Période d’opposition : « A 2 ans, ma fille me dit non pour tout! »

Bonjour à tous ! Aujourd’hui Solène, une jeune maman, m’a posé une question. Je vais donc vous présenter sa situation avant  de lui donner quelques conseils 😉 Sa fille, Lucie, a  deux ans. Depuis quelques temps, elle est dans l’opposition. Elle lui dit non à chaque question même si après elle dit oui. Et elle s’exprime beaucoup en criant. Elle ne sait plus quoi faire pour l’accompagner. Elle a essayé plusieurs choses qui ne semblent pas fonctionner. Elle cherche des solutions pratiques. Je vais essayer de lui en donner 😉 ↓

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Pourquoi est-elle souvent dans l’opposition?

Déjà, il me semble important de répondre à cette question. Lucie a deux ans et semble être en pleine période d’opposition. Qu’est ce que c’est? Vers deux/trois ans les enfants rentrent dans une phase intensive où ils sont en opposition au quotidien avec les personnes qui prennent soin d’eux. Attention, ça ne veut pas dire qu’ils ne vous aiment pas. C’est seulement une nouvelle façon pour eux de pouvoir s’exprimer, s’émanciper et devenir autonome.

En effet, si on regarde, les enfants sont dépendants des adultes pour tellement de choses ! Ils vivent au quotidien de nombreuses frustrations. On les fait patienter, ils n’arrivent pas toujours à obtenir ce qu’ils désirent et se voient même parfois échouer à quelque chose qu’ils essayaient de faire d’eux mêmes. Ils essaient donc, dans cette période là, de s’affirmer en tant que personnes à part entière. Et pour se faire, ils n’ont pas beaucoup de moyens en leur possession. Et c’est pour ça que le « non » est idéal.

En revanche, il n’y a pas que ce « non ». Il peut aussi crier alors que vous ne le voulez pas. Il peut toucher des choses interdites. Ou décider de ne plus marcher pour vous obliger à vous arrêter. Bref, il réagit de manière impulsive pour exprimer toutes les sensations qui sont en lui. Et ses réactions sont souvent des marques d’opposition vis à vis de vous.

Je tiens à vous mettre en garde cependant. Ne croyez pas que votre enfant fait cela pour vous énerver. Il réagit seulement aux sensations qui le traversent. Il le fait pour s’exprimer. Ses sensations ne sont pas toujours évidentes à gérer. Cette ambivalence est toute nouvelle pour lui. Il faut donc savoir que ces manifestations ne sont pas calculées ou réfléchies. Je sais que ce n’est pas toujours évident de le garder en tête mais il ne s’agit pas là de « caprices ». L’enfant ne fait pas ça pour obtenir quelque chose, il veut juste s’exprimer. 😉

Même si toutes ces notions théoriques sont connues du grand public, il n’en reste pas moins évident d’accompagner les enfants dans cette période là. Les sensations d’impuissance et de non-compréhension que ressentent Solène sont tout à fait normales. Il n’est pas toujours évident d’accompagner un enfant qui essaie de s’exprimer mais qui n’a pas encore toutes les armes pour y arriver de la façon la plus claire possible. Il existe cependant des petites choses à essayer pour apaiser le quotidien 🙂

Comment accompagner cette phase d’opposition?

Tout d’abord, il me semble important que Solène verbalise à Lucie ses difficultés mais qu’elle essaie également de discuter avec elle de ce qu’elle ressent. Je vous conseille pour se faire des livres qui parlent des émotions. J’ai notamment déjà parlé de « Aujourd’hui je suis » dans un précédent article. Ce livre est une pépite pour parler des différentes émotions que peuvent ressentir les enfants. Il y en a énormément d’autres comme « Grosse colère » notamment. Bref, ces livres peuvent vous permettre de poser des mots avec votre enfant. En favorisant le dialogue avec lui, vous lui montrez votre présente, votre tolérance. Ce n’est pas toujours évident, sur le moment, de rester calme et bienveillant. En tant qu’adulte, de nombreux sentiments nous traversent. Souvent parce qu’on a l’impression que l’enfant « fait exprès » alors que ce n’est pas le cas à son si jeune âge. Mais quoi qu’il en soit, revenir en discuter avec lui plus tard peut vous permettre de soutenir votre enfant dans l’expression de ses besoins.

Concernant les mots, je vous déconseille de poser une étiquette sur votre enfant. On ne s’en rend pas toujours compte mais c’est très facile de dire aux personnes qu’on rencontre et avec lesquelles on discute qu’en ce moment « elle est très capricieuse ou très méchante ou très coquine ». Bref, autant de mots qui vont définir votre enfant. Et que votre enfant va entendre. Et souvent, pas qu’une fois. Ainsi, c’est un réel cercle vicieux qui se met en place. « On dit que je suis capricieuse, je vais le devenir pour donner raison à ma maman ». Bref, ce n’est pas le but recherché 😉 Vous pouvez bien évidemment en parler autour de vous mais faites toujours attention à la place de votre enfant dans ces discussions. 😉

Pour Solène, elle m’expliquait que sa fille crie beaucoup. Elle ne savait pas comment faire dans ces cas là. Je lui conseille donc de ne pas crier en retour. Déjà, parce que ça « banaliserait » le cri et ainsi, comment l’interdire à son enfant si on fait de même ? Et aussi parce que cela créerait beaucoup de tensions. Je vous conseille plutôt de chuchoter. Votre enfant crie pour s’exprimer. Chuchotez pour lui répondre. Il devra alors se concentrer pour vous écouter 😉

Pareil, si votre enfant crie et que vous ne le tolérez pas, je vous invite à trouver une solution alternative. Reconnaitre les émotions de son enfant est important. Dans ce cas précis, vous pouvez l’autoriser à crier dehors par exemple. Mais pas dedans. Vous reconnaissez alors son besoin et lui proposez une solution adaptée. Il s’agit alors aussi de faire des compromis. Par exemple, si votre enfant sort toute votre vaisselle des placards. Chose qui est normalement interdite. Au lieu de créer un conflit alors qu’au final, il sort juste la vaisselle (il ne la casse pas), pourquoi ne pas l’investir d’une mission? Vous pouvez par exemple lui demander de nettoyer le placard une fois qu’il sera vidé. Vous lui donnez un rôle. Vous le prenez au sérieux. Cela sera très valorisant pour votre enfant qui, rappelons le, cherche à s’émanciper.

Et puis enfin, je vous conseille d’utiliser au maximum des phrases affirmatives. Les enfants ont du mal à comprendre la négation. C’est comme si je vous disais : « ne pense pas à une moto. » Forcément, vous allez vous représenter une moto et donc vous aurez fait l’inverse de ma demande. Pour les enfants ça fonctionne pareil lorsque vous dites « ne fait pas ci ou ne fait pas ça ». Alors dernier conseil, essayez au maximum d’utiliser des phrases affirmatives. Et puis en étant moins dans la négation, vous serez moins dans le conflit avec votre enfant qui lui même est beaucoup dans le « non ». Bref, le chat qui se mord la queue. Essayez de sortir du positif pour que votre enfant aille dans cette direction là 🙂

Voilà donc à mes yeux les principales manières d’accompagner un enfant dans cette fameuse période d’opposition. Le sujet est vaste. Pourquoi l’enfant réagit-il ainsi? Comment l’accompagner? Que faire? Ne pas faire? Bref, autant de questions qui méritent une réelle argumentation. Voici donc mes conseils pour Solène. Cette période peut prendre du temps et j’ai conscience que ce n’est pas toujours facile mais il me semble que ces solutions sont envisageables sur le long terme. Je ne pense pas que la punition ait de sens à cet âge là ni que tout céder à l’enfant soit la bonne solution. Il faut, à mon sens, trouver le juste milieu tout en restant en adéquation avec ses propres valeurs éducatives.

Et vous? Des astuces pour accompagner votre enfant durant cette phase d’opposition? Dans ce fameux « terrible two »?

enfance joyeuse

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2 Commentaires

Ajoutez les vôtres
    • 2
      Enfance Joyeuse

      J’espère que ce conseil te seras utile 😉 Pour l’avoir essayé à de nombreuses reprises, cela peut s’avérer très efficace 😉
      Merci pour ton commentaire !
      A bientôt,
      Charlotte.

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