Fanny et son accouchement à domicile. #

C’est avec beaucoup de joie que je vous retrouve aujourd’hui vous vous partager l’histoire de Fanny. Si vous me suivez sur Instagram, vous avez pu voir que j’ai été assez étonnée de voir que l’accouchement à domicile est finalement assez peu répandu en France. Fanny, et son conjoint, ont décidé de donner naissance à leur enfant dans la chaleur de leur foyer. Elle a accepté de partager leur expérience avec nous aujourd’hui. Je vous laisse donc découvrir son témoignage.

récit accouchement à domicile Aad

Chère Fanny, peux tu nous en dire plus sur ta famille ?

J’ai 27 ans, je vis dans la Drôme. Je suis en couple avec Jordy, il est infographiste et je suis éducatrice de jeunes enfants. Nous avons un petit garçon, Jules, qui a 2 ans et demi. Leo vient de nous rejoindre, il a 2 mois. 

Pourquoi avez vous choisi de donner naissance à votre enfant à votre domicile ? 

Pour pouvoir vivre une naissance physiologique et respectée. Pour moi, l’hôpital c’est quand on est malade. L’accouchement en maternité est souvent surmédicalisé, ce qui entraîne des complications, des violences obstetricales, un taux élevé de césariennes, de voies basses instrumentales… À la maison, on accouche avec une sage-femme, en sécurité, et on peut choisir la manière de vivre son travail, la position… La sage-femme effectue un suivi global : elle suit toute la grossesse, accompagne l’accouchement, les suites de couches… On établit une vraie relation de confiance. Les seules conditions sont d’avoir une grossesse simple, non pathologique, et un hôpital à moins de 30mn de route de la maison. Pour mon premier accouchement, je me suis retrouvée face à plein d’inconnus (médecin, sage-femmes, auxiliaires), face à plein de protocoles, dans un lieu aseptisé, littéralement nue. J’ai eu une episitomie sans en être avertie, on m’a obligée à accoucher sur le dos. Ça a ete très violent pour moi. J’ai eu l’impression qu’on me gachait mon accouchement. Pour cette seconde grossesse, je voulais vivre cette naissance le plus sereinement possible et d’une belle manière. 

N’a t’il pas été trop difficile de rencontrer une sage femme prête à vous suivre dans cette aventure ? 

Heureusement nous vivons dans un département où il y a plusieurs sages-femmes qui proposent d’accompagner les accouchements à domicile. Dans certains départements il n’y en a pas du tout… La situation des sages-femmes AAD (accouchement à domicile) est très compliquée, elles sont de moins en moins nombreuses. Donc pour nous, ça a été facile de trouver notre binôme de sages-femmes AAD. 

Quel suivi de grossesse as tu eu ? Etait il différent de celui de ta première grossesse ? 

Complètement ! Pour ma première grossesse, j’étais suivie par un gynécologue, tous les mois c’était échographie et toucher vaginal. Pour cette seconde grossesse, j’ai fait 3 échos, zéro toucher, zéro monitoring. Je m’étais renseignée sur les examens nécessaires et ceux superflus, imposés aux femmes souvent sans raison valable. 

Quel accueil as tu reçu à l’annonce de votre choix de naissance de la part de tes proches, du personnel médical ? 

Au niveau médical, j’ai préféré ne pas en parler, je ne voulais pas débattre des soit disant dangers de L’AAD. Seule ma généraliste etait au courant, car c’est elle qui a assuré la première visite de Léo, qui se fait habituellement en maternité. Elle n’a pas commenté notre choix, mais jai bien compris qu’elle n’était pas pour.

Nos proches, quant à eux, ont été très surpris. La plupart ont trouvé notre démarche intéressante et nous ont beaucoup questionné. Ceux qui ne comprenaient pas ont gardé leurs remarques et leurs craintes pour eux, et je les en remercie. Je ne voulais pas être parasitée par des peurs qui n’étaient pas les miennes. 

Quelles ont été tes ressources durant la grossesse ?

Mes personnes ressources ont été mes sages-femmes, ainsi qu’un groupe de parole pour futurs parents auquel nous avons participé. Ensuite j’ai beaucoup appris et échangé grâce au groupe Facebook échange sur l’accouchement à domicile. Au niveau lectures, mes livres phares etaient Accouchement, les femmes méritent mieux (Marie Hélène Lahaye) et Intimes naissances (Juliette et Cécile Collonge). 

Quelles étaient tes craintes liées à cet accouchement ? 

Ma plus grande crainte était de ne pas réussir à gérer la douleur, et de devoir être transférée à l’hôpital. Je n’avais pas d’autre peur, je savais que mes sages-femmes sauraient détecter un éventuel problème et réagir à temps. 

Comment t’es tu préparée à cet accouchement magnifique ?

Je me suis préparée avec des lectures de récits d’accouchements, de livres, par des discussions avec nos sage-femmes… Pour la maison, on avait tout un carton de matériel demandé par les sages-femmes et la piscine qui attendaient le jour J au cellier. 

Comment s’est déroulée la naissance? Le jour J? 

AAD accouchement à domicile

Le travail à commencé lundi 26 novembre en fin de soirée,vers minuit. Jusqu’à deux heures du matin, j’ai réussi à le gérer seule. A 2h j’ai réveillé Jordy, j’avais besoin de lui pour préparer la maison : bacher le canapé, gonfler la piscine, appeler les grands-parents pour qu’ils viennent chercher Jules… Vers 2h15, la douleur est devenue ingérable, les contractions étaient trop fortes. J’ai demandé à Jordy de prévenir notre sage-femme. J’étais dans une bulle, je tournais autour des tables en pestant, je criais de douleur, j’essayais de garder en tête des images positives de mon bébé en route pour nous rencontrer. A un moment, j’ai ressenti un poids ‘tomber’ dans mon ventre, la poche des eaux a éclaté et la tête est apparue directement. J’ai appelé mon homme qui m’a aidé à aller m’installer sur le canapé. Pour le coup j’avais le choix de la position d’accouchement, j’ai écouté mon corps, j’avais envie d’être à 4 pattes. Ça a plutôt bien fonctionné, Leo est né en moins de 10mn! Jordy etait là pour l’accueillir, je me souviens clairement du moment où je me suis retournée après l’expulsion et où j’ai vu Léo dans ses bras… Tout petit, encore plein de vernix, couleur gris blanc… Je n’oublierais jamais cette image magique. On s’est installés bien au chaud, Leo a rapidement cherché mon sein, Jordy a été réveiller Jules pour qu’il rencontre son frère. On a passé quelques minutes irréelles tous les quatre, puis ma  sage-femme est arrivée, suivie par papi qui venait chercher Jules. 

Quand nos proches ont été au courant, je me suis rendue compte que beaucoup n’avaient pas compris l’approche physiologique de L’AAD. On m’a demandé si Jordy avait du faire une manœuvre pour sortir Leo, si il avait du couper le cordon sans la sage-femme… Ce sont des actes souvent pratiqués en maternité, mais pas nécessaires… La femme sait accoucher par elle-même, et mieux vaut effectuer une  clampage tardif du cordon, pour que le bébé récupère tout le sang et augmente ainsi son taux de fer.

Vraiment, L’AAD ouvre sur un nouveau monde où l’on apprend énormément de choses passionnantes sur la puissance des femmes et l’importance de respecter la physiologie. 

J’imagine quel magnifique souvenir vous en garderez.. Aurais tu des conseils à donner aux femmes qui souhaiteraient vivre cette aventure elles aussi ? 

De se faire confiance, et de trouver un professionnel avec qui elles se sentent bien pour les accompagner au mieux. Aussi, garder en tête que l’accouchement est une expérience puissante et assez violente. On nous ‘vend’ une image rose et lisse de la maternité. Dans Baby boom par exemple, on déresponsabilise la femme en la montrant ‘se faire accoucher’  par des figures d’autorité, passive, sur un lit d’hôpital, et surtout sans bruit et sans douleur ! Alors qu’en réalité les femmes sont tellement puissantes… L’accouchement est une merveilleuse source d’empowerment. Bref, mon conseil c’est de se renseigner et de vivre ce qu’on a envie de vivre, en toute confiance. 

Je remercie Fanny pour ce témoignage sans filtre. J’espère qu’il aura pu donner confiance aux couples qui souhaitent suivre cette voie. Oui, c’est possible. Même en France.

Et vous ? Tentée par l’aventure de l’accouchement à domicile ?

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Fanny nous raconte son accouchement à domicile (AAD) : comment elle s'y est préparée, comment s'est passé le jour J, et nous livre ses précieux conseils.

  1. 1
    Louise

    Fanny quelle audace et quel courage parce qu’il en faut aujourd’hui je trouve pour faire ce genre de choix et braver les commentaires des uns et des autres. Une naissance naturelle qui donne envie. Bienvenu à Léo.

    • 2
      Enfance Joyeuse

      Merci à toi Louise pour ce gentil commentaire.
      L’accouchement à domicile est bien souvent un réel choix motivé par des convictions profondes mais malheureusement, comme tu le soulignes, les parents sont souvent confrontés aux commentaires des uns et des autres. Et c’est dommage !
      A bientôt,
      Merci pour ton passage ici,
      Charlotte.

    • 4
      Enfance Joyeuse

      Merci pour ce partage ! En effet, c’était un accouchement express !
      Finalement, tu as fait toute la phase du travail chez toi j’imagine ? C’est un petit peu un accouchement à domicile en quelque sorte 😉
      A bientôt,
      Charlotte.

  2. 7
    Maman Chamboule Tout

    Quel beau témoignage ! Je pense que si j’ai un jour un autre enfant il naitra soit en maison de naissance, soit chez nous, même si je garde globalement un bon souvenir de mon accouchement à l’hôpital. Mais mon point de vu sur cet acte naturel a beaucoup évolué…

    • 8
      Enfance Joyeuse

      C’est un très joli projet ! Je pense qu’il est nourri par tout ce cheminement que tu as fait ! 🙂
      Mais comme tu le précises, accoucher à l’hôpital n’est pas toujours synonyme de mauvais souvenirs 😉
      A bientôt,
      Charlotte.

  3. 9
    Une mummy

    C’est une expérience que j’aurais aimé vivre…mais les maternités sont trop loin s’il y a un problème et pas de sages-femmes AAD dans mon département… alors pour ma puce, j’ai fait les 9/10e du travail à la maison et n’ai accouché qu’en 23 minutes à l’hôpital ! Aucun regret, je trouve aussi que l’atmosphère et l’accueil de l’hôpital gâchent un peu ce moment magique. Pour Numérobis, je serais tentée de faire pareil mais étant du genre à accoucher très vite, j’ai peur de me faire surprendre !

    • 10
      Enfance Joyeuse

      Malheureusement ce n’est en effet pas toujours réalisable même si les parents souhaitent vivre la naissance dans leur maison.
      Je trouve que c’est un super compromis que de faire une grande partie du travail à la maison et d’accoucher à l’hôpital.
      J’espère que tu pourras faire pareil pour ce bébé à venir. Mais je comprends que si tout se passe vite, tu aies peur d’accoucher seule chez toi (ou dans la voiture).
      Peut-être que tu peux te renseigner auprès de ta sage-femme ou de la maternité pour voir s’il n’y a pas une salle nature ? Peut-être que ça serait un peu plus cocooning comme ambiance et donc plus en lien avec tes envies. ?
      A bientôt,
      Merci pour ton commentaire !
      Charlotte.

      • 11
        une mummy

        Je m’étais renseignée, c’est une toute petite maternité donc l’équipement est minimal: pas de salle nature, mater de niveau 1 seulement. Néanmoins, malgré de gros couacs pendant mon travail, j’ai pu pousser comme je le voulais (en même temps, pas besoin de guidage sans péri, le corps fait tout seul) et ça c’est déjà pas mal.

    • 13
      Enfance Joyeuse

      Chaque femme a des besoins et envies qui différent pour l’accouchement ! L’essentiel c’est de trouver un lieu qui nous correspond à nous 😉
      Merci pour ce partage !
      A bientôt 🙂

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