4 grossesses, 2 bébés. #

Bonjour à tous ! Je suis ravie de vous retrouver aujourd’hui pour le portrait d’Anais. Ce témoignage est authentique et rempli d’amour. Merci à toi d’avoir partagé ton histoire avec nous. Bonne lecture à tous !↓

portrait Anais

Commençons par le début. En fait, j’ai d’abord eu une première grossesse et j’étais tellement contente que je l’ai dit à tout le monde dès le premier mois. Malheureusement, j’ai fait une fausse couche un peu après 2 mois. J’étais en vacances en Corse et bien entourée. J’ai appris à ce moment là, pourquoi les femmes « ne doivent pas » annoncer leur grossesse avant les 3 mois. Il y a en fait environ 1 femme sur 4 qui fait une fausse couche avant les 3 mois (très souvent, la femme ne savait même pas qu’elle était enceinte). C’est un vrai tabou et j’étais un peu choquée d’apprendre tout ça sur le tas. Il commence a y avoir quelques femmes sur le net qui veulent arrêter ce « secret des 3 mois » et qui trouvent ça idiot de ne rien dire à personne si on fait une fausse couche. Ce traumatisme reste encore bien secret pour de nombreuses femmes. On peut même recevoir des commentaires tels que « ce n’était que le début de la grossesse, tu ne sentais rien, ce n’est rien! » Notre corps a tout de même reçu la vie (aussi infime qu’elle ait pu être), il s’en souvient.

Un an plus tard, je me suis mariée puis nous avons retenté une nouvelle grossesse. J’ai été enceinte quelques mois après notre décision. J’étais assez sereine mais encore une fois, je n’ai pas pu garder mon secret très longtemps. J’ai eu très vite de grandes nausées. Il m’arrivait de vomir 17 fois par jours. Je sortais peu car je vomissais dans la rue et je ne regardais pas la TV car les images me rendaient malade. Au travail, je suis professeur, c’était infernal. Je partais en courant  aux toilettes en plein milieu d’une phrase. Les élèves ne comprenaient rien. Et légalement, j’étais en faute car je n’ai pas le droit de laisser une classe seule. Le pire souvenir fut le jour où j’ai une nausée incontrôlable alors que je conduisais. J’étais seule dans ma voiture sur un embranchement d’autoroute. J’allais au travail… Mon médecin de famille ne savait pas quoi me dire. Il m’a donné de l’homéopathie puis m’a demandé de faire de l’acuponcture. A cette époque, je ne savais pas que ma maternité proposait des séances au sein de ses locaux. J’ai pris une adresse au pif sur Internet mais l’acuponcteur n’avait pas l’habitude de traiter des femmes enceintes. Le lendemain, j’étais deux fois plus malade. Je ne pouvais rien manger. J’ai gardé le même poids tout au long de ma grossesse. Mon médecin ne voulait pas me donner de congé pour ça car il avait peur d’être inspecté…Je l’ai assez mal vécu car les médecins me répétaient sans cesse que ce n’était « que psychologique », que je n’étais pas malade. Et puis à l’école, on en avait marre de mes absences au compte goutte. Mon mari découvrait le monde de la grossesse comme moi et ne savait pas quoi me dire. De nature réservé, il n’avait pas les mots pour me réconforter mais il y avait ses bras.

Puis un jour, j’en ai parlé à mon gynécologue de la maternité. Il m’a dit qu’il me fallait un arrêt de 3 mois. J’ai continué a avoir des nausées  jusqu’a à mes 6/7 mois de grossesse environ. Mon bébé n’a jamais été en souffrance car, même sans manger, mon corps donnait tout ce qu’il fallait à mon bébé. La seule personne avec des carences, c’était moi. Puis j’ai retrouvé de l’énergie et ma fin de grossesse était top. Mon petit garçon est né avec un poids tout a fait normal et 10 jours en avance. Il est en pleine forme 🙂

Pour l’opinion publique, ma troisième grossesse n’en n’est pas une alors que pour le corps médical, s’en est une. J’ai eu une grossesse « extra utérine ». C’est à dire que j’ai eu une fécondation qui est restée dans une de mes trompes car j’avais un stérilet. Un jour, j’ai eu très mal au ventre. J’ai appelé le 15 pour être conseillée. Je voulais juste savoir s’il fallait que je consulte un médecin mais en décrivant mes symptômes, ils m’ont envoyé une ambulance. Je me suis retrouvée à l’hôpital. J’ai été très bien prise en charge et je suis ressortie le soir même avec une trompe en moins. Tout est allé très vite, je n’ai pas bien compris ce qui m’arrivait mais comme pour ma fausse couche, le corps médical m’a expliqué que ça arrivait souvent. On a dû m’enlever la trompe car il fallait mieux ne plus rien avoir plutôt que de garder une trompe abîmée. Mais, lorsque cela arrive, il est possible d’extraire la grosseur sans rien abîmer.  J’ai eu peur de ne plus pouvoir refaire d’enfant mais ce n’était pas le cas. Cela m’enlevait seulement 15% de chance et non 50%. Au final, cela nous a motivé à avoir un autre enfant assez rapidement.

Quelques mois plus tard, j’étais enceinte de ma fille. Et pour continuer dans la série des bizarreries, je n’ai pas eu le temps de me réjouir car j’avais des saignements. Je suis allée illico à l’hôpital. Il m’ont confirmé ma grossesse et m’ont suivi quelques jours juste pour vérifier que l’embryon se loge au bon endroit. J’ai eu ensuite peur d’avoir de nouvelles nausées comme pour mon petit garçon puisque de toutes façons « c’était psychologique ». J’en ai eu quelques unes, une fois par jour, en me levant mais rien de comparable avec mon autre grossesse. Néanmoins, à ma première prise de sang vers 3 mois, le laboratoire m’appelle un vendredi soir vers 19h pour me dire que j’avais attrapé « le cmv » et qu’il fallait que je vois mon gynécologue. Je leur ai demandé ce que c’était mais ils étaient incapables de me répondre. J’ai eu beaucoup de mal à avoir des informations sur le sujet. Mon gynécologue m’a donné un rendez vous avec une spécialiste à l’hôpital. Nous stressions pendant plusieurs jours car il fallait faire des examens plus approfondis pour « dater » l’infection. On a regardé un épisode « des maternelles » qui en parlait mais cela restait flou. On nous a alors expliqué  que c’est un virus qui s’attrape le plus souvent lorsqu’on a de jeunes enfants autour de nous. C’est un virus assez mal connu. J’ai été suivi tous les mois pour voir si des malformations apparaissaient. Nous avions le droit a une « interruption médicale de grossesse ». La question du handicap s’est posée. Avions nous la force d’accueillir un enfant handicapé? Étions nous d’accord sur le sujet? Nous avons beaucoup parlé avec mon mari et fort heureusement nous étions sur la même  longueur d’ondes. J’étais dans une bulle spéciale. Toujours dans l’attente de nouveaux résultats… Lorsque le sujet du handicap a pu être écarté petit à petit, au fur et à mesure des mois, il restait les malformations et la surdité. Après la naissance, il a fallu attendre 10 jours pour que l’on soit sûrs qu’il n’y avait rien du tout. Par chance, notre fille n’a rien du tout. Elle est en très bonne santé et n’a pas besoin de suivi.

Bizarrement, après ces péripéties, je suis ravie d’avoir deux petits bouts. Tout va bien et tout le monde est en bonne santé. J’ai passé les étapes compliquées grâce à de très bonnes amies qui savent m’écouter et me réconforter mais aussi grâce à tout le personnel de la maternité des Diaconesses à Paris. Médecins, acuponcteurs, sages femmes et big up pour la psychologue 😉 Il y avait les bras de papa et les sourires de mon petit garçon.

J’aimerai donner un petit conseil aux futures mamans. Chaque femme trouve une force insoupçonnée quelque part. Un amour, une amitié, un médecin, une sage femme, des lectures. Je crois que pour passer un moment difficile, il ne faut rien cacher. Parler et se détendre sont la clé du bien être. D’ailleurs, à ma deuxième grossesse, j’ai rencontré une sage femme extraordinaire qui me faisait de la sophrologie. Cela m’a permis de mieux me connaitre et de me détendre. Je trouve que les préparations à l’accouchement en petits groupes sont bien plus efficaces que celles proposées à la maternité.

Malgré mes péripéties, j’ai aimé enfanter et je recommencerai avec plaisir 😉

Je remercie beaucoup Anaïs pour ce magnifique témoignage, sans filtre. Si vous souhaitez échanger avec elle, n’hésitez pas à la retrouver sur son compte Instagram !

Pour toutes les questions que vous souhaiteriez poser à cette maman, on se retrouve en commentaires 😉 

A bientôt, 

Charlotte. 

4 Commentaires

Ajoutez les vôtres
  1. 1
    Caro - WonderMumBreizh

    Je suis d’accord avec toi, avec « le secret des 3 mois » pour moi c’est une ineptie ! Je n’ai pas réussi à garder ma langue, et je l’ai dis rapidement à mon cercle proche. Déjà, parce que je voulais être entourée si cela tournait mal et en plus en période de Noel / Nouvel An, c’était difficile de ne pas manger mon foie gras alors que j’en raffole et de ne pas boire une coupette de champagne à Noel en famille.

    Mes amies me connaissent et ne pas faire la fête au Nouvel An aurait été de toute façon grillé par tous mes amis, alors autant en profiter pour rajouter une bouteille de champagne à la fin (Champomy pour moi)

    J’ai eu de la chance, tout se passe merveilleusement. Mais quand je vois la souffrance d’une amie qu’on arrivait pas à décrire pendant des mois et des mois, qu’elle nous a seulement dis qu’elle avait fait 2 FC d’affilé avant de pouvoir être enfin Maman. Je m’en veux de ne pas avoir penser à cette éventualité, je lui en veux de ne pas s’être confiée et de ne pas nous avoir laisser la chance de la réconforter.

    c’est dur de voir qu’une FC est encore vécue par plusieurs comme une honte …

    • 2
      Enfance Joyeuse

      Merci pour ton commentaire !
      Et oui, le secret des 3 mois et le mystère autour des fausses couches restent encore très présent. J’espère que les femmes se sentiront à l’avenir plus libres d’en parler afin qu’elles soient accompagnées dans leur peine (notamment par leurs amies comme tu le dis si bien).

  2. 3
    Maman chamboule tout

    Merci pour ce très beau témoignage. J’ai connu la GEU et c’est un mélange de détresse psychologique et de malaise physique que je ne souhaite à personne mais une fois que l’on porte à nouveau la vie « pour de vrai » on oublie tout ça !

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