Accueillir les périodes sensibles de son enfant.

Bonjour à tous ! Comment allez-vous ? Hier, alors que je regardais un enfant jouer, j’ai pu observer qu’il désirait être en mouvement. Il avait envie de faire des expériences motrices et transformait son environnement de manière à répondre à ce besoin. Je me suis donc penchée sur la question de l’aménagement de son espace de manière à ce qu’il puisse trouver dans son quotidien des stimulations répondant à son besoin à ce moment là. Directement, j’ai fait le lien avec les « périodes sensibles » dont parlait Maria Montessori… Et j’ai eu envie de partager cela avec vous ! ↓

périodes sensibles

Qu’est ce que ça veut dire : les périodes sensibles ?

Maria Montessori avait observé que l’enfant est attiré, en fonction des périodes de sa vie, vers tel ou tel aspect de son environnement. Il a ce qu’on pourrait appeler des « prédispositions internes » qui le poussent à s’intéresser à certaines choses plutôt qu’à d’autres. C’est comme si c’était écrit en lui. Comme s’il était régi par son propre guide intérieur.

De ce fait, tel aspect de son environnement lui est important à telle étape de sa vie. Pour revenir à l’exemple présenté, l’enfant que j’observais, Paul, était très attiré par les tables de dessin sur lesquelles il avait envie de grimper. Il était donc attiré par l’objet en lui-même, la table, plutôt que par les feuilles de dessin posées dessus. Dans son développement à lui, là où il en était, c’était plus du moteur que de la motricité fine et créative dont il avait besoin.

L’enfant va donc faire ses choix en fonction de là où il en est de son développement. De ce qu’il a besoin d’apprendre pour grandir. Ses choix, ses intérêts sont vitaux pour lui. Paul, par exemple, avait besoin de grimper, d’escalader, de se mouvoir. C’était un besoin irrépressible. C’était plus fort que la proposition de dessiner qui ne suscitait pas d’intérêt chez lui.

Du fait que c’est son choix et que cela vient de lui, l’enfant prend plaisir à apprendre. Il apprend avec le sourire car c’est son besoin à ce moment là. Il n’est pas soumis à des règles mais à son libre arbitre. Par exemple, à l’école, tous les enfants apprennent telle règle de mathématique à telle période du programme. Pour Maria Montessori, cela était une aberrance éducative du fait que tous les enfants ne sont pas intéressés par les mêmes aspects au même moment.

Maria Montessori avait également observé que ces « périodes sensibles » sont transitoires. Une fois que l’enfant a acquis ce qu’il devait apprendre, avec plaisir, en fonction de ce que son être lui guidait, il passe à autre chose. Notre rôle d’adulte est donc primordial. Il nous revient de proposer à l’enfant un environnement qui répond à son besoin. Par exemple, un bébé a besoin de trouver certains éléments dans son environnement pour expérimenter ses sens. L’enfant a besoin de rencontrer des stimulations adaptées sinon, il en « souffre ». Ainsi, on pourra voir apparaitre ce qu’on appelle des « caprices » avec nos yeux d’adultes. Par exemple, si j’avais demandé à Paul de s’assoir pour dessiner car c’était ma demande, ma consigne et que je l’y avais contraint alors qu’il souhaitait expérimenter avec son corps, j’aurais surement obtenu un refus catégorique de sa part. Il était en réel travail psychique et moteur alors qu’il escaladait la table. Cet acte, j’aurais pu le qualifier « d’inutile » selon mes yeux d’adulte mais pour lui, c’était primordial à ce moment là de sa vie.

Vous l’aurez donc compris, notre rôle d’adulte est précieux dans ces « périodes sensibles ». Il nous revient d’observer l’enfant pour lui proposer un environnement qui répond à son besoin. Ainsi, la prochaine fois que je rencontrerai Paul, je lui proposerai plutôt un environnement moteur à un atelier sur table. Je continuerai de l’observer afin de changer cette proposition dès que j’aurai vu qu’il sera passé à autre chose.

Mais alors, il n’y a pas d’âge type ? De règles immuables en terme de développement de l’enfant ?

Et bien non ! Nous avons des données types. Par exemple, un enfant apprend à marcher entre 10 et 15 mois. Il y en a certains qui apprendront plus « tôt » ou « tard » que d’autres. En revanche, ça ne veut pas dire que tel enfant est « en avance » ou « en retard ».

Comme l’expliquait Maria Montessori, il s’agit juste du fait que l’enfant a le désir ou non d’apprendre à marcher. Bien évidemment, cela viendra. Mais chaque enfant a ses propres règles, ses propres guides. Ainsi, il nous revient d’être patients. Parfois, le désir de l’enfant n’est pas encore là. Il faut alors apprendre à faire confiance à son enfant.

Quelles sont les périodes sensibles ?

Comme vous l’aurez compris, Maria Montessori a observé que les enfants étaient attirés par tel ou tel aspect de leur environnement en fonction de là où ils en sont intérieurement. Elle a définit 6 grandes périodes sensibles pour les jeunes enfants. Ces derniers vont s’intéresser à une première pour la délaisser avant de passer à une autre puis y revenir. Les choses ne sont pas figées.

  • La période sensible de l’ordre présente de la naissance aux 6 ans de l’enfant.

L’enfant, durant sa prime enfance, a besoin de sécurité interne. C’est d’ailleurs pour cela qu’il a besoin de routines, de repères. Il a également besoin d’ordre dans son environnement. Ces deux données lui permettent de s’épanouir sereinement, de structurer ses expériences.

  • La période sensible du mouvement de la naissance aux 5/6 ans de l’enfant.

Comme vous l’aurez certainement remarqué, votre enfant a besoin de découvrir le monde qui l’entoure. Il a donc besoin d’un environnement qui répond à sa soif de découverte. Cela lui permet de partir à la rencontre de l’autre, du Monde mais aussi de lui-même. En s’expérimentant, il prend conscience de ses limites et de ses capacités.

  • La période sensible du langage de la naissance aux 7 ans de l’enfant.

Apprendre à parler est un apprentissage qui demande du temps. C’est long. Il se passe des années entre les premiers balbutiements et le langage oral fluide. L’enfant apprend au contact des adultes. Il absorbe la langue (ou les langues) qu’il entend quotidiennement. Je ne sais pas si vous le saviez, mais cela ne lui demande pas d’efforts contrairement à nous adultes. Il nous est difficile d’apprendre une nouvelle langue. L’enfant, lui, le fait de manière naturelle.

  • La période sensible du raffinement sensoriel jusqu’aux 6 ans de l’enfant.

Dès sa naissance, l’enfant découvre le monde par ses sens. Il les affine, les stimule, les développe. Plus il a l’opportunité de les exercer, plus il aura une perception du monde riche.

  • La période sensible des petits objets de la première année aux 7 ans de l’enfant.

Ne me dites pas que vous n’avez jamais observé votre enfant, allongé sur le sol, en train de toucher du doigt un minuscule bout de papier posé au sol ? Je suis certaine que c’est arrivé ! Les enfants sont attirés par les choses minuscules. Il est donc important qu’ils puissent avoir des expériences leur permettant de répondre à ce besoin (même si ça nous est plus difficile pour nous, adultes).

  • La période sensible de la vie sociale de la grossesse aux 6 ans.

L’enfant va découvrir le monde grâce à ses interactions avec autrui. L’enfant a besoin, est dépendant, de l’Autre pour grandir. Et il en a aussi besoin pour s’affirmer en tant qu’individu à part entière 😉

Voici donc les différentes périodes sensibles que Maria Montessori avait catégorisé de son vivant pour les jeunes enfants. Comme vous l’aurez compris, ces périodes ne sont pas figées : elles viennent, repartent, reviennent. En revanche, ce qui est certain, c’est que tous les enfants en feront l’expérience mais à des moments différents de leurs vies respectives. En les respectant, on respecte le développement intérieur de son enfant.

J’ai défini ce concept, ce qu’il implique au quotidien et la manière d’accompagner son enfant dans chacune de ses périodes sensibles dans ma formation en ligne sur la pédagogie Montessori. Grâce à ce lien, vous pouvez en bénéficier à un prix réduit de 50%. Vous y découvrirez tous les fondamentaux de cette pédagogie pour les enfants de 0 à 3 ans de manière à vous en inspirer au quotidien.

Et vous ? Avez-vous observé des périodes sensibles chez votre enfant ? Comment arrivez-vous à répondre à son besoin ? Venez partager votre expérience en commentaires 😀

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Qu'est ce que sont les périodes sensibles de l'enfant ? Et comment les accompagner ?

8 Commentaires

Ajoutez les vôtres
  1. 1
    Maman Chamboule Tout

    Comme tu le sais déjà, j’ai aussi appris, et je continue d’ailleurs, à repérer ces périodes et en ce moment on est en plein dans l’acquisition de l’équilibre et du saut ! Alors j’essais d’offrir à mon fils la possibilité de s’entrainer à sauter et à se tenir en équilibre sans l’aider et bien entendu sans se mettre en danger ! Je n’avance pas assez vite à mon goût dans ta formation Montessori mais je peux déjà te dire que j’aime beaucoup ! Ta façon d’expliquer est très clair, on sent que tu aimes partager tes connaissances, et le découpage en petites séquences est juste génial !

    • 2
      Enfance Joyeuse

      Merci beaucoup pour ce retour positif qui me va droit au coeur !
      C’est super que tu accompagnes ton fils ainsi du fait de ce que tu as pu observer de lui ! 🙂
      A bientôt,
      Charlotte.

  2. 3
    3 kleine grenouilles

    A propos du langage, c’est impressionnant de voir à quel point c’est spontané et facile chez de petits enfants. Mes enfants sont bilingues franco-allemands et vont (est allé pour le plus grand) dans une crèche avec une troisième langue. Cette langue a été très rapidement assimilée alors que nous, parents, ne la parlons même pas.
    Ton passage sur les petits objets m’a fait rire car ma petite a actuellement une passion pour les miettes. Elle les ramasse, les observe, les repose, les reprend et parfois les mange. D’ailleurs, elle râle quand on passe le balai. Mais, pas de souci, dès le prochain repas, elle retrouve son terrain de jeux préféré. 😉

    • 4
      Enfance Joyeuse

      Oui c’est dingue comme l’acquisition d’une langue peut se faire de manière naturelle chez les enfants (contrairement à nous :p)
      Haha ! Les petits objets ! Ça marche avec les miettes aussi, c’est vrai 😉
      Merci pour ton commentaire et à bientôt !!!

  3. 7
    queenofthetribu

    Très intéressant cet article 🙂 J’essaye aussi de faire attention à leurs périodes de sensibilité, pour ne pas les brusquer le moment venu. Autant j’étais assez rigide avec les filles, autant avec les 2 garçons, je prends plus le temps de voir, tester, évaluer…. l’âge sûrement !

    • 8
      Enfance Joyeuse

      Ravie qu’il t’ait plu ! 😀
      Peut être l’âge ou bien l’expérience ? 😉
      Merci pour ton commentaire & à bientôt !
      Charlotte.

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