Donneuse de vie #

Bonjour à tous ! Pour conclure cette jolie semaine mondiale de l’allaitement maternel, il me tenait à coeur de publier le portrait d’une maman qui a fait le choix d’allaiter son enfant. Donner la parole à Séverine me semblait évident. Voici donc son magnifique texte. ↓

donneuse de vie portrait allaitement

« Donneuse de vie.

Alors que la semaine mondiale de l’allaitement maternel (en France) touche à sa fin, je me penche avec douceur sur ma presque première année d’allaitement. Quelques jours nous séparent de notre anniversaire lacté, et je remercie Charlotte d’avoir pensé à moi pour vous parler allaitement.

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu me rapprocher le plus possible de ma nature. Allaiter n’était pas une évidence pour moi. Dans une société où tout est sexualisé, normé, comment assumer un tel désir, si animal finalement.

Et puis, lors de ma grossesse, au fond de moi je connaissais le bon choix. Mais j’avais peur. Peur d’ôter quelque chose au Papa. Peur de la douleur. Peur du regard extérieur. Nous avions même mis un lot de biberons d’une célèbre marque sur la liste de naissance de notre trésor. Lorsque l’on me posait la question, je répondais « Je vais essayer, on verra bien ». On verra bien ? Alors pourquoi avoir passé de longues heures à se renseigner, à chercher, à s’équiper. Entre crème à la lanoline, les coquillages, les bouts de sein, les soutien-gorges d’allaitement, les contacts de la Leche League. Non, la vérité, c’est que je voulais allaiter. À tout prix.

À la naissance de mon fils, une obsession : qu’il prenne le sein. Une angoisse : la montée de lait. Je m’étais préparée à avoir mal, parce que « Allaiter, ça fait mal ! Enfin…il paraît ». Et puis, c’était le moment de la première tétée. J’ai su dès ce moment, que je ne pouvais rien donner d’autre à mon fils. Rien n’était meilleur pour lui que ce qui était fait spécialement pour lui. Un menu gastro, sur mesure. Par contre je vous rassure, rien n’a été facile. Au 6ème jour, à ses 3 semaines, ou pendant les deux premiers mois, quand on a l’impression que bébé est pendu à notre sein, toute la journée. Qu’on est assaillis de réflexions de notre entourage, qui se voudrait bienveillant mais qui entre en total confrontation avec notre vulnérabilité de toute nouvelle Maman. On te questionne sur quand il aura des dents, sur pourquoi tu lui donnes encore alors qu’il a tété il y a vingt minutes. On t’assure que tu es trop collée à lui. Et toi dans tout ça tu doutes sérieusement. Bébé dormait avec nous (encore maintenant, en fait), il dormait dans mes bras, il voulait être porté, contre nous et surtout contre moi. De pair avec l’allaitement, je sentais au plus profond de moi que c’était ce qu’il lui fallait. Que c’était ça, notre vraie nature. Après des mois ne faisant qu’un je ne pouvais pas imaginer le laisser seul, et être moi-même seule, c’était d’une violence inouïe.

Le long fleuve tranquille de l’allaitement, c’était un doux rêve. Lorsque mon petit loup n’avait pas encore 1 mois, j’ai eu le bonheur de connaître de gros engorgements, et même une belle mastite accompagnée de fièvre. Ma seule inquiétude était que je puisse continuer à allaiter mon fils. JAMAIS je ne me suis dit que j’allais arrêter. Je savais que ça pouvait être un combat, et celui-ci je le menais aussi bien pour lui que pour moi.  Les mois passaient, et tout ça se fluidifiait, plus aucune douleur ne m’habitait lors des tétées, et j’apprenais à lâcher prise. Lâcher prise du temps, des chiffres. Du regard des autres et de leurs avis. Les sorties étaient simples, rien à prévoir puisque tout était à disposition, plus qu’à soulever son t-shirt. Au fil du temps, Papa s’est mis à prôner l’allaitement, et c’est un allié de choix dans la réussite de cette aventure. Jamais il ne s’est senti en reste de la relation avec son enfant. Parce qu’avoir un enfant, ce n’est pas seulement le nourrir.

À l’heure où j’écris ce billet, près de douze mois que mon fils a rejoint cette belle planète, et il n’a jamais eu une seule goutte d’un lait autre que le mien. Il tète encore, lorsqu’il en a besoin. Et jusqu’à ce que cela ne nous convienne plus, ça sera ainsi. Qu’importe les réflexions, les regards étranges, les douleurs, et parfois la fatigue. Ce lait, c’est une nourriture, mais aussi un réconfort, et parfois un remède à des maux divers. Ce lait, c’est la suite logique de sa naissance, des longs mois où il n’était nourri que de moi, et où personne ne trouvait ça étrange. Allaiter prendre la pleine possession de son propre corps, de sa féminité dans sa plus belle forme. C’est le féminisme pur, d’être ce que nous sommes : des femmes, donneuses de vie.  C’est juste notre vraie nature assumée. »

Merci énormément Séverine pour ce magnifique témoignage. Et vous? Avez vous décidé d’allaiter?

Je ne pouvais conclure cet article sans avoir une pensée pour toutes les femmes qui n’ont pas allaité. Je vous renvoie à un article écrit précédemment. 

enfance joyeuse

Séverine et son témoignage sur ses mois d'allaitement. #SMAM

 

4 Commentaires

Ajoutez les vôtres
  1. 3
    Maman Chamboule Tout

    Très beau témoignage qui me parle puisque j’allaite toujours mon fils de presque 19 mois et c’est l’une des plus belles aventures qui m’ait été donnée de vivre. Pour moi aussi c’était une évidence de l’allaiter, ne sommes-nous pas des mammifères ?

    • 4
      Enfance Joyeuse

      Merci pour ce joli retour d’expérience !
      « L’une des plus belles aventures qu’il m’ait été donné de vivre ». Magiques tes mots !
      Je vous souhaite de poursuivre cette aventure lactée autant de temps que vous en aurez tous les deux besoin !
      A bientôt;
      Charlotte.

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