Mon bébé est né prématuré. #

On ne peut jamais savoir avec certitude comment se dérouleront notre accouchement et la naissance de notre enfant. On s’imagine, on se projette. Mais tout peut basculer soudainement. Aujourd’hui, je partage avec vous l’histoire touchante de cette famille qui a accueilli plus tôt que prévu sa cadette. Un portrait sur la prématurité. Tellement de bébés naissent avant terme et si peu de témoignages à ce sujet. Je suis donc ravie de laisser la parole à cette courageuse maman ! ↓

bébé prématuré

Je viens de vivre 1 mois d’hospitalisation avec une rupture de la poche des eaux à 32 semaines. J’ai vécu un accouchement en urgence à 36 semaines. On a évité la grande prématurité mais mon bébé est passé par la néonatalogie. Entre cette fameuse 32ème semaine et le jour de la naissance de ma fille, j’ai cherché des témoignages de mamans qui auraient pu vivre ce genre de situation. J’ai eu la chance de rencontrer une personne de l’association « SOS PREMA ». Sinon, je n’ai trouvé que peu de retours. Je trouve qu’on ne parle pas assez de la prématurité et pourtant… Le service où était ma fille ne désemplissait pas ! C’est pourquoi j’ai eu envie de partager mon expérience avec vous.

Je me suis sentie tellement seule durant mon hospitalisation. J’étais très en colère. Je ne m’y étais pas préparée. Même aux cours de préparation à l’accouchement, personne ne m’en avait parlé. De ce fait, quand ça arrive, c’est très brutal.

Pour revenir sur les faits, voici ce que nous avons vécus. Entre la 31ème et la 32ème semaines, j’ai eu énormément de contractions. Je me suis rendue trois fois aux urgences. J’avais un col très long donc à chaque fois… ils me disaient de repartir chez moi !

Le 5 novembre, en sortant de mon bain, on remarque avec mon conjoint que je perds un peu de sang. Je décide, une nouvelle fois, de retourner aux urgences. En arrivant sur les lieux, je perdais beaucoup de sang. Ils ont décidé de me garder. A 3 heures du matin, j’ai rompu la poche des eaux. Mon monde s’est écroulé.

Lorsqu’on rompt avant 37 semaines, on essaye de maintenir la grossesse. J’ai donc eu deux injections de corticoïdes pour faire maturer les poumons de mon bébé. J’ai également été placée sous antibiotiques car le risque principal était l’infection.

J’ai dû rester à l’hôpital. Je l’ai très mal vécu car j’ai été séparée de mon ainée de 6 ans. Elle ne pouvait pas venir me voir tous les jours. J’étais dans le service maternité. Il y avait partout autour de moi des bébés qui pleuraient. Le personnel n’était pas vraiment formé aux hospitalisations longues. Ça a vraiment été difficile pour moi. J’ai été privée de toute liberté. Et puis, j’avais droit au monitoring 3 fois par jour.

Il faut savoir que le liquide amniotique se renouvelle tout seul. J’en perdais beaucoup chaque jour mais mon bébé en avait suffisamment.

Je me rappelle d’un joli souvenir pendant mon hospitalisation. La journée de la prématurité avait lieu le 17 novembre. A cette occasion, il y avait une exposition photos dans les couloirs de l’hôpital. Mon conjoint m’y a descendu. Et là, j’ai rencontré une maman, membre de l’association SOS Préma. Nous avons beaucoup parlé. Je suis restée en contact avec elle. Elle est venue nous voir une fois quand Léontine est née.

Le 26 novembre, lorsque je me suis couchée, tout allait bien. Le 27, à 1heure30 du matin, je me suis réveillée avec d’atroces douleurs. J’avais de la température. J’avais froid. Très froid. Je tremblais. J’ai appelé la sage femme de garde. Elle m’a dit de prendre une douche et un spasfon. J’avais tellement froid que j’ai laissé couler l’eau chaude sur moi. Je soufflais. J’avais terriblement mal. J’avais des contractions, rapides et vives. Puis, je suis enfin arrivée à sortir de la douche. Je devais prévenir mon conjoint. J’ai ensuite compté mes contractions : j’en avais toutes les trois minutes. J’ai donc rappelé la sage femme. Elle m’a encore dit de patienter. J’ai attendu encore 20 minutes avant de la rappeler à nouveau. Je criais de douleur. J’avais froid, je claquais des dents. Elle m’a alors posé un monitoring. Vers 3H30, deux sages femmes ont décidé qu’il fallait me descendre en salle de naissance. Pour moi, tout était flou. On m’a alors emmené en salle de naissance. Je sentais l’agitation autour de moi mais personne ne me parlait. Ou alors je n’entendais pas. Mon chéri est enfin arrivé. J’avais tellement besoin de lui ! J’ai craqué : « je n’y arriverais pas. J’ai trop mal! ». On m’a perfusé mais quelques minutes plus tard, la gynécologue est arrivée et nous a dit : « Césarienne ! Le coeur du bébé bat beaucoup trop vite. Vous n’êtes pas bien. ». J’avais tellement de mal à respirer. J’ai lu dans les yeux de mon conjoint, la peur. De là, tout s’est accéléré. On m’a amené au bloc. On m’a positionné sur la table et vite endormie. Je me rappelle de l’anesthésiste qui m’a dit : « On vous endort. Il faut aller vite Madame. » Avant d’être endormie, je me rappelle de plusieurs choses. Je me rappelle avoir pleuré. Avoir eu peur. M’être demandé ou était mon mari. M’être demandé si j’allais vivre. Si elle allait vivre. Et puis, avoir pensé : « elle sera bien avec son papa ».

A mon réveil, mon conjoint est à mes côtés. Léontine est en peau à peau avec lui. Nous allons tous bien. Et c’est tout ce qui compte !

Nous avons eu de la chance, la césarienne a été faite à temps. Notre Léontine a été assez costaud malgré son petit poids pour éviter la sonde qui aurait pu l’aider à respirer. Nous avons, de là, passé huit jours en néonatalogie. Ma fille était branchée à un Scop pour la surveiller. Elle était sur un matelas chauffant qui permettait de la réchauffer. Elle avait également beaucoup plus de surveillance qu’un bébé né à terme.

Du fait qu’elle était autonome pour respirer, nous avons eu le droit d’aller en unité kangourou. Elle était donc dans une chambre avec moi. C’est un service rattaché à la néonatalogie, avec tout le personnel qui va avec. Le papa a également eu le droit de rester dormir avec nous. Ça nous a sauvé car les trois premiers jours de vie de Léontine, j’ai été terrassée par une fièvre du fait de l’infection. C’est donc son papa qui s’est occupé d’elle avec les puéricultrices. Sa grande soeur a eu un plus de mal avec tout ça. Elle était obligée de porter un masque pour la voir. Les derniers jours où elle nous a rendu visite, elle pleurait. C’était injuste pour elle de porter ce masque.

Dans l’hôpital où j’étais, les autres parents qui n’ont pas la chance de pouvoir aller en unité kangourou, devaient rester en néonatalogie. Ils avaient le droit d’aller avec leur bébé quand ils le souhaitaient. Il y avait même des canapés et des lits dans les chambres.

Et puis, enfin, nous avons pu rentrer chez nous. Bizarrement, le retour n’a pas été facile pour moi. Ma grande ne m’avait pas eu à la maison pendant un mois. Forcément, elle a pris de mauvaises habitudes. Et, inconsciemment, elle a voulu me faire payer mon absence. En plus de cela, j’ai été assistée pendant 1 mois. Je ne pouvais rien faire seule. J’avais envie de tout faire mais mon corps avait ses limites. Et puis, il y avait le contre coup de toute cette histoire.

Avec le recul, je n’ai l’impression de n’avoir été enceinte que 7 mois. Le huitième mois s’est déroulé dans une petite chambre d’hôpital. C’est difficile de regarder son bébé et de se dire qu’elle devait encore être dans son ventre.

En parallèle de tout cela, en néonatalogie, on nous a mis une énorme pression sur le fait que Léontine était très fragile. Elle ne doit surtout pas tomber malade. Du coup, nous n’osons pas sortir. Je ne veux pas qu’elle soit prise dans les bras. Je mets la pression à ma grande pour qu’elle se désinfecte les mains en permanence.

Au final, je sais que nous avons été chanceux. Beaucoup de bébés arrivent bien plus tôt. Malgré ses 2,240 kilos, elle est à la maison et en bonne santé !

La prématurité, c’est une aventure qui bouleverse toute la famille. J’espère que mon témoignage pourra aider d’autres familles qui traverseront la même chose et qui se poseront certainement beaucoup de questions.

J’espère que le portrait de cette maman pourra permettre aux futures mamans qui passeront par là d’en apprendre d’avantage sur la prématurité. Ce n’est pas une épreuve facile mais il faut toujours y croire. Vos bébés sont forts. Vous êtes forts aussi.

Si vous souhaitez également partager votre histoire sur la prématurité de votre enfant, n’hésitez pas. Je la partagerai avec grand plaisir avec le reste de la communauté de mamans. Il est tellement difficile d’être confronté à cette épreuve qu’à nous tous, en échangeant sur nos vécus, on serait plus forts.

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Mon bébé est né prématuré, voici notre histoire.

12 Commentaires

Ajoutez les vôtres
    • 4
      Enfance Joyeuse

      Nous sommes ravies que ce portrait vous touche et vous parle. Tellement de familles sont confrontées à la prématurité et on en parle que trop peu.
      Repose toi bien, que ton bébé reste encore au chaud un petit peu 🙂
      Merci à toi pour ton commentaire !!
      A bientôt;
      Charlotte.

  1. 5
    une mummy

    C’est un témoignage très poignant! La prématurité est quelque chose qui m’a toujours fait peur et j’aurais pu connaître ce genre de scénario avec mes contractions trop fréquentes dès 25 semaines, qui modifiaient déjà le col à 30! Un bébé en soi est un miracle, une naissance à terme est une chance de plus. Merci pour ce récit bouleversant.

    • 8
      Enfance Joyeuse

      Ça a du être une belle expérience d’étudier en néonatalogie et de dédier ton travail de mémoire sur la prématurité.
      Merci à toi pour ce commentaire,
      A bientôt,
      Charlotte.

    • 10
      Enfance Joyeuse

      Merci beaucoup à toi pour ce gentil commentaire.
      Je suis d’accord sur le fait qu’on ne parle que trop peu de la prématurité… alors que de nombreuses familles y sont confrontées !
      A bientôt,
      Charlotte.

  2. 11
    Enfrin

    Je viens de lire ce témoignage. Je me suis complètement retrouvée dans cet article en ayant accouché à 34 semaines. Et bizarrement ma fille s’appelle aussi Léontine. Comme quoi …

    • 12
      Enfance Joyeuse

      C’est vraiment incroyable que votre fille s’appelle de la même manière ! En tous cas, je suis ravie que vous vous soyez retrouvée dans ce portrait. J’imagine que ça n’a pas du être évident pour vous… Sachez que vous n’êtes pas seule à être passée par là…
      Merci pour votre témoignage,
      Charlotte.

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