Ces préjugés sur mon corps qui m’ont presque fait abandonner l’idée de devenir maman. #

Bonjour à tous ! Je suis ravie de vous retrouver aujourd’hui pour ce nouveau portrait de maman ! C’est Jessica qui prend la parole en ce dimanche. Elle nous raconte sa douloureuse épreuve pour devenir maman. Etant en surpoids, elle a subi les préjugés et jugements de l’équipe médicale qui se devait de l’aider à réaliser son projet de devenir mère. Je vous laisse découvrir ce magnifique témoignage plein d’espoir et de force ! 

préjugés pour devenir maman

Je me présente, je m’appelle Jessica, j’ai 33 ans et mon chéri se prénomme Jeremie et a 38 ans. Cela fait 12 ans que nous sommes ensemble.
J’ai toujours eu ce désir d’avoir des enfants, moi-même étant fille unique, mon souhait était d’avoir une famille nombreuse jeune. Sauf que j’ai choisi des études longues et mon conjoint m’a soutenu dans ma démarche pour ne pas avoir de regrets plus tard.

Une fois les études terminées, nous étions dans la réflexion d’avoir un enfant pour 2010 après 4 ans de vie commune. Malheureusement cette année mon père est tombé gravement malade et les priorités ont changées. Ce fut un électrochoc et c’est ainsi que j’ai décidé de perdre du poids car j’avais une forte obésité.

Chose faite. J’ai eu un parcours atypique. J’ai perdue 60kg au total, je suis passée par la chirurgie réparatrice et j’ai fais beaucoup de sport. Je me suis consacrée à mon activité dans la production d’événements.

Les années sont passées.

Nous voilà en 2015, 30 ans. J’ai une prise de conscience : j’ai mis m’a vie privée de côté pour mes projets professionnels. Mon chéri, d’un éternel soutien a toujours accepté mes choix et m’a soutenu. C’est ainsi qu’on décide de mettre la machine en route. Même si je n’avais aucune contraception, pas de grossesse en vue.

Je vais voir ma gynécologue qui me dit que c’est trop tôt pour des examens meme si j’ai des doutes. J’arrive à obtenir un examen peu glamour et mon conjoint aussi. Moi très pudique, il m’a fallu 6 mois pour aller le faire. Résultat : rien de bien alarmant alors on me dit d’être patiente. Sans plus.

Je décide de prendre rendez-vous avec un spécialiste que l’on m’a fortement recommandé. Pour pouvoir le voir il faut passer par son équipe… Un nouveau combat. Trois mois d’attente pour me donner des examens à faire avec trois mois d’attente entre mes cycles et leurs disponibilités. Idem pour mon conjoint qui décide de jouer le jeu aussi afin d’avoir le cœur tranquille.

J’ai eu droit à la gentille réflexion comme quoi j’ai un surpoids non conventionnel et donc forcément une infertilité ! Comment vous dire… 
En ayant aucune contraception pendant des années, j’avoue avoir trouvé anormal de ne jamais être tombée enceinte… A moins que je ne sois pas super forte en calcul.

Nous allons d’échecs en déceptions. Mon entourage a des enfants. Même ceux qui n’en voulaient pas, se retrouvent à devenir parents. Et nous non.
L’équipe nous adresse des nouveaux examens à faire à 15 jours du deuxième rendez-vous pour les analyses des résultats. Bien évidement aucune disponibilité et une attente de quatre mois supplémentaires. Autant vous dire que j’ai perdu mon calme… Pour moi le temps était précieux… 

Autour de moi, j’avais la simple impression d’être entourée de femmes enceintes et d’être la seule à ne pas pouvoir réaliser ce désir si profond. Je ne pouvais plus supporter de croiser une femme enceinte.

 On nous reçoit enfin en consultation. Le premier commentaire est :  « mais vous êtes encore grosse? Vous n’avez pas perdue les 25kgs? » Puis elle me dit : « je ne commence pas le protocole si vous ne perdez pas de poids… les gens comme vous sont infertiles !!! »

Je vous passe de commentaire ma réaction et la belle douche froide à laquelle elle a eu droit. 

Nous nous en allons avec une obligation de voir un psychiatre « qui devra valider notre état psychiques pour savoir si nous sommes capables de devenir des parents ». Je cite…

Nous abandonnons l’idée de revoir cette dame qui nous redonne rendez-vous quatre mois après (avec l’obligation de rencontrer leur spécialiste en obésité et la condition de perdre du poids dans les 5 mois qui suivent le prochain entretien). J’ai déjà horreur du jugement mais alors qu’on me dise ce que je dois faire et les conditions… C’était peine perdue ! 

Nous allons voir ce fameux psychiatre qui enregistre la séance dans laquelle je détruis cette fameuse gynécologue et l’équipe du service qui n’est composée que de préjugés.

Nous faisons un dernier examen et avons décidé d’abandonner totalement tout suivi avec cette équipe et surtout l’idée d’avoir un enfant.
Je ne savais pas encore que c’était cette semaine que j’allais avoir la plus belle fusion de nos cellules qui nous donnera un bébé neuf mois plus tard.

Conclusion : nous n’avons pas eu besoin de traitement. Cette équipe bourrée de critiques et préjugés m’ont permis d’oublier ce désir d’enfant et grâce à eux je me suis énervée, concentrée sur autre chose. Et notre bébé s’est installé tout seul. Je pense que le côté psychologique joue beaucoup sur notre désir et le lâcher prise a été notre remède.

Ne croyez plus à toutes ces attaques et préjugés que vous soyez petits, gros, maigres… On a tous le droit à ce bonheur. La normalité et la perfection n’existent pas. C’est en étant imparfaits que nous sommes parfaits! 

Je remercie Jessica pour ce portrait rempli de courage, de bienveillance et d’espoir ! J’ai déjà reçu plusieurs témoignages de mamans qui, elles aussi, n’ont pas un parcours facile pour devenir mères. Je tenais donc à mettre en avant le fait que vous n’êtes pas seule. N’hésitez pas à en parler. A plusieurs, on est plus forts.

Et vous ? Avez vous rencontré, vous aussi, des préjugés de la part de l’équipe médicale qui vous a accompagné avant ou durant votre grossesse ?

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Ces préjugés sur mon corps, de la part de l'équipe médicale qui me suivait, qui m'ont presque fait abandonner l'idée de devenir maman.

10 Commentaires

Ajoutez les vôtres
  1. 3
    Melle Blanche

    Mon gynéco est très à cheval sur le poids et le tabac. Autant je ne fume pas mais j’avais une belle couche de gras sur le ventre à l’annonce de la grossesse (taille 40 et un poids de fin de grossesse selon lui : 64 kg). J’ai passé 9 mois à stresser avec ce foutu poids, et à chaque RDV écho endovaginale « car avec autant de gras on ne pas pas voir sinon ». Merci !
    Bien sûr j’ai dépassé les 8 kg max autorisés à prendre dans mon cas. Une « inconcience » pointée du doigt sans ménagement.

    • 4
      Enfance Joyeuse

      Merci pour ton partage d’expérience ! Je n’en reviens pas à la lecture de tes mots ! C’est incroyable que des professionnels de santé puissent être si virulents dans leurs mots… Les mots créent des maux bon sang !
      J’imagine que ça n’a pas du être facile à gérer tout au long de la grossesse…
      A bientôt et merci encore pour ce partage !

  2. 5
    Maman Chamboule Tout

    C’est un beau portrait ! Malheureusement ce n’est pas la première fois que je lis des témoignages de femmes en surpoids ayant souffert de discrimination et de jugement hâtif de la part du corps médical et je trouve cela intolérable.

  3. 9
    WorkingMutti

    J’ai vécu exactement la même chose que toi. Des difficultés de conception attribuées à ma forte obésité. On me disait juste de perdre du poids sans tenir compte du fait que je prends des médicaments qui font grossir et que j’ai des années de troubles du comportement alimentaire derrière moi. Refus de prise en charge tant que je n’aurais pas perdu 30 kilos.

    On me disait que mon infertilité venait de mon poids et puis c’est tout. Et puis un jour je suis tombée sur ce fabuleux médecin parisien spécialisé en PMA. Pour la première fois, il m’a fait faire des examens. Il m’a dit que ce serait mieux que je perde du poids, mais il ne m’a jamais pesée ! Et je ne souffrais pas du tout d’une infertilité due à mon poids, mon problème était tout autre ! Sauf qu’aucun autre médecin n’avait cherché plus loin que le bout de son nez.

    Nous avons commencé les traitements. Je suis tombée enceinte de mon fils au premier essai, avec juste 5 jours d’injections à doses minimales. Gardez courage, la grossophobie est partout. Et pour cause, c’est une des discriminations les plus acceptées …

    • 10
      Enfance Joyeuse

      Merci beaucoup pour ton témoignage ! Lire ton commentaire me touche autant que le portrait de Jessica… Je ne comprends pas qu’on puisse faire des raccourcis si intolérables ! Heureusement que tu as croisé le chemin de ce médecin…
      Il faut « garder courage », je crois que tu as bien trouvé les mots… Merci encore pour ton retour !!!

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