son annonce ?

Maintenant que nous avons accordé une importance particulière au moment où vous allez annoncer votre grossesse à votre ainé(e), voyons comment penser cet instant. 

Dans un premier temps, je vous conseille de faire cette annonce à deux. Cela permettra à votre enfant de comprendre, de voir, de percevoir, la joie que vous procure cette grossesse. De plus, vous aurez chacun de vous deux une attitude ou des mots qui pourraient être perçus différemment par votre enfant. Je trouve intéressant le fait qu’il puisse se saisir de vos forces respectives pour assimiler cette grande annonce. Nous avons tous notre propre sensibilité. 

Bien évidemment, ce qui va être important se sont les mots que vous allez employer. Utilisez des mots simples si votre enfant est jeune. À l’inverse, n’infantilisez pas votre adolescent. L’essentiel, selon moi, est d’utiliser des mots justes qui retranscrivent la vérité. Votre vérité. 

Par exemple, vous pouvez lui dire : « Avec ton papa, on attend un enfant. Nous sommes très heureux. » Je vous invite à utiliser le « je » et le « nous ». Ainsi, vous mettez en mots vos sentiments à vous. Pareil, vous pouvez utiliser le « tu » pour lui expliquer ce que cela implique pour lui : « tu vas être grand frère ». La question des pronoms est fondamentale à mes yeux. Avec eux, vous donnez une place à chacun. De telle sorte qu’un : « Je suis contente » n’inclut en rien votre enfant. Vous lui transmettez ainsi votre propre ressenti. 

Dans cette même lignée, je vous déconseille de poser immédiatement des questions à votre enfant. « Tu es content ? Tu as vu, c’est super ! Tu le prends bien ? ». En effet, cette grossesse est votre choix et non le sien. Cela perturbe son monde. Il peut être pris de sentiments divers. Lui poser ainsi la question dès l’annonce pourrait être angoissant pour lui. Et créer une réaction contraire à vos attentes. 

Ensuite, je pense qu’il n’est pas nécessaire de mettre en mots ce que l’arrivée de cet enfant va générer pour la famille si vous vous adressez à un jeune enfant. Par exemple je vous déconseille de dire : « On sait que ce ne sera pas forcément facile pour toi. On sera là quoi qu’il arrive. On t’aimera autant. » Pourquoi ? Car cela pourrait créer des angoisses chez l’enfant qui ne se projetait pas aussi loin. De ce fait, il s’imagine ce que pourrait être sa vie à l’arrivée de cet enfant. Vous lui projetez l’idée que vous pourriez l’aimer « moins » alors qu’il ne l’envisageait pas une seconde. De plus, je pense que l’adulte cherche plus à se rassurer en disant cela qu’à rassurer l’enfant lui-même. Bien sûr, cela se fait de manière inconsciente. En revanche, je suis persuadée qu’il est indispensable de laisser une porte ouverte pour le dialogue. Votre ainé(e) pourrait très bien s’imaginer le pire des scénarios et ne rien oser vous dire. Ainsi, je pense qu’il est indispensable de penser un temps de questions à la fin de votre annonce. « As-tu des questions que tu aimerais nous poser ? » De cette façon, vous ne le renvoyez pas à ses sentiments (« tu es heureux ? ») mais plutôt à ce qui pourrait l’interroger. Vous répondrez donc, si besoin, à ses craintes. Vous n’en créerez pas de nouvelles.

Dire la vérité, avec des mots simples, sans projeter vos angoisses sur le futur et en écoutant les sentiments de votre enfant : voilà ce qui me semble approprié lorsqu’on annonce à son ainé(e) qu’on attend un nouvel enfant.

Il y a également, après cette annonce, une multitude de petites choses à penser pour préparer en douceur votre ainé(e) à ce que signifie l’arrivée d’un bébé.

Et chez vous ? Comment avez vous abordé cette question ? Venez partager vos témoignages avec nous !   

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Quand et comment annoncer ma grossesse à mon ou mes ainés ?

14 Commentaires

Ajoutez les vôtres
  1. 1
    La parenthèse psy

    Effectivement, la question est très intéressante ! Comme toi, je ne pense pas qu’il y ait un « moment idéal » pour faire l’annonce (attendre au moins 3 mois tout de même). Rassurer l’enfant sur sa place dans la famille et l’amour que lui porte ses parents sont essentiels.
    Ton article m’a replongée dans mes souvenirs. J’avais 2 ans quand ma soeur est née et ben je dois dire que je ne me souviens pas de son arrivée, pas de l’impact sur moi, nada. Je vais demander à mes parents la prochaine fois !

    A bientôt,
    line de https://la-parenthese-psy.com/

    • 2
      Enfance Joyeuse

      Merci pour ton message !
      Ça serait intéressant de savoir pour toi comment tes parents t’y avaient préparé car tu as plutôt l’air de l’avoir bien vécue l’arrivée de ta soeur 😉
      A bientôt,
      Charlotte.

  2. 3
    Maman Chamboule Tout

    Quand nous avons annoncé à grande Ju l’arrivée de son petit frère elle avait 9 ans et demi, elle était en âge de bien comprendre. Nous avons attendu 3 mois, avec mes antécédents de GEU on ne voulait prendre aucun risque. Mais nous n’aurions pas pu attendre plus longtemps, ça se voyait trop ! Elle était vraiment heureuse mais quelques crises d’angoisse ont suivies, elle avait peur d’être moins aimé. Finalement à la naissance de bébé Lu elle s’est aperçue que rien ne changeait et tout est rentré dans l’ordre !

    • 4
      Enfance Joyeuse

      J’imagine que le fait qu’elle soit déjà plus grande a dû l’aider dans sa compréhension. Même si, bien sur, les angoisses étaient présentes. Pour tout enfant, l’arrivée d’un bébé est source d’inquiétudes. On va vers l’inconnu et ça suscite des craintes, ce qui est complètement légitime ! Finalement, vous avez tous réussi à trouver votre place. Et grande Ju aussi ! C’est super !
      Merci pour ce partage !
      A bientôt,
      Charlotte.

  3. 7
    3 kleine grenouilles

    Pour notre cadette, je ne me souviens plus exactement quand nous avons annoncé à notre grand qu’il allait être grand frère mais ça devait être à un ou deux mois de grossesse. On voulait l’annoncer tout de suite à nos proches et il était hors de question de le faire sans qu’il soit au courant, notamment pour éviter qu’il sente quelque chose sans le comprendre.
    J’avais acheté des livres pour enfants sur la grossesse et on a rapidement parlé de la petite sœur en la nommant par le prénom qu’on avait choisi. Il savait qu’elle arriverait au printemps.
    Pour la benjamine, j’étais enceinte d’un mois quand on l’a dit aux deux grands qui avaient 4 et 1,5 ans à ce moment. Je me souviendrais toujours du grand sourire et de la joie de mon grand, il était si heureux de devenir une seconde fois grand frère. Les deux savaient que la petite sœur arriverait après l’anniversaire du grand, à la belle saison.
    Les deux fois, à peu près un mois avant la naissance, on a pu rendre visite à un nouveau-né et les enfants ont été très intéressés et n’ont pas été surpris quand la petite sœur est née.

    • 8
      Enfance Joyeuse

      Merci beaucoup pour ton retour !
      C’est super que vous ayez pu voir un « vrai » bébé avant le jour J. Souvent, les enfants ont du mal à s’imaginer ce que ça signifie d’accueillir un nouveau-né. Ils s’imaginent déjà jouer avec 😉 Alors, je pense que de voir un bébé juste avant de devenir grand frère ou grande soeur ça peut aider 🙂
      Ca a dû être super agréable pour vous de voir que l’arrivée d’un nouvel enfant était bien vécu pour votre ainé et ensuite sa soeur. Vous deviez être serein quant-à l’arrivée de ces bébés dans la vie de votre famille… <3
      A bientôt,
      Charlotte.

      • 9
        3 kleine grenouilles

        Je me souvenais que mon neveu (qui avait 1,5 ans à la naissance de sa petite sœur) avait été déçu que sa sœur ne sache pas faire grand chose à la naissance et c’était important pour moi qu’ils voient un « vrai » nourrisson avant la naissance de la petite sœur.
        On n’a pas eu de problème de jalousie à la naissance, celle-ci est apparue quand la cadette a grandi et que mon aîné a commencé à avoir peur de se faire rattraper.

        • 10
          Enfance Joyeuse

          Et oui ! C’est pour ça, que je trouve vraiment super que vous ayez pu rencontrer un nouveau-né avant la naissance !
          C’est vrai que la jalousie peut survenir dès la naissance mais également quand le bébé grandit. Il n’y a pas de règle ! Certains enfants ne montreront parfois aucun signe de jalousie. Chaque enfant a son tempérament qui lui est propre 🙂 En tous cas, tu as réussi à analyser d’où pouvait provenir sa peur et je suis certaine que tu as su l’accompagner face à ces nouvelles émotions !
          A bientôt,
          Charlotte.

  4. 11
    Allegretto

    C’est un article très intéressant ! L’annonce de ma grossesse à mes deux ainés s’est fait à peu près à trois mois aussi. Et je suis d’accord avec toi : ils ont besoin de temps pour se préparer et c’est aussi l’occasion de répondre à leurs questions (comment le bébé est arrivé là ? comment il va sortir ? etc…). Je n’ai pas remarqué de changement particulier pendant la grossesse, c’est plutôt après que les choses se gâtent !

    • 12
      Enfance Joyeuse

      C’est vrai que ce temps de la grossesse leur est précieux pour poser toutes ces questions sur le cycle de la vie. 😉
      Parfois, les enfants ne réalisent pas forcément ce que signifie l’arrivée d’un bébé pendant la grossesse car rien ne change vraiment mais parfois, ça devient plus compliqué quand le bébé arrive dans le foyer ! Ce n’est pas toujours évident de savoir comment les accompagner dans cette nouvelle phase de leur vie mais je suis sure que le temps est l’allié de toute la famille 😉
      A bientôt,
      Merci pour ton message,
      Charlotte.

  5. 13
    Chutmamanlit

    Je suis étonnée par le conseil « attendre trois mois ». Ici nous l’avons annoncé à notre aîné de 2 ans et demi dans la semaine qui a suivi la découverte de mon état, pour pleins de raisons :
    – je suis honnête le plus possible avec mon fils, et cacher un gros évènement comme ça m’aurait paru compliqué. Sans compter la logistique de devoir attendre qu’il ne soit pas dans le coin pour en parler avec mon chéri…
    – mes symptômes sont assez fort pendant le premier trimestre. J’avais besoin de rassurer mon fils que si je dormais beaucoup (au lieu de jouer avec lui) et vomissais un peu, il y avait une raison.
    – J’aurais voulu parler librement à mes proches (et mon fils) de ce que je vivais si il y avait eu un problème (ou disons le clairement, une fausse couche)
    – lié au point précédent, nous l’avons annoncé assez tôt à nos proches, ça aurait donc été étrange de lui cacher.

    Bref tout ça pour dire que nous l’avons dit tôt et pendant longtemps, ça n’a pas perturbé plus que ça le Lardon, puisque c’était assez abstrait. Comme les 7-8 mois restant pouvaient être long, nous avons simplement dilué dans le temps les explications : inutile de s’étendre sur les changements qu’impliquent l’arrivée d’un bébé pendant les premiers mois de grossesse. En revanche, nous avons beaucoup parlé de ma santé, ce que je pouvais ou pas faire, de comment mon corps allait changer, etc… Ce n’est que plus tard dans la grossesse que nous avons abordé la question du bébé et de ce que ça impliquerait pour lui.

    • 14
      Enfance Joyeuse

      Merci pour ce partage !
      Comme je le souligne dans l’article il n’y a aucune vérité absolue. Ce qui est adapté à une famille ne l’est pas pour une autre 🙂 En effet, si vous souhaitiez en parler à vos proches avant les 3 mois, ça ne parait pas trop sensé de ne pas en parler à votre enfant. 😉
      Après, certains couples n’ont pas envie de parler à leur ainé de la perte d’un bébé si tel est le cas.
      Bref, je pense vraiment que chacun fait comme il le ressent concernant la « date d’annonce ».
      En tous cas, c’est une super idée que d’expliquer dans un premier temps ce que cette grossesse implique pour vous puis petit à petit, d’expliquer ce que l’arrivée du bébé implique pour lui. C’est une super façon, je trouve, d’aborder la grossesse et la venue d’un nouvel enfant sans générer trop de stress surtout que les 9 mois de grossesse peuvent paraitre longs à un enfant. 😉
      A bientôt,
      Charlotte.

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