« Pourquoi mon enfant me réclame des câlins quand je le gronde? »

Bonjour à tous ! Aujourd’hui je vous retrouve pour répondre à une question qui revient très souvent. Il n’est pas rare qu’un enfant réclame un câlin à son parent alors même qu’il était en train de se faire gronder par ce dernier. Pourquoi réagit-il ainsi ? Comment l’aider ? Je vous réponds de suite ! ↓

câlin enfant dispute

L’enfant, un être non machiavélique.

Il y a plusieurs raisons qui peuvent expliquer le fait que votre enfant vous réclame des câlins alors que vous êtes dans une situation de conflit avec lui. Avec nos yeux d’adultes, cela surprend. Pourquoi fait-il cela ? On a souvent tendance à se dire que l’enfant le fait pour nous « amadouer ». Mais ce n’est pas le cas. En fonction de son âge, l’enfant n’est pas encore en capacité de penser ainsi. Il réagit avec ses émotions.

Il faut tout d’abord savoir qu’avant ses trois ans, l’enfant n’est pas en mesure de faire « des caprices ». En gros, il ne peut pas se dire : « tiens, je vais faire un câlin à maman pour obtenir un comportement différent ce celui qu’elle a en ce moment. » Il n’en a pas la capacité mentale. Il ne peut pas élaborer autant. Ainsi, il fait seulement les choses pour se réassurer. Pour se réconforter. Il est triste, il cherche un câlin. Il ne va pas chercher à se dire qu’en faisant tel comportement, il obtiendra telle réponse. Il le fait car il en a besoin.

L’enfant, un être qui apprend au rythme de vos interactions.

En parallèle de cela, il faut garder en tête que l’enfant n’a pas la capacité mentale d’élaborer le « bien et le mal » avant 7 ans. Lawrence Kohlberg a théorisé la conscience morale de l’enfant. Selon elle, les enfants jusqu’à leurs 7 ans, ne font pas la distinction entre le bien et le mal. Ils agissent en fonction de la réaction qu’ils constatent ou qu’ils craignent de votre part. Ils se disent alors : « Serai-je puni pour ce que j’ai envie de faire ? Ou pas ? » S’ils pensent que oui, ils ne le feront pas. Ainsi, avant un certain âge, l’enfant n’agit pas consciemment pour « faire mal » ou autre. Il apprendra au contact de vos interactions (et de celles qu’il entretiendra avec d’autres enfants) sur ce qui est réellement un geste (ou une parole) non toléré. Ainsi, s’il s’approche de vous pour vous faire un câlin au moment d’une dispute, il peut simplement vous signifier qu’il a compris que ce n’était pas toléré. C’est sa façon à lui de « s’excuser ».

L’enfant, un être de sentiments.

De plus, l’enfant a son cerveau qui est encore en construction. Cela veut dire, notamment, qu’il n’est pas encore en capacité de gérer ses émotions.

Qu’est-ce que ça veut dire ? En tant qu’adultes, nous avons une partie de notre cerveau (le cerveau supérieur) qui gère nos cerveaux archaïque et émotionnel. Pour l’enfant, cela est encore immature. Cette partie qui contrôle les émotions ne fonctionne pas encore de la même manière que pour nous adultes. Ainsi, le cerveau émotionnel de l’enfant, celui qui gère ses émotions, est dominant. Et ce, jusqu’à ses 7 ans. Ainsi, toutes les émotions qu’il vit sont décuplées contrairement aux nôtres. Il ne peut pas les analyser ou prendre du recul vis-à-vis de ces dernières. Ainsi, les émotions qui le régissent quand vous le grondez vont pouvoir prendre le dessus. Cela sera peut être trop fort pour lui. Il aura alors peut-être besoin de se réfugier auprès de vous pour se ressourcer. Il en aura, là encore, besoin.

Une fusion si importante pour lui.

Le dernier aspect qui pourrait, à mes yeux, expliquer ce comportement là serait le fait que votre enfant vit en fusion avec vous. Il a besoin de vous pour grandir. Vous êtes son socle. Ainsi, depuis tout petit, il est attaché à vous. Grâce à vos échanges, à votre amour, il va réussir à se détacher, petit à petit, de cette relation fusionnelle pour entrer en interaction avec le monde qui l’entoure. Mais bien évidemment, vous restez son ancrage. En cas de grosses difficultés, il peut avoir besoin de vous.

Ainsi, dans le cas où vous le grondez, cela peut être très difficile pour lui de se retrouver en conflit avec vous. Il peut donc avoir besoin de se réfugier dans vos bras pour retrouver cette relation intacte. Il en a, encore une fois, besoin à ce moment là.

Comment l’accompagner alors lorsqu’il réclame un câlin en pleine dispute ?

Comme je vous l’ai précisé tout au long de cet article, je suis intimement convaincue que votre jeune enfant ne fait pas cela en pensant à mal. Il le fait simplement car il vous exprime un besoin. Ainsi, s’il se blottit contre vous, c’est qu’il vous exprime un malaise… Et qu’il cherche votre soutien.

De cette manière, si cela venait à se produire en ma présence, je ne forcerai pas l’enfant à s’éloigner de moi. Je sais que ce n’est pas évident, en tant qu’adultes, de se défaire des sentiments que ce comportement nous renvoie mais je vous invite vivement à le faire. En comprenant que votre enfant ne fait pas cela « pour vous avoir », vous allez pouvoir répondre à son besoin et l’aider à grandir sereinement.

N’hésitez donc pas à accepter son câlin et lui apporter une réponse affective et émotionnelle. Bien évidemment, sentez vous libre de lui expliquer pourquoi vous étiez en train de le gronder. Mettre des mots à l’enfant peut l’aider à construire sa notion de ce qui est « bien et mal ». Ainsi, il pourra apprendre que tel comportement n’est pas toléré.

Je tenais également à vous préciser que votre enfant a besoin de vous pour apprendre à gérer ses émotions. Comme je vous l’expliquais, son cerveau émotionnel a besoin de temps pour se développer. Votre aide sera précieuse ! Dans un moment comme celui-là, il a réellement besoin de votre soutien, de votre support, pour pouvoir structurer ses ressentis.

Et en amont, que puis-je faire ?

En parallèle de cet accompagnement sur l’instant T, vous pouvez travailler cette question en amont. Vous pouvez notamment lire des livres sur les émotions. Et puis, mettre des mots, au quotidien, sur vos émotions et celles de votre enfant.

N’hésitez pas non plus à exposer les limites clairement. Cela sera rassurant pour votre enfant de savoir ce qui est ou non accepté. Certains enfants sont sensibles aux pictogrammes alors peut-être que vous pouvez vous saisir de ces dessins (en noir et blanc et simplistes) pour appuyer votre demande. Dans une crèche où j’exerçais, on utilisait des pictogrammes dans les espaces. Si le bonhomme dessus criait et que cela était interdit dans tel espace, il y avait une gommette rouge dessus. Bien évidemment, on proposait toujours une solution alternative (crier dehors est autorisé). Et dans ce cas là, le pictogramme avait une étiquette verte. Ce n’est qu’un outil qui ne remplace pas un accompagnement langagier mais il pourrait vous être utile.

J’espère que vous aurez trouvé des solutions qui vous seront utiles dans votre quotidien.

Et vous ? Votre enfant réagit-il ainsi ? Comment l’accompagnez-vous ? N’hésitez pas à venir en parler avec nous dans les commentaires ! 🙂

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Découvrez pourquoi votre enfant peut vous réclamer un câlin alors que vous le grondez et surtout comment l'accompagner dans cette période. #parents #calin #enfant

12 Commentaires

Ajoutez les vôtres
  1. 3
    Une mummy

    Mon dernier article est clair sur ma position concernant les câlins en cas de crise. C’est devenu tellement naturel pour moi en deux à s que je pense même maintenant en avoir autant besoin que ma fille, de ces câlins de réconfort et réassurance!

    • 4
      Enfance Joyeuse

      Je te rejoins entièrement sur ta position ! De plus, si tu en as besoin autant qu’elle, pourquoi s’en priver ? 😉
      Merci pour ton retour d’expérience !
      A bientôt,
      Charlotte.

  2. 5
    Allegretto

    J’aime beaucoup la façon bienveillante que tu as de parler de la petite enfance. Tant de situations conflictuelles pourraient être évitées, mais comme tu le dis ce n’est pas simple tous les jours. Nous avons à la maison une « fleur des émotions ». Quand je n’arrive pas à comprendre mon cadet (qui est un peu comme qui dirait atypique), je prends la fleur, et au lieu de m’énerver, je lui dis que je n’arrive pas à le comprendre et que j’aimerais qu’il m’aide. Il me montre alors une pétale et la tension redescend !

    • 6
      Enfance Joyeuse

      Merci pour ton très gentil commentaire et ton retour d’expérience !
      C’est une très jolie idée cette fleur ! De plus, si elle vous convient à tous les deux, je trouve ça super comme médiateur !
      A bientôt,
      Charlotte.

  3. 7
    Dinette et Paillettes (Maman Pétille)

    C’est très souvent la réaction de Cracotte suite à une colère… et le câlin dans ces cas là est la seule façon de l’apaiser… Elle ne parvient pas encore à le faire seule… Alors je lui donne, volontiers… J’avoue avoir dû plusieurs fois me « justifier » sur le fait de prendre mon enfant dans les bras après l’avoir disputé…

    • 8
      Enfance Joyeuse

      Malheureusement, tu n’es pas la seule à devoir te justifier. J’ai reçu beaucoup de témoignages de mamans qui m’expliquent que c’est souvent le regard des autres qui est le plus difficile à gérer dans ces moments là.
      Mais bon, au final, tu sais ce dont ta fille a réellement besoin et tu fais en sorte de l’apaiser alors c’est bien là l’essentiel ! Qu’importe ce qu’en pensent les autres ! 😉
      Et comme tu le soulignes, elle n’est pas encore en capacité de le faire seule !!
      Merci pour ton retour et à bientôt !
      Charlotte.

  4. 9
    Anabel MissBrownie

    Quand il était petit, Chichi me réclamait souvent un câlin quand je le grondais. Je ne lui refusais pas mais je lui expliquais bien pourquoi il avait été grondé.
    A l’inverse, il peut aussi nous rejeter quand on veut le prendre dans nos bras parce qu’il s’est fait mal et pleure. Ou alors nous reprocher de ne pas le faire quand on ne le fait pas 😀

    • 10
      Enfance Joyeuse

      Un tourbillon d’émotions en quelque sorte !
      Ce n’est pas toujours facile de savoir comment accompagner son enfant dans ses émotions mais dans le cas où il réclame un câlin après avoir été grondé, je trouve que c’est un super compromis que de répondre à sa demande tout en lui expliquant le pourquoi du comment 🙂
      Merci pour ce partage,
      A bientôt,
      Charlotte.

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