Le plus beau chapitre de ma vie, mon combat pour devenir maman. #

Bonjour à tous ! Aujourd’hui, c’est Virginie qui nous raconte son parcours de PMA teinté de craintes, de peurs, d’espoirs, de jargon médical… Et d’amour ! Surtout d’amour. Elle revient sur toutes les difficultés qu’elle a rencontré, avec son conjoint, pour fonder enfin cette famille qu’elle désirait tant. Pour un jour, enfin, tenir dans ses bras ses jumeaux. Ses miracles. ↓ 

Virginie, ses jumeaux miracles et son combat pour devenir maman.

« Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Ou pas. La vie n’est pas un conte de fées comme on aurait aimé le croire. Même si j’ai grandi entouré de ces princesses, de marraine la bonne fée, de ces rêves qui se réalisent, de ces combats gagnés contre le mal, moi, ma vie n’est pas un conte de fées… du moins, elle a mis du temps à le devenir ! Connaissez-vous la peine d’une femme qui rêve d’être mère ? Pour ce qui devrait être naturel, devienne réel ?

Je m’appelle Virginie, j’ai 28 ans. J’ai rencontré l’homme de ma vie il y a maintenant dix ans et on a célébré notre amour par notre mariage il y a deux ans. Je suis infirmière dans une maison de retraite, m’occuper des autres a toujours été une évidence pour moi. Les personnes âgées sont pleines de bon sens et nous enseignent les éléments les plus essentiels dans la vie : la sagesse et la famille. Famille, que je n’arrivais pas moi-même à créer. Je la rêvais simplement, depuis un moment. J’avais toujours voulue être mère. Depuis aussi loin que je m’en souvienne, je me suis sentie prête à fonder une famille, très jeune. Petite, je jouais à la maman avec mes poupées et mes barbies ; adolescente, je faisais du babysitting et je voulais travailler auprès des enfants. Je regardais les familles dans les séries américaines comme “Sept à la maison” ou “une famille formidable” en imaginant ma future vie de famille. Je ne voulais pas forcement avoir une grande famille, mais avoir la mienne. Et par-dessus tout, être mère. Je n’avais jamais caché à qui que ce soit que je voulais être une jeune maman, pour ne pas avoir trop de différence d’âge et pouvoir partager plus de choses avec mes enfants. J’avais toujours crié haut et fort qu’avant vingt-cinq ans, un petit bout de chou aurait pointé son nez dans ma vie. Sauf que la vie ne se passe pas forcément comme on l’a prévu.

Avec mon futur mari, avant de décider d’avoir un enfant, nous voulions avoir une stabilité familiale, professionnelle et donc financière. Il n’était pas envisageable pour moi, malgré mon désir d’avoir un enfant, de nous lancer, alors que toutes les conditions matérielles n’étaient pas réunies. Donc, c’est une fois que notre vie fut stable, après six ans de relation et, du haut de mes vingt-trois printemps que nous avons lancé la machine. On pensait cela facile : décider de faire un enfant, arrêter de prendre la pilule, puis quelques mois plus tard s’apercevoir qu’on a du retard. Faire un test de grossesse, qui se révèle être positif. Voir son ventre s’arrondir, sentir la vie en soi et enfin, donner la vie. Pour beaucoup de couples, c’est aussi simple que cela de faire un enfant. Juste du bonheur et de l’amour. 

Et puis il y a eu nous. Nous, pour qui cette merveilleuse décision de devenir parents allait se transformer en un parcours du combattant, au jargon médicotechnique. Quand j’ai décidé d’arrêter la pilule, autour de moi, les grossesses florissaient. En un claquement de doigts, certaines tombaient enceinte comme on allait au marché. Et je me suis naïvement dis que pour nous, ça allait fonctionner pareil. Erreur. Après plusieurs mois d’essais infructueux, j’étais déçue et je ne comprenais pas pourquoi ça ne fonctionnait pas aussi facilement que pour les autres. Je me suis donc tournée vers mon gynécologue. Très serein, il me fit passer des examens et on se rendit compte que je n’ovulais pas spontanément certains mois. Rien de bien dramatique me direz-vous. Cela me mit quand même un petit coup au moral, mais positive de nature, je me suis vite remise sur pieds.

Effectivement, quelques piqûres dans le ventre, des prises de sang à certains moments du cycle et on pouvait planifier un câlin pour avoir notre bébé. Ce n’était pas la magie de l’amour, mais si cela fonctionnait, pourquoi pas ? Après quelques mois d’échecs, l’incompréhension était toujours aussi totale et la déception très présente. Le temps filait et je n’étais toujours pas enceinte ! Finalement, on fit passer des tests à mon conjoint, et il s’avéra qu’il avait une pathologie qui expliquait que je ne tombais pas enceinte. Pour faire simple, il n’avait pas beaucoup de spermatozoïdes, et ceux qu’il avait étaient fainéants et handicapés. Gros coup de massue pour tous les deux. Toujours très serein, ce même gynécologue nous dit que nous allions entrer dans le parcours de la PMA et tenter des inséminations artificielles. Même si j’étais infirmière, je ne connaissais rien de rien à la PMA et cet inconnu nous angoissa. Mais, on fit confiance à ce médecin et à la médecine en général et on recommença donc les piqûres dans le ventre, les prises de sang et à cela, on rajouta des échographies et un prélèvement de sperme pour mon conjoint le jour J. Cela commençait à occuper pas mal notre temps, notre énergie et nos pensées. On se laissait porter, comme spectateurs de notre propre vie, suivant à la lettre les consignes des médecins. Nous, nous avions besoin de la médecine, de la science en plus de l’amour. Mais si cela nous donner notre enfant tant espéré, pourquoi pas non ? 

Au bout de 5 inséminations négatives, avec à chaque fois, l’espoir qui dégringole de mille étages et la douleur de l’échec, on nous acheva en nous parlant de fécondation in vitro, FIV. 

J’avais beau être infirmière, tous ces dialogues, ces discours me dépassaient complètement. J’étais débutante, novice, complètement impuissante face à cet inconnu qui nous attendait. Cela nous faisait souffrir de devoir en arriver là. On dit toujours que cela arrive aux autres, jusqu’à ce que le malheur toque à notre porte. Et on n’est pas préparés à cela. On n’y croit pas vraiment. On se dit que pour nous les choses seront différentes, que pour nous cela va fonctionner du premier coup. Comme si nous étions différents de tous les autres. 

Tous ces gens nous parlaient en sigle : ICSI, LH et en jours de mon cycle menstruel. On a fini par compter comme eux, parler comme eux au bout d’un moment. Notre vie a fini par ne tourner plus qu’autour de ça. Autour de cette envie d’avoir un bébé. Impossible sans eux. Alors on s’est pliés à tout ce que l’on nous a dit de faire. Et notre vie a fini par se résumer qu’à la PMA. Parce que le parcours de FIV est tellement lourd, contraignant, difficile. Nous avons alors découvert l’attente interminable de mes règles, le début du traitement avec les piqûres dans le ventre tous les jours, à la même heure (les salles de bains de nos amis n’avaient plus aucun secret pour moi !) Les prises de sang matinales que je devais me faire moi-même les jours où je travaillais à 6h, suivi des rendez vous chez le gynécologue pour les échographies tous les 3 ou 4 jours. Courir dans les pharmacies parce que le protocole choisi ne fonctionnait pas, devoir commander des produits hors de prix et les attendre toujours et encore. On finit par se déshabiller dans la salle du gynécologue avant qu’il ne nous le dise, on finit par déchiffrer les résultats de la prise de sang avant même l’appel du centre de PMA. Puis, il y a l’attente du verdict si l’on déclenchait ou non l’ovulation, avec la joie mêlée à l’angoisse « Enfin ! Est-ce que ça va marcher ? »

Le passage de « l’autre côté » a été assez compliqué pour moi. Ce statut de patiente, ce rôle ne me correspondait pas, je ne le connaissais pas. Etre une patiente, dans les murs froids de l’hôpital, face à l’absence du personnel de santé à cause des restrictions diverses et variés, ce fut difficile. Le prélèvement de sperme pour mon mari, toujours un moment difficile pour lui. Pour moi, la ponction, sous anesthésie générale. Avec la douleur physique, d’avoir l’impression que mon utérus allait sortir de mon corps, et psychique « avais-je assez d’ovocytes ? Etaient-ils de bonne qualité ? Vont-ils pouvoir faire de beaux embryons ? ». Puis l’attente des 2 ou 3 jours de l’appel du laboratoire, savoir si les spermatozoïdes et les ovules ont pu se transformer en embryons. Et si oui, quand avait lieu le transfert. Au moment du transfert, la perte totale de pudeur et de dignité, les jambes écartées devant 4 paires d’yeux. La douleur de repartir « titiller » là où j’avais déjà été « charcuté ». L’implantation d’un ou deux embryons et de repartir avec l’impression d’avoir un ou deux bébés dans le ventre. Cette sensation est tellement particulière. On se dit qu’on est enceinte mais que ça peut ne pas tenir. Et donc s’en suis, l’attente. Interminable. Affreuse. 15 jours. Pour savoir si oui ou non, on allait avoir droit à notre « + » et au bonheur. Nous sommes passés par des moments d’espoir et des moments de doutes. De grosses crises de larmes, de déception, de colère, et il aura fallu plusieurs cycles de Fécondation In Vitro, des essais de transfert d’embryons congelés également, pour que finalement, au bout de 4 longues années, notre roue tourne enfin. 

Quand on a vu les résultats de la prise de sang, indiquant un taux positif, on n’y a pas cru. On a pleuré, beaucoup, de joie ! On n’y croyait pas. Enfin notre tour ! Enfin notre bonheur ! Mais c’était sans compter, que la PMA m’avait profondément changé et traumatisé. Les 3 premiers mois de la grossesse, je les ai passés à angoisser. Au moindre changement dans mon corps, la moindre douleur, je me demandais ce qu’il se passait. Si c’était normal. Si je ne faisais pas une fausse couche. Ou une grossesse extra-utérine. Ou n’importe quel problème qui finalement pouvait très bien m’arriver, car le malheur avait déjà frappé à notre porte plusieurs fois. Le jour de l’échographie, j’étais dans un stress abominable, je tremblais, je pleurais. J’avais tellement peur de ce qu’allait me dire le gynécologue. Peut être que le cœur ne battait pas après tout ? Et puis, non, le miracle continua. On entendit un premier cœur, et surprise, un deuxième ! La vie nous donnait deux miracles après tant d’années de galère ! Qui l’aurait imaginé ! Mais quel bonheur ! Comme c’était une grossesse gémellaire, post PMA, le suivi a été beaucoup plus intensif que pour une grossesse « simple ». J’ai été très malade, à beaucoup vomir, à passer des jours sans pouvoir manger. Mais j’étais enceinte, et finalement, tous les maux ne gâchaient pas ma joie. Ils nous ont fait signe distinctement le jour de notre anniversaire de mariage, le vrai contact qu’on a eu tous les 4, où on s’est vraiment rendu compte qu’ils étaient là. Qu’on allait être parents. Que ça allait enfin nous arriver. Jusqu’à mon rendez vous mensuel des 5 mois.

 La tête de mon gynécologue le jour de l’échographie m’inquiéta instantanément. Il fixait son échographe, reprenait les mesures, encore et encore. Pour finalement me dire que nous devions partir à l’hôpital. Mon col s’était raccourci et ouvert. Les bébés n’étaient pas « viables », il fallait faire quelque chose pour ne pas qu’ils sortent. Mon monde s’effondrait et moi avec. Inconsolable, paniquée complètement, je n’avais qu’une crainte : perdre les enfants. Nous avons été pris en charge très rapidement et après avoir fait une batterie de test et d’examens, ils posèrent le même diagnostic : je contractais et mon col s’ouvrait. Il fallait donc arrêter le travail. On m’a donné des médicaments pour stopper les contractions, mais le col était toujours ouvert et mon fils poussait dessus, trop pressé de sortir, alors qu’il n’était pas encore prêt pour vivre. On nous dit alors qu’il fallait procéder à une intervention chirurgicale, un cerclage. Qu’il y avait un risque de percer la poche des eaux et donc de perdre les bébés, mais que sans ça, j’allais accoucher trop tôt et donc ce n’était pas possible. Sous anesthésie générale, enceinte de 20 semaines, j’étais complètement terrorisée. La gynécologue pratiqua le cerclage, qui fonctionna, sans difficultés grâce au ciel. On pouvait recommencer à souffler, à se projeter.

On me dit que maintenant, je devais passer les prochaines semaines, alitée. Complètement. Entièrement. Lit/Canapé uniquement allongée. Pas de voiture. Pas de position assise sauf le temps de la douche. Pour les garder au chaud le plus longtemps possible. Voilà que depuis mon canapé, il fallait préparer leur chambre, faire les achats de puériculture, les habits etc… les journées étaient longues, seule sur mon canapé devant ma télé. Mais je voulais tellement les garder pour moi, le plus loin possible les amener, pour qu’ils soient en meilleure santé possible. Du coup, j’ai préparé la liste de naissance, j’ai fais mes achats par internet, et puis j’ai eu le temps d’immortaliser tous ces instants par les mots dans un carnet de bord. Pour ne jamais rien oublier. J’ai eu le temps de les imaginer, de leur parler, j’étais tellement impatiente de les rencontrer ! Et puis, arriver à la 32 SA, j’ai commencé à avoir des œdèmes. Etant infirmière, je savais que cela pouvait être normal, s’il n’y avait pas d’hypertension associé. Et lors d’une visite chez la sage femme, visite prévue depuis longtemps, juste pour faire des dossiers administratifs, elle a voulu m’ausculter. Bien heureusement ! J’avais donc mes poteaux à la place des jambes, et quand elle m’a pris la tension, j’étais hypertendue. Ni une, ni deux, elle a voulu une prise de sang, une analyse d’urines et un monitoring. Evidemment, j’avais des contractions mais comme depuis le début de cette grossesse finalement. Sauf que mes résultats n’étaient pas bons. Mon système rénal déconnait à fond, et j’avais des protéines dans les urines. Ils ont décidé de m’hospitaliser et ils souhaitaient le lendemain que l’on sorte le cerclage, pour pouvoir faire un accouchement naturel. Sauf que la nuit se passa très mal. 

J’ai continué à contracter, malgré leurs cachets, mon col s’est énormément raccourci et je me suis remplie d’eau : 4kg en 6h. Je n’allais plus aux toilettes faire pipi, et j’avais tout le temps soif. Dans la matinée, mes œdèmes étaient arrivés à mes cuisses, les gynécologues ont alors décidé que ça serait une césarienne en urgence. Ni une, ni deux, j’ai eu la douche à la Bétadine, le rasage, les bas de contention et on partait au bloc. J’avais tellement d’œdèmes que l’anesthésiste n’arrivait pas à me poser l’anesthésie rachidienne. Il a du me piquer à 6 reprises pour qu’enfin on puisse commencer. Heureusement mon mari a pu être présent. Toute l’équipe ce jour là a été adorable, mais mon état était tellement critique que je n’ai pas pu voir mes enfants à leur naissance.

Ils sont passés directement de mon ventre, aux bras d’un pédiatre puis à la néonat. D’entendre leurs petits cris me fit pleurer. De les entendre partir loin de moi, sans même les voir me fit fondre en larmes. J’avais l’impression que l’on venait de m’arracher mon cœur et que l’on partait avec loin de moi. Mon mari les a suivis évidemment et venait me donner des nouvelles. Ils allaient bien grâce au ciel, ils respiraient normalement. Finalement, en salle de réveil, l’obstétricien a fini par me dire que j’avais fais une pré-éclampsie et un sub-OAP. Quand il avait ouvert pour prendre les enfants, j’avais de l’eau partout, qui montait doucement vers mes poumons. Quelques heures de plus et cela aurait beaucoup plus critique. Le soir, en remontant dans la chambre, j’avais le cœur déchiré. J’étais clouée sur le lit, malade à cause de l’anesthésie, sondée, douloureuse, et vide. Je n’avais pas vu mes enfants, je ne pouvais pas aller les voir et ça me brisait complètement. Heureusement le service les avait pris en photo et me les avait imprimé, j’ai donc pu les voir comme cela le temps que mon mari revienne avec des photos sur son téléphone. Mais se fut difficile, douloureux. Comme si on me les avait arraché. J’ai pleuré beaucoup, de ne pas les avoir avec moi, de ne pas être avec eux. Comme si ces premiers instants de vie sans moi, allaient les marquer à jamais. J’avais peur que notre lien ne se créait pas, qu’ils se rendent compte que je les avais abandonnés. 

J’ai pu finalement aller les voir en néonatalogie le lendemain, quand la gynécologue m’a donné l’autorisation de me lever, une fois dé-sondée. La cicatrice me faisait extrêmement mal mais je voulais tellement les voir, tellement les toucher, tellement leur montrer que leur maman était là, que la volonté a pris le pas sur la douleur. Ils étaient si petits dans leur couveuse. Si fragiles. Et si beaux. Ils allaient bien, ils n’avaient pas eu besoin d’aide respiratoire, mais avaient une sonde naso-gastrique pour l’alimentation. Ils avaient la jaunisse évidemment, comme presque tous les bébés à leur naissance, mais je n’ai pas pu m’empêcher de me dire que s’ils étaient restés plus longtemps dans mon ventre, ils auraient pu éviter ces longues heures sous la lumière bleue. Heureusement, toute l’équipe était adorable. Elles répondaient à toutes nos questions, prenaient le temps nécessaire de nous soutenir moralement. Très vite, elles nous ont laissé donner les biberons comme je n’allaitais pas, et changer les couches. Elles ont senti que j’avais besoin de m’investir, que j’avais besoin de rappeler ma place auprès de mes enfants, que j’avais besoin de leur montrer que j’étais là. Malgré mon fauteuil roulant et cette cicatrice qui me faisait pleurer de douleur. Finalement, instinctivement, s’est installé un rituel : mon mari partait au travail le matin, pendant que j’allais les voir en néonat. Je passais la matinée avec eux, comme ça je pouvais leur donner les bibis, les changer, voir la pesée etc… généralement, un pédiatre venait également me voir tous les matins pour faire le point et me donner les dernières nouvelles. Je revenais dans ma chambre le midi pour manger et me reposer en début d’après midi. Et quand mon mari sortait du travail, nous repartions les voir jusqu’au soir, au coucher. Se fut un rythme intense pour mon mari qui rentrait dormir chez nous. Se fut difficile pour moi aussi, le soir, de les laisser chaque nuit dans ce service, alors que je ne rêvais que de les avoir avec moi. Mais mon état de santé était pas encore au top, donc ce n’était pas envisageable. 

Cela a duré 15 jours, jusqu’à ce que l’hôpital me dise que je devais libérer la chambre. Me voilà alors mise à la porte, me disant de rentrer chez moi, ma cicatrice de césarienne et mes larmes, loin de mes enfants. De quitter l’hôpital m’a encore plus fait mal au cœur, d’être éloignée d’eux. J’avais vraiment l’impression de les abandonner, seuls et sans défense. Alors j’ai continué la même routine, je ne voulais pas qu’ils se rendent compte de quoi que ce soit. Se fut fatiguant mais d’être avec eux suffisait à mon bonheur. Surtout en voyant leur progrès de jour en jour. Le passage aux 2kg, quelle fête ! La possibilité de leur faire le bain nous même, quelle émotion ! L’arrêt de la sonde naso-gastrique, quel cap ! L’arrêt de toutes ces machines qui étaient reliés à eux, quelle liberté !  Au bout de 3 semaines de vie pour eux, la pédiatre nous a dit que nous allions pouvoir les récupérer à la maison. Quel bonheur ! Quel soulagement ! Quelle joie intense, que j’en ai pleuré et fait pleuré les puéricultrices présentes. Nous avons pu bénéficier de la chambre parentale le temps d’un weekend pour nous familiariser avec certaines choses avant le retour définitif à la maison. Ce weekend fut comme suspendu dans le temps. Nous étions encore à l’hôpital, avec la possibilité d’appeler s’il y avait un problème, mais tous les 4, comme ça allait être à la maison. 

Finalement, le 3 décembre, moins d’un mois après leur naissance, nous avons quitté les murs de l’hôpital ! Nous sommes rentrés tous les 4, chez nous, et nous avons passé le mois entier de décembre tous ensembles ! Mon mari avait posé ses jours de paternité et une semaine de congés en suivant. Se fut un mois difficile car les premiers temps sont compliqués, mais tellement de bonheur. Il m’arrivait souvent de les regarder de me dire « ça y est, ils sont là. Ils vont biens. Je suis maman. Nous sommes enfin une famille ». Il m’arrivait de pleurer en les regardant et en me disant « c’est nous qui les avons fait ». Quel amour, quel bonheur, tous les sentiments mélangés. Alors oui, les premiers mois ont été réellement difficiles. Se lever toutes les 4h, au mieux quand ils étaient réglés ensemble ce qui n’était pas souvent le cas, donc toutes les heures au pire, ne pas forcément dormir la nuit plus de 2h consécutives, les pleurs en simultanés, les coliques, les reflux. On a tous appris à se connaitre, à se découvrir, à vivre ensemble et tout cela prend du temps. Rien n’est innée, ni notre rôle de parent, ni notre rôle de femme après une grossesse. Mais on a trouvé un rythme, même quand le papa a du reprendre le travail. Cette période fut compliquée également, car j’ai du gérer les nuits seule. Mon mari travaille au volant d’un camion toute la journée et il était hors de question qu’il s’y endorme dessus, alors tanpis pour mon sommeil. Je leur ai fais dons de mes nuits, pour que les leurs soient les plus belles. Finalement ce sont les premiers mois les plus durs, et puis le rythme se prend, ils commencent à faire « leur nuit » et on oublie.

Mon mari et moi avons toujours su que nous pourrions toujours compter l’un sur l’autre, nous avons toujours continué à nous battre même quand j’ai voulu tout abandonné. Nous avons su également prendre du temps pour nous, pour vivre, pour notre couple, sans que tout tourne autour de la PMA et de notre envie d’enfant. Nous avons voyagé, nous avons fait construire, nous nous sommes mariés, notre vie à continuer, nous n’avons pas mis de pause en attendant notre miracle. Et il a fini par arriver, quand la vie l’a décidé. Nous avons également beaucoup parlé, et nous avons trouvé des épaules sur lesquelles nous reposer quand vraiment cela devenait trop dur moralement comme physiquement. Surtout, quand on doit passer par la PMA pour avoir un enfant, il ne faut pas se renfermer sur soi, même si on aurait tendance à toutes le faire. On ne doit pas avoir honte, c’est la vie, mais un jour la roue tourne et le bonheur arrive. Il faut toujours y croire, toujours se battre, ne pas être passif et prendre les choses en main, ne pas subir et rappeler que nous sommes des êtres humains. Et vivre. Car quand nos miracles arrivent, la vie change complètement et il faut être prêt.  Incontestablement, un bébé PMA ne sera jamais un bébé couette par le sacrifice et le courage de ses parents. Et après ce parcours, on aura encore plus conscience de la chance qu’on a d’être parents. Même si on traverse des moments difficiles, on est sûr d’une chose, c’est que cela en vaut la peine et qu’on ne regrettera rien le jour où on aura enfin notre miracle dans les bras. On ne pourra jamais s’empêcher de le regarder, tel un trésor pour lequel il nous aura fallu traverser des déserts, vaincre des montagnes, se battre dans chaque océan et subir des défaites, dans les plaines du pays Infertilité. Des défaites douloureuses que l’on aura su repousser pour atteindre notre but. Notre trésor. Notre enfant. Nos enfants. Nos merveilles. Nos miracles. 

Merci Virginie pour ce portrait si fort en émotions. Je suis tellement ravie pour toi que tu aies pu, enfin, fonder cette famille que tu attendais tant. Si vous souhaitez discuter avec Virginie, vous pouvez suivre son compte Instagram.

Et vous ? Familier(e) au parcours PMA ?

N’hésitez pas à m’écrire si vous souhaitez, vous aussi, partager votre histoire sur le blog. Chaque histoire mérite d’être racontée. Chaque détail de votre vie de maman est unique.

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"Le plus beau chapitre de ma vie,  mon combat pour devenir maman." Virginie, son parcours PMA et ses jumeaux miracles.

10 Commentaires

Ajoutez les vôtres
  1. 3
    une mummy

    Quel magnifique témoignage et quelle histoire! Je me retrouve dans pas mal de points: les années d’attente, les examens, la menace d’une naissance prématurée aussi… Mais ce beau couple a su faire face à toutes les épreuves qui pouvaient leur tomber dessus et cela rend leur histoire très émouvante.

    • 4
      Enfance Joyeuse

      Je suis entièrement d’accord avec toi, ça n’a pas été facile pour eux, loin de là et malgré les épreuves, ils ont persévéré main dans la main. Leur histoire est très belle. Je suis ravie pour eux qu’ils aient pu accueillir leurs jumeaux miracles.
      Tout comme je suis ravie pour toi et la venue prochaine de Numéro Bis.
      A bientôt,
      Charlotte.

  2. 7
    Workingmutti

    Quel courage ! Et il en faut dans ce parcours si difficile ! Par contre, je trouve dommage qu’en France on fasse prendre des traitements aux femmes sans avoir réalisé des examens sur monsieur histoire de se donner le maximum de chances en adaptant la technique si besoin.

    • 8
      Enfance Joyeuse

      Oui, je suis d’accord, il faut du courage dans un parcours PMA. Ce n’est vraiment pas facile.!
      Concernant les traitements, je sais qu’au début du parcours, les deux parents font des tests afin de savoir quel traitement sera plus adapté à leur situation. Et en fonction des premiers résultats, ils adaptent le traitement. Il me semblait que c’était le cas partout ? …
      Merci pour ton message,
      A bientôt,
      Charlotte.

  3. 9
    Dinette et Paillettes (Maman Pétille)

    Un témoignage poignant, vraiment… Virginie et son époux ont fait preuve de beaucoup de force et de courage malgré les épreuves qui se succédaient…
    Pour répondre à Workingmutti, effectivement, nous avons eu un cheminement similaire… en premier lieu les examens ont été portés sur moi (avec prise de traitement), puis examen sur Monsieur car échec du premier traitement… visiblement ça a l’air identique de partout…

    • 10
      Enfance Joyeuse

      Merci pour ton partage !
      Je ne savais pas, je pensais que la norme était la même partout. Des couples que j’ai connu qui ont été suivi sur Montpellier et Nice ont tous les deux eu des examens au début de la prise en charge. Le protocole doit varier d’une région à l’autre et en fonction des situations peut être ?
      En tous cas, merci d’avoir partagé cela avec nous.
      Je suis bien d’accord avec toi, Virginie et son chéri ont eu beaucoup de force et courage.
      A bientôt,
      Charlotte.

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