Lisa et la césarienne à laquelle elle ne s’était pas préparée. #

Bonjour à tous ! Aujourd’hui, pour le portrait du jour, c’est Lisa qui nous raconte son histoire. Alors que son bébé souffrait de macrosomie, elle savait qu’elle aurait potentiellement une césarienne. Pourtant, elle n’y est pas préparée comme elle aurait aimé l’être avec le recul. Elle ne s’attendait pas à vivre ce qu’elle a vécu. Et les mots qu’elle pose ici sont comme son exutoire. Un pansement. J’espère que cette histoire résonnera chez d’autres femmes qui, elles aussi, n’ont pas vécu sereinement leurs césariennes… ↓

Lisa et l'histoire de sa césarienne à laquelle elle aurait aimé mieux se préparer.

Bonjour à tous, je m’appelle Lisa, j’ai 25 ans et aujourd’hui je vous raconte comment j’ai vécu mon accouchement par césarienne.

« Une agréable surprise »

Mon conjoint et moi rêvions depuis toujours d’avoir un bébé mais le moment ne s’y prêtait pas vraiment. Une fois la décision prise, nous avons essayé et bien sûr nous avons connu la déception chaque fois que la deuxième barre ne se montrait pas.. Et puis, un jour je décide de faire un test car j’étais en retard de quelques jours seulement mais je pensais qu’il était beaucoup trop tôt pour le savoir. J’informe une fois de plus mon chéri que ce ne sera pas pour cette fois-ci, en lui montrant le test fait au matin. Mais après quelques heures une deuxième barre est apparue. Le suis-je vraiment ? J’ai accourue, dès le lendemain, acheter un autre test car je n’en avais plus. J’attends le résultat et prie de toutes mes forces. «Enceinte de 1 à 2 semaines ». J’ai bien lu ? Ho mon dieu, enfin ! Après une bonne année d’essai, ce petit bébé tant attendu est en train de grandir tout doucement dans mon ventre.

« Votre bébé est atteint de macrosomie »

Nous apprenons, lors de l’échographie du second trimestre que c’est une fille. Et décidons de l’appeler Elena.Très vite, l’échographiste nous informe d’une éventuelle macrosomie (bébé estimé à plus de 4kg à la naissance) donc je suis obligé de suivre régime pour diabétique durant toute ma grossesse. Un régime pauvre en sucre pour ne pas faire grossir le bébé, pas plus qu’il devrait en tout cas. Ma gynécologue me dit qu’en suivant ce régime, tout devrait bien se passer et qu’il n’y avait aucune raison de me faire une césarienne. Elle est pratiqué très souvent en cas de macrosomie.

Tout le long de ma grossesse nous avons suivi des cours d’haptonomie et lors d’une séance la sage femme nous informe des différentes possibilités d’accouchement dont la césarienne. Elle me raconte comment cela se déroule en moins de 5 minutes. Je me souviens très bien de ce qu’elle m’a dit « 

La césarienne ? Ça dure 20 minutes : 10 minutes pour vous préparer et faire sortir votre bébé et 10 min pour vous recoudre et voilà c’est fini ». je ne me suis donc pas attardée la dessus.

Lors du contrôle du dernier mois, la gynécologue s’inquiète du futur poids de bébé et m’informe que nous allons déclencher l’accouchement deux semaines avant le terme. La date est notée et je n’ai plus qu’à me rendre à la clinique le jour dit. Il me restait donc une petite semaine et demie pour me préparer mentalement à ce que mon bébé arrive. Cela m’a fait très bizarre de savoir le jour où j’allais accoucher.

« Le(s) déclenchement(s) »

Je suis rentrée un dimanche soir à la clinique, ils m’ont déclenché par propess (sorte de tampon qui aide à la maturation du col). Les premières contractions arrivent très vite, elles sont violentes mais ne durent que quelques heures. Le lendemain (lundi), le tampon s’en va et ils décident de ne pas m’en remettre un autre. Le lendemain, nouveau propess. Même effet que le premier, violentes contractions mais qui ne durent quelques heures seulement. Mercredi toujours rien, mon col est hermétiquement fermé. Jeudi matin, on décide me déclencher à l’ocytocine (perfusion), j’ai eu droit à la dose la plus forte mais cela n’a toujours pas marché. Cela a duré 4h, 4h de perfusion et déjà 4 jours de fatigue cumulés à cause des déclenchements précédents.

« J’ai été opéré d’un bébé »

Au bout de 4h, une infirmière est venue me chercher, m’a fait boire de l’anti-acide et m’a emmené directement au bloc. Tout s’est passé tellement vite, je n’ai même pas eu le temps de faire un bisous à mon chéri. 

Je panique beaucoup, je n’ai jamais été opérée de ma vie. Une infirmière me tient les épaules pendant la péridurale, j’ai très peur mais eux ils rigolent, s’amusent et ne font pas attention à moi. Je ne sens plus mes jambes, on m’allonge et on me dit que cela va démarrer. 

Je me rappelle y être restée ce qui m’a semblé une éternité. Je n’ai pas mal mais j’ai très peur et je sens absolument tout ce qui ce passe dans mon ventre. Alors qu’ils sont en train de la sortir, mon conjoint arrive près de moi. Le pauvre à dû attendre au moins une demie heure dans une petite pièce le temps de me préparer et de m’ouvrir.

Je vomis mes tripes.. la gynéco appuie fortement sur mon ventre pour faire sortir ma fille. Et puis la délivrance. J’entends mon merveilleux bébé pleurer, mon conjoint fou de joie et les voilas déjà parti tous les deux. J’ai eu mon conjoint près de moi environ 5 minutes sur toute la durée de la césarienne. On ne m’a pas montré ma fille, elle est partie et moi je reste là toute seule. Je dis à l’anesthésiste près de moi que j’ai très mal et sans me prévenir il me fait une anesthésie générale. Je l’ai su plus tard car j’ai eu un trou noir.

Je me réveille toute seule dans une pièce mal éclairée. J’ai attendue ici pendant 3h. 3 longues heures. Mon conjoint n’avait même pas de nouvelles de moi. Ma fille est née à 15h14 et je suis remontée en chambre vers 18h. C’est à partir de là que j’ai commencé à être en colère. On m’a dit que je verrai ma fille quand on l’a sortirai de mon ventre, peu de temps, mais que je la verrai quand même. On m’a dit que je ferai du peau à peau avec elle. Je n’ai rien fait de tout cela.

« Le moral post-césarienne »

Une fois montée et la peur de l’opération passée, je n’ai pas trop mal. Je me sens soulagée et je vois enfin ma fille mais je refuse de la prendre. Cependant personne Ô grand personne ne m’a prévenu de ce qui allait se passer. Moralement, je n’avais pas accouché, j’ai été opéré d’un bébé.

Physiquement, c’était l’enfer. J’ai terriblement et atrocement mal. J’ai eu les « tranchées » pendant la nuit. Ce sont des contractions de l’utérus survenant quelques heures à quelques jours après l’accouchement, que ce soit pas voie basse ou par césarienne. Une douleur quasi insupportable. Juste au dessous de ma toute nouvelle cicatrice.

Le premier pas à terre se fait le lendemain. Moment très douloureux et difficile pour moi. On ne peut pas marcher comme on le souhaite, ni même s’asseoir ou dormir sur le coté. Je n’ai pas pu aller aux toilettes et pu prendre ma douche seule. Et je remercie tellement l’homme que j’aime le plus au monde de m’avoir aidé à surmonter tout ça. Sans lui cela n’aurait pas était aussi « simple ».

« La maternité »

J’ai raté tous les moments importants à la maternité. Et je suis très en colère pour cela d’ailleurs. J’ai eu un nombre incalculable de piqûres durant mon séjour à la maternité, moi qui les aient en horreur.. Personne n’a m’avait prévenu. Je n’ai pas pu prendre le premier bain à ma fille car je ne pouvais pas me tenir debout, je n’ai pas pu lui enfiler son premier vêtement ni faire le peau à peau. Je suis triste et en colère, car tout cela, personne ne m’en avait parlé. J’aurais pu me préparer mentalement à ce qui allait se passer mais ça n’a pas était le cas. J’ai vraiment eu du mal à me sentir maman après tout ça et même encore aujourd’hui, ma fille à 8 mois, c’est encore difficile. 

Si j’avais un mot à dire aux futurs mamans qui ont une césarienne programmée ou même celles qui veulent s’informer :  

« Non, la césarienne n’est pas une partie de plaisir, ça fait mal. C’est tout de même une opération. Non ça ne dure pas 20 minutes montre en main. Non, vous ne pourrez pas vous lever le jour même. Mais c’était le tout petit prix à payer pour enfin voir le visage de ma fille. Ma césarienne m’a clairement traumatisé parce que je n’étais pas préparée. Si seulement, j’avais su tout ce qui allait se passait avant, j’aurais abordé la chose autrement. Même si vous avez peur, comme j’ai eu peur, n’oubliez pas que c’est pour rencontrer l’amour de votre vie »

Je te remercie Lisa pour ce témoignage. Oui, il est difficile de vivre une césarienne quand on ne s’y est pas préparée. Alors, j’espère sincèrement que ton histoire pourra aidé d’autres femmes, des femmes qui elles aussi ont vécu une césarienne et celles qui s’apprêtent à en vivre une. Je vous souhaite beaucoup de bonheur à tous les trois.

Si vous aussi vous souhaitez raconter votre témoignage, n’hésitez pas à m’écrire. Toutes les histoires méritent d’être racontées.

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Lisa et l'histoire de sa césarienne à laquelle elle aurait aimé mieux se préparer.

  1. 1
    Syld

    Comme ce sujet me parle!
    Pour toutes les femmes qui vont avoir ou ont eu une césarienne, je recommande vivement le site Cesarine. C’est une mine d’informations et d’échanges pour se préparer ou pour « débriefer » sur ce que l’on a vécu.
    Bon courage à Lisa. Je voudrais juste la rassurer et lui dire que la colère et la tristesse finiront par cicatriser, comme la plaie sur le bas-ventre. Et ne pas hésiter à parler de son vécu, se laisser le droit de pleurer par moments. La douleur n’est pas que physique, elle est aussi psychologique et celle ci met plus de temps à partir.
    J’ai déjà commenté sur le sujet. Une césarienne peut aussi être très bien vécue, une belle naissance. Mais c’était ma deuxième et forcément je savais déjà ce qui allait m’arriver.

    • 2
      Enfance Joyeuse

      Merci beaucoup, beaucoup, beaucoup pour ces mots…
      Je suis certaine qu’ils toucheront Lisa mais aussi toutes les femmes qui ont vécu une césarienne.
      PS / Césarine est, en effet, un site ressource sur la question.
      Encore merci,
      Vraiment.
      Charlotte.

  2. 3
    Audrey

    Si ça peut atténuer la colère de Lisa, je m’etais Préparée à ma césarienne.
    Bébé en siège et gros bébé. Donc césarienne programmée 2 semaines avant le terme. Je suis infirmière donc je me suis beaucoup renseignée et j’en ai énormément parlé avec ma gynécologue et ma sage femme.
    Au bloc l’équipe a été au top, et ma gynécologue a été un soutien indispensable.
    J’ai insisté pour me lever le jour même, dès que j’ai récupéré l’usage de mes jambes. J’ai pu voir mon fils dès qu’il est sorti, et j’ai pu faire du peau à peau avec lui.
    Pourtant mon cerveau n’a pas compris que j’avais accouché. Je ne reconnaissais pas mon fils, et quand il me l’ont posé je n’ai rien ressenti. J’ai également connu les tranchées, avec en prime la sage femme qui vient toute les deux heures appuyé sur l’utérus pour s’assurer qu’il redescend bien. Je n’ai pas pu faire les premiers bains non plus, mais j’ai insisté pour porter mon fils et marcher. Comme si mon cerveau voulait se confronter à la réalité. Et pourtant il m’a fallu de long mois pour me sentir maman.
    Mon fils a 11mois, et j’arrive tout juste à accepter ma césarienne.
    Courage, avec le temps l’amour que l’on ressens pour ces petits êtres surpasse tout!

    • 4
      Enfance Joyeuse

      Comme vos mots me touchent…
      Je comprends tous les sentiments qui vous ont habité durant les premiers jours à la maternité et les mois qui ont suivi.
      En effet, l’amour transcende tout.
      Et le temps est notre meilleur allié…
      J’aimerai tellement que ces naissances puissent être vécues plus en douceur pour toutes ces mamans, qui comme vous, passeront par un bloc opératoire.
      Je vous remercie beaucoup pour votre message. Du fond du coeur !
      A bientôt,
      Charlotte.

    • 6
      Enfance Joyeuse

      Je suis tout à fait d’accord !
      Ca permet de comprendre certaines choses, de développer peut-être plus d’empathie.
      Une césarienne n’est pas rien.
      Merci pour ton message !

  3. 7
    Ydiyana

    Super témoignage j’ai vécu et ressenti la même chose c’est fou !!!
    J’attend bébé 2 et suite à cette première césarienne je me suis préparé psychologiquement dans le cas où je dois y avoir recours une deuxième fois.
    Mais je croise tous de même les doigts pour avoir un accouchement par voie basse 🤞

    • 8
      Enfance Joyeuse

      Je vous souhaite de tout coeur que vous puissiez vivre cet accouchement par voie basse, comme vous le souhaitez <3
      Plein de jolies choses pour la fin de votre grossesse et pour cette naissance à venir,
      A bientôt,
      Charlotte.

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