Les besoins de la femme pendant l’accouchement.

Bonjour à tous ! J’espère que vous allez bien. Peut-être que ce titre vous a surpris ? Peut-être pas. Mais quoi qu’il en soit, je crois qu’il est réellement important de parler des besoins de la femme qui accouche. On a souvent tendance à parler de la gestion de la douleur ou des actes qui peuvent survenir durant un accouchement mais qui parle des besoins qu’ont les femmes en plein travail ? Car oui, vous vous en doutez, ces besoins sont nombreux ! Et j’ai à coeur de vous en présenter quelques uns : ↓

Quels sont les besoins de la femme pendant l'accouchement ?

Besoin de sécurité pendant l’accouchement.

Quand une femme accouche, n’oublions pas qu’elle reste un mammifère. (Je sors d’un séminaire très complet avec Michel Odent, alors je suis encore nourrie de son travail 😉 )

Dans ce sens, comme tous les mammifères, elle a besoin d’être en sécurité. Par exemple, regardons la gazelle. Quand elle va mettre bas, en pleine savane, elle va choisir un endroit qu’elle juge le plus sécuritaire possible. Si au début du travail, elle sent un danger, elle est capable de ralentir voir d’arrêter son travail pour se déplacer. À l’inverse, si elle est en fin de travail, ce pic de stress va lui permettre de sortir son bébé plus vite.

En faisant le parallèle avec les femmes, on se rend compte qu’on a besoin de sécurité pour accoucher. Cela nous permettra de ne pas être perturbée durant notre travail. Car oui, je suis certaine que parmi vous, certaines femmes ont vu leur travail et leurs contractions s’arrêter complètement à l’arrivée à la maternité….

Cette sécurité, elle passe par différents points. Il y a tout d’abord le choix du lieu où on souhaite que la naissance ait lieu. Le fait de connaitre le professionnel qui va nous accompagner ou bien la doula qui sera présente avec nous, peut nous mettre en sécurité. Il est donc important que nous nous sentions bien, en confiance, quand on va accoucher.

En regardant plus loin, le rôle de votre conjoint, de votre doula et de votre sage femme est de protéger votre environnement. Ainsi, en vous sentant protégée, vous n’aurez plus qu’à penser à vous. À vos sensations. Et ainsi, vous pourrez partir « ailleurs ». Quand une femme accouche, lorsque son travail est bien avancé, elle part comme sur une autre planète. Si vous êtes protégée, en sécurité, vous pourrez vous aussi y arriver. Et ainsi, vous pourrez prendre la douleur à bras le corps. Car oui, douleur n’est pas souffrance… Et elle peut être votre alliée pour vous permettre de vous reconnecter à vos sensations.

Le besoin de silence d’une femme en travail.

Je sais qu’on a toujours tendance à solliciter une femme qui accouche. « Ca va bien ? Tu as besoin de quoi ?… » Je sais aussi que ça part d’une bonne intention. Cependant, en faisant cela, on stimule son néocortex (son cerveau qui « pense »). Pourtant, une femme qui accouche a besoin de faire appel à son cerveau primitif. Elle ne doit écouter que son instinct. Et si tout le monde la sollicite, elle ne pourra pas y arriver. Mettre notre néocortex en pause est très difficile. Alors n’hésitons pas à demander à nos proches, en amont, de nous laisser le plus d’intimité possible et d’éviter de nous solliciter si ça ne vient pas de nous 😉

Le besoin d’intimité de la femme pendant son accouchement.

Ça semble tellement naturel que d’écrire ce titre… Mais pourtant ! J’ai déjà rencontré plus d’une femme qui a été dérangée durant son travail par de nombreux professionnels (les internes, les sages femmes, l’anesthésiste, les auxiliaires, le gynécologue obstétricien…). Et toutes ces intrusions vont à l’encontre de ce besoin primaire des femmes durant leur accouchement.

Une femme qui accouche a besoin d’être en petit comité. Ainsi, il serait plus judicieux de ne penser la présence attitrée que d’une sage femme par exemple. Ce besoin est complètement respecté en naissance à la maison ou en maison de naissance ou encore en plateau technique. À la maternité, il y a encore quelques progrès à faire bien que, comme toujours, il n’y a aucune généralité 😉

Pour répondre à ce besoin d’intimité, le fait d’adoucir les lumières est complètement adapté. Cela permet à la femme de se concentrer sur ses sensations. Elle fait alors appel à son cerveau primaire et non son néo-cortex. Elle sera alors plus à même d’écouter son corps et de vivre son accouchement selon son instinct.

Respecter le besoin des sphincters durant l’accouchement.

Oh ! Je vois d’ici vos yeux s’écarquiller à la lecture de ce titre ! N’oublions pas que l’accouchement est un travail de sphincters. Et comme tout sphincter, il est inutile de lui donner des ordres. « Poussez madame » n’a que peu de chances de fonctionner. Les sphincters ne s’ouvrent pas sur commande ! Au contraire, respectons le travail naturel et attendons que la femme ressente ce besoin de pousser qui viendra naturellement. À ce moment, elle saura pousser car ça sera un réel besoin. C’est un réflexe. Et puis, en plus, on évite les risques d’épisiotomie et de déchirures, alors ça semble vraiment plus sympa non ? 😉

Durant tout le travail, une femme peut également avoir besoin de manger, de boire, d’aller au toilette. Bref, là encore, écoutons ce besoin. Pourquoi forcer les femmes à rester à jeun ? Je sais que c’est par prévention si une césarienne doit avoir lieu en urgence mais comme je vous en avais déjà parlé, ce sont des besoins vitaux pour une femme en travail. Cette prévention, qui plus est, n’est pas toujours justifiée…

Le besoin de mouvements durant l’accouchement.

Je vous en ai déjà parlé mais la position gynécologique n’a rien de physiologique !

Quelle femme, parmi vous, n’a pas ressenti le besoin de bouger durant tout son travail ? Aucune, c’est certain ! C’est contre nature que de rester allongée des heures durant. Ainsi, écoutez ce besoin.

Si vous avez envie de vous déplacer, faites le, au grès de vos ressentis. Cela vous permettra de faire une utilisation optimale de la pesanteur. Vous permettrez ainsi à votre bébé d’être dans un meilleur alignement pour franchir la zone pelvienne. Cela pourrait aussi permettre à vos contractions de se renforcer.

Bref, si vous avez besoin de bouger : écoutez vous !

Besoin d’être relaxée pas si utopique que cela…

Je sais qu’on a tendance à associer l’accouchement à la douleur et dans ce sens, le mettre en corrélation avec la relaxation peut sembler antinomique. Mais finalement, c’est possible !

J’ai rencontré des mamans qui avaient pratiqué le yoga prénatal ou l’hypnonaissance durant leur grossesse et qui ont réussi à vivre leur accouchement en étant apaisée.

Accoucher, ça ne s’apprend pas. C’est instinctif et naturel. On a beau s’y préparer en amont, une fois le Jour J venu, on fait appel à son corps, à ses instincts. Et n’oubliez pas que votre corps est puissant ! D’ailleurs, votre douleur n’est pas votre ennemie. Elle peut même vous guider pour travailler ensemble.

Pour vous aider à être détendue, et donc à détendre votre plancher pelvien et faciliter la descente du bébé, sachez que les mantras (affirmations positives) peuvent être vos alliés. La musique et des playlists relaxantes pourront aussi vous aider.

Il est également important que vous soyez au chaud. La chaleur est votre allié durant votre travail !

Votre respiration sera un atout de taille. Prenez des respirations lentes et profondes. Si vous arrivez à détendre votre bouche et votre mâchoire, cela pourrait également faciliter ce travail d’ouverture du bassin.

Certaines femmes ressentent le besoin de prendre un bain. Cet appel de l’eau vous permettra aussi de vous détendre. D’ailleurs, j’ai appris que plonger dans un bain durant deux heures au moment où le travail a bien démarré permet à la dilatation de bien progresser. Pour cela, il faut s’immerger dans une eau à 37°.

Et pour ce qui est des femmes qui crient, sachez que c’est, là encore, un besoin. Les sons rauques et profonds viennent du plus profond de nous et permettent de faire vibrer la cage thoracique… Ce qui nous détendra ! Bien que bien sur, d’autres femmes préféreront accoucher en silence. Chacune a ses propres besoins et ressentis 😉

Vous l’aurez donc compris, au delà de la gestion de la douleur et des actes médicaux, votre accouchement c’est aussi et surtout une affaire de besoins ! Alors, n’hésitez pas à les écouter. Ils vous guideront et feront appel à vos instincts. Ce seront vos meilleurs guides.

Et vous ? Vous avez ressenti tous ces besoins le jour J ?

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Quels sont les besoins de la femme durant son accouchement ? Comment les respecter ? Découvrez vos réponses ici.

  1. 1
    Emilie

    Je finis ton article en larmes tant je réalise que l’intégralité de mes besoins ont été ignorés, bafoués, piétinés lors de mon accouchement. Aucun des besoins listés n’a été respecté.
    Ce ne fût qu’un long cauchemar, une véritable descente aux enfers. J’ai ressenti la plus grande détresse de mon existence, la plus extrême des solitudes malgré la présence de mon mari à mes côtés.
    Heureusement quelques jours plus tard avec l’aide de ma psy j’ai pu poser des mots sur ce que je décris encore comme le pire jour de ma vie.

    • 2
      Enfance Joyeuse

      Je suis si triste de lire ton témoignage. Ça me révolte que tu n’aies pas pu être écoutée dans tes besoins et pire, respectée dans tes besoins ! L’accouchement est déjà, en soi, une période délicate et précieuse et il devrait être obligatoire de respecter les femmes en travail ! De les considérer ! De ne pas les ignorer, les bafouer, les piétiner………
      Je suis en colère contre les personnes qui n’ont pas pu prendre soin de toi. Qui ne t’ont pas accueilli ! Qui ne t’ont pas accompagné dans cette étape majeure de ta vie de femme !
      Car ils ne t’ont pas permis de vivre sereinement ton accouchement et tu en souffres encore aujourd’hui. Et j’imagine à quel point ton coeur de maman en souffre chaque jour.
      Je te souhaite de tout mon coeur que tu puisses trouver de la lumière dans ton suivi avec ta psy et dans ton cheminement personnel.
      Et puis si jamais tu accouches à nouveau : je te souhaite, avec tout mon être, que tu puisses trouver un lieu accueillant et des professionnels en or pour prendre soin de toi et respecter tes besoins les plus profonds. Tu le mérites.
      Je t’envoies plein de pensées (tiens, je réalise que pensées/panser à la même sonorité……..)
      Bien à toi,
      Charlotte.

  2. 3
    Syld

    Tout texte est simple et éclairant et devrait être proposé aux accompagnants à la naissance lors des préparations à l’accouchement.
    Je te rejoins sur le besoin de sécurité. Je n’ai pas accouché par voie basse mais par césarienne par deux fois. La 1ere fois avec un obstétricien que je ne connaissais pas, sans lunettes moi qui suis bien myope, autant dire que j’étais un peu stressée. Pour mon second accouchement, quel soulagement d’apprendre que la gynécologue de garde cette nuit était celle qui m’avait suivie toute ma grossesse et que j’avais aimée dès la première rencontre. Je savais qu’avec elle tout se passerait bien, j’étais en confiance. Elle a même demandé à ce que je garde mes lunettes au bloc…et ça change toute la perception de son environnement!
    Il est possible de mettre en place des mesures même au bloc pour des accouchements plus sereins. Les choses évoluent en ce sens (pas partout et pas dans toutes les circonstances bien sûr).

    • 4
      Enfance Joyeuse

      Merci pour ton partage d’expérience !
      Je suis complètement d’accord avec toi ! Même quand il s’agit d’une césarienne, il est important de prendre en considération les besoins de la femme. Et cela passe notamment par lui assurer le plus de confort et de sécurité possible (lui donner ses lunettes, lui assurer la présence de son conjoint…) mais aussi qu’elle puisse connaitre son gynécologue. Alors bien sur, ce n’est pas toujours possible en fonction des accouchements et des situations mais comme tu le soulignes, j’ai bon espoir que nous tendions vers cet idéal prochainement 😉
      Des progrès sont en marche ! Et j’en suis tellement heureuse !
      Merci encore mille fois pour ton partage,
      A bientôt,
      Charlotte.

  3. 5
    Julia - Et maman tu deviendras

    Quel bel article Charlotte !
    Je pense à toutes les futures mamans qui te liront et qui seront j’en suis sûre éclairée et mieux informées pour leur jour J 🙂

    Pour ma part, j’ai un souvenir fort d’un besoin de mouvement. J’étais incapable de rester allongée, c’était la position la plus inconfortable de mon accouchement (avant la pose de la péridurale). Il fallait que je sois débout pour faire des mouvements circulaires de mon bassin ou sur un ballon.
    J’ai aussi eu fort besoin d’accompagnement de mon conjoint au pic de ma douleur, après 4h de contractions intenses (j’ai été déclenchée !). La douleur m’envahissait et je n’arrivais plus à m’en défaire, alors que j’avais géré chacune de mes contractions seules auparavant. Chéri m’a alors pris les mains et m’accompagné à chaque vague, en me parlant pour me détacher de la douleur et l’accepter plus facilement.

    Merci pour cet article qui me replonge dans des beaux souvenirs.
    A bientôt Charlotte <3

    • 6
      Enfance Joyeuse

      Merci beaucoup Julia de partager ton ressenti ici, avec nous.
      Certaines femmes ont ce besoin irrépressible de se mouvoir pour accompagner la vague. Et comme tu le précises, le ballon peut être précieux !
      Je trouve ça super que ton chéri ait pu t’apporter la réponse que tu attendais quand la douleur était trop présente. Vous avez vécu ce moment intense ensemble et je suis certaine que lui aussi s’est senti impliqué dans cette naissance.
      A bientôt,
      Merci d’être passée par ici,
      Charlotte.

  4. 7
    Dinette & Paillettes (Maman Pétille)

    Je trouve que les maternités font de réels efforts et essaient de plus en plus d’être à l’écoute des besoins et attentes des parents/mamans.
    De nature timide, je n’osais pas spontanément exprimer mes souhaits, mes besoins auprès du personnel soignant (la présence de mon mari par exemple, la seule personne qui parvienne à m’apaiser, le peau à peau au bloc, …). Et puis, j’ai franchi cette étape.
    Je ne regrette pas. Ils en ont tenu compte, dans la mesure du possible, et ce bien qu’ayant accouché par césarienne…

    • 8
      Enfance Joyeuse

      Merci beaucoup pour ce témoignage !
      Je suis certaine que tes mots pourront rassurer toutes les femmes qui s’apprêtent à vivre une césarienne ! Oui, c’est possible de prendre en considération nos besoins. Même si ce n’est pas toujours une science parfaite, des efforts sont faits et c’est tellement super pour vous !
      Je suis ravie de lire que tu as réussi à dépasser tes propres blocages et limites pour pouvoir t’en affranchir et vivre cette naissance comme toi tu le voulais.
      A bientôt,
      Encore merci pour ton mot,
      Charlotte.

    • 10
      Enfance Joyeuse

      Merci beaucoup pour ton retour positif Amélie !
      En effet, les femmes ont besoin d’écouter leurs besoins et ainsi, bien des accouchements s’en verraient facilités !
      A bientôt,
      Charlotte.

  5. 11
    Honey Mum

    Oui, tous, absolument !
    C’est bien de les rappeler et je suis heureuse de voir qu’on y prête de plus en plus d’attention… Moi, personnellement, c’est ce qui m’a permis d’être forte (en tout cas plus forte que ce que je pensais). Etre à l’écoute de mon corps, lui faire confiance totalement, … Toute femme qui doit accoucher devrait lire ce billet <3 Merci !
    Estefania

    • 12
      Enfance Joyeuse

      Merci infiniment pour ton retour si positif !
      Être à l’écoute de ses besoins est en effet souvent synonyme de confiance en soi et de force.
      Merci de partager ton ressenti et ton expérience avec nous !
      A bientôt,
      Charlotte.

  6. 13
    3 kleine grenouilles

    Un très bel article ! Lors de mon premier accouchement, je ne me rappelle pas avoir eu besoin de beaucoup bouger, je voulais au contraire m’allonger et je me souviens juste que je me tournais sur le côté à chaque contraction. Par contre, pour les deux autres, j’ai marché pendant des heures… En Allemagne, on a le droit de manger et de boire pendant le travail. Ma grande inquiétude était que tout se fasse en allemand mais en fin de compte, ça allait et quand je n’avais plus envie de parler allemand, mon mari traduisait.

    • 14
      Enfance Joyeuse

      Je suis si heureuse de lire que tu as pu être écoutée pendant tes accouchements. Rien que le fait qu’on te laisse boire, manger, te déplacer : t’écouter en soi !
      Merci beaucoup de partager ce qu’il se fait hors frontières ! C’est si enrichissant !
      Je comprends que la barrière de la langue ait été une inquiétude mais finalement, ça n’a pas été un frein, et c’est vraiment super ! Merci à ton mari 😉
      A bientôt,
      Charlotte.

    • 16
      Enfance Joyeuse

      J’imagine ! Quand tout le monde s’active autour et qu’en plus, nous n’arrivons pas à soulager la douleur, l’impatience doit grandir à grande vitesse !! Merci pour cet échange !
      A bientôt,
      Charlotte.

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