Accompagner l’angoisse de la séparation.

Bonjour à tous ! Je suis ravie de vous retrouver pour ce nouvel article qui traite de l’accompagnement à l’angoisse de la séparation chez les bébés. D’où vient-elle ? Comment se traduit-elle ? Et surtout, comment accompagner son bébé dans cette étape de son développement ? Je vous donne des pistes de réflexion ici :  ↓

angoisse de la séparation

  • Qu’est ce que l’angoisse de la séparation ?

Dans mon jargon professionnel, c’est un mot courant. Je l’ai appris, étudié puis observé. Je me mets à la place d’un parent qui se l’entend dire pour la première fois… « Ah mais ça ! C’est l’angoisse de la séparation, voilà tout ». J’imagine à quel point ce terme peut parfois faire peur. On ne sait pas toujours ce que ça signifie et comment l’interpréter. Pour commencer, je préfère vous rassurer : c’est une étape du développement de votre enfant. En quelque sorte, c’est « normal » qu’il traverse cette phase. Il grandit. Il élabore ! Bien sur, tous les enfants ne vont pas l’exprimer de la même façon. Pour certains ça sera assez explicite, pour d’autres ça sera plus discret. A nous d’être attentifs pour répondre à leurs besoins à ce moment là de leurs vies.

A quoi ça correspond ? Et bien, c’est assez simple ! Depuis qu’il est né, votre enfant n’a pas encore pris conscience de son corps, de l’unité de son être. Il va élaborer le fait qu’il est une personne à part entière en grandissant. Jusque ses trois ans (environ), il chemine jusqu’à finir par dire « je ». Avant cela, vers ses 8 mois (dit-on communément), l’enfant prend conscience que vous n’êtes pas lui. Il comprend que sa mère et lui-même sont deux individus différenciés. Il fait donc l’expérience d’être « seul », avec lui-même. Il ne sait pas forcément ce qu’il se passe pour vous quand il ne vous voit plus ni même si vous continuez à vivre… Imaginez son angoisse ! Ne pas savoir si la personne qu’on aime le plus au monde est toujours vivante ! En fait, il élabore la distance physique des corps et donc la séparation psychique. Bref, c’est un travail de l’esprit monumental !

Pour précision, il faut savoir que l’enfant a acquis vers ses 4 mois (d’après les dernières études) qu’un objet est présent sous un pot si on le lui montre avant de le cacher. Il comprend donc que l’objet continue d’être présent même s’il ne le voit plus. Donc, il serait logique de penser qu’il élabore aussi que les humains continuent de vivre même s’il ne les voit plus. Mais, on parle du fameux 8ème mois car ça serait à cette période là que ce serait plus simple pour l’enfant d’extérioriser sa peur. Il peut pleurer, crier, vous tendre les bras. Se faire comprendre plus facilement. C’est pourquoi on fait le lien entre les pleurs liés à la séparation et cette fameuse angoisse de la séparation.

En bref, cette période peut survenir à 6 mois comme à 12 ! Il n’y a pas de science absolue ! Chaque enfant est différent !!

De plus, en parallèle de cette élaboration, l’enfant présente une certaine réticence à quitter vos bras pour aller vers un inconnu. C’est tout à fait sain !!! C’est comme si on vous forcez à tenir la main d’un inconnu ! Certes mamie Jacqueline connait cet homme mais ça n’empêche que vous non ! Et bien, c’est pareil pour l’enfant. L’angoisse de la séparation est liée à la « peur » des inconnus… Et c’est normal ! Il devient donc moins facile de confier son enfant à quelqu’un qu’il ne connait pas. Ou qu’il connait peu ! Bien sur, si on prend le temps de faire connaissance avant de le confier, la situation est différente. Il ne s’agit pas d’une question de timidité ou du fait que l’enfant « est sauvage » ou non. Il ne faut pas se vexer en tant qu’adulte si un enfant que l’on connait peu ne veut pas venir avec nous. Au contraire, il vous prouve qu’il grandit et élabore. C’est une super nouvelle !

  • Comment observer cette phase chez mon enfant?

Chaque enfant est différent ! Il n’y a pas un enfant qui réagira de la même façon qu’un autre. De ce fait, la clé c’est vous qui l’avez. Si vous observez quoi que se soit de différent dans le comportement de votre enfant qui vous donne à penser qu’il exprime cette angoisse de la séparation… Alors vous avez certainement raison !

Concrètement, votre enfant peut avoir des attitudes nouvelles ou qui diffèrent. Il pourrait subitement refuser que vous le confiez dans les bras de sa nounou du jour au lendemain. Lui qui ne pleurait pas à la séparation, se met désormais à pleurer jusqu’à ce que vous partiez ! C’est très dur comme ressenti pour un parent mais je vous invite à ne pas vous culpabiliser. Votre enfant va cheminer et comprendre que vous revenez.

Pareil, il peut subitement réagir différemment dans une activité du quotidien. Il peut se mettre à pleurer dès lors que vous partez dans la cuisine ! Et oui ! Il ne vous voit plus ! Il peut encore passer par une phase de régression. J’ai écrit un article à ce sujet et tient à vous rappeler que cela est tout à fait normal si votre enfant vit une période comme celle-ci. 🙂

  • Mais alors comment l’accompagner ?

Voici là, la question la plus importante ! Accompagner un enfant qui vit cette période est primordiale à mon sens. Avec amour et bienveillance, on lui apprend la continuité d’exister et la permanence de notre amour pour lui. Voici donc quelques pistes de réflexion à ce sujet !

  • Penser la séparation en amont !

On ne peut pas accompagner son enfant qui vit l’angoisse de la séparation uniquement sur l’instant « T ». Il est important de l’accompagner quand on est physiquement avec lui. Travailler justement en dehors de ce temps difficile de la séparation. Comment faire alors ?

Lire des livres qui traitent du sujet de la séparation. J’avais fait un article spécifique à ce sujet. Je parle très souvent des livres de Jeanne Ahsbé qui sont parlants et très adaptés. Les personnages sont des humains comme nous et non des animaux : ce qui aide l’enfant à transposer son propre vécu. Les textes sont courts et pertinents. Et le message est bienveillant ! Je vous conseille notamment « Au revoir ».

Vous pouvez également jouer avec lui au fameux « coucou-caché ». Cela aide l’enfant à intérioriser le fait que même cachée, vous êtes là, vivante. Peut-être l’avez vous remarqué mais certains enfants se cachent les yeux quand on leur parle. Ils sont persuadés que du fait qu’ils ne vous voient plus, vous ne les voyez plus non plus ! Et bien, avec ce jeu, vous travaillez toute cette question existentielle ! Et c’est d’une aide précieuse durant la période de l’angoisse de la séparation !

Dans la même optique, vous pouvez lui proposer des jeux liés à la permanence de l’objet. Ainsi, il continue d’élaborer la question de ce qui continue « de vivre » même s’il ne le voit pas. Je vous parle par exemple des boites à trous, des boites à surprises, des caches etc…

  • Accompagner son enfant au moment de la séparation.

Comme l’un ne va pas sans l’autre, il est important que vous soyez là pour votre enfant au moment de la séparation. Je vous invite à réfléchir à vos mots au moment du départ. Je vous déconseille vivement de partir en cachète. Cela serait bien pire pour votre enfant. Au contraire, expliquez lui. Dites lui « je pars mais je reviens ». C’est important de poser des mots à votre enfant. Pareil, si c’est quelqu’un d’autre qui vient le récupérer le soir, dites lui : « Je pars au travail mais papa vient te chercher ce soir. On se revoit à la maison plus tard. » Vous aidez ainsi votre enfant, avec vos mots. Vous vous rendez vivante par votre parole.

Vous pouvez également donner des photos à la personne qui prend soin de votre enfant pendant ce temps de séparation. N’hésitez pas à lui expliquer à elle aussi qui vient le chercher etc. Cela évite les impairs ! Ainsi, cette personne pourra montrer la photo si votre enfant vous réclame et lui expliquer exactement la même chose que ce que vous lui avez dit le matin même.

Je ne peux penser cet article sans vous parler du doudou ! Cet objet transitionnel qui trouve tout son sens durant cette période d’angoisse de la séparation ! N’hésitez pas à laisser le doudou, la tétine, l’objet que votre enfant affectionne particulièrement. Il lui permet de faire le lien entre vous et lui. Il l’investit beaucoup ! D’ailleurs, certains enfants qui n’en avaient pas jusqu’alors, en choisissent un à ce moment là ! Le seul conseil que je pourrai vous donner à ce sujet serait de le laisser faire les trajets avec votre enfant. Ainsi, il me semble important qu’il puisse l’investir à la maison avec vous à ses cotés et lorsqu’il est confié. Il prendra ainsi tout son sens, et sera en plus, chargé de vos odeurs.

  • Les difficultés d’endormissement sont-elles liées à cette angoisse?

C’est parfois complètement lié ! Un enfant qui a du mal à s’endormir est parfois un enfant qui est angoissé à l’idée de se séparer de vous. Il ne sait toujours pas si lors de cette séparation des corps, vous allez continuer à vivre. C’est donc une double séparation qu’il s’apprête à vivre ! Physique et psychique. Ca peut donc créer des périodes d’endormissement très difficiles à gérer pour eux et pour vous.

Mon guide du sommeil est en ligne sur Amazon aux formats numérique et papier. Je traite cette question plus en détail et vous donne des pistes de réflexion liées au sommeil. J’aborde notamment les questions de l’environnement du sommeil de votre enfant ou de l’endormissement en lui-même pour vous accompagner.

Et vous? Avez vous vécu cette période de l’angoisse de la séparation ? Comment avez vous accompagné votre bébé ? Partagez vos expériences avec moi en commentaires 🙂 

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Comment accompagner l'angoisse de la séparation de son enfant ?

 

6 Commentaires

Ajoutez les vôtres
  1. 1
    Maman Chamboule Tout

    Comme toujours j’adore tes articles, clairs et précis ! Chez nous cette angoisse a été vraiment « visible » vers 9 mois. Même quand je quittais la pièce c’était l’horreur, mon fils se mettait tout de suite à hurler. On a été très patient,lui expliquant que papa et maman revenaient toujours et cette angoisse est partie comme elle est venue, environ trois semaines plus tard.

    • 2
      Enfance Joyeuse

      Merci beaucoup d’avoir partagé ton vécu avec nous ! Je trouve ça super que vous ayez réussi à l’accompagner en douceur dans cette phase. Au final, elle est venue puis s’est rapidement éclipsée cette angoisse… Et c’est super pour vous tous !
      A bientôt et merci pour ton petit mot très gentil <3

  2. 3
    WorkingMutti

    Je pense que ce n’est pas l’angoisse classique de la séparation, mais Isaac (à 3 ans) est très angoissée qu’on ne vienne pas le chercher le soir à l’école. Pourtant nous n’avons jamais été en retard ! Je ne sais pas du tout d’où vient cette peur … Les séparations le matin à l’école sont vraiment très dures du coup.

    • 4
      Enfance Joyeuse

      Il y a plusieurs raisons qui peuvent l’expliquer et peut être que l’angoisse de la séparation en fait partie. Il a très certainement intégré le fait qu’il est différencié de toi mais ça n’empêche que la question du fait que tu reviens toujours est peut être encore en construction 🙂 Certains livres pourraient peut être l’aider notamment ceux qui parlent de l’école, de ce qu’il fait en ton absence ou sur ce que toi tu fais au travail par exemple ? Ca peut lui être utile je pense 🙂 Mais je suis sure que ça va évoluer avec le temps. La rentrée, au final, n’est pas si lointaine et les repères ont été bien modifiés !!
      A bientôt ! N’hésite pas à me solliciter si je peux t’aider d’avantage !

  3. 5
    Virginie Neleditesapersonne

    Et bien je crois que je suis en plein dedans ! Et surtout depuis que je suis partie (2 petites nuits seulement…) et qu’il m’a vu au travers d’un écran (très mauvaise idée le facetime avec son petit !)
    Depuis, difficultés au coucher le soir et réveils la nuit. Il finit souvent dans notre lit, je me dis que si ça le rassure c’est l’essentiel (et puis j’avoue, j’aime bien ces petits câlins nocturnes – même si la fatigue commence à se faire sen tir !)

    • 6
      Enfance Joyeuse

      C’est fort possible que ça soit en effet l’angoisse de la séparation ! Et si le fait de dormir ensemble vous convient à tous les deux, alors c’est super pour l’accompagner ! J’espère que la fatigue va s’atténuer avec le temps 🙂
      A bientôt et merci pour ton commentaire !

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