Accompagner les interdits avec un jeune enfant.

Bonjour à tous ! J’espère que vous allez bien et que votre reprise s’est bien passée ! Aujourd’hui, il me tient à coeur de vous parler des interdits que l’on pose aux enfants et de la manière de le faire au quotidien. Quand l’enfant grandit, on va être, de fait, obligé de poser plus de limitations et d’interdits dans son quotidien. C’est un fait. Mais comment faire pour que cela soit vécu de manière adaptée par l’enfant ? Comment s’y prendre ? J’essaie de vous donner des pistes ici. ↓

Pourquoi doit-on poser des interdits ?

Vous l’aurez certainement remarqué, plus votre enfant grandit, plus vous allez être dans l’obligation d’intervenir dans ses découvertes. Parfois, l’enfant se met en danger, ou atteint au bien-être des autres ou abime du matériel. Bref, les raisons sont variées ! Ce qu’il faut savoir dans un premier temps c’est que l’enfant ne fait pas « exprès ». Depuis qu’il est né, tout ce qu’il fait, vous fait sourire. Il prend un jeu et le jette par terre en vous regardant. Il vous est surement arrivé de lui sourire en lui disant « petit coquin ». Petit à petit, à force de répétitions, l’enfant va comprendre que toutes ses actions ne provoquent pas toujours votre sourire. Il va faire l’expérience de votre désapprobation. Il ne va d’ailleurs pas forcément la comprendre. C’est aussi pour cela qu’il pourra répéter son comportement en espérant, en vain, que cette fois-ci vous rigolerez avec lui.

L’enfant n’a pas de notion de « bien » et de « mal » quand il vient au monde. C’est une construction qu’il fera grâce à votre aide. Il a besoin de temps pour l’expérimenter. Ainsi, la question des interdits est à élaborer. 🙂

Cependant, les interdits sont fondateurs dans notre société. Il y a des choses que nous avons le droit de faire. D’autres choses que nous n’avons pas le droit de faire. C’est ainsi. Se sont des règles. Pour les enfants, la question des limites et des interdits est donc fondamentale.

En revanche, il n’est pas question de tout interdire. Il faut que les interdits aient du sens. C’est comme pour nous, on ne peut pas nous interdire tout et n’importe quoi. On a besoin de comprendre le pourquoi du comment. Pour un enfant, c’est la même chose !

Il est donc important que les interdits soient toujours les mêmes. Ils doivent être limités à des domaines précis. Pareil, ils doivent être justifiés. « Tu n’as pas le droit de faire ça CAR… ». Et enfin, il est primordial que ces interdits soient fermes et légitimes auprès de toutes les personnes qui prennent soin de votre enfant. Le plus important est bien sur auprès des deux parents de l’enfant. Il faut que les personnes que l’enfant aime le plus au monde aient des notions semblables des principes « permis » et « défendus ». Cela permettra à l’enfant de comprendre que c’est une norme, que c’est légitime de ne pas faire telle ou telle chose. Les adultes sont d’accord avec cela. Cela l’aidera à construire la notion d’interdits.

Si l’adulte est tolérant et non agressif, qu’il tolère ses besoins d’expérimentations sans « tout céder » à l’enfant, il pourra intégrer les interdictions. Il a besoin de vous pour y arriver. Il a besoin de votre aide. Mais il a aussi besoin de temps. Ce sera nécessaire pour lui d’expérimenter le « non » pour construire l’interdiction.

Maintenant que nous avons fait un petit tour sur la question des interdits, voyons comment les accompagner très concrètement.

Poser des interdits.

Quand on pose un interdit à un enfant, il est important de réfléchir à la manière de le faire. Voici que ce que je pourrais vous conseiller d’essayer avec votre jeune enfant :

  • « Non ». Dire « non » au moment où l’enfant fait quelque chose qui est interdit. Il va comprendre par la négation, votre posture et votre attitude qu’il n’est pas autorisé à faire telle ou telle chose. Je vous déconseille de lui dire : « ne fais pas ça ». Car l’enfant ne comprend pas les phrases négatives. C’est un peu comme si je vous disais : « ne pense pas à une voiture ». Vous avez fait quoi? Vous avez pensé à une voiture n’est ce pas ? Et bien voilà ! On y est ! C’est exactement la même chose pour les enfants ! Je vous invite donc plutôt à dire un « non » simple et concis.
  • « Je t’arrête ». Si l’enfant insiste et réitère son geste et que ce dernier est interdit, vous pouvez essayer cette phrase avec un geste de votre main pour arrêter l’enfant. Cela peut être utile quand l’enfant essaie de vous taper par exemple et que le « non » ne suffit pas. Vous allez certainement être dans l’obligation d’arrêter son geste. De plus, poser des mots tels que « je t’arrête » me semble pertinent. Pourquoi? Car nous nous adressons nous-mêmes à l’enfant. On utile le « je » et le « tu » de manière à lui faire comprendre que son geste a une incidence sur nous et que nous ne sommes pas d’accord. Ainsi, nous individualisons chacun : l’enfant et nous-mêmes.
  • « Stop ». Ce mot peut devenir une alternative au « non ». Il signifie également que ce n’est pas autorisé.

Pour la petite anecdote, je me suis rendue compte qu’on a souvent tendance à lever notre index en l’air quand on dit « non » ou « stop ». Et les enfants, dans leurs jeux, nous imitent. Ça me questionne… Et vous ? Vous en pensez quoi ? 😉

Expliquer les interdits.

Dire « non », c’est bien. On intervient directement sur le comportement de l’enfant pour lui faire comprendre que ce n’est pas toléré. En revanche, cette interdiction verbale ne se suffit pas à elle-même. Il me semble primordial d’expliquer pourquoi on interdit telle ou telle chose à l’enfant ! Il est fondamental de mettre du sens pour que l’enfant structure ce « non ». « Je t’ai dis non car ta soeur aurait très mal si tu lui tirais les cheveux ». Il me semble également important d’être dans l’empathie vis-à-vis de son enfant. « Je comprends que tu aies eu envie de le faire. » De cette manière, on ne diabolise pas le comportement de l’enfant. On ne le juge pas lui par ses comportements. Etiqueter un enfant, lui dire « tu es méchant », c’est le réduire à son comportement. Il n’est pas méchant, il expérimente.

C’est aussi pour cela que suis contre le terme de « caprice » pour les jeunes enfants. « Il est capricieux ». Non, il exprime juste sa frustration. Il n’est pas en capacité de faire telle ou telle chose en espérant une réponse de votre part.

Et puis enfin, si l’enfant exprime une émotion, je vous invite à l’accueillir. Cela permettra à votre enfant de se construire, de se sentir reconnu et aimé. Autant de piliers fondamentaux à son développement serein. 

Offrir d’autres possibilités.

Une fois que l’interdit a été posé et expliqué, je vous conseille d’ouvrir le champ des possibles à votre enfant. Ainsi, il pourra faire ses expérimentations. Il aura été frustré. Bien que la frustration fasse partie de la vie, il pourra tout de même trouver un moyen d’expérimenter ce qu’il souhaitait faire. Cela renforcera sa confiance en lui, son sentiment de compétence, son sentiment d’être reconnu en tant que personne à part entière. Comment faire ? Dans l’exemple présenté en amont, vous pourriez dire à votre enfant : « je t’invite à tirer les cheveux de la poupée si tu le souhaites. » Certes, la poupée ne va pas se mettre à hurler et la texture du cheveu n’est pas la même mais c’est bien là la raison de notre interdit. On accepte pas que son enfant tire les cheveux car ça fait mal. On ne va pas lui proposer de nous le faire à nous par exemple. Ca n’aurait pas de sens. En revanche, la poupée n’aura pas mal. Il peut tirer dessus et faire cette expérimentation sensorielle. Il essaiera très certainement de réitérer cela sur sa soeur car il souhaite profondément aller au bout de son expérience. A ce moment là; il faudra à nouveau l’accompagner de la même façon. Ca sera frustrant pour lui, il ne pourra pas tester « sa puissance » mais c’est aussi ça de grandir. Accepter les interdits.

Dans tous les cas, vous allez être amené à poser de plus en plus d’interdits. Proposer des alternatives est vraiment intéressant pour que l’enfant se sente reconnu. Je vous invite à le faire dès que possible. Comme je vous le disais, l’enfant ne fait pas cela pour vous énerver. Il n’a pas encore conscience de lui-même, alors de vos sentiments… 😉 Il s’essaie juste. Bref, il grandit. Et cette question des interdits fait désormais partie de son quotidien. A nous de l’accompagner au mieux dans cette nouvelle période de sa vie 🙂

Et vous ? Comment accompagnez-vous les interdits avec votre enfant ? Utilisez-vous d’autres méthodes ?

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Comment dire "non" à son enfant ? Quels mots choisir pour poser un interdit ? Quelle attitude adopter ? C'est à ces questions que cet article répond ! #interdits #enfant #non #terribletwo

8 Commentaires

Ajoutez les vôtres
    • 2
      Enfance Joyeuse

      Et oui, c’est peut-être ça le plus dur à garder en tête… Mais en fonction de l’âge de l’enfant : il ne nous « cherche » pas, il expérimente 🙂
      Merci pour ton commentaire !

  1. 3
    Estelle

    Grosso modo je suis d accord avec ton article et j applique les mêmes grandes idées avec ma fille. Par contre mon point de vue est un peu différent par rapport au début de l’article et au fait de garder les mêmes interdits quelque soit la personne référente de l’enfant. Pour moi, il est très enrichissant pour un enfant de comprendre que selon les lieux, les personnes qui le garde er pourquoi pas les moments de la journée, les interdits ne sont pas les mêmes. Par exemple: chez mamie on ne va pas chercher son assiette seule dans le placard, à la maison si. Au parc on ne jette pas de cailloux, seul face à la mer pour faire des ricochets on peut…
    Par contre dans le fonctionnement habituel de la maison, je te suis complètement que les regles/interdits doivent rester les mêmes avec papa ou maman!
    J ai découvert ton blog depuis peu et je le trouve super, je me retrouve completement dans tes articles, merci à toi pour cet investissement!!!

    • 4
      Enfance Joyeuse

      Merci pour ton gentil commentaire !
      Je suis entièrement d’accord avec toi, l’enfant peut s’adapter aux différentes règles de vie en fonction des lieux et des personnes ! Je parlais plutôt des limites et interdits immuables (ne pas taper, ne pas mordre…). Ça permet à l’enfant de comprendre que ce ne sont pas des comportements qui sont acceptés en société. Et comme tu le dis, à la maison, je pense que c’est facilitant pour l’enfant si les règles sont les mêmes 🙂
      Merci encore pour ton passage sur le blog, d’avoir partagé ton avis et ton expérience de maman avec nous,
      A bientôt,
      Charlotte.

  2. 5
    Workingmutti

    J’aime beaucoup cette manière de voir les choses :). Parfois quand on lit certains billets sur différents blogs, on a l’impression qu’interdire quelque chose à son enfant devient tabou. Je pense au contraire qu’il est sain en tant que parent de vouloir protéger son enfant et de faire qu’il s’intègre par la suite dans le groupe social avec ses petits camarades. Un enfant qui fait mal par exemple sera mis au banc, et c’est lui qui va souffrir, mais d’une autre façon.

    Ici aussi on essaie de tout expliquer. Isaac a tendance à frapper alors il faut physiquement intervenir, surtout lorsque c’est vis à vis de son petit frère d’un an.

    • 6
      Enfance Joyeuse

      Je suis d’accord, ça devient tabou. Je ne parle pas de punitions car je ne pense pas qu’il y ait d’intérêt en fonction de l’âge des enfants mais en revanche, les limites et les interdits existent. C’est fondateur. Les enfants en ont besoin selon moi.
      J’imagine que ca ne doit pas être facile au quotidien d’expliquer à Isaac, encore et toujours, pourquoi il ne doit pas taper. J’espère que vous allez réussir à l’accompagner dans cette phase là 🙂
      Merci d’avoir partagé ton expérience avec nous et à bientot 🙂

  3. 7
    queenofthetribu

    Je suis complètement d’accord ! Lorsque nous posons un interdit, nous expliquons pourquoi, ce n’est pas juste un non catégorique et dictatorial. On essaye au max de les accompagner, surtout les 2 ados, pour éviter qu’elles fassent de grosses boulettes seules. On autorise progressivement certaines choses, avec notre aide

    • 8
      Enfance Joyeuse

      Merci beaucoup pour ce partage ! C’est vrai que sans explication, les interdits et les « non » sont plus compliqués à gérer pour les enfants. Et c’est aussi très important qu’ils évoluent avec l’âge des enfants ! 🙂
      A très bientôt,
      Merci de ton passage ici,
      Charlotte.

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