Moi, ma grossesse et mon diabète gestationnel… #

Bonjour à tous ! Comment allez vous ? Aujourd’hui c’est Manon qui revient sur son histoire de grossesse. Au cours de cette dernière, elle a découvert qu’elle souffrait de diabète gestationnel. Elle revient aujourd’hui sur ses émotions, son suivi et ce que cela a impliqué concrètement pour elle. ↓

Moi, ma grossesse et mon diabète gestationnel.

Chère Manon, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Manon. J’ai 28 ans. Je suis en couple depuis bientôt 12 ans et mariée depuis presque 3 ans. Je vis à Paris avec mon mari et notre petite Léa qui est née en avril dernier. Elle vient d’avoir 1 an et elle comble notre vie de bonheur ! 

Comment s’est déroulée ta grossesse de manière générale ? 

J’ai eu ce qu’on pourrait appeler une grossesse « idéale » ! Je me suis aperçue que j’étais enceinte pendant notre voyage de noces, le vrai cliché ! Pourtant, je n’avais aucun signe : pas de nausées, pas de fatigue… ça faisait déjà 2 semaines qu’on faisait des kilomètres et des kilomètres chaque jour pour découvrir des paysages de rêves et bébé était bien installé, bien au chaud et profitait de notre quiétude ! Jusqu’à 4 mois de grossesse, la fatigue s’est faite ressentir mais rien de fou, tout allait super bien ! On était fous de joie, on avait trouvé un nouvel appartement un peu plus grand, le suivi médical était parfait,… il y a eu quelques petites douleurs par ci par là, de l’essoufflement, de la fatigue forcément mais je n’aurais jamais imaginé une grossesse aussi tranquille !

À quel moment as-tu été informée que tu souffrais d’un diabète gestationnel ?

À 6 mois de grossesse, examen de routine, et je repars avec le précieux papier qui va bouleverser ma vie (oui, pas juste ma grossesse, ma vie en général, mais on en reparlera plus tard !) : l’ordonnance pour le test HGPO. Cet examen a été prescrit sans symptômes particuliers, ni antécédents connus, ni prise de poids excessive, simplement parce que la plupart des médecins prennent une précaution supplémentaire. Le test s’est déroulé quelques jours plus tard dans le laboratoire auquel j’avais pris mes habitudes. C’est assez simple : une prise de sang à jeun, ensuite on vous donne une solution hyper-sucrée à boire, vous patientez une heure : nouvelle prise de sang. Et re-belote une heure plus tard avec une nouvelle prise de sang ! L’idée c’est de voir comment votre corps va gérer cet afflux massif de sucre et comment il va l’assimiler sur une durée de 2 heures (certains tests peuvent durer plus longtemps, apportez de la lecture !)

Et les résultats sont tombés…

J’ai eu les résultats quelques jours plus tard. Il y avait un seul des trois taux (celui de la première heure) qui était trop élevé. J’étais dans le doute et j’ai immédiatement appelé ma gynécologue. Résultat : « oui, c’est bien un diabète gestationnel. Il suffit d’un seul taux au dessus. Vous allez être suivie par un endocrinologue. ». Mon monde de la grossesse idéale s’est écroulé. Adieu la grossesse sereine. En vrai : j’ai fondu en larmes. J’avais peur pour mon bébé ! J’avais aussi une grosse appréhension sur le suivi qui allait m’être réservé : je voyais déjà mon bébé en souffrir, les piqûres d’insuline, les prises de sang à répétition, le régime maigre, une assiette sans saveur, un accouchement horrible. Bref, j’ai paniqué ! 

Suite à ce diagnostic, qu’est ce qui a changé pour toi concernant ta grossesse ?

En vrai de vrai, après les larmes, la tension est vite redescendue ! J’ai eu mon premier rendez-vous chez l’endocrinologue : elle allait me suivre jusqu’à l’accouchement, un rendez-vous tous les mois. Je devais tester ma glycémie avec un petit appareil tous les matins à jeun et deux heures après chaque repas. Elle m’a aussi donné de nombreux conseils pour rééquilibrer mon alimentation, mieux gérer mon appétit, mes collations au cours de la journée… enfait, j’ai réappris à manger correctement (parce qu’il faut l’avouer, avant, je faisais n’importe quoi et je m’autorisais TOUT !). Ça n’a pas été tous les jours faciles, mais j’ai trouvé des tonnes et des tonnes de solutions pour rendre mes repas gourmands, pour manger avec plaisir, pour penser à autre chose aussi…

On dit souvent que le diabète gestationnel n’est pas dangereux pour le bébé. Quel est ton ressenti ?

Enfait si, il y a plusieurs risques pour le bébé. Le premier risque étant une souffrance fœtale, un bébé qui prend « trop » de poids, une macrosomie et du coup de potentielles complications à l’accouchement… de mon côté c’était l’angoisse ! Autant je me foutais de prendre des kilos que je n’arriverais peut être jamais à perdre, autant l’idée de faire souffrir mon bébé était insupportable. Ce petit cœur n’avait absolument pas demandé à subir tout ça et je m’en voulais de payer et lui faire payer mes années d’excès alimentaires, mauvaise alimentation et manque d’activité physique… 

Le risque majeur est en effet une macrosomie foetale soit un poids de naissance important. Ton suivi de grossesse a t’il évolué ?

J’ai eu la chance d’avoir à proximité tout le nécessaire pour un suivi de qualité : maternité de niveau 2 à 500 mètres de mon domicile, gynécologue à 5 minutes à pieds, endocrinologue dans le même cabinet… Une équipe médicale aux petits soins et très à l’écoute. Le gynécologue obstétricien a été d’une bienveillance incroyable, il a trouvé les mots justes pour me permettre de souffler, dédramatiser la situation et me concentrer sur ce petit cœur en construction. Tout allait bien. Ce n’est qu’à la fin de ma grossesse qu’il a évoqué l’idée d’un déclenchement de l’accouchement. 

Et pour la préparation à l’accouchement, ça a changé quelque chose ?

J’ai suivi une préparation classique dans la maternité où j’étais inscrite. J’allais à tous les cours, je voulais être prête mais surtout sans stress. Comme mon gynécologue me rassurait et que tout allait bien sur le suivi de mes glycémies, je vivais cette préparation plutôt normalement. Mes efforts pour rééquilibrer mon alimentation payaient et on me parlait de grossesse «quasi-normale ». A un moment, je me suis même dit que j’allais pouvoir accoucher tout à fait naturellement, et pourquoi pas sans péridurale ! J’allais à la piscine de temps en temps, quand mon taux n’était pas bon j’allais marcher un peu pour le faire redescendre plus rapidement… enfait j’étais plutôt active ! J’ai aussi préparé ma zone périnéale avec une sonde (epi-no) qui, très franchement, n’a finalement pas été très efficace… 

Et puis, enfin, le jour J est arrivé ! Comment as-tu vécu ton accouchement ?

A 38SA, mon gynécologue obstétricien a été clair : mon bébé était joliment potelé et pour éviter de potentielles complications ou une césarienne, il fallait passer par la case déclenchement. Avec mon mari, le ciel nous tombe sur la tête, on se retrouve dans une espèce de brume de bonheur et d’inquiétude à la fois.

Le rendez-vous était pris, j’accoucherais au plus tard 2 semaines avant le terme : césarienne si il fallait en arriver là ! Le jour de mon entrée à la maternité était aussi celui du Marathon de Paris. Mon papa courait et je suis allée l’encourager. Une marche de plus de 12km le long du parcours, avec mon bidon, en espérant mine de rien que bébé se décide tout seul. Rien à faire. Le soir même, arrivée à la maternité avec ma valise : col intact. Bébé n’était pas décidé et ça allait être long…

Verdict : ma fille est arrivée 2 jours plus tard, en toute sérénité, tirée un peu de sa quiétude tout de même avec plusieurs déclenchements (tampon de Propess, injection d’ocytocine, rupture de la poche des eaux…). En vrai, quand j’en parle, mon accouchement a l’air barbare. Mais je l’ai vécu tout autrement : l’ambiance était sereine, on riait, la douleur était quasi-inexistante (aucune douleur liée aux contractions avant la rupture de la poche des eaux). La péridurale a été une partie de rigolade (ok, j’en rajoute ! Mais sincèrement je m’étais tellement fait un monde de ce moment que finalement, ce n’était rien du tout.) 

J’ai eu un accouchement voie-basse comme je l’avais espéré et à part quelques petits points d’épisiotomie, tout allait très bien ! Je garde un souvenir très positif de mon accouchement, une véritable bulle d’euphorie et de bonheur. 

Une fois ton bébé dans tes bras, quel a été ton suivi à toi pour le diabète ?

La maternité dans laquelle j’étais suivie a continué à me donner des plateaux repas spécial diabète (qui étaient très bons !). Mais à partir du moment de mon accouchement, la consigne était de ne plus tester sa glycémie, reprendre le cours de sa vie, continuer à avoir une bonne hygiène de vie évidemment. Mon suivi s’est arrêté net et a repris seulement 3 mois après (pour repasser le test HGPO et vérifier que mon corps avait repris son fonctionnement « normal »). Et de toute façon, j’avais bien trop à penser : regarder ma fille, l’observer, la câliner, la nourrir… tout ça me passait bien au dessus de la tête. 

Et Léa, elle a été suivie après la naissance ?

Mon bébé n’a, pour l’instant, pas été suivi. Ma fille a un an et les médecins estiment que mon diabète gestationnel était suffisamment bien géré pour lui éviter une batterie d’examens. Elle sera par contre toujours suivie pour des antécédents familiaux, et en cas de doute, elle passera également des tests. Mais pour l’instant, à part faire attention à son alimentation, parce qu’on est hyper-sensibilisés sur le sujet, elle vit sa vie tout à fait normalement et elle va très bien !

Je vous souhaite beaucoup de bonheur ! Est ce que, pour finir, tu aurais des conseils à donner aux mamans qui vivent elles aussi leur grossesse avec du diabète gestationnel ?

Merci beaucoup ! C’est un immense bonheur de devenir maman, notre vie est chamboulée, on se demande parfois ce qu’on faisait avant, comment on occupait nos journées… Comment on faisait pour vivre sans ce petit amour qui ne demande que de l’amour, des moments de rires, de calme, de joie… et c’est un plaisir de pouvoir partager avec vous mon expérience ! 

Mon conseil pour toutes les futures mamans c’est : soufflez, respirez, écoutez-vous, autorisez-vous à pleurer si vous en avez envie, autorisez-vous ce carré de chocolat parce que oui, vous y avez droit. Soyez bienveillante envers vous-même. A l’annonce de mon diabète gestationnel, je me suis écroulée, je cherchais des infos sur internet et je ne tombais que sur des témoignages horribles, des textes hyper négatifs et pessimistes. C’était l’horreur. J’avais besoin de tout sauf de ça. Après la naissance de ma fille, j’ai lancé mon site, où je partage mon expérience, mes astuces, mes recettes, et aussi mon quotidien de maman, de pré-diabétique (et oui, ce satané diabète ne me lâche pas, mais finalement je pense qu’il a toujours été là et que la grossesse n’a été que révélatrice…). J’écris pour dire aux futures mamans qu’elles vont y arriver, qu’elles sont fortes, que les efforts payent, et que le changement a du bon, du très bon même ! 

Je te remercie infiniment Manon pour ton partage ! Je vous souhaite plein de belles choses à toi et ta famille… Et que ce diabète se tienne à carreaux !

Et vous ? Avez-vous vécu ou vivez vous une grossesse avec du diabète gestationnel ?

Chaque dimanche, une maman raconte son histoire, comme aujourd’hui. Pour lire les portraits, c’est par ici. 

Si vous aussi vous avez envie de raconter votre histoire, sachez que c’est possible. Que vous ayez envie de parler de votre grossesse, de votre accouchement, de votre post-partum ou de votre vie de maman en général, n’hésitez pas. Chaque histoire mérite d’être racontée. 

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Manon revient sur sa grossesse et ce qu'elle a vécu et ressenti quand elle a découvert qu'elle souffrait de diabète gestationnel.

    • 2
      Enfance Joyeuse

      Il parait que c’est vraiment l’horreur ce test…
      J’ai une maman sur Instagram qui m’a dit qu’elle avait très bien vécu ce test mais c’est le premier témoignage positif que j’ai à ce sujet ! 😉
      Merci pour ton message !
      A bientôt,
      Charlotte.

  1. 3
    Allegretto

    Je n’ai pas vécu de diabète, par contre j’ai eu droit le test à chaque fois car je prenais trop de poids. Depuis, j’ai énormément limité le sucre, qui, de toutes façons était mauvais pour moi ! Merci pour ce témoignage qui permet de mieux comprendre comment un diabète gestationnel est vécu.

    • 4
      Enfance Joyeuse

      Ah ce sacré test…
      Au final, cette surveillance t’a permis de prendre conscience de ta consommation de sucre alors c’est bien je trouve 🙂
      Merci pour ton témoignage !
      A bientôt !

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