Mes premiers pas en tant que maman. #

Bonjour à tous ! Aujourd’hui je vous retrouve pour le portrait d’une jeune maman. Axelle a vécu différentes épreuves à la naissance de sa fille qui ont laissé des traces en elle. Aujourd’hui, elle a décidé de partager son histoire avec vous. Pour vous parler de ses premiers pas en tant que maman. Quel long chemin parfois sinueux qu’est la maternité !

premier pas maman

Nous sommes le 19 décembre 2017 il est 20h15, mon chéri et moi nous nous rendons à la maternité. Je pense avoir fissuré la poche des eaux, on nous installe. On m’examine et bingo cest ça! J’explique à l’équipe que j’étais venue la veille au urgences parce que j’avais chuté. J’étais tombée sur les fesses. Elles me disent que c’est surement lié mais que d’un côté tant mieux vu que je suis a 41 SA +1. Le travail avance vite, le 20 décembre à 12h on se met en place pour la poussée, après de longues minutes d’effort, la sage femme décide de faire venir l’obstétricien de garde. Il opte pour les spatules, mais je n’ai plus les effets de la péridurale. On me fait donc lepisiotomie et la mise en place des spatules. Je souffre, vraiment. L’obstétricien m’abboie de ne pas avoir peur et qu’il faut que je pousse sans tenir compte de mes dires, et de ma douleur. Je pleure, je pleure beaucoup, quand enfin une adorable sage femme remet le médecin à sa place et me réinjecte du liquide à péridurale. Et puis là, en 5 minutes, elle était là. Des grand yeux gris foncé qui ont transpercé nos coeurs de l’immensité de l’amour qu’on lui portait déjà.

Les visites ne s’arrêtent pas, nos proches partagent notre bonheur. Puis ce fameux 22 décembre, ses extrémité se mettent à trembler. Etant moi même auxiliaire de puériculture je sais que ce n’est pas normal. Sans attendre je la filme et pars avertir les sages femmes. Elle est auscultée, prise de sang, bilan et j’en passe. On prend sur nous, on ne dramatise pas.

Puis le lendemain, on m’annonce qu’on nous transfert dans un service de néonatalogie, assez loin de chez nous. Il n’y a de la place que là-bas. On ne nous dit rien. On me met dans l’ambulance avec elle, je pleure sans pouvoir m’arrêter. Son papa nous suit de près en voiture.

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On arrive dans le service, on nous installe. L’équipe est bienveillante, on peut rester sur place pour dormir. Heureusement car on n’aurait pas supportés d’être loin d’elle plus d’une minute! Le soir même, il lui font une échographie des fontanelles, pour voir si ma chute ne lui a pas causé des lésions. Je m’en veux… Je me dis que c’est peut-être de ma faute et que si c’est le cas je m’en voudrais toute ma vie…

Les résultats tombent : rien a signaler. On souffle. Mais parallèlement, jai un point qui s’arrachent à cause du transport en ambulance. Je suis très mal reçue a la maternité qui se trouve à l’étage en dessous de la néonatalogie. On me renvoie dans le service après un rapide examen en me disant qu’à part surveiller ils ne peuvent rien faire.

 Le 24, ils lui font un énième bilan sanguin, ils trouvent de l’amoniaque dans son sang. Ce n’est pas bon. Ils s’orientent vers (peut-être) une maladie du métabolisme. On commence à imaginer nos vies avec une enfant handicapée. On savait que nous l’accompagnerons et que notre amour serait plus fort que tout. Ils contrôlent sa glycémie toutes les heures, des centaines de piqures sur un si petit être mais elle est courageuse vraiment… Elle ne pleure presque pas.

premier pas mamanJour de Noël: on entre dans la chambre. On nous annonce que son bilan est normal. Ils ont cherché les maladies du métabolisme mais tout ressort négatif. Alors cest peut-être de l’épilepsie. Mais on nous laisse sans réponses alors que jai des milliers de questions. Son pere reste muet. Puis il me console, me dit que ca va aller, qu’elle n’a rien.

Et enfin le 26 décembre, on nous laisse sortir après un électroencéphalogramme normal. Même pendant ses phases de crises, les minutes avaient semblé être des heures et les heures une éternité.

Retour à la maison. Enfin! La délivrance! Elle va bien, elle est en bonne santé. Maintenant cest moi le problème. Je n’arrive pas à mettre de mot sur ce que j’éprouve. Le moindre de ses pleurs me terrifie, me tétanise. Je n’arrive pas à la laisser plus d’une heure. Mon coeur se serre, je m’inquiète. Je suis fatiguée, exténuée même. Et mon comportement commence à avoir un impact sur mon couple et sur ma fille. Elle ressent ma peine et ma peur, alors elle ne veut que moi, peut-être pour me réconforter… Elle tête toutes les heures, et pleure beaucoup. On lui découvre un RGO. On entre dans un cercle vicieux. On a besoin l’une de l’autre. Mon compagnon est compréhensif et essaie de prendre le relais quand je n’en peux plus. Mais ca ne dure jamais bien longtemps car j’ai besoin d’être avec elle. Je me réveille toutes les heures pour vérifier sa respiration. Je fais des cauchemars. J’essaie de me résonner… Elle n’a rien, les crises s’espacent et finissent par disparaitre. Mais la peur ne disparaît pas elle.

 Puis un jour, je décide que ca ne peut plus durer. Je dois demander de l’aide. Je consulte donc une psychiatre qui m’accompagne et m’aide dans ma dépression. Et petit a petit nous retrouvons un équilibre, une harmonie de famille. Alors tout n’est pas cicatrisé, les séparations sont difficiles, le manque me donne mal au ventre. Mais son sourire est le meilleur remède, il apaise toute les peines .

N’hésitez pas à demander de l’aide, et à prendre vos peurs au sérieux, il n’y a aucune honte a avoir, on a tous besoin a un moment qu’on nous tende la main. 

Et vous? Comment avez-vous vécu vos premiers pas de maman? Avez-vous rencontré des obstacles, tout comme Axelle et sa famille?

enfance joyeuse

Mes premiers pas en tant que maman.

15 Commentaires

Ajoutez les vôtres
  1. 1
    WorkingMutti

    C’est terrible de vivre ses premiers pas de maman dans ces conditions .. Vraiment, le manque d’accompagnement et de psychologie de base de l’équipe médicale me sidère. Il n’est pas étonnant que tu ai du tendre la main pour avoir besoin d’aide. Tu as été très courageuse, dans les épreuves, comme dans le fait de savoir reconnaitre que parfois, on a besoin d’un regard extérieur pour avancer.

    • 2
      Enfance Joyeuse

      C’est vrai que le manque d’accompagnement revient souvent dans ces situations là…
      Je trouve aussi qu’Axelle a été très courageuse !
      Merci pour ton commentaire!! A bientôt 🙂

    • 3
      Axelle

      Merci beaucoup pour ce doux message. Oui il y a un réel manque de prise en charge et d’intérêt, je suis moi même auxiliaire et le comportement de certain professionnel m’a vraiment heurté

  2. 4
    Soa

    Le récit d’Axelle me renvoie vers la terreur de mes premiers pas de maman ! Suite à une complication à l’accouchement, mon fils a eux des difficultés qui ont des répercussions jusqu’à aujourd’hui (il a 11 ans). Les premiers pas étaient douloureux car j’étais maman pour la première fois et mes méconnaissances rajoutaient à mes angoisses. Bravo à Axelle et à son conjoint qui a su être là ! Je leur souhaite le meilleur.

    • 5
      Enfance Joyeuse

      Merci pour ton commentaire bienveillant ! Je te souhaite plein de bonheur à toi aussi pour la suite. Ca n’a pas du être évident pour toi non plus..

    • 6
      Axelle

      Merci A toi Soa pour ce message. Ces mésaventure marque une vie, notre vie. Ça aura des retentissement encore longtemps je pense comme pour toi …

  3. 7
    Maman Chamboule Tout

    Quel témoignage touchant… j’ai eu la chance que tout se passe bien à la naissance de mon fils mais je trouve que les familles pour lesquelles ça ne se passe forcément bien ne sont pas assez bien accompagnées. L’accompagnement médical est une chose importante bien entendu mais l’accompagnement psychologique devrait suivre !

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