Julie, « ex-pmette, fivette », me voilà enfin maman. #

Bonjour à tous ! Je suis ravie de vous retrouver aujourd’hui pour ce nouveau portrait. Aujourd’hui, c’est Julie qui partage son histoire. Se considérant comme une « ex-pmette, fivette », elle est enfin tombée enceinte et a pu donner la vie. Ce témoignage donnera, je l’espère, beaucoup d’espoir à tous les couples qui n’arrivent pas à concevoir. Vous n’êtes pas seuls. ↓

Julie, "ex-pmette, fivette", me voilà enfin maman.

Julie 32 ans depuis peu, en couple depuis 12 ans avec un homme formidable. Working girl passionnée par son métier de communicante dans le BTP. Maman toute récente d’une baby girl prénommée Naevia. Ex-pmette, fivette depuis la venue au monde de ma fille en février 2019.

Je vais vous raconter mon histoire, mon parcours de pmette durant les 5 dernières années. Mais commençons par le commencement.

Il y a maintenant 5 ans, à l’aube de mes 27 ans nous décidions avec mon conjoint de se lancer dans la grande aventure de devenir parents. Mon conjoint est un papa dans l’âme, il a toujours aimé les enfants et se voyait papa depuis très longtemps. De mon côté je n’ai jamais vraiment rien planifié sur ce sujet, je voulais plutôt des enfants vers la trentaine. Profiter un peu des petits plaisirs de la vie mais parfois la vie vous réserve des surprises plus ou moins heureuses et après la perte d’un parent qui a
chamboulé ma vie, j’ai pris conscience que tout pouvait bousculer à tout moment.

Prendre la décision de devenir Maman est sans aucun doute la plus belle et la plus flippante des décisions que j’ai prise. Oh que les débuts furent beaux et pleins d’insouciance. Mais au bout de 8 mois, l’inquiétude remplaça le bonheur. Après plusieurs tests d’ovulation positifs, je prends tout de même rdv avec mon gynécologue de ville afin de vérifier que tout va bien et me rassurer un peu. J’ai toujours eu ce pressentiment que quelque chose clochait que nous mettrions du temps pour avoir un enfant mais j’étais loin d’imaginer le parcours qui nous attendait.

Je suis ressortie de ce rdv avec les premiers examens (spermogramme, tests hormonaux) qui furent tous bons. Mon gynécologue décida tout de même de commencer les traitements hormonaux. Ce sont des traitements assez simples qui consistent à prendre un médicament par voie orale pendant les 14 premiers jours du cycle. Les traitements ont très bien fonctionné mais jamais de bébé à la clé.

Je ne vais pas vous détailler les 2 années qui ont suivi mais elles furent rythmées par des examens à gogo dont la fameuse hystérosalpingographie (qui fut non douloureuse pour moi, ouf). Me voilà 3 années plus tard sans bébé, avec des examens très bons pour moi comme pour mon conjoint. Le plus dur c’est sans aucun cette attente interminable, ne pas savoir si un jour nous pourrions devenir parents. Voir qu’autour de nous tous nos amis ont réussi si facilement là où nous échouons depuis si longtemps. Et puis il y a l’incompréhension de l’entourage qui vous répète sans cesse que vous y pensez trop, que vous êtes trop stressés. Bien évidemment il s’agit de paroles bienveillantes mais pour moi c’était comme entendre « si tu n’as pas d’enfant, c’est de ta faute car tu y penses trop », j’aimerais voir une femme attendre 4 ans et ne pas y penser.

Après 3 années passées, nous avons poussé la porte d’un premier centre PMA et pour une fois quelqu’un posa un diagnostic, infertilité inexpliquée. Voilà, je ne suis pas stérile mais mon utérus est bien un désert aride sans que même le corps médical puisse y donner une raison. Ce fut le coup de poignard, s’il n’y avait pas de problème il n’y avait pour moi pas de solution. Mais de son côté, mon conjoint a toujours été plus optimiste, s’il n’y a pas de soucis c’est que nous pouvions avoir un enfant que ce
soit naturellement ou à l’aide de la PMA.

Pousser la porte d’un centre PMA n’est pas si simple, beaucoup de personnes pensent que c’est LA solution pour faire un bébé, un peu comme allé chercher sa baguette de pain. Mais passer par la PMA c’est faire le deuil d’un bébé couette, c’est mettre sa pudeur de côté, c’est vivre et respirer PMA, c’est subir des injections tous les jours peu importe le lieu où vous vous trouvez et c’est laissé un inconnu vous téléphoner un matin pour vous annoncer la plus triste ou la plus belle nouvelle au monde.

Mais la Procréation médicalement assistée c’est aussi un ESPOIR. Me voilà donc lancée dans le tumulte de la PMA , j’ai fait deux centres, je suis partie du premier après l’échec de ma première FIV car je sentais que quelque chose clochait que le suivi n’était pas très rigoureux. J’ai donc consulté le classement des centres PMA dans Paris et j’ai contacté les 2 centres les plus réputés et les plus proches de mon travail . Le destin fait parfois bien les choses car en regardant par la fenêtre de mon bureau j’ai vu au loin « institut Montsouris », un centre Pma très bien classé et à seulement 10 mn de mon boulot. C’était parfait une équipe très attentionnée et rigoureuse, une salle d’attente remplie seulement de couple en traitement PMA. Et surtout un centre très bien classé, alors oui certains diront qu’un chiffre ne fait pas tout mais quand le pourcentage de réussite est de 23% contre 13% pour votre ancien centre avec le même nombre de ponctions, on ne réfléchit pas à deux fois. Ba oui, la PMA ce n’est pas pour toujours il y a une date limite d’âge mais aussi un nombre limité de FIV alors autant partir avec la meilleure équipe.

Je commence donc en janvier 2019 ma 2 ème FIV sous traitement long dans mon nouveau centre, c’est-à-dire que durant 1 mois on bloque les ovaires à l’aide d’une pilule (oui, oui 4 ans que tu attends d’avoir une enfant et on te dis de prendre la pillule…) .

Ensuite durant 14 jours mon conjoint a dû m’injecter dans le ventre un produit stimulant à fond les ballons les ovaires, le tout rythmé par une échographie et une prise de sang toutes les 24 ou 48 heures. A ce moment-là, votre sage-femme est votre meilleure amie et vous avez l’impression de vivre dans le centre de PMA. Bon par contre les infirmières commencent à avoir du mal à réaliser les prises de sang tellement mes veines sont sollicitées et je commence à y aller avec une certaine appréhension même si rien au monde (pas même la douleur) ne me fera baisser les bras. Cette partie est sans doute la plus intense, elle est remplie de tellement d’espoir mais elle est aussi bouleversante car il faut pouvoir jongler avec sa vie professionnelle et personnelle. Mon centre étant à seulement 10 mn du boulot, ce fut un réel avantage pour cette fiv, je pouvais faire les rdv le
midi et les prises de sang le matin avant d’aller au boulot sans devoir inventer une excuser à chaque absence.

Après avoir passé toutes ces étapes, il y a la dernière piqure à faire, le saint graal nommé : ovitrelle qui permet de déclencher l’ovulation pour prévoir le surlendemain la ponction sous anesthésie générale des ovocytes pendant que votre conjoint aura le droit de remplir son petit pot afin que les médecins puissent mettre en contact les ovocytes et spermatozoïdes pour créer de jolis embryons.

Les jours qui suivent sont les plus stressants, le tumulte de la première étape laisse place au calme et à l’attente. Attendre que l’on vous appelle afin de savoir combien d’embryons vous avez et surtout s’ils sont de bonnes qualités. Cette FIV fut une réelle réussite : 5 beaux embryons ( 2 J5 = blastocyste et 3 J6). 5 jours après la ponction c’est le jour J, le jour du transfert du parfait petit embryon. Il faudra ensuite attendre 10 à 12 jours pour faire la prise de sang qui brisera ou réalisera ce miracle. Bon cette
2 ème FIV m’apportera ma première grossesse mais celle-ci aboutira à une grossesse extra utérine et à l’ablation d’une trompe. 

Mais je n’ai pas baissé les bras et en mai je suis me lancé dans un TEC (transfert d’embryon congelé) qui me donnera 9 mois plus tard ma princesse. Je me souviens encore quitter cette réunion et prendre cet appel le cœur serré. Ma respiration se coupant, essayant de trouver dans le bonjour de la sage-femme le moindre espoir. J’ai vécu cette grossesse de manière un peu détachée, j’ai toujours eu peur que tout s’arrête, que quelque chose n’aille pas et j’avais tellement attendu que je crois que j’ai
vraiment eu du mal à croire que le rêve était devenu réalité.

Et c’est en février 2019 que j’ai pu enfin tenir dans les bras cette petite bouille d’amour.

Je tiens à remercier mon conjoint chez qui j’ai toujours puisé ma force et le courage de continuer.

J’ai trouvé également du soutien sur instagram. Oui oui les réseaux sociaux ne sont pas seulement une course aux followers et aux likes. Avant de commencer ma première fiv j’ai ouvert mon compte pourmonfuturamour et je me souviens encore de mon premier post je ne savais pas quoi dire, je ne savais pas à quoi m’attendre mais au bout de plusieurs minutes plusieurs femmes mon simplement dit « bonjour, bienvenue à toi dans ce parcours » et je me suis sentie un peu moins seule. J’ai pu discuter avec
des femmes qui avaient le même soucis, qui connaissaient cette douleur, cette attente, cet isolement, la difficulté des traitements, l’incompréhension de son entourage. Mais surtout des femmes qui comprenaient mon langage. Et je n’oublie pas mes ami(e)s qui ont essayé tant bien que mal d’être présent dans cette situation si difficile et délicate.

Merci beaucoup Julie pour ce témoignage rempli d’espoir. À toutes les « pmettes / fivettes », vous n’êtes pas seules. Et je vous souhaite qu’un magnifique miracle vous attende au bout du tunnel.

enfance joyeuse blog parents futurs parents
Se considérant comme une ex pmette / fivette, Julie nous raconte son long et douloureux parcours pour enfin devenir maman.

  1. 3
    Workingmutti

    Il faut toujours faire preuve d’un énorme courage dans ce parcours. Parfois on a l’impression qu’on ne fait que attendre. Attendre le prochain cycle, les 15 jours suivant le transfert. Pour une infertilité inexpliquée ça doit être d’autant plus rageant qu’on ne connaît pas le problème. Encore bravo pour votre beau parcours

    • 8
      Enfance Joyeuse

      Chaque vécu est différent et unique. Et chaque femme peut vivre des douleurs très intenses à histoires variées…
      Mais comme tu le dis, tout est possible.
      Même avec des situations très difficiles, la lumière peut être au bout du tunnel… <3
      Belle journée et merci pour ton message!

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