Accoucher sans péridurale : le projet de naissance d’Adélaïde et David. #

Ce n’est pas sans émotion que je vous partage aujourd’hui le récit d’accouchement d’Adélaïde. Déjà maman d’une petite Cléophée, elle attendait un nouvel enfant. Elle souhaitait plus que tout accoucher de manière physiologique, sans péridurale. Elle s’est alors préparée à cette naissance, à ce projet, avec son mari David. Et puis le jour J est arrivé… Et avec, la douleur, intense. Elle se retrouve alors connectée à elle-même, dans une bulle que personne ne peut percer. Juste elle et son bébé. Et ses instincts de mammifère. La puissance animale. À son état pur. Brut. Je ne vous en dis pas plus et vous laisse découvrir ce magnifique portrait.

Pour retrouver le quotidien de cette fabuleuse famille, vous pouvez cliquer ici et découvrir leur compte instagram.

Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais je souhaitais vraiment vivre un bel accouchement. Pour Arthur, d’abord, car je suis convaincue qu’une naissance naturelle était l’idéal pour lui, mais aussi pour moi, car il me fallait guérir des traumatismes engendrés par mon premier accouchement. Puis je rêvais de vivre ces accouchements naturels et puissants dont j’avais lus maints récits.

1. Le grand départ

Le 9 avril, jour du terme. Je crains plus que tout qu’ils ne m’obligent à déclencher l’accouchement, je mets donc toutes les chances de mon côté. Séance d’acupuncture chez une sage-femme suivie d’une grande promenade en famille à Montmartre.
Dans la soirée, quelques contractions éparses. J’en avais eu régulièrement ces derniers jours, donc je n’espère rien. Mais avant de me coucher, nous partageons quand même avec David le pressentiment qu’Arthur arrivera cette nuit. Me connaissant, je n’imagine pas le départ à un autre moment qu’en pleine nuit. Et évidemment, ce fut le cas. J’étais inquiète de savoir à quel moment partir : ni trop tôt pour ne pas devoir attendre dans une salle d’attente ni trop tard au risque d’accoucher dans un taxi. Surtout que tout le monde me mettait en garde sur le fait qu’un deuxième enfant naît beaucoup plus vite…

À trois heures du matin, je me réveille sous l’effet d’une 
contraction saisissante. Je la laisse passer, habituée, et tandis que la douleur s’estompe, j’entends un grand « pop » comme un ballon qui éclate. Dans la foulée, je sens mon ventre se vider. Je comprends tout de suite que la poche des eaux a rompu (et pas qu’un peu !). 

Un sentiment d’allégement. Quelques centilitres d’eau en moins. J’appelle David en criant, je réveille Cléophée qui dormait contre moi, on lance l’organisation répétée minutieusement. Sauf que je n’arrive pas à bouger. Crise d’angoisse. Tout mon corps tremble, je suis gelée, trempée, je frissonne, une peur incontrôlable me submerge. David me demande de me ressaisir car Cléophée est à côté de moi, on ne veut pas l’effrayer. « Maman pipi » me dit-elle en touchant le drap. David s’active pour tout préparer rapidement. 
Il reste quelques détails à régler, de petites affaires à rajouter dans la valise, ma vue est trouble, je n’arrive plus à réfléchir, je suis capable de rien. Je ne me sens pas prête, j’ai bien trop peur. Peur de revivre un cauchemar comme mon premier accouchement. Je sais que les contractions lorsque la poche des eaux est percée sont plus difficiles à supporter. J’angoisse déjà de ne pas réussir à gérer la douleur alors que les contractions commencent à m’envahir. Je ne veux pas de péridurale. J’ai peur de craquer. 
De la chaleur : voilà ce qu’il me faut. Je file sous la douche. L’eau brûlante m’apaise. Mon ventre paraît dégonflé.
Ma petite sœur arrivée entre-temps (et sa capacité à ne jamais paniquer même dans des situations pareilles) m’apaise. Elle m’aide à m’habiller entre deux contractions. On embrasse Cléophée bien fort, qui est bien réveillée, comprend tout et demande à ma sœur de lui chanter des comptines. Entre deux chansons, elle confiera le prénom de son futur frère, ce qu’elle n’avait jamais fait auparavant. On descend vite grimper dans le taxi qui nous attend.

2. Arrivée aux Bluets

Dans le taxi, je suis ragaillardie, revigorée, l’esprit plus léger. L’air ahuri du chauffeur nous change les idées, il nous raconte sa vie, ça me distrait. Il est tout jeune et je suis sa « première femme enceinte », « ma copine ne va jamais me croire », « je suis un peu stressé quand même » avoue-t-il alors que je gère une contraction en soufflant. En m’extirpant du taxi, sploutch, une bonne dose de liquide amniotique coule entre mes jambes. La banquette de sa voiture l’a échappé belle.

Quatre heures. Aux Bluets, nous sommes accueillis par le chef du service qui nous fait des blagues.
– « Projet d’accouchement ?
– Naturel.
– Dans l’eau ?
– Pourquoi pas.
– Ok, on va tout faire pour. En revanche, Madame de R., vu votre taux d’hémoglobine, vous ne saignez pas, hein. »
Doué de voyance, ce gynécologue.

On se sent bien avec David. Prêts à tout. 
On nous installe dans la grande salle physio. La salle Orange. Une énorme baignoire bleue marine, un lit d’accouchement qui nous est familier, un ballon et plein de matériel médical. Une sacrée impression de déjà vu pour nous. Celle d’être deux ans en arrière. Heureusement dans une salle différente, je n’aurais pas supporté.

L’équipe se présente. Une sage-femme accompagnée d’une infirmière en formation, toutes deux adorables. Pose d’un monito pendant un petit quart d’heure, puis d’un cathéter sur ma main. Examen : je ne suis dilatée qu’à 2 alors que les contractions sont déjà féroces. Petit moment de déception et de découragement. J’ai du mal à me reconcentrer après cette nouvelle, même si la sage-femme se veut rassurante. Je m’imagine déjà rester là pendant des heures, accoucher dans 24 heures. Le bip du monito me dérange. David s’éclipse pour donner mes papiers au comptoir de l’admission. Je suis seule et me laisse complètement envahir par la douleur, en me balançant mécaniquement sur un ballon. Moment de panique intérieure. J’ai froid.

Heureusement, mon pilier revient vers moi. Il me retrouve assise sur le ballon, le legging trempé, enchaînée au monito. Il farfouille dans les sacs, prépare mes affaires. Je me change, enfile un débardeur.

En me levant les eaux coulent. C’est fou tout ce liquide transparent qui fait vivre mon bébé. 

Je m’installe sur une serviette, à cheval sur le ballon. Je pense à prendre les granules d’homéopathie, et ce sera bien la seule fois. David me masse avec de l’huile, me câline, me soutient, mais j’ai mal. L’infirmière revient, toute douce, fait cesser le bip lancinant du monito, délace mon ventre du gros élastique, mon bébé va bien. Je refuse un examen vaginal. Elle propose de me préparer la baignoire.

Se préparer à l'accouchement avec un ballon de naissance.

3. Dans le bain bleu

J’entre par la petite porte de cet immense bac bleu. À genoux, je demande de l’eau toujours plus chaude. Ça fait un bien fou, intense, immense. David tient la douche au dessus de mes reins, le temps que le bain se remplisse. Le soulagement est immédiat. Je me sens à nouveau capable, à ma place. Une mise en abyme évidente, la femme-mère dans l’eau, dans son ventre son bébé qui baigne dans le liquide, tous deux dans l’attente des eaux mélangées. Partageant la même sensation du liquide chaud et apaisant.

Les contractions vont et viennent. Je gère, courageusement. Je me sens bien même. Pourtant c’est douloureux, je respire, j’imagine Arthur qui descend, je lui parle, je nous dit qu’on va y arriver. David laisse une main sur mon épaule, je m’accroche à cette sensation. Il pense aussi à me donner à boire du jus de pomme de en temps « bois du sucre ».

Il fait sombre dans la pièce, lumières éteintes, feutrées. C’est la nuit, les minutes défilent sur l’horloge aux chiffres rouges, on les oublie, sincèrement, le temps change. Tout n’est plus rythmé que par le pic de douleur qu’il faut accepter. On lit souvent qu’il s’agit d’une transe, d’une bulle… Je ne sais pas exactement, mais pour ma part, j’ai eu l’impression d’entrer dans une temporalité différente, presque mystique. Rien ne compte à part rester concentrée, respirer, encaisser la douleur, souffler, se reposer, repartir…

L’air est chaud et humide. On se tait. Calmes. On attend. Ça monte. J’émets des sons graves du fin fond de mon ventre, comme au yoga. Je crois ne jamais avoir été si concentrée, entièrement absorbée à ma tâche. Mon corps travaille, mon cerveau s’est fait la malle. Je ne suis plus qu’un corps contenant, content d’être là, en train d’accoucher. J’imagine mon bébé parcourir un long voyage lui aussi, millimètre par millimètre. David est toujours présent et somnole pendant les pauses. Je crois que j’y reste une bonne heure, dans le bain bleu, peut-être une heure trente.

Sauf que brutalement, la douleur s’intensifie…

4. Corps bloqué…

Je n’arrive plus à accepter les pics. Ni les montées, ni les descentes. je gémis. J’essaye de changer de position, je peine à bouger, mon corps est lourd et engourdi de douleur. Quatre pattes, allongée, à genoux. Je transpire dans l’eau. Les contractions me transpercent, sont trop rapprochées, je n’ai plus de pauses pour souffler. Quand je les sens venir, j’angoisse. Pitié, pas tout de suite, pas encore. C’est terrible à vivre.

Complètement désemparée, je crie à David de faire quelque chose, je ne vais pas tenir, je suis nulle. Qu’il me sauve. Qu’il appelle, je veux la péridurale. Les contractions sont si rapprochées, je n’arrive plus à rien. Il ne s’est écoulé que deux heures depuis notre arrivée, je pense être dilatée à 4, peut-être 5. Désespoir. On appelle.

La sage-femme entre. Elle me propose du gaz. Je refuse, je ne veux rien, à part faire cesser immédiatement la douleur. Contradiction quand tu nous tiens…
Une violente contraction, j’ai l’impression que quelque chose sort de moi (c’est le cas, je laisse deviner…). Le gynécologue entre à son tour. M’observe quelques instants.

Avec le recul, je sais qu’ils ont instantanément reconnu la « désespérance ». Je ne l’ai pas vécue comme si j’allais mourir, impression que décrivent les accouchées dans les livres. Je me sentais au contraire bien vivante, avec un bébé encore plus vivant à l’intérieur de moi qui ne demandait qu’à sortir. La douleur me fait gémir, pleurer. Je veux que tout sorte, que ça cesse. Et vite.

Le gynécologue me demande si je suis d’accord pour sortir du bassin, car il voudrait pouvoir contrôler les saignements. Mon taux d’hémoglobine est trop bas, je ne dois pas perdre trop de sang. J’acquiesce. Cela m’arrange car je me sens enfermée dans ce bac. Presque claustrophobe. J’ai envie de pouvoir bouger. Elles doivent me porter hors de l’eau, mes jambes elles, défaillent.

La sage-femme me dit doucement :
« C’est normal que vous ayez mal, votre bébé va sortir ». Je suis debout, tout pousse. Mes mains appuyées sur le lit, la sage-femme attend accroupie. Je refuse à nouveau tout examen, personne ne touche un endroit si douloureux.

À ce moment, ma tête bloque mon corps. Je deviens subitement consciente, comme si une connaissance emmagasinée depuis des millénaires se réveillait, que la sortie de mon fils va être profondément douloureuse. Je n’ai pourtant jamais vécu cette expérience mais un instinct crie en moi que je vais chavirer de douleur. Le corps sait, la mémoire des gènes peut-être ?
Bloquée, terrifiée par la douleur à venir. 
Retenir la poussée, ne pas accompagner ces contractions pendant lesquelles le corps travaille à faire descendre le bébé, c’est contraire à tout ! Stupide. Mais je n’y arrive pas. Toujours debout, mes jambes se dérobent à chaque élan de poussée retenue. Instants terribles où mon cerveau reprend le contrôle conscient sur mon corps qui ne sait plus quoi faire. Déconnectée de mes réflexes mammifères, je suis embarrassée par les selles qui tombent entre mes jambes sur l’alèse jetable, que la sage femme accroupie nettoie au fur et à mesure. C’est idiot de se focaliser sur la douleur et sur des détails si triviaux.

Je ne veux plus rien, je veux que ça se finisse, mais je ne laisse plus rien aller…

5. Le cercle de feu

La sage-femme me propose de monter sur le lit d’accouchement pour trouver une position plus confortable. Je m’installe tant bien que mal à quatre pattes, seule position qui me semble acceptable. C’est difficile de se mouvoir. David se tient près de moi. Mes jambes et mes bras flagellent. L’infirmière glisse alors un ballon sous mon buste, juste au dessus du ventre. Soulagement intense. Je me laisse bercer un instant par le roulis du ballon. Pendant ce court répit, je repense au gaz, je ne vois plus comment tenir sans. L’infirmière installe le masque. Je reste quelques instants prostrée sur mon ballon, respirant de pleines bouffées. Résurrection mammifère. Je sens les angoisses s’éloigner et mon corps reprendre le dessus. Shootée mais revivifiée par mes instincts primitifs, je sais donner la vie. J’avais besoin d’un coup de pouce pour lâcher prise.

Je sens à nouveau cet élan de poussée m’envahir. C’est un mouvement entier, dans tout le corps, impossible de « pousser » à la demande. C’est vraiment le corps qui dicte le rythme. Quand cet impératif se présente à nouveau, au lieu de le refouler, je l’accompagne avec force. Cela fonctionne. On se rapproche tous les deux, mon bébé arrive. Absolument aucune idée du temps qui passe. Ni du nombre de poussées. Ni des pauses entre deux. Je suis déconnectée du temps.

À un moment, je sens quelque chose à l’orée de mon sexe. Il me faut toucher. Une sensation gluante et molle, comme une pâte à brioche dans laquelle il y aurait trop de beurre (c’est vraiment ce qui m’est venu à l’esprit). Mes doigts s’y enfoncent. La sage-femme me dit : « vous touchez la tête de votre bébé ». Panique… je suis persuadée de lui avoir fait un trou dans la tête, j’ai appuyé trop fort, je l’ai écrasé. La sage-femme me rassure.

Une poussée encore plus douloureuse que les autres. La sage-femme m’avertit : « un cercle de feu va s’ouvrir et ton bébé va passer à travers, accompagne-le ». Je suis prévenue, mais la violence de la douleur ressentie est inimaginable. La métaphore du cercle de feu est définitivement insuffisante. Il faut inventer autre chose, une brûlure fait bien moins mal.

6. Arthur

J’ai toujours pensé que la tête sortait d’un coup. Non, il faut plusieurs poussées. Le pire, la pause interminable entre deux, écartelée. Car il faut attendre, la vulve en feu, que le corps se lance à nouveau dans une poussée salvatrice. C’est d’une contradiction folle, la poussée si douloureuse mais qui soulage tant à la fois.

J’aspire le gaz pour supporter. À plein poumons, sans retenue. David me racontera que je me suis même endormie. Devant sa surprise, la sage-femme lui répond : « c’est normal, laissez-la ». À ce moment, je suis en transe. Ou complètement shootée.

C’est pleinement consciente à nouveau que je parviens à expulser la tête de mon bébé, non sans hurler des obscénités que je tairai dans ce récit. Mon sens de la pudeur et de la retenue n’est plus. L’équipe se rappellera de moi, me dira-t-on.

Ça n’est pas fini. Les épaules coincent. Moi qui croyais qu’après la tête, tout était plus facile. Je sens gigoter entre mes jambes et cela ravive la douleur. « Arrêtez de le bouger » crie-je. « C’est lui… » me répond la sage-femme, « nous on ne touche rien ». Je hurle : « Tirez-dessus, faites-le sortir ». Il paraît que ce fut rapide, mais j’ai l’impression que cela a duré des heures. 
J’attends encore l’envie de pousser. On m’encourage, il paraît que je me débrouille très bien. J’ai envie de gifler toutes les personnes présentes dans la salle. David surexcité : « il arrive, continue ! » Je n’entends rien, seulement mes hurlements. Paradoxalement, je me sens incroyablement forte et puissante. Les sensations oscillent.

Le soulagement, féroce, intense, inégalé de l’expulsion. Toujours à quatre pattes, mon bébé est accueilli par la sage-femme. Posé sous mon corps, sur le lit. Je baisse la tête et découvre Arthur pour la première fois. Incroyable, de le voir, lui qui était à l’intérieur de moi quelques secondes auparavant. Il me paraît immense, un petit corps potelé rose foncé, qqs filaments sanguinolents, peu de vernix, le cordon bleu enroulé à côté de lui. On est toujours relié. Mon bébé enfin là. « Prenez-le contre vous ». J’en suis incapable, abasourdie et épuisée. 

Je n’ose plus bouger de peur de m’écrouler. Que la douleur ne revienne. Je savoure le répit. « David prend-le, vite, dans tes bras. » Je le vois serrer ce petit être contre son torse. Je chavire.
Je ne sais pas quand est coupé le cordon, je ne sais pas par quels moyens j’arrive à m’allonger. Je suis vidée. J’ai un souvenir très flou de David qui pose Arthur contre moi. Qu’instinctivement, je le pose contre mon sein. Il tète. On est liés à nouveau.

Cette fois, j’ai aimé accoucher. Malgré la mer infinie de douleur. J’en sors forte, femme et puissante. J’ai connu cette expérience pleinement. Mon corps a accouché seul. J’ai guéri. Je suis fière de nous avoir offert cette naissance.

Je te remercie du plus profond de mon coeur Adélaïde de m’avoir permis de partager ton récit ici. Je suis si heureuse de montrer à voir la puissance du corps de la femme. Oui, accoucher sans péridurale est possible. Alors, encore merci et je vous souhaite beaucoup de bonheur à tous les quatre.

Et vous ? Seriez-vous tentée d’accoucher de manière physiologique, naturelle et sans péridurale ?

Si vous souhaitez découvrir d’autres histoires d’accouchement, je vous invite à découvrir la section des témoignages en cliquant ici.

Si vous souhaitez accoucher sans péridurale, je vous invite à retrouver le témoignage de Marnie qui a vécu « un accouchement parfait » (en cliquant ici)

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Accoucher sans péridurale : le choix d'Adélaïde.

  1. 1
    hel ta

    magnifique histoire ! autant de sincérité, je n.avais jamais lu une telle histoire. Je ne m’imaginais pas les choses de cette manière ! ça donne vraiment envie d’accoucher de cette façon si naturelle… de vivre cette magie primale… merci en tout cas

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