Manon, un projet de naissance VS la réalité. #

Bonjour à tous ! Comment allez vous ? Je vous retrouve aujourd’hui pour vous partager l’histoire de Manon. Manon, elle s’était imaginée son accouchement. Avait fait un projet de naissance. Cela la rassurait. Mais le jour J, ça ne s’est pas exactement passé comme prévu. Et elle s’en est voulue. Finalement, avec le recul, maintenant qu’elle a son bébé dans ses bras, elle tient à vous faire passer un message : lâchez prise. De toute façon, on ne peut jamais vraiment tout prévoir. Et c’est son histoire qu’elle partage aujourd’hui : ↓ 

Manon, son projet de naissance VS la réalité.

Je m’appelle Manon et la vie m’a fait le plus beau des cadeaux deux semaines avant mes 25 ans : j’ai donné naissance à ma fille, ma Minichat.

Avant et durant ma grossesse, je me suis faite une image assez précise de comment je souhaitais que l’accouchement se déroule. Dans la vie j’aime prévoir et savoir comment les choses vont se dérouler. Je me suis donc documentée au maximum afin de pouvoir parer à toutes les situations possibles ! Mais comme tu t’en doutes, la Nature est imprévisible et pleines de surprises, il est donc impossible de savoir de quelle manière bébé pointera le bout de son nez, ce qui m’a valu déception et remise en question.

Je t’explique:

Tout a commencé le 21 avril à midi où j’ai commencé à ressentir les premières vraies contractions, mais largement gérables. Elles ont commencé doucement mais sûrement à s’intensifier et j’ai passé une nuit blanche à gérer la douleur qui était encore surmontable. J’étais d’ailleurs fière de moi de parvenir à faire cela seule, laissant mon mari dormir.

C’est vers 7h du matin que mon mari à décidé pour moi qu’il était temps de se rendre à la maternité, au moins pour contrôler. Une fois là bas, déception, le col était à peine ouvert à 1. On nous renvoie à la maison en nous assurant que ce sera pour le soir même.

Une fois chez nous je passe un temps fou sous la douche. La douleur s’intensifie vraiment et je me rend compte que cette nuit, je n’avais vraiment pas mal finalement. Je passe la journée à tenter de trouver une position, quelque chose pour me soulager. Je vois bien que mon mari ne sait plus tellement quoi faire pour m’aider, il me demande si je souhaite partir à la maternité toutes les heures. J’accepte finalement de repartir vers 17h, je commence vraiment à ne plus réussir à rester sereine, rien ne me soulage.

De retour à la clinique on m’annonce que je suis à 4! Enfin, ça avance! On me propose également la péridurale mais je décide de tenir encore un peu. Je veux être forte et tester mes limites au maximum. Et je t’avoue que l’aiguille me terrorisait rien qu’un peu… Je marche, me tortille, on me fait même prendre un bain mais rien ne fonctionne.

Je finis par  demander le fameux produit miracle. On se rend donc en salle de naissance et l’anesthésiste est adorable. Sans mentir, je n’ai rien senti du tout et le soulagement est rapidement arrivé. C’est à ce moment que j’ai retrouvé le sourire. La machine était lancée, dans quelques heures nous aurions notre fille dans nos bras. C’est un tel mélange d’émotions! Bonheur, impatience, stress… C’est juste dingue de se dire que dans quelques heures nous serions trois!

Avec mon mari nous dormons en gruyère, essayant d’emmagasiner de l’énergie pour terminer ce marathon. Mais la désillusion est arrivée. Lors d’un examen de contrôle, on  m’indique que le col n’a pas bougé depuis plusieurs heures, il est toujours à 4, et s’il ne bouge pas rapidement, ils seront obligé d’accélérer le travail. Dans notre projet de naissance nous avions indiqué ne pas vouloir accélérer le travail et que tout reste le plus naturel possible: pas d’hormones, pas d’instruments, etc.

Et je voyais ce  projet s’éloigner doucement mais sûrement. Pour commencer la sage-femme  m’a proposé de percer manuellement la poche des eaux mais une seconde avant qu’elle ne s’exécute, la poche s’est rompue spontanément. Hasard ou force de l’esprit, je ne le saurai jamais! Malheureusement le travail  ne s’est pas lancé pour autant et la sage-femme m’a injecté de l’ocytocine. La plus petite dose possible, mais une dose quand même. Le travail s’est finalement lancé et j’ai essayé de laisser ma déception de côté.

Enfin, au matin, on m’annonce que je suis à dilatation complète! Je n’ai quasiment pas dormi depuis presque 2 jours mais je me sens pousser des ailes. Tu imagines? Nous étions à moins de 30 minutes de rencontrer l’amour de notre vie!

On se met en place et vient le moment de pousser. Je suis soutenue à merveille par mon mari, la sage-femme et l’auxiliaire de puériculture. L’équipe a respecté au maximum mon projet de naissance: la pièce est dans une lumière tamisée, il y a un minimum de personne dans la pièce et elles m’expliquent absolument tout, me parlent, m’encouragent. Je pousse pendant plus de 30 minutes mais malgré mes efforts, on ne voit seulement que le haut de son crâne et une mèche blonde. Ma Mini est coincée dans mon bassin. Seconde douche froide, on nous annonce que le travail est en cours depuis trop longtemps, qu’il y a un risque que bébé s’épuise et qu’elles vont être obligées de donner un coup de pouce à la vie. Elles sont compréhensives face à mon air désespéré et me répète que je suis une warrior et que ce n’est absolument pas un échec.

Cependant, le temps que le médecin de garde arrive, je ne peux m’empêcher de m’en vouloir terriblement, j’ai le sentiment d’être complètement nulle, incapable de donner naissance moi même à mon enfant. Je peux te dire que je ne me suis jamais sentie aussi démunie que pendant ces deux minutes, malgré les paroles de mon mari qui me répétait qu’on s’en fichait, que j’étais une super maman et que je pouvais être fière de tout ce chemin.

Finalement le médecin est arrivé, adorable elle aussi. Elle a pris le temps de nous montrer la ventouse qu’elle allait utiliser et de nous parler durant toute la manipulation. Encore deux poussées et j’ai sentie la tête passer, puis les épaules. C’est avec les mains plus que tremblantes que j’ai saisi ma fille et que je l’ai aidé à terminer sa sortie, la réceptionnant sur ma poitrine. J’ai été prise d’un tel élan d’amour que j’ai éclaté en sanglots. Pas les petits pleurs de joie mignons hein, les gros sanglots de bonheur et de soulagement.

Le sentiment d’avoir été nulle, incapable, a été effacé en moins d’une seconde lorsque j’ai serré ce petit être contre moi, mon mari nous regardant avec les yeux les plus rempli d’amour que je n’ai jamais vu.

Au final peu importe que le travail ait dû être aidé, que mon bassin ait été trop étroit et mes poussées pas assez efficaces. J’ai porté notre fille durant 9 mois, et je lui ai donné naissance en ce 23 avril 2019.

On a fabriqué un mini humain et ça c’est complètement dingue quand on y pense! Je peux te dire que j’en ai rien eu à faire de la délivrance, des points recousus et tous les soins qui se passaient sous la ceinture. Tout ce qui importait c’est ce petit bébé tout rose qui a frotté son petit nez contre ma poitrine avant de partager cette 1ère tétée de bienvenue.

Si je peux te dire quelque chose, c’est de lâcher prise. N’imagines rien, n’attends rien, de toutes façon on ne peut rien prévoir pour un évènement si imprévisible. CQFD. Je m’étais fait un film tellement précis de ce que je voulais qu’il se passe que j’ai réussi à douter de moi, à me sentir nulle et incapable alors que c’est extraordinaire ce dont notre corps est capable! Fais toi confiance, notre corps est fait pour ça ♥

Je te remercie beaucoup Manon pour ce témoignage. Si vous souhaitez échanger avec elle, vous pouvez la retrouver sur Instagram.

Et puis, si vous aussi vous souhaitez partager un bout de votre histoire, n’hésitez pas à m’écrire, je serai ravie de partager votre témoignage.

Et vous ? Aviez vous aussi essayé de prévoir un maximum de choses pour le jour J ?

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  1. 3
    Allegretto

    C’est un beau récit. Moi aussi j’ai eu des perf d’ocytocine, pour deux de mes accouchements. Ce n’est pas agréable du tout, je te l’accorde, et moi aussi j’en ai pleuré me sentant incapable ! Mais au final, la médecine est là pour nous aider, pour permettre à notre corps de mener à bien son travail, c’est juste un coup de pouce, comme tu le dis, c’est bien toi qui l’a portée cette enfant. Bonne continuation.

    • 4
      Enfance Joyeuse

      Merci à toi pour ce message si bienveillant…
      Comme tu le dis, c’est « un coup de pouce ».
      Pour le reste, c’est Manon (et toi, dans ton cas) qui a tout fait <3
      A bientôt,
      Charlotte.

  2. 5
    Workingmutti

    Un accouchement ne se passe jamais comme on l’avait prévu. Avant d’être maman je n’y croyais pas. Et puis j’ai lu les récits d’accouchement autour de moi. Maintenant j’ai compris que la parentalité c’est aussi le lâcher prise, et ça commence dès l’accouchement.

    • 6
      Enfance Joyeuse

      En effet, je suis totalement d’accord avec toi.
      C’est difficile de l’admettre, de ne pas être « maitre de la situation à 200% » mais c’est la vie. Et c’est ainsi.
      Et comme tu le dis si justement, ça apprend le lâcher prise qui sera si salvateur par la suite 🙂
      Merci pour ton message !
      A bientôt,
      Charlotte.

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